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Parc Lu Xun à Shanghai

Aujourd’hui, un sujet que j’affectionne tout particulièrement: les parcs chinois. Direction le parc Lu Xun, dans le nord de Shanghai, tout près de Doulun Lu. C’est le dernier vendredi des vacances du Nouvel An Chinois, un des premiers jours où le soleil n’a pas peur de nous faire face. Beaucoup de monde dans le parc, une joyeuse ambiance familiale, très bon enfant.

A peine faisons nous quelques pas dans le parc, que nous tombons sur une chorale. Pas improvisée, comme c’est souvent le cas ici, mais bel et bien guidée par ce chef d’orchestre très expressif. On se joint aux (nombreux) badeaux et on agrandit encore un peu le cercle. Mon voisin de droite décide même de pousser les Chinois devant moi pour que j’y vois mieux…

La musique n’est pas du tout à mon goût, mais le coeur mis à l’ouvrage est vraiment admirable!

On continue notre chemin et on croise tout type d’activités: joueurs d’échecs chinois, pêcheurs, papoteurs, balladeurs, et première fois que j’en vois en Chine: joueurs de diabolo. Ici plus qu’un jeu, c’est un sport et même un art…

Et bien sûr les exercices pour garder la forme…

Tous les parcs de Chine ou presque sont équipés de ces installations sportives à disposition de tous. Cela fait partie de la volonté du gouvernement: mieux vaut prévenir que guérir, et pour gérer une population vieillissante et sans couverture santé, rien de tel que ces petits exercices pratiqués au quotidien…

Ca se passe où? quartier HongKou, 146 Dong Jiangwan Lu, près de Sichuan Bei Lu

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Duolun Lu, Shanghai

Duolun Lu est une rue très sympathique de Shanghai que j’ai découvert il y a peu. Situé au Nord-est de la ville, c’est un quartier célèbre pour avoir été habité par de nombreux écrivains dans les années 1930, dont Lu Xun, écrivain chinois majeur du XX° siècle, qui a aussi donné son nom à un parc de Shanghai – situé non loin de là. Ils ont alors fondé la Ligue chinoise des droits de l’homme.

Des vestiges historiques, rues pavées, église, belles bâtisses…, côtoient le quotidien des riverains, le tout dans une ambiance artistico-touristique certes, mais pas uniquement touristique quand même – et ce n’est pas simple à Shanghai… Je vous conseille de vous y balader que ce soit pour l’intérêt des écrivains qui ont vécu là, pour chiner dans une brocante, pour visiter une galerie, ou simplement pour apprécier le charme bucolique de ce quartier quasi piéton.

En pratique: Métro Dongbaoxing Lu, ligne 3

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Golden Resort Massage à Shanghai

Aujourd’hui, parlons massage !

Je vis donc à Shanghai depuis 3 mois, et j’ai enfin décidé de reprendre mes habitudes de Changzhou et de m’offrir un massage hebdomadaire, même si le temps est parfois difficile à trouver.

Et par un heureux hasard, juste entre mon travail et mon domicile, au coin de Shaanxibei Lu et de Wuding Lu se tient un petit salon de massage qui a tout d’un grand: le Golden Resort Massage. Sur conseils d’un collègue, j’y ai mis un premier pied, et j’y reviens depuis chaque semaine. Le cadre est extrêmement agréable: lumière tamisée, ambiance parfumée, musique douce, calme et volupté en somme… On est déjà zen quand on descend les escaliers qui mènent au salon. Les massages proposés sont variés: du traditionnel massage chinois des pieds au massage à l’huile des orteils à la tête, il y en a pour tous les goûts, et pour toutes les bourses (de 88 à 398 yuans).

J’ai testé pour l’instant les massages traditionnels chinois, basés sur l’activation des points d’énergie donc (88 yuans pour les pieds seulement ou tout le corps – 70 ou 60 minutes); ainsi que le massage japonais, un heureux mélange de cette technique énergique et d’un palper-rouler beaucoup plus doux, le tout sur fond d’huile aromatique (168 yuans – 60 minutes).

Cerise sur le gâteau: sur simple appel, un chauffeur du salon peut venir vous chercher à domicile dans un rayon de 3 kilomètres (et en ultime bonus, ils me ramènent depuis ces 2 dernières semaines).

Vous l’aurez compris: je vous le conseille !

En pratique: Où? 678 Shanxi Bei Lu, Jing An près de Wuding Lu (陕西北路678号, 近武定路); Infos et résas: 6217-8628; Tarifs: de 88 à 398 yuans; Ouvert de 12h à 2h du matin.

Ps: la photo n’a rien à voir avec le thème, c’est juste pour partager un peu de zen…

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Acheter du thé à Shanghai

Je viens de découvrir un endroit extraordinaire pour tout amateur de thé de passage à Shanghai: une amie m’a emmenée samedi à la tea city du quartier Zhongshan, ou 天山茶成 tiānshāncháchéng en chinois, mot pour mot la ville des thés de la montagne céleste… Et bien si comme moi, vous appréciez le thé, vous accèderez ici au septième ciel en la matière.

