Catégorie : Voyaaages !

Mariage post-Erasmus, Helsinki et les (très) gentils Finnois…

Nouveau saut spatio-temporel: on passe à nouveau de l’Asie à l’Europe… même si le récit de mes Asian Adventures n’est pas fini pour autant !

J’ai eu la chance de participer au programme Erasmus pendant mes études. Pour ceux qui viendraient d’une autre planète n’en auraient pas entendu parler, Erasmus est un programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. Pour ma part, ce fut un semestre à Wernigerode, petite bourgade au centre de l’Allemagne. J’en garde un souvenir pleinement heureux, d’échanges permanents, de découvertes, de voyages, et de beaucoup de rires. C’était une toute petite fac, et du coup on n’était même pas 30 étrangers, parfaitement intégrés à la communauté universitaire locale et très très liés entre nous…

Et cela fait déjà sept ans.
Bigre, quand j’ai compté les années la semaine dernière, je n’en revenais pas…

Mes meilleurs amies étaient l’une Espagnole, l’autre Finlandaise: une belle diagonale d’Europe à nous trois. Et l’année suivante, c’est naturellement que nous nous sommes retrouvées toutes les trois, en Espagne, histoire de varier un peu les plaisirs. Là où les choses se rapprochent du titre de ce blog, c’est que Virpi, la Finlandaise, est tombée amoureuse d’un bel Espagnol pendant ce petit périple.

Une fois n’est pas coutume: je nous mets en avant, mes proches et moi, sur les photos de cet article pour cette belle diagonale d’Europe… 7 ans plus tard !

La vie reprenant sa course, m’amenant plus du côté de l’Asie que des capitales européennes, je n’ai pas revu mes amies, sans pour autant jamais les perdre de vue.
Jusqu’à ce petit e-mail de Virpi: « J’ai quelque chose à te dire… Je me marie… Et c’est grâce à notre époque Erasmus et au temps passé ensemble que je connais mon mari, alors ce serait extra si tu pouvais venir… ».

Ni une, ni deux, tous mes bons souvenirs de jeunesse (soupir) me sont revenus. Et j’y suis donc allée à ce mariage, à Helsinki. Et ça faisait déjà six ans que je n’avais pas vu ces amies…

J’ai d’abord retrouvé Ancira, mon amie espagnole, la veille du mariage. Le plus drôle c’est que ça ne m’a même pas fait bizarre. C’était comme si on s’était quittés quelques semaines à peine avant. Bon il y a quand même eu des réglages linguistiques à faire: en Allemagne, on se parlait en allemand, et là, forcément le chinois et la vie à Shanghai étant passés par là, l’anglais est venu plus facilement. Et ça fait drôle de changer de langue avec un ami, c’est comme regarder un film en une version mal doublée. Finalement, au bout de quelques heures de discussions, on est revenus à notre spécialité, notre Erasmus-sprache, un melting pot linguistique dominé par l’allemand, agrémenté d’anglais et d’espagnol…

J’ai revu Virpi le lendemain, matin même du plus beau jour de sa vie. Elle était déjà maquillée et à moitié parée de sa somptueuse coiffure. Sans l’avoir vu pendant six ans, ça surprend. J’étais sur le point de pleurer, mais je me suis retournée et j’ai resserré illico les vannes: je ne pouvais pas lui faire ça dès 10 heures du matin, sachant que sa journée allait être très chargée en émotions et qu’elle est aussi mauvaise que moi dans la gestion des sentiments.

Le reste de la journée a été superbe, romantique, joyeux et international comme tout, entre finnois et espagnol. Et surtout très très romantique en fait, juste comme l’aime mon côté gnan-gnan. Avec une belle spécificité finlandaise: après l’église, on passe direct à table, vers 17h donc. Et puis on commence à danser vers 20h et on remange un morceau plus tard.
Pour être honnête, je dois préciser une autre spécificité finlandaise: l’excellence du saumon… je dois en avoir mangé un bon demi-kilo à moi seule…

Après une belle partie de danse digne de mes 22 ans (nécessaire entre autres pour la digestion du vertébré aquatique sus-cité), direction l’hôtel. Et c’est là que l’aventure a commencé: on avait réservé un hôtel sans réception (le moins cher possible: www.omenahotels.com), où tout se fait en ligne, et bien figurez-vous que malgré un sms de confirmation, la chambre n’a pas été retenue car la CB de mon amie n’aurait pas marché (d’après les dire du Monsieur qui faisait office de réceptionniste à l’autre bout du fil, et qui nous a demandé de rappeler après 8h pour de plus amples informations et qui non, ne pouvait rien pour deux étrangères perdues dans Helsinki). Sauf que la mienne de CB n’avait pas marché non plus juste avant, qu’il était 4h30 du matin, que nous n’avions que les coordonnées des mariés pendant leur nuit de noce, et qu’on était donc à Helsinki. En été, heureusement.

