Catégorie : La Chine au quotidien

Adresse gourmande (5): le New Heights

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Je ne suis pas particulièrement fan des restaurants et bars le long du Bund, l’ambiance y étant vraiment trop « bling-bling » à mon goût. Pourtant avec le retour des beaux jours et lors d’une petite balade dans ce quartier, ce serait dommage de se priver d’un déjeuner en terrasse avec une des plus belles vues de Shanghai…

Mon choix s’est donc porté vers le New Heights et c’est un choix que je ne peux que vous recommandez et ce pour plusieurs raisons:

– la vue est superbe (jugez avec ces photos !)

– l’ambiance est loin d’y être jet-setteuse (même si c’est parfois le cas, on est très loin du Bar Rouge)

– la nouvelle chef, Florence Dalia, a de l’or au bout des doigts. Sans exagérer, j’ai mangé au New Heights le meilleur poisson de Shanghai. Quand on lui demande quel type de cuisine elle prépare et si c’est français, elle éclate de rire et vous répond « non, non, ce n’est pas français, c’est la cuisine de Florence! »… Et je vous invite vraiment à découvrir ce style!

Les prix ne sont pas donnés, sans être tout de même excessif (entrée + plat à 148 rmb les midis du week-end, plat à la carte autour de 200 rmb le soir), on est quand même dans un des quartiers les plus chics de Shanghai.
Un seul bémol: le service n’est pas à la hauteur du lieu. J’espère que ce point sera bientôt amélioré!

Ecoutez mon conseil: courez-y! Et n’hésitez pas à dire que vous venez de la part de Lili de Vues de Chine, Florence vous racontera la suite…

Infos: 3 on the Bund (entrée au 17 Guangdon Lu) – 6321 0909 & sur le site

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Brothers (ou le condensé de 50 années d’histoire de Chine)

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Je viens de tourner la dernière page de Brothers le dernier opus de Yu Hua. Lors de mon dernier retour en France, j’ai été impressionnée par la taille du pavé (près de 1.000 pages), n’étant pas habituée à ce genre de longueurs.
Et j’ai fait confiance en cet auteur chinois contemporain que j’affectionne particulièrement – j’avais déjà aimé la lecture de 1986, du Vendeur de sang mais aussi d‘Un monde évanoui ou encore Vivre, adapté par Zhang Yimou au cinéma.
Eh bien, je peux vous dire que je ne le regrette pas: je le conseille à tous ceux qui veulent (ou essaient) de comprendre la société chinoise d’aujourd’hui.

On suit la vie de deux frères, Li Guantou et Song Gang, nés dans les années 1950, jusqu’aux années 2000 (jusqu’en 2005 pour être précise).
C’est tout simplement prodigieux ! Les portraits, descriptions, et récits sont justes et criants de vérité… Yu Hua réussit à passer de l’humour à la tristesse, du lyrisme à la  description d’horreurs sans nom, d’une page à l’autre, et même d’un paragraphe à l’autre…

Je ne connaissais rien de l’histoire avant de le lire et ne voudrais pas vous la déflorer, car vraiment, j’ai été heureuse d’aller de surprise en surprise, et j’ai eu du mal à lâcher le livre. J’ai aussi reconnu la Chine qui m’entoure, loin des descriptions stériles ou au contraire enchanteresses qu’on peut lire trop souvent de nos jours…

La (courte) postface de l’auteur est édifiante, je vous en livre quelques lignes:

Ce roman est né de la rencontre de deux époques. La première partie de l’histoire se déroule pendant la Révolution Culturelle: une époque de fanatisme, de répression morale et de tragédies, analogue au Moyen- Âge européen. La seconde partie se passe à l’heure actuelle: une époque de subversion de la morale, de légèreté et de permissivité, l’ère de tous les possibles, plus encore que dans l’Europe d’aujourd’hui.
Seul un Occidental qui aurait vécu quatre cents ans aurait pu vivre deux époques aussi dissemblables, quand il n’aura fallu aux Chinois que quarante ans pour les connaître toutes les deux.
Quatre cents ans de bouleversements en quarante années, l’expérience n’a pas d’équivalent. C’est donc un couple de frères qui fait le lien entre les deux époques; leurs existences se fissurent dans un monde qui se fissure, leurs joies et leurs peines explosent dans un monde qui explose, leurs destins sont emportés dans les bouleversements de ces deux époques, et finalement, ils sont contraints de récolter ce qu’ils ont semé, dans un mélange d’amour et de haine.

