Catégorie : Laos

Un Voyage en Asie* Les 4000 îles…

Je continue ma route toujours plus vers le Sud du Laos. Ma destination: Don Khong, la plus grande des 4000 îles. Cette région est située à l’extrême sud du pays, juste avant la frontière avec le Cambodge, là où le Mékong est le plus large. Il y aurait en effet 4000 îles en cet endroit, mais les plus petites ne feraient pas quelques mètres carrés…

J’ai un gros coup de coeur pour l’île de Don Khong! Calme, verte, c’est une petite perle au coeur du Mékong. Le rythme est très « pépère », la population y est aimable au possible.

Je loge dans la belle villa Khang Khong, qui date de 1946, toute de bois et de verdure, et dont le propriétaire parle français.

Je ne reste que quelques jours et j’ai pourtant déjà mes habitudes: je ne fréquente par exemple qu’un seul restaurant, où les serveurs sont aimables et avenants, et où des chatons me prennent en affection…

Je pars pour une journée de bateau. Les vues sur le Mékong sont magnifiques, je fais le tour d’une autre ville en vélo, mais je ne vois pas les fameux dauphins de l’Irrawaddy, connus pour leur aspect original avec leur « nez » écrasé. Qu’importe, cette journée pleine eau et plein soleil est magnifique.

Le lendemain, on se fait une belle balade: plus de vingts kilomètres à pied pour parcourir toute la moitié sud de l’île. D’un calme…

Les nuages et cieux qu’on peut voir sur ces îles sont éclatants, surtout ceux juste avant ou juste après l’orage…

Puis vendredi 13 arrive… Initialement, dix heures de voyage nous attendait pour rejoindre Phnom Penh, déjà un petit morceau en soi. On y ajoutera finalement quatre longues heures de panne et quelques dollars de racket à la douane pour conclure une journée bien à la hauteur de sa réputation!

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Un Voyage en Asie* Ban Kiet Ngong, plateau de lune & éléphants

Une courte pause à Paksé plus loin, notre monture nous mène sur la route de Ban Phapho: on devrait y trouver des éléphants, car c’est un des rares villages laotiens à avoir encore des cornacs et des pachydermes en nombre.

Mais c’est une nouvelle piste. Hostile.

En cherchant un eco-resort qui sera finalement fermé, on tombe sur le village de Ban Kiet Ngong, le second village aux éléphants dont j’avais entendu parler mais que je n’avais pas réussi à localiser sur la carte. Heureux hasard, on n’aura pas besoin de se confronter aux nombreux cahots qui nous séparent de Ban Phapho.

Il est 16 heures et c’est trop tard pour une balade en éléphants. On prend rendez-vous pour le jour suivant. On revient vers la grande route et on trouve une guesthouse familiale pour passer la nuit. Ne pipant pas un mot d’anglais, nos hôtes sont adorables et réussissent à contenter notre appétit. La nuit sera juste un peu trop animée: dans ce coin-ci du Laos aussi, ils sont de sacrés noceurs!

La balade à dos de pachyderme est extra: près de deux heures qui nous mènent au mont Pha Asso, plaque volcanique perdue au coeur d’une superbe forêt. On croirait qu’un morceau de lune est venu s’échouer ici. Les origines de ce plateau sont inconnues, et des cultes traditionnels lui ont longtemps été voués!

Les éléphants élevés ici servaient avant d’animaux de trait. Ils sont aujourd’hui reconvertis pour le tourisme. Je ne peux qu’espérer qu’ils sont bien traités et n’ai aucun moyen pour le vérifier. Les cornacs semblent tout de même voués corps et âme à leur cause.

Sur le retour, on fait une pause à Oum Muang, petites ruines d’époque khmère. Si le site est magnifique, les ruines sont laissés en friche et si mon imagination gambade, la réalité reste maigre.

Je rentre à Paksé le coeur encore battant pour ces grands animaux qui n’en finissent pas de me faire vibrer!

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Un Voyage en Asie* Bolavens, mon amour…

Après notre sympathique matinée balado-photographique, on se dirige vers notre première folie du voyage: la Lodge de Tad Lo, avec bungalows, pelouse rasée et magnifique salle de séjour en bord de rivière. En plus, trois paisibles éléphants complètent ce décor de rêve.