On a du improviser, enfin moi surtout, Ancira étant un peu trop éméchée. Première étape: je demande de l’aide à un couple ayant l’air gentil. Air rapidement confirmé… après un bref brief de notre situation, ça a donné un échange du genre:
« Pensez-vous que vous pourriez peut-être payer notre chambre avec votre carte et je vous rembourse?
– ok !
– ah mince, je n’ai pas de liquide sur moi, bon tant pis…
– pas de problème, il y a un ATM par là-bas… »

On va donc retirer (il est 5h du matin, et leur air gentil est vraiment plus que confirmé !). Vingt minutes plus tard, retour au fameux hôtel: mauvais surprise, il n’y a plus de chambre disponible… Et pas d’autre hôtel abordable aux alentours…

Je libère nos presque-sauveurs, il nous reste qu’à attendre quelques heures pour appeler des proches des mariés dont nous avons également les coordonnées. Je décide donc d’aller nous poser dans les couloirs de l’hôtel car nos jambes sont très lourdes après cette journée.
On s’y endort plus ou moins. Par terre, donc.

Jusqu’à ce que j’ai une des meilleures idées du week-end, ou sans doute même du mois.

J’entends un bruit de porte, et je cours après une personne sur le point de faire son check-out (il est 7h du matin et les clés ici ne sont que des codes), lui explique notre situation, lui propose de l’argent et lui demande si on peut « finir » sa chambre jusqu’à midi, heure limite pour rendre la chambre.

Ce nouveau gentil Finnois m’ouvre immédiatement la porte. Je lui tends 20€, il les refuse et me dit « C’est mon entreprise qui paie, je ne parle pas anglais, je n’ai pas vraiment compris ce que vous m’avez dit », et il continue sa route. Le bon Dieu lui rendra, ou du moins je l’espère…

Ancira et moi nous affalons sur son lit dont les draps sont à peine froissés. On profite à fond de nos quatre heures de sommeil tant attendues…

Les deux jours suivants se partageront entre (beaucoup beaucoup de longues et animées) discussions et balades dans les rues d’Helsinki.

La ville ne m’a pas paru particulièrement splendide, notamment car elle n’a pas beaucoup de bâtiments historiques. Mais une très bonne ambiance s’en dégage, et en plus d’imaginer que les Helsinkiens sont tous aussi sympas que nos trois Finnois de la nuit passée, c’est particulièrement agréable de toujours se sentir à proximité d’eau et de verdures. Je n’ai pas eu le temps de tester le sauna et de faire une escapade hors-ville, ce sera pour la prochaine fois… Et du coup, je conseillerai bien Helsinki pour un week-end !

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Un Voyage en Asie* Bolavens, mon amour…

Après notre sympathique matinée balado-photographique, on se dirige vers notre première folie du voyage: la Lodge de Tad Lo, avec bungalows, pelouse rasée et magnifique salle de séjour en bord de rivière. En plus, trois paisibles éléphants complètent ce décor de rêve.

On passe toute l’après-midi à la Lodge, appréciant l’agréable terrasse privée de la chambre bien meublée, de la rivière ou de nombreux gamins font l’animation.

La rivière est encore plus belle dans les lumières du soleil descendant et en remontant la cascade à pieds, on en apprécie toute la fraîcheur.

La soirée est particulièrement agréable: la grande salle a un immense plafond et est meublée avec goût. La nuit est aussi belle.

Le lendemain matin, on quitte ce petit bout de paradis pour visiter une nouvelle cascade en haut du village. Il n’y a plus d’eau – retenue pour un barrage qui n’alimente pas la vallée mais la ville voisine – mais la vue est démente… On s’y exerce encore au pola…

Une très longue route nous attend par la suite, dont 74 kilomètres sur une piste hostile. Mon cavalier gère très bien, mais ça ne m’empêche pas de belles frayeurs. Le traumatisme de l’accident n’est pas loin.

La route difficile reste magnifique: elle coupe le Plateau des Bolavens en passant par un col. On assiste à une bataille rangée de nuages: les bleus-blancs contre les gris. Ces derniers perdent et on évite finalement la pluie.

Au bout de la longue piste nous attend un charmant hôtel à Paksong, perché en haut d’une colline de forêts. On y arrive couverts de poussières de piste, je suis une vrai Peau-Rouge!