Je vous le redis: pour comprendre et décoder la société chinoise d’aujourd’hui, lisez Brothers !

L’avez-vous lu? qu’en avez-vous pensé?

Au plaisir de vous lire à ce propos !

C’est par ici pour acheter Brothers en ligne.

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Le mariage vu (et vécu) par une jeune Chinoise…

Aujourd’hui c’est une interview un peu particulière que je vous propose. Ce n’est pas un simple Portrait de Chine, mais un voyage au cœur d’un mariage chinois : Vivian vient de se marier et elle a gentiment accepté de partager avec nous cette expérience…

Quand t’es-tu mariée ?
Le mariage légal ou la cérémonie ?

Eh bien les deux justement, présente-nous les différences…
J’ai fait l’enregistrement de mon mariage le 28 septembre l’an dernier, et la cérémonie a eu lieu le 12 mars.
A mes yeux l’enregistrement est le plus important. Les jeunes de ma génération sont moins intéressés par la cérémonie. C’est pour les parents que c’est important. C’est juste pour eux que nous avons fait la cérémonie. Pour moi être ensemble, c’est ça le plus important.

Parlons un peu de la préparation, depuis quand t’en occupes-tu et quel est le budget ?
Ça m’a pris un an environ pour tout préparer. Le dîner a couté 40.000 rmb, et l’entreprise qui a organisé la soirée, ça coutait 7.000 rmb en plus. Les parents de mon mari ont payé le dîner, c’est comme ça la tradition. On était 200 personnes. Il n’y avait aucun de nos amis, juste la famille et les amis de nos parents. On fera un restaurant plus tard avec nos amis…

Comment c’est passé le jour J ?
Ça a commencé à 8h du matin. Je me suis fait maquiller, coiffer et habiller. De son côté, mon mari préparait la voiture.
Il est arrivé chez moi à 10h. Avant de passer la porte de chez mes parents, il a du répondre à plein de questions, passer une sorte de test, et même chanter. Il a du donner des Hong Bao aux participants (les Hong Bao sont les fameuses enveloppes rouges dans lesquelles sont glissées des billets et qui sont distribuées lors des événements festifs en Chine). Il y a aussi eu un feu d’artifice à l’entrée de chez mes parents.
Une fois entré, il m’a offert des fleurs. Il m’a posé la grande question « veux-tu m’épouser ? ». Nos parents et quelques proches étaient là, en tout on était dix ou douze. On a ensuite échangé nos alliances. J’étais excitée, et j’ai pleuré… Ensuite on a servi du thé à nos parents. Eux nous ont servi des desserts sucrés, symboles de fertilité. Ils nous ont aussi donné des Hong Bao.
Vers midi, on est parti chez ses parents. On leur a aussi servi le thé, ils nous ont aussi donné des Hong Bao. On a ensuite déjeuné tous ensemble. Vu que sa famille est du Nord de la Chine, on a mangé des Jiaozi.
L’après-midi, on est resté à papoter chez eux. Il y a des couples qui vont faire des photos des fois à ce moment-là.
Vers 14h30, on est tous partis au restau pour préparer la salle. Le restaurant était déjà décoré. Après, je suis partie me faire maquiller, pendant que mon mari terminait de tout préparer.
A 17h, les gens ont commencé à arriver. On a pris des photos avec eux. Les invités nous ont aussi donné des Hong Bao.
A 18h18, une heure porte-bonheur en Chine, la cérémonie a commencé. Il y avait une scène sur place et un présentateur pour animer la soirée. Et là plusieurs animations se sont enchaînées : il y a eu plusieurs discours, l’oncle et le père de mon mari, et mon mari lui-même. On a échangé nos bagues, puis on s’est embrassés. J’ai changé de robes plusieurs fois, trois fois en tout. Il y a aussi de la musique et des chansons. On a aussi découpé un gâteau tous les deux, on a bu du champagne, et allumé une montagne de bougies… Après on a donné des cadeaux aux invités, et surtout on a levé un verre avec chacun d’entre eux. Vu que mon mari ne tient pas bien l’alcool, on l’a fait au coca nous ! Vers 21h tout était fini.
On voulait vraiment la cérémonie la plus simple possible… Avant la cérémonie, j’étais nerveuse et énervée, car il y avait beaucoup de choses à préparer. Mais je ne l’ai pas regretté finalement. C’était bien d’être au centre de l’attention toute la journée !