On passe toute l’après-midi à la Lodge, appréciant l’agréable terrasse privée de la chambre bien meublée, de la rivière ou de nombreux gamins font l’animation.

La rivière est encore plus belle dans les lumières du soleil descendant et en remontant la cascade à pieds, on en apprécie toute la fraîcheur.

La soirée est particulièrement agréable: la grande salle a un immense plafond et est meublée avec goût. La nuit est aussi belle.

Le lendemain matin, on quitte ce petit bout de paradis pour visiter une nouvelle cascade en haut du village. Il n’y a plus d’eau – retenue pour un barrage qui n’alimente pas la vallée mais la ville voisine – mais la vue est démente… On s’y exerce encore au pola…

Une très longue route nous attend par la suite, dont 74 kilomètres sur une piste hostile. Mon cavalier gère très bien, mais ça ne m’empêche pas de belles frayeurs. Le traumatisme de l’accident n’est pas loin.

La route difficile reste magnifique: elle coupe le Plateau des Bolavens en passant par un col. On assiste à une bataille rangée de nuages: les bleus-blancs contre les gris. Ces derniers perdent et on évite finalement la pluie.

Au bout de la longue piste nous attend un charmant hôtel à Paksong, perché en haut d’une colline de forêts. On y arrive couverts de poussières de piste, je suis une vrai Peau-Rouge!

Le soir, on rencontre des deux uniques autres convives: deux jeunes Américains tout dévoués à leur cause: une ONG qui concrétise son premier projet, amener de l’eau à 300 écoliers!

Après une nuit bien retapante, on repart pour Paksé, terminant ainsi notre chemin sur les Bolavens, mais notre road trip ne prend pas pour autant fin…

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Un voyage en Asie* Le Plateau des Bolovens, balades & pola!

Ma première bonne impression sur le village de Tad Lo ne fait que se confirmer. Il y a ici des allures de bout du monde et de petit coin de paradis: juste ce qu’il faut d’aménagements touristiques pour se sentir à l’aise, quatre ou cinq guesthouses-restaurants, un petit point accès internet et c’est tout. Tout le reste est « local », calme, rural, endormi, naturel et vert comme on l’aime.

De superbes cascades coulent au milieu du village.

Le premier soir, on dort « chez Po », une petite auberge à six chambres tenu par un Lao pas avare en paroles et qui aime partager son expérience dans un anglais très honorable. On dîne avec la famille de Po et une tablée de Français. C’est presque dépaysant de ne pas entendre trop d’anglais, l’ambiance est bonne.

Le lendemain, nous partons en trekking avec pour guide l’oncle de Po. Il parle lui aussi un anglais assez bon et nous mène entre petits villages et nature perdue. Grosse chaleur, terre rouge, villages animistes, nature luxuriante… C’est une belle matinée.

On vit une expérience photographique intéressante: je ressors notre polaroïd, étant un peu mal à l’aise avec ce nouvel outil que j’hésite à utiliser depuis le début du voyage (nos amis nous l’ont offert la veille de notre départ de Shanghai).
L’effet est pourtant toujours assuré: les enfants pris en photos qui voient leur image sur le papier affichent toujours de l’étonnement puis d’immenses sourires. Je suppose que ça leur donne un peu de fierté, de confiance d’être valorisé dans l’oeil de l’étranger. Mais ils sont en général nombreux et il n’y a jamais assez de photos pour tous. Du coup l’expérience perd tout son sens, et j’imagine que disputes et jalousies s’ensuivent à peine avons-nous détourné les talons.

Mais cette fois-ci, les choses se passent différemment. Par le truchement de notre guide, nous passons un peu de temps à papoter avec une (large) famille dans un des villages. C’est la maman que nous polaroïsons. Elle n’est pas peu fière de présenter son dernier-né sous notre curieux objet. A peine avons-nous laissé sécher le premier tirage qu’une autre maman se présente à nous avec un nourrisson et nous demande de la photographier.

