Portrait de Chine (9), « mon » super masseur (avec le son en bonus)
Mar 14, 2011 La Chine au quotidien 10

Vous savez à quel point j’affectionne les massages chinois… depuis plusieurs mois, je ne me fais plus masser que par un seul jeune homme, un des meilleurs masseurs qui m’a été donné d’essayer. Du coup, des liens se sont créés : je le vois au moins toutes les deux semaines… C’est donc lui que nous découvrons aujourd’hui. Il n’est pas très bavard, mais j’ai beaucoup apprécié le soin qu’il a pris pour choisir les mots justes.

Et je vous propose pour la première fois d’écouter une interview dans son intégralité!
Je suis équipée depuis peu d’un dictaphone : si vous parlez ou apprenez le chinois, ou juste pour le plaisir des oreilles, vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview originale en deux parties – et soyez indulgents avec mon bel accent français s’il vous plait… cliquez par ici pour écouter
la première partie de l’entretien et par là pour la seconde.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Tian Jingyang, j’ai 22 ans. Je viens du Henan, de Luoyang.

Quand es-tu venu à Shanghai ? et pourquoi ?
Je suis venu en juin 2009, pour voir comment c’était ici. Je suis venu avec quatre ou cinq camarades de classe.

Comment as-tu trouvé ce travail ? savais-tu masser avant de venir ?
Je connaissais le patron, alors il m’a embauché.
Je savais déjà masser: j’ai étudié les massages dans un institut spécialisé, dans ma région. J’ai étudié pendant trois ans.

Pourquoi as-tu choisi d’être masseur ?
Pas facile cette question… Pour gagner de l’argent, pour gagner ma vie. Et aussi pour la technique. J’aime beaucoup ce métier. C’est fatiguant parfois mais c’est aussi enrichissant humainement de faire ce travail…
J’étais déjà masseur avant de partir, j’ai commencé en 2008 (il avait donc 19 ans). Un an plus tard, je suis parti à Shanghai.

Que penses-tu de Shanghai ?
Je trouve que c’est une très grande ville. Et après avoir commencé à travailler, j’ai trouvé que c’était un rythme très soutenu ici, c’est une ville très animée… j’aime beaucoup Shanghai.

Et où habites-tu ?
Je vis dans un dortoir. On est six personnes, les chambres font environ 20m². C’est notre patron qui prend en charge ce logement.

Peux-tu me dire quel est ton salaire ? pour quels horaires ?
Entre 3.000 et 4.000 rmb. Je dois travailler chaque jour, entre onze et douze heures par jour. J’ai environ quatre à six personnes à masser chaque jour. Et plus je masse de personnes, plus je touche d’argent.

Que penses-tu de ta vie ?
Ma vie ?… (il rigole) En fait, je cherche une femme… Est-ce que j’aime bien ma vie ? oui, ça va… Mais vivre seul, ce n’est pas chouette tous les jours. Je cherche une fille, de chez moi pourquoi pas, mais je m’en fiche…

Quel est ton rêve ?
Un rêve, aujourd’hui ? aller à l’étranger, voir comment ça se passe là-bas. Et aller y masser…

De quoi aimerais-tu parler avec les lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la Chine ?
J’aimerais leur parler de médecine chinoise, c’est compliqué la médecine chinoise, c’est très profond… Il y a beaucoup de particularités en Chine, beaucoup, beaucoup. J’aimerai leur parler des Chinois, de la langue chinoise, de notre environnement. Et le plus important pour moi, c’est « l’étiquette » des Chinois…

Si vous parlez mandarin, vous noterez peut-être des différences entre la version originale et la version écrite : je préfère en général abréger mes questions et relances, et je synthétise parfois les réponses…

Retrouvez les précédents Portraits de Chine JuanjuanAbbyCatherineWoodyWang QingYe Shilan, Tony ,Yani.

 

10 comments on “Portrait de Chine (9), « mon » super masseur (avec le son en bonus)

  1. Bonjour,
    Je trouve votre idée des interviews excellente! Je souhaite pour ma part faire connaître le métier de guide en Afrique pour un prochain article, et je pense que ça pourrait bien coller…
    La Chine me fait rêver pour sa calligraphie! Merci pour vos beaux articles.
    marjorie.m

  2. @ sarah: c’est clair, qu’une fois trouvé, je ne l’ai plus lâché 🙂

    Merci pour vos compliments les filles, je m’amuse beaucoup en faisant ces interviews en plus, et c’est un bon moyen de pratiquer mon chinois…

  3. Bonsoir Aurélie,

    ton interview m’a fait penser à une anecdote survenue à un client. Avec mon épouse on récupère ce client Canadien à l’aéroport et on le conduit à l’hôtel. Une fois installé, nous nous rendons à un restaurant à deux pas et nous passons devant un salon de massage où une superbe masseuse attend le client devant la porte.

    -C’est quoi ? demande le client.
    -Un salon de massage.

    Tu connais les clichés sur ce genre d’établissement qui font que pour certains cela devient une généralité.

    Le client (50 ans) me dit vouloir s’y rendre après souper. Mais, comme je me doute de ce qu’il attend comme « massage », je lui répond qu’il ne faut pas y aller.

    On rentre chacun dans nos chambres, et une heure plus tard, coup de téléphone de la réception:

    – Il faudrait que vous alliez au salon de massage à côté et que vous portiez 300 RMB à votre ami.

    Je descend aussitôt et je trouve mon client passablement fatigué.
    -Elle me demande 500 RMB, mais je n’en ai que 200 sur moi.

    Je donne donc la différence et nous rentrons. Arrivé dans le hall je lui demande:
    -Alors, c’était bien ?

    Il me répond visiblement déçu et quelque peu penaud:
    – Elle m’a massé, c’est tout !!!
    – Je vous l’avais dit de ne pas y aller, ce n’est qu’un salon de massage, pas autre chose.

    Le lendemain, il m’a bien entendu remboursé. Je ne lui ai toutefois jamais dit que j’aurais pu négocier le prix au tiers, autant de bénéfice pour la masseuse.

    Bonne continuation.

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