Quel est le moment que tu as préféré ?
Le discours de mon mari. Il venait vraiment du fond du cœur, c’était beau.

Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? et pourquoi vous êtes-vous mariés ?
Ça fait trois ans qu’on est ensemble. C’était notre choix de se marier : on voulait vivre ensemble. On s’entend vraiment très bien, il me comprend et je le comprends. Même s’il n’a pas beaucoup d’argent je suis bien avec lui. Tu sais, pour les Shanghaiennes c’est très important que le mari soit riche… D’ailleurs au début mes parents ne l’aimaient pas trop à cause de ça, car il n’a pas beaucoup d’argent. Et puis, ils ont vu comment il est avec moi, et maintenant ils l’aiment bien…

Que signifie le mariage pour toi ?
Ça veut dire que je vais changer de style de vie. Avant j’étais seule, ce n’est plus le cas. C’est plus de responsabilités envers les parents de l’autre aussi. Et ça signifie qu’on est heureux ensemble !

Et quels sont vos projets ?
Economiser de l’argent pour acheter un appartement plus grand. Et voyager aussi, d’ici un an j’aimerais voyager le plus possible.
Et pas d’enfants ?
Hm… on y repensera dans un an. Nos parents espèrent qu’on en ait… Ils nous poussent parfois. Mais nous, on a d’abord envie de profiter à deux !

As-tu quelque chose à ajouter ?
Je suis vraiment chanceuse d’être avec lui. Mes souhaits pour nous deux sont les suivants : la santé, que le travail aille de mieux en mieux, profiter chaque jour, et pouvoir être indépendants, mener notre propre vie !

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Petite balade webistique…

Je vous propose aujourd’hui une petite balade webistique  !

* Deux nouvelles parutions autour de Vues de Chine

– une très élogieuse critique sur le blog Reflets de Chine
une interview sur le blog de liligo.com

Un grand merci à Alain et à Jérémy d’avoir participé à la diffusion de ce blog !

* Par ailleurs, j’ai reçu cette semaine un sympathique message de la rédaction de France 5…

… m’informant que quatre documentaires en rapport avec la Chine étaient en ligne sur leur site, dans le cadre de Portraits d’un nouveau monde, une collection de 24 documentaires multimédia d’auteurs coproduite par France Télévisions & narrative.
– Concubines
– Zhang une jeunesse chinoise
– Le train de la désertification
– Bienvenue en Chinafrique

Je n’ai pu visionner que les deux derniers, sur le thème de l’avancée du désert et des relations sino-africaines, le web étant trop capricieux ces jours-ci pour me permettre de visionner les deux premiers documentaires.
Les sujets sont fouillés, on sent des auteurs passionnés par leur thématique, et même si je ne partage pas toutes les opinions énoncées ici, un regard plein d’humanité s’en dégage.
J’aime beaucoup ce genre de formats, et vous encourage à aller les voir – et en plus c’est en accès libre ! Ça se passe par ici

Bon dimanche !