Le soir, on rencontre des deux uniques autres convives: deux jeunes Américains tout dévoués à leur cause: une ONG qui concrétise son premier projet, amener de l’eau à 300 écoliers!

Après une nuit bien retapante, on repart pour Paksé, terminant ainsi notre chemin sur les Bolavens, mais notre road trip ne prend pas pour autant fin…

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Êtes-vous dans le bon flux?

Depuis que j’ai changé l’adresse de ce blog (voir ici pour les nouveaux venus), et donc des flux RSS qui l’accompagnent, j’ai noté une grosse chute dans l’abonnement aux flux.

Peut-être un oubli de votre part? il est temps de réparer cela! Ou bien peut-être ne savez-vous pas à quoi cela sert…

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Et hop, vous serez sûrs de ne rien manquer de l’actualité de Curieuse Voyageuse !

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Un voyage en Asie* Le Plateau des Bolovens, balades & pola!

Ma première bonne impression sur le village de Tad Lo ne fait que se confirmer. Il y a ici des allures de bout du monde et de petit coin de paradis: juste ce qu’il faut d’aménagements touristiques pour se sentir à l’aise, quatre ou cinq guesthouses-restaurants, un petit point accès internet et c’est tout. Tout le reste est « local », calme, rural, endormi, naturel et vert comme on l’aime.

De superbes cascades coulent au milieu du village.

Le premier soir, on dort « chez Po », une petite auberge à six chambres tenu par un Lao pas avare en paroles et qui aime partager son expérience dans un anglais très honorable. On dîne avec la famille de Po et une tablée de Français. C’est presque dépaysant de ne pas entendre trop d’anglais, l’ambiance est bonne.

Le lendemain, nous partons en trekking avec pour guide l’oncle de Po. Il parle lui aussi un anglais assez bon et nous mène entre petits villages et nature perdue. Grosse chaleur, terre rouge, villages animistes, nature luxuriante… C’est une belle matinée.

On vit une expérience photographique intéressante: je ressors notre polaroïd, étant un peu mal à l’aise avec ce nouvel outil que j’hésite à utiliser depuis le début du voyage (nos amis nous l’ont offert la veille de notre départ de Shanghai).
L’effet est pourtant toujours assuré: les enfants pris en photos qui voient leur image sur le papier affichent toujours de l’étonnement puis d’immenses sourires. Je suppose que ça leur donne un peu de fierté, de confiance d’être valorisé dans l’oeil de l’étranger. Mais ils sont en général nombreux et il n’y a jamais assez de photos pour tous. Du coup l’expérience perd tout son sens, et j’imagine que disputes et jalousies s’ensuivent à peine avons-nous détourné les talons.

Mais cette fois-ci, les choses se passent différemment. Par le truchement de notre guide, nous passons un peu de temps à papoter avec une (large) famille dans un des villages. C’est la maman que nous polaroïsons. Elle n’est pas peu fière de présenter son dernier-né sous notre curieux objet. A peine avons-nous laissé sécher le premier tirage qu’une autre maman se présente à nous avec un nourrisson et nous demande de la photographier.

Le mot passe dans le village, une autre, puis deux, et trois mamans se présentent ainsi à nous, nous transformant en éphémères photographes de famille… Magie du moment présent…

D’autant plus appréciable quand notre guide nous explique que ces familles-ci ont été relogées de force par le gouvernement, et qu’elles n’ont ici ni eau courante ni électricité. Cette fois-ci j’en suis sûre, le pola n’aura pas fait de dégâts mais apporté un brin de fierté, d’humanité ou de joie.

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5 questions @… Madame Oreille !

Ma rubrique de courtes interviews de blogueurs voyageurs reprend du service. Aujourd’hui, c’est Aurélie que nous rencontrons de l’extra blog Madame OreilleDécalée, drôle, et très pédagogue, Madame Oreille rassemble les deux passions d’Aurélie : la photo et le voyage !

Rencontre:

Qui es-tu ?
C’est un peu la question qui tue. Il y a plein de réponses possibles. On dira que j’ai 25 ans, que j’aime la photo, que je vis à Paris mais que j’essaie d’en sortir dès qu’une occasion se présente (l’occasion étant en général un « oui » de mon patron à une demande de congés !), que j’ai le même prénom que toi mais que je persiste à essayer de le faire prononcer par des non-francophones.

