Finir un chapitre…
Nov 14, 2011 FranceVoyaaages ! 8

Ainsi s’achèvent mes aventures sur les routes d’Asie. Pour ceux qui auraient raté le début: après avoir vécu 2 ans en Chine, j’ai eu l’occasion de voyager quelques semaines et d’aller en Thaïlande du Nord, de traverser le Laos du Nord au Sud, de m’arrêter au Cambodge, et d’y connaître Phnom Penh et Angkor, de faire une halte à Bangkok et de vivre une semaine extraordinaire en Inde, entre New-Dehli et Bénarès.

Cela fait déjà 5 mois que je suis de retour en France, et je n’ai toujours pas le sentiment d’avoir touché terre, j’ai l’impression d’être bloquée sur la touche « été » ou « retour de voyage »…

Mais avant de vous livrer ces impressions, retour sur quelques points de ce voyage, où c’était la première fois que je partais si longtemps sac sur le dos:

* l’Asie du Sud Est est une autoroute touristique de masse

* vraiment, je le précise ici car je ne l’ai pas beaucoup lu avant de partir (ou alors ma mémoire a été très sélective): on pense se retrouver avec de « vrais » gens, très différents de chez nous, et malgré soi, on se retrouve à emprunter un couloir (qui va donc du Nord au Sud de la zone, comme je l’ai fait, ou l’inverse) emprunté par des milliers de Backpackers occidentaux. Ces derniers sont parfois très intéressants, et j’ai fait de superbes rencontres, mais ça rend difficile la rencontre « authentique » que nous sommes beaucoup à rechercher

* changer tous les 5 ou 7 jours de destination, ce n’est pas pour moi. Après avoir vécu à l’étranger, j’ai trouvé très frustrant de ne faire que passer, j’ai eu l’impression de nouer des relations surtout superficielles, de ne pas prendre le temps de comprendre, d’être spectatrice, extérieure à une réalité

* les paysages d’Asie sont magnifiques, je pense notamment au Nord de la Thaïlande, au sud du Laos, emprunter un deux-roues permet de s’y noyer, et de sortir de l’autoroute décriée plus haut

* j’ai quand même rencontré de superbes personnes, pleines d’espoir et de vie, à Luang Nam Tha par exemple ou à Angkor

* Angkor est magique, à la hauteur de sa réputation

* Bangkok m’a charmée et dépasse sa mauvaise réputation

* j’ai eu un coup de foudre pour l’Inde spirituelle, je ne peux pas dire que je comprends grand chose au pays, mais je me suis laissée emporter par ce drôle d’ailleurs et son énergie hors du commun

* ces quelques mois furent aussi un voyage intérieur: remise en question du mythe du Backpacker donc, mais aussi questionnement plus général sur le but du voyage (quelle place peut-on prendre dans le monde quand on est seulement passager?), remise en cause personnelle profonde avec le chamboulement de toute ma vie privée…

Il m’est difficile de conclure à proprement parler cet épisode asiatique: c’est un chapitre qui se finit, une page qui se tourne et pourtant tout est encore très présent en moi.
Comme souvent, mes voyages m’ont à peine défleuré un pays, un peuple; j’ai juste commencé à mettre les sous-titres qu’il fallait déjà partir.
Il me faudrait sans doute plusieurs vies pour comprendre les choses comme je le souhaite.

En attendant, la page suivante n’est pas encore certaine: je vis et travaille à Paris, mais l’ailleurs m’appelle à nouveau. Pour 2011, j’ai pris assez de grandes décisions (quitter ma vie en Chine notamment…), mais d’ici quelques temps, il y a des chances que je rouvre mes valises dans un autre pays, à suivre donc!

8 comments on “Finir un chapitre…

  1. J’aime beaucoup votre sincérité quand vous parlez du voyage et je suis assez d’accord sur plusieurs sujets: la magie d’Angkor (je suis allé au Cambodge en grande partie pour voir les tours du Bayon) et il est vrai que Bangkok vaut beaucoup mieux que sa réputation, cette villes est pleine de quartiers populaires, calmes verdoyants et sympathiques. Dans le Nord-Est de la Thaïlande ou je me rends tous les ans j’aime me balader en vélo sur les petites routes à travers les villages paumés, j’ai toujours droit à de grands bonjour, parfois même une invitation à manger un morceau ou boire un verre d’eau. Pour ce qui est des « backpackers » je les évite aussi souvent que je le peux surtout si ils sont à plusieurs et j’ai hélas plus souvent rencontré de gros cons que de gars sympas. Je privilégie les rencontres avec les locaux, c’est quand même le but. Je peux compter sur les doigts d’une main les belles rencontres avec des voyageurs étrangers mais peut-être suis-je un peu intolérant?

  2. Merci jipe, la sincérité me tient vraiment à coeur…
    Pour les rencontres avec les autres voyageurs, j’essaie de ne pas tomber non plus dans le travers inverse et de ne pas me fermer aux Blancs car ils sont blancs 😉

  3. Je suis assez d’accord avec toi sur la vie backpack et le fait de bouger souvent. Là en presque 4 mois, j’ai bougé beaucoup moins qu’avant, je suis même resté parfois deux semaines plusieurs fois dans un lieu que j’aime bien.
    Au fait, tu étais seul durant ce voyage?

  4. Bonjour

    Un page qui se tourne, je sais que moi aussi cela va m’arriver un jour. Je t’avoue que je n’y suis pas du tout préparé.
    Cela doit faire drôle !

    Il y a beaucoup de cas où les personnes retournent au pays puis la Chine l’Asie, leur manque tellement qu’il revienne…

    Projettes tu de découvrir un autre continent?

  5. Ton article me fait tiquer car je parlais justement ce matin avec un BackPacker de ma volonté de me mêler le plus possible aux populations locales et de regretter de ne côtoyer que de charmants voyageurs européens. En Bolivie malheureusement, il n’y a que peu de possibilités de woofing/ helpexchange/ couchsurfing… Mais j’essaie, je persévère! 🙂

    NowMadNow

  6. Tant qu’ils restent « charmants », tu ne perds pas trop ton temps 😉
    Sérieusement courage pour la découverte « locale », elle viendra sans doute là où tu ne l’attendras pas !

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