Le mot passe dans le village, une autre, puis deux, et trois mamans se présentent ainsi à nous, nous transformant en éphémères photographes de famille… Magie du moment présent…

D’autant plus appréciable quand notre guide nous explique que ces familles-ci ont été relogées de force par le gouvernement, et qu’elles n’ont ici ni eau courante ni électricité. Cette fois-ci j’en suis sûre, le pola n’aura pas fait de dégâts mais apporté un brin de fierté, d’humanité ou de joie.

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Un voyage en Asie* Vers le sud du Laos

Un bus de nuit nous attend pour Paksé, dans le sud du Laos. Le bus est censé être VIP, ce ne sera en fait que couvertures sales, musique et blablas toute la nuit. Heureusement, je suis équipée d’un duvet léger et de boules Quies.

L’arrivée à Paksé est aussi un peu difficile: on a du mal à trouver une guesthouse. Notre standard ne fait que régresser depuis Luang Nam Tha, et ici, les plus confortables sont prises d’assaut. On passe finalement une journée tranquille: repos-lecture-internet avec une petite balade au bord du fleuve dans l’après-midi.

Le jour suivant, la route vers le Plateau des Bolovens nous attend. Nous louons une nouvelle monture, et cette fois-ci, nous avons le choix!
J’ai pas mal entendu parler de cet endroit, les récits de blogueurs m’en avaient fait rêver. Et bien la réalité fut au delà de mes attentes!


Les paysages sont très différents de tout ce que j’ai pu voir depuis mon départ. Beaucoup de cultures, café, bananes et autres plantes plus difficiles à nommer. On passe à Tad Fan, la plus haute cascade du pays. En essayant de s’en approcher à pied, je glisse plus de trois fois en vingt minutes sur un chemin à pic. Je rebrousse chemin. On se décide finalement pour la route de Tad Lo. C’est une bonne idée. De capricieux nuages nous accompagnent sur tout le chemin: impossible de savoir quand ils se mettront à pleurer, mais leur colère est magnifique. Des dégradés de gris dans les cieux, qui jouent avec les cimes des collines…

Notre but est atteint en fin de journée, le village de Tad Lo est paisible, peuplé de vaches, poules et cochons qui sont les principales animations sur la route. On ne se retrouve pas dans un ghetto à routards, chouette !

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Un voyage en Asie* Vientiane, suite & fin !

Après ces émotions d’un genre nouveau, on ne se fait pas prier pour reprendre nos montures vers d’autres horizons, on emprunte alors une très large route à hauteur du Pont de l’amitié. Le passage sur cette six voies inutilisée est plutôt très agréable. On croisera plus de voitures que de vaches!

La nuit tombe, et l’orage menace, on doit trouver un hôtel en hâte. Au bout de trois « love hôtels » du même genre que le resort croisé plus tôt, on se résigne: ici aucun touriste, mais que des Laos en recherche de sexe, nous passerons donc la nuit avec pour voisins ces gens en mal d’amour…
Bilan de la journée: les Laos aiment définitivement faire la fête et peuvent facilement être pris pour des chauds lapins !

On apprend le lendemain que nous sommes en fait à une dizaine kilomètres de Vientiane seulement. On aurait pu passer une nuit dans un meilleur environnement… Cela ne nous démotive en rien, et on repart. Une superbe journée nous attend: on emprunte la Route n°13 et on coupe à droite vers le zoo avant de revenir vers Vientiane avec la Route n°10.

Les paysages sont sublimes: pistes rouges le matin, au coeur de villages et de décors naturels luxuriants. On passe un fleuve avec un bac, on croise des champs à buffles…

Notre amie souhaite s’arrêter au zoo: la pause y est surprenamment agréable. Animaux avec un air sain, grandes cages, bonne ambiance générale. Sans doute le zoo le moins déprimant jamais croisé !

La route qui nous ramène à Vientiane est sublime: rizières, lumières du couchant… Un régal!