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Portrait de Chine (10), Rosalyn

Aujourd’hui, c’est Rosalyn que nous rencontrons. Rosalyn n’a jamais mis un pied en France, mais elle parle un très bon français.
Vous pouvez en juger par vous-même en écoutant l’interview originale, réalisée une fois n’est pas coutume dans la langue de Molière, en cliquant ici:
partie 1 et partie 2.

Et pour ceux qui préfèreraient la version écrite, voici l’habituelle retranscription:

Peux-tu te présenter?
Je m’appelle Rosalyn. Je suis merchandiser, je suis une fille très simple, je suis la fille de ma famille. Je suis née et j’ai grandi à Shanghai, je suis Shanghaïenne, j’ai 27 ans.

Tu parles vraiment bien français, peux-tu nous dire comment tu as décidé d’apprendre le français ?

C’est par hasard. Au début j’ai appris le français comme langue secondaire : je faisais un diplôme d’anglais, l’anglais c’est ma première langue étrangère, mais ce n’était pas mon première diplôme, avant j’ai étudié le droit. Pour mon second diplôme d’anglais, j’ai du apprendre une seconde langue, j’ai choisi le français, car c’était assez proche de l’anglais.

Le fait de parler français a changé quelque chose dans ta vie ?
Grâce au français j’ai toujours travaillé pour des sociétés françaises. J’ai travaillé dans leur bureau d’achat d’un grand distributeur français. Je m’y suis retrouvée par hasard.
Après mes études, j’étais un peu perdue, car il y avait beaucoup d’étudiants qui avaient fini leurs études à Shanghai, du coup c’était dur de trouver un boulot. Finalement j’ai trouvé un boulot basique dans une société française, mais je ne parlais qu’anglais. Je faisais de l’administratif. Au bout d’un an, j’ai eu l’opportunité de faire des affaires, et donc je suis devenu merchandiser. A partir de ce moment-là, j’ai bien amélioré mon français grâce à mon manager français.

Je sais que tu n’as pas encore été en France, mais peux-tu me dire quelle image tu as de la France et des Français ?
Au départ, la France pour moi est un pays romantique, comme pense beaucoup de monde ici. Petit à petit j’ai commencé à connaitre mieux les Français et ce pays, et je trouve que c’est intéressant, la France ressemble à la Chine, il y a beaucoup de choses en commun. Les deux pays ont une histoire longue, et une culture propre, avec la littérature et les arts, etc.…. Dans la vie je trouve que les Français sont fiers, mais heureusement, la plupart des Français que je connais sont jeunes, on a de bonnes relations. Beaucoup de Français âgés, ne parlent pas anglais parlent que français, c’est un exemple typique.

Changeons de sujet : comment te vois-tu dans dix ans ?
En fait, comme je te disais, je suis une fille très simple, avec l’âge, je préfère une vie simple. Du coup dans dix ans, je serai avec la famille, avec mon mari, peut-être les enfants, avec ma maman. N’importe où : en Chine ou dans un autre pays, ça je ne sais pas les deux sont possibles, toujours avec la famille !

Et si tu avais un rêve, ce serait quoi ?
Je ne sais pas comment dire, quand j’étais petite j’avais des rêves, comme ça, comme ça… Mais avec l’âge, je trouve que parler de rêves pour moi, c’est un peu trop grand. Plutôt qu’un rêve, j’ai des espoirs. Des espoirs, pour ma maman, la bonne santé, pour les parents de mon futur mari aussi. Et pour nous, le couple, j’espère qu’on aura une vie calme, tranquille, et heureuse. Très simple.