Pourquoi blogues-tu ?
Initialement, pour partager des « trucs » avec mes proches. Avec le temps, le blog a changé, mais la motivation reste la même : j’aime y écrire, y poster des photos, y partager des astuces, et relire tout ça des mois après. Je dois avouer qu’avoir des échanges avec les lecteurs, ce qui est assez récent, me plaît beaucoup également. Je réfléchis à une approche, la met en mots, et les réactions font évoluer la réflexion, ouvrent d’autres pistes, et ça c’est assez génial.

Pour toi, le dernier pays qui t’a marqué, c’est…?
Je n’ai pas encore visité assez de pays pour pouvoir ne pas être marquée par un voyage. Alors on va dire que le dernier pays qui m’a marquée, c’est tout simplement le dernier où je suis allée : la Roumanie. Des gens adorables, de longues discussions, et une espèce de sérénité malgré des vies pas toujours simples. Quelques moments difficiles pour moi (trouver le bon bus, se faire attaquer par des chiens) mais on dira que ce fut une « expérience enrichissante » ; notamment parce que, pour la première fois, j’ai embarqué un vélo avec moi.

Le lieu que tu préfères ?
J’ai des bons souvenirs partout, même quand il y a eu du négatif, mais je crois que mon coup de cœur reste la Mongolie, l’un des premiers pays où je suis allée, où je n’ai rien fait (à part grimper des collines pour avoir de magnifiques points de vue), rien vu (à part les naissances des premiers veaux de l’année et la tonte du cachemire), où j’ai juste profité d’instants dans des familles d’accueil, et où je ne cesse de me dire qu’il faudra retourner. C’est typiquement le genre d’endroit que j’aime : c’est calme, personne ne court où que ce soit, c’est à la fois reposant et épuisant.

Si tu devais définir le voyage en quelques mots ?
Je n’ai pas de définition précise, j’essaye tout ! Je pars principalement avec mon compagnon, mais j’ai aussi testé entre amis, avec ma sœur, seule. J’aime les trains, mais je suis aussi contente à vélo, à moto, en bateau, sur un dromadaire ou dans un tuk-tuk ! Et j’ai envie d’aller presque partout, que ça soit en France ou à l’autre bout du globe. Bref, au final, je crois que l’important pour moi, c’est de découvrir plein de choses.

Merci Aurélie d’avoir répondu à mes questions !
Si vous ne le connaissez pas: courez-y, son blog, c’est par là

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Un voyage en Asie* Vers le sud du Laos

Un bus de nuit nous attend pour Paksé, dans le sud du Laos. Le bus est censé être VIP, ce ne sera en fait que couvertures sales, musique et blablas toute la nuit. Heureusement, je suis équipée d’un duvet léger et de boules Quies.

L’arrivée à Paksé est aussi un peu difficile: on a du mal à trouver une guesthouse. Notre standard ne fait que régresser depuis Luang Nam Tha, et ici, les plus confortables sont prises d’assaut. On passe finalement une journée tranquille: repos-lecture-internet avec une petite balade au bord du fleuve dans l’après-midi.

Le jour suivant, la route vers le Plateau des Bolovens nous attend. Nous louons une nouvelle monture, et cette fois-ci, nous avons le choix!
J’ai pas mal entendu parler de cet endroit, les récits de blogueurs m’en avaient fait rêver. Et bien la réalité fut au delà de mes attentes!


Les paysages sont très différents de tout ce que j’ai pu voir depuis mon départ. Beaucoup de cultures, café, bananes et autres plantes plus difficiles à nommer. On passe à Tad Fan, la plus haute cascade du pays. En essayant de s’en approcher à pied, je glisse plus de trois fois en vingt minutes sur un chemin à pic. Je rebrousse chemin. On se décide finalement pour la route de Tad Lo. C’est une bonne idée. De capricieux nuages nous accompagnent sur tout le chemin: impossible de savoir quand ils se mettront à pleurer, mais leur colère est magnifique. Des dégradés de gris dans les cieux, qui jouent avec les cimes des collines…

Notre but est atteint en fin de journée, le village de Tad Lo est paisible, peuplé de vaches, poules et cochons qui sont les principales animations sur la route. On ne se retrouve pas dans un ghetto à routards, chouette !

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C’est la fête au village…

Ce doit être le dernier dimanche de juin dans ce petit village du sud de l’Europe… Il fait doux, et le soleil tape juste comme il faut pour donner envie de prendre un verre à l’apéro offert par la mairie à la sortie de la messe dominicale, sans doute la messe la plus remplie de l’année. L’ambiance est bon enfant: enfants, parents, petits vieux et amis plus ou moins proches se retrouvent, s’étonnent de ne pas s’être revus depuis si longtemps, se donnent des nouvelles… Le village doit compter moins de 500 âmes, dont une bonne partie a répondu présent à ce rendez-vous annuel: c’est la fête du village!