Le lendemain, on « tourne » encore un peu dans Vientiane avant de laisser repartir notre amie vers d’autres horizons. Un bus de nuit nous attend pour notre prochaine destination…

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Un voyage en Asie* Vientiane, la surprise sur la route…

Un petit coucou à hélices nous emmène de Luang Prabang à la capitale du Laos, Vientiane. Le vol est plus agréable que prévu. Et surtout, je passe quarante minutes la tête dans les nuages, j’ai l’impression d’être au pays des Bisounours…

On rejoint une amie française venue de Shanghai à l’aéroport de Vientiane. Elle devait nous rejoindre plus au sud, mais elle n’aura finalement pas le temps d’y aller. L’arrivée à la guesthouse est décevante, c’est pourtant le « pick » du guide… On y passera une nuit, mais pas une de plus!

Vientiane est une curieuse capitale. Son centre se résume à trois rues sur quatre. Aucun haut immeuble, et surtout, très peu d’activités: quelques hôtels, restaurants et cafés, deux ou trois librairies et c’est tout ce dont je me souvienne! Mon amie décrit le centre comme occupés par des « touristes qui tournent en rond », et elle n’a pas tort!

Le lendemain, il nous faut une bonne heure pour trouver deux montures à peine convenables: on trouve trois loueurs de deux roues avec peine, dont un qui propose des engins sans frein manuel!

Nous voilà enfin partis, on prend la route du Bouddha Park, en longeant le Mékong vers le nord. La route est sympa, mais pleine de nids d’éléphants… Le parc n’est pas mal sans être non plus extraordinaire, mais original: n’abritant que des statues en béton, il a été construit dans les années 1950 par un moine non moins original.

On cherche alors un endroit où passer la nuit. Je vois le panneau du Chambala Resort. Quelques kilomètres de pistes plus loin, on arrive dans un vaste ensemble de petites maisons regroupées autour d’un lac. En ce premier mai, la fête bat son plein. La propreté limite des chambres nous pousse à rebrousser chemin – on voit quelques préservatifs usagés qui jonchent le sol ça et là… oui, oui, vous avez bien lu!

Mais mon cavalier coince sa clé dans sa monture et on se fait aider par les tenanciers du bar. Une fois ce service rendu, on ne peut pas partir sans boire un verre. Il n’est pas encore 16h et l’ambiance est très « chaude » autour du bar. Pour un peu, une femme d’une cinquantaine d’années, bien lancée dans l’ambiance, m’aurait emmenée dans sa chambre…

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Un voyage en Asie* Luang Prabrang la belle endormie

La suite de mon séjour dans cette cité se passe merveilleusement…
On parcourt le centre en tous sens. La ville est vraiment splendide, mais c’est en fait plutôt un village. Le centre se résume à deux rues principales!

Je croise beaucoup de demeures coloniales au charme certain, souvent à l’abandon, parfois réaménagées… Les couleurs sont toujours élégantes. Luang Prabrang fut capitale d’un royaume pendant des siècles, avant d’être placée sous protectorat français, laissée de côté par les communistes et d’être finalement classée au Patrimoine de l’Unesco en 1995. (Pour plus d’infos sur l’histoire cliquez ici!).

Et bien sûr, on ne peut parler de cette ville sans évoquer ses (très) nombreux temples… Je ne les ai pas tous visités, et me suis plutôt limitée à ceux qui étaient gratuits, et j’en ai déjà bien bien profité!

Et surtout, la situation géographique de Luang Prabrang est juste exceptionnelle: à la jonction de deux fleuves, et au milieu de montagnes… La saison des pluies permet en plus de magnifiques cieux. Amatrice de nuages, je me régale.

La location de vélos (on est encore prudent avec les plus grosses montures, et c’est de toute façon difficile pour les touristes de louer des engins à moteur ici) permet de sortir du mini centre. On se prend un énorme orage sur la tête quand on tente les faubourgs en dehors du Mékong. On est rincés!

Une courte balade en pirogue sur le Mékong nous permet aussi d’imaginer un peu mieux la vie des pêcheurs. Basique… Les paysages baignés de lumière sur le fleuve sont de toute beauté…

Et pour conclure cette série les beautés de la nature, les étangs de la ville valent aussi le détour: ils sont importants pour la préservation d’un fragile écosystème unique, toute la verte ville en dépend!

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