Si tu avais un message pour les lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la Chine ?
Je sais que tu as posé cette question aux autres personnes interviewées. Je voudrai leur dire : la Chine est un pays avec la culture, avec beaucoup de monde différent,  ce pays est très très grand. Du coup si vous ne connaissez pas ce pays, il faut connaitre d’abord, après essayer de comprendre et après juger. Les gens sont différents, comme dans n’importe quel pays. Par exemple à Shanghai on a des gens qui gagnent beaucoup d’argent, d’autres qui ne sont pas gentils, mais les gens sont différents. On ne peut pas dire ce groupe de gens sont blablabla, on ne peut pas généraliser…

En tant que Shanghaienne qui a toujours vécu ici, que penses-tu de Shanghai ?
Shanghai est très différente de celle que j’ai connue quand j’étais petite. Il y avait moins de monde, il n’y avait pratiquement que des Shanghaiens. Maintenant Shanghai est bien, mais c’est une ville internationale.
On ne peut pas juger les Shanghaiens comme ça, comme je disais, chaque personne est différente. On ne peut pas juger avant de connaître. C’est mon point de vue, personnel.
J’espère que plus de monde pourra connaitre la Chine et Shanghai.

Retrouvez les précédents Portraits de Chine JuanjuanAbbyCatherineWoodyWang QingYe Shilan, Tony ,Yani,Tian Jingyang.

 

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Tu sais qu’il est temps de changer de pays d’accueil quand…

– les petits détails que tu excusais avant par la notion de culturel t’insupportent, comme la curiosité sans limite des autochtones

– les bruits de la rue t’hérissent les poils (au hasard: le fameux son des mucosités évacuées par la bouche & les très nombreux klaxons)

– tu ne contredis plus aussi facilement qu’avant ceux qui critiquent les locaux

– tu prêtes beaucoup moins attention aux leçons de tout et de rien du quotidien

– tu préfères (parfois) regarder un DVD plutôt que sortir te balader

– tu as eu moins de plaisir à rentrer « chez toi » après ton dernier voyage que tu en avais eu lors de tes précédents voyages, et tu te demandes: ce pays d’accueil est-ce vraiment chez toi?

– tu penses que, finalement, la vie dans ton propre pays était plutôt chouette, voire très sympa

– tu passes plus de temps dans les guides d’autres pays que celui du pays dans lequel tu vis

– tu ne fais plus attention à la langue parlée autour de toi, tu as l’impression que parler chinois, c’est la norme

– tu as réussi le plus gros challenge que tu imaginais en venant ici: parler chinois, et tu as presque envie d’apprendre une nouvelle langue encore plus compliquée

– tu parles de changer de boulot, changer de ville, changer de copains,… bref tu parles de changement à longueur de temps

– tu réfléchis aux raisons de ton départ initial, et tu te rends compte que c’était très spontané, et tu te dis pourquoi pas un nouveau départ aussi spontané?

– tu te dis que le monde est vaste et que tu n’étais pas partie pour faire toute ta vie ici

– tu meurs d’envie de prendre ton sac à dos et d’aller voir ailleurs si tu y es…

Article-liste inspiré du blog Nowmadnow, petite perle découverte récemment (voir ici).

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6 années de Chine + 2 bougies + 1 voyage = je quitte la Chine…

Deux années dans trois jours que je tiens ce blog… que dire?
Avant tout: chers lecteurs un grand merci d’être fidèles de l’autre côté de l’écran; un blog est un espace d’expression pour son auteur, mais qui d’après moi ne prend son sens que s’il est un lieu d’échanges, et je suis très heureuse de ce que Vues de Chine est aujourd’hui devenu grâce à vous!

Cela fait donc deux ans que je blogue, et comme vous savez peut-être, je côtoie la Chine depuis six ans.
Ou peut-être vous ne le savez pas, alors, laissez-moi vous raconter…

La Chine est venue à moi au hasard d’une rencontre. Je commençais mon Master en communication et on m’a proposé de travailler pour une association d’échanges culturels avec ce pays (tchin-tchine, à Toulouse).
Je ne connaissais rien à l’Empire du Milieu… j’ai pris le parti de me former au mandarin et à la culture chinoise les mois suivants en vue de la prochaine embauche.
Dans cette association, j’ai organisé des événements pour la promotion de la culture chinoise à Toulouse, mais aussi pour la promotion de la culture française à Pékin. Et je suis partie la première fois en Chine, en avril 2005 (voir par ici)…
Je suis restée plus de deux ans dans cette structure, une expérience qui m’aura définitivement marquée.