Un orchestre de cuivres entonne déjà un air qui semble familier à tous. Le temps passe vite dans cette si bonne atmosphère. Vers 13h30, chacun repart vers chez soi et on se donne rendez-vous pour le soir-même et sa fameuse soirée moules-frites en plein air.

Tout juste revenue d’Asie, les proches que je suis venue rejoindre ici m’ont fait la surprise de m’inscrire pour la soirée. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, ça fait longtemps que je ne pratique plus les fêtes de village. Et bien, la surprise s’avère être bonne. Une brochettes de jeunes dynamiques assurent le service. La nourriture est simple et de bon goût. Les longues tables couvertes de papier blanc sont remplies de sourires jusqu’aux oreilles. A nouveau, toutes les générations se mélangent dans une ambiance très enjouée.

L’orchestre nous fait le plaisir de revenir dès le début de la soirée. La bonne vingtaine de musiciens a une pêche d’enfer. On me dit qu’ils ne sont censés assurer que la première partie, un orchestre plus « classique » (comprenez genre musette) doit assurer la relève. Que nenni, les cuivres endiablés durent pendant tout le repas, et même plus, incitant le public à reprendre les airs connus, ajoutant souvent quelques pas de danses à leur répertoire.
Les moules passées, les musiciens arrivent même à faire lever la majorité des tables, entraînant tout le monde dans une joyeuse frénésie. Il est bon de voir se mêler les gens et les générations, sans complexe et sans peur du regard de l’autre, je vois ça trop rarement sur notre Vieux Continent. A la fin du repas, les 200 personnes sont pratiquement toutes debout, tapant dans les mains et levant leurs verres dans un seul et même élan.

J’assiste à tout cela le coeur léger et pourtant je ressens à la fois un petit pincement sur ce même organe: ce village, c’est celui où j’ai vécu jusqu’à mes 17 ans, les proches autour de moi ne sont autres que mes parents. Et je réalise que je n’ai pas assisté à une fête de mon village depuis plus de dix ans au moins.
J’admire une paire de gamines improviser une timide chorégraphie sur la piste. Il y a une vingtaine d’années, j’étais exactement à la même place avec ma meilleure amie de toujours… et pour rien au monde on aurait pu me faire manquer cet événement annuel !
Aujourd’hui, je m’y sens plus que jamais dépaysée, dans le bon sens du terme: c’est un immense bonheur de redécouvrir ces lieux si connus d’un oeil neuf, de rencontrer à nouveau des proches que le temps et la distance ont trop éloignés…

Vous aurez compris que nous avons fait un saut dans le temps, passant de l’Asie à la France, mais je reviens dès jeudi sur la suite de mes aventures laotiennes…

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Un voyage en Asie* Vientiane, suite & fin !

Après ces émotions d’un genre nouveau, on ne se fait pas prier pour reprendre nos montures vers d’autres horizons, on emprunte alors une très large route à hauteur du Pont de l’amitié. Le passage sur cette six voies inutilisée est plutôt très agréable. On croisera plus de voitures que de vaches!

La nuit tombe, et l’orage menace, on doit trouver un hôtel en hâte. Au bout de trois « love hôtels » du même genre que le resort croisé plus tôt, on se résigne: ici aucun touriste, mais que des Laos en recherche de sexe, nous passerons donc la nuit avec pour voisins ces gens en mal d’amour…
Bilan de la journée: les Laos aiment définitivement faire la fête et peuvent facilement être pris pour des chauds lapins !

On apprend le lendemain que nous sommes en fait à une dizaine kilomètres de Vientiane seulement. On aurait pu passer une nuit dans un meilleur environnement… Cela ne nous démotive en rien, et on repart. Une superbe journée nous attend: on emprunte la Route n°13 et on coupe à droite vers le zoo avant de revenir vers Vientiane avec la Route n°10.

Les paysages sont sublimes: pistes rouges le matin, au coeur de villages et de décors naturels luxuriants. On passe un fleuve avec un bac, on croise des champs à buffles…

Notre amie souhaite s’arrêter au zoo: la pause y est surprenamment agréable. Animaux avec un air sain, grandes cages, bonne ambiance générale. Sans doute le zoo le moins déprimant jamais croisé !

La route qui nous ramène à Vientiane est sublime: rizières, lumières du couchant… Un régal!

Le lendemain, on « tourne » encore un peu dans Vientiane avant de laisser repartir notre amie vers d’autres horizons. Un bus de nuit nous attend pour notre prochaine destination…

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