Je suis ensuite partie à Paris pour découvrir de nouveaux horizons. J’ai continué à travailler avec la Chine, dans les voyages culturels cette fois-ci avec la Maison de la Chine. Changement d’échelles : j’ai appris énormément au contact de ces passionnés, quelques-uns des pionniers dans la découverte de la Chine.

En 2009, la crise est passée par là, j’ai du quitter mon emploi 18 mois plus tard. Ce fut un mal pour un bien : cette épreuve m’a décidé à tenter ma chance en Chine. Je voulais parfaire mon apprentissage du mandarin et comprendre un peu mieux ce peuple à part.

Je vis à Shanghai (suite à un premier passage par Changzhou) depuis 2009 (voir là), et je travaille dans les achats textile pour un groupe de supermarchés français.
Les achats n’étaient pas ma vocation, mais j’ai découvert un domaine captivant pour qui veut comprendre la Chine d’aujourd’hui. J’ai eu la chance d’avoir des collègues chinois épatants qui m’ont beaucoup appris sur la culture au quotidien…

Si vous êtes un fidèle de ce blog, vous vous en êtes peut-être rendu compte: la Chine ne cesse de me questionner depuis 2005 ; en d’autres termes : comment peut-on comprendre cette culture si éloignée de la notre, avec sa population si importante et son histoire contemporaine si marquante ?
Je ne suis pas une admiratrice sans réserve, mais je suis totalement curieuse vis-à-vis de ce pays : je veux comprendre ; et ici, peut-être plus qu’ailleurs, plus on comprend, plus on mesure l’étendue de ce qu’il reste à comprendre. J’ai envie de mieux déchiffrer ce pays que je côtoie depuis des années.

Début 2009, quelques semaines avant de partir vivre en Chine, j’ai commencé ce blog pour garder une trace de ce que je vivrais au quotidien, pour prendre du recul et mesurer la chance que j’avais de vivre cette expérience. Je voulais aussi partager « ma » vision de la Chine, et donner l’occasion de découvrir ce pays sous un regard neuf.
Peu à peu, l’écriture a pris une place primordiale dans ma vie : j’écris encore pour me souvenir, mais j’écris aujourd’hui avant tout pour m’exprimer, témoigner et partager.

J’ai aujourd’hui le sentiment que je dois tourner une page : il est temps de partir. C’est un choix de couple avant tout, mon conjoint souhaitant quitter la Chine, et c’est un choix totalement assumé: il est bon de rentrer tant que j’apprécie encore ce pays, avant d’arriver à l’écœurement, peut-être pour mieux revenir, sans doute pour continuer à travailler avec la Chine longtemps encore…
Je termine cette aventure-ci par un voyage de trois mois qui, pour mon plus grand plaisir, m’amènera du côté de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge que je ne connais pas encore, et à nouveau du côté de Japon, pour lequel une passion est déjà née et qui, je l’espère de tout mon coeur, se relèvera au plus tôt de la dure épreuve du moment.

Cela ne veut pas dire que l’aventure Vues de Chine s’arrête, bien au contraire… Elle va par contre évoluer, c’est certain.
Dans un premier temps, ce blog devient Vues de Chine… et d’Ailleurs. Et je vais m’appliquer à le tenir à jour, même pendant mes trois mois de voyages, avec au minimum un article pré-rédigé sur la Chine chaque semaine. Si le temps, l’humeur et les connexions le permettent, je posterai aussi sur les routes d’Asie.

Pour la suite, l’après-voyage, rien n’est écrit. Je ne sais pas dans quel domaine ni où je travaillerai, mais j’ai une seule certitude: je continuerai à voyager, d’une manière ou d’une autre. Il y a peu, on m’a dit « le bonheur est sous tes semelles », j’aime bien cette idée…
Je m’engage publiquement ici: je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin! Et je compte bien continuer à écrire à ce propos…

C’est la fin d’une aventure, mais c’est surtout le début d’une autre. Et j’espère que vous serez encore de la partie !

Au plaisir de vous lire…

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Portrait de Chine (9), « mon » super masseur (avec le son en bonus)

Vous savez à quel point j’affectionne les massages chinois… depuis plusieurs mois, je ne me fais plus masser que par un seul jeune homme, un des meilleurs masseurs qui m’a été donné d’essayer. Du coup, des liens se sont créés : je le vois au moins toutes les deux semaines… C’est donc lui que nous découvrons aujourd’hui. Il n’est pas très bavard, mais j’ai beaucoup apprécié le soin qu’il a pris pour choisir les mots justes.

Et je vous propose pour la première fois d’écouter une interview dans son intégralité!
Je suis équipée depuis peu d’un dictaphone : si vous parlez ou apprenez le chinois, ou juste pour le plaisir des oreilles, vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview originale en deux parties – et soyez indulgents avec mon bel accent français s’il vous plait… cliquez par ici pour écouter
la première partie de l’entretien et par là pour la seconde.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Tian Jingyang, j’ai 22 ans. Je viens du Henan, de Luoyang.

Quand es-tu venu à Shanghai ? et pourquoi ?
Je suis venu en juin 2009, pour voir comment c’était ici. Je suis venu avec quatre ou cinq camarades de classe.

Comment as-tu trouvé ce travail ? savais-tu masser avant de venir ?
Je connaissais le patron, alors il m’a embauché.
Je savais déjà masser: j’ai étudié les massages dans un institut spécialisé, dans ma région. J’ai étudié pendant trois ans.

Pourquoi as-tu choisi d’être masseur ?
Pas facile cette question… Pour gagner de l’argent, pour gagner ma vie. Et aussi pour la technique. J’aime beaucoup ce métier. C’est fatiguant parfois mais c’est aussi enrichissant humainement de faire ce travail…
J’étais déjà masseur avant de partir, j’ai commencé en 2008 (il avait donc 19 ans). Un an plus tard, je suis parti à Shanghai.

Que penses-tu de Shanghai ?
Je trouve que c’est une très grande ville. Et après avoir commencé à travailler, j’ai trouvé que c’était un rythme très soutenu ici, c’est une ville très animée… j’aime beaucoup Shanghai.

Et où habites-tu ?
Je vis dans un dortoir. On est six personnes, les chambres font environ 20m². C’est notre patron qui prend en charge ce logement.

Peux-tu me dire quel est ton salaire ? pour quels horaires ?
Entre 3.000 et 4.000 rmb. Je dois travailler chaque jour, entre onze et douze heures par jour. J’ai environ quatre à six personnes à masser chaque jour. Et plus je masse de personnes, plus je touche d’argent.

Que penses-tu de ta vie ?
Ma vie ?… (il rigole) En fait, je cherche une femme… Est-ce que j’aime bien ma vie ? oui, ça va… Mais vivre seul, ce n’est pas chouette tous les jours. Je cherche une fille, de chez moi pourquoi pas, mais je m’en fiche…

Quel est ton rêve ?
Un rêve, aujourd’hui ? aller à l’étranger, voir comment ça se passe là-bas. Et aller y masser…

De quoi aimerais-tu parler avec les lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la Chine ?
J’aimerais leur parler de médecine chinoise, c’est compliqué la médecine chinoise, c’est très profond… Il y a beaucoup de particularités en Chine, beaucoup, beaucoup. J’aimerai leur parler des Chinois, de la langue chinoise, de notre environnement. Et le plus important pour moi, c’est « l’étiquette » des Chinois…

Si vous parlez mandarin, vous noterez peut-être des différences entre la version originale et la version écrite : je préfère en général abréger mes questions et relances, et je synthétise parfois les réponses…

Retrouvez les précédents Portraits de Chine JuanjuanAbbyCatherineWoodyWang QingYe Shilan, Tony ,Yani.

 

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