Il s’agit donc d’un mall dédié uniquement à ce fameux breuvage chinois. Des dizaines de petites boutiques se côtoient et on accède à toutes les sortes de thés de Chine: thé vert, thé semi-oxydé (ou Wulong), thé rouge, thé noir (ou Pu’er)… Je rentrerai prochainement dans les détails avec un article consacré aux spécificités de ces différents thés, mon palais a encore besoin de pratiques pour que je puisse mieux vous en parler. Et cet endroit est parfait pour cela: on se ballade de boutique en boutique, et quand une odeur vous attire ou qu’un vendeur vous parait particulièrement sympathique, c’est le moment de s’arrêter, vous aurez droit à une dégustation dans les règles de l’art – vous rappelez-vous ? il y a quelques mois je vous parlai du Gong Fu Cha, cet art de la dégustation du thé.

Pour cette première visite, j’y ai passé une paire d’heures en compagnie d’une habituée. Arrêt dans trois boutiques; tests de Tie Guan Yin, Wulong, thé au jasmin et aux fruits; et presque autant d’achats, je me suis régalée. Il est évidemment conseillé de goûter chaque thé avant de le boire, mais cela n’oblige tout de même pas à l’achat. Je vous conseillerai même de tester le même thé dans plusieurs boutiques, votre palais vous dira où acheter. En plus, le partage du thé permet la pratique de la langue chinoise et bien sûr la rencontre des propriétaires des boutiques…

Vous l’aurez compris: pour les amateurs de thé ou les curieux un endroit incontournable à Shanghai, à consommer sans modération!

En pratique: 520, Zhongshanxi Lu (près de Wuyi lu), Métro ligne 3, arrêt ZhongShan – boutiques testées et appréciées: #2133 pour le wulong; #1102 pour le thé au jasmin et le thé aux fruits – smartshanghai.com en parle ici (la 1ère photo vient de leur site)

*°*Pour organiser votre prochain voyage à Shanghai ou ailleurs, je vous recommande chaleureusement les services d’Evaneos, qui vous met en contact direct avec des agences de voyages basées dans les destinations… et pour qui je travaille depuis des années !*°*

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Lilong & Shikumen #2

Comme je vous le disais hier, il existe plusieurs sortes de shikumen et de lilong à Shanghai. Petit aperçu en images…

Ci-dessous, la lilong où je vis; ce bâtiment est d’influence britannique je pense:

L’ambiance dans mon quartier est très conviviale. Peuplé par beaucoup de personnes âgées, il n’est pas rare que je les croise en train de faire leur exercice, ou de papoter sur une chaise posée sur les pavés. Tout le monde se connait ici – je ne passe pas vraiment inaperçu… Ci-dessus un message incitant à « construire » un quartier plus sûr. Je n’ai pourtant noté aucun souci de ce côté, le gardien a sa loge à l’entrée de la lilong et ne la quitte pratiquement jamais…

Dans un tout autre style, on devinera une influence française pour la Cité Bourgogne (dans l’ancienne concession au croisement Shaanxi Nan Lu et Yongjia Lu):

Et enfin, les shikumen rénovées les plus connues: Xintiandi, le fameux quartier branché de Shanghai. Ce pâté de maison a été totalement rénové et est aujourd’hui occupé par de grandes enseignes du luxe et de la restauration…

2 dernières images – xintiandi.com

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Lilong & shikumen de Shanghai

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’endroit où je vis: un shikumen, au cœur d’une lilong de Shanghai…

Ceux qui connaissent Shanghai comprendront peut-être les termes lilong et shikumen, pour les autres, quelques explications s’imposent. Le shikumen 石库门 est la maison standard de Shanghai construite en série au début du 20ème siècle. Les shikumen – littéralement portail de pierre – ont généralement deux niveaux et une petite cour intérieure, avec un toit en forte pente et des lucarnes en bois rouge foncé. Les shikumen s’ouvrent sur des lilong 里弄, des petites ruelles où il est facile de se perdre et délimitées aux extrémités par deux grandes avenues parallèles. Les shikumen occupaient jadis une grande partie de Shanghai. Les maisons, conçues comme résidences de la classe moyenne, étaient caractérisées par des portes en bois noires placées dans un portail en pierre donnant sur une petite cour intérieure.

Aujourd’hui, ce patrimoine est en sursis et résiste difficilement aux bulldozers. Plus de 100 ans d’histoire s’éteignent à tout jamais dans ces gravas. Car ces bâtiments sont le reflet d’une histoire unique, il est bon de se pencher un peu plus sur l’histoire de ces lilong…

L’origine des lilong remonterait à 1853 quand une révolte détruisit la moitié de la ville et obligea la cour impériale à demander de l’aide aux étrangers pour la reconstruction de la ville. Une occasion inespérée pour ceux-ci de développer leur territoire. La révolte des Taiping entre 1860 & 1863 accentua ce phénomène avec la venue massive de Chinois à l’intérieur des concessions de Shanghai. Les étrangers rationalisent alors les constructions pour optimiser les capacités d’accueil: interdiction du bois et imposition de la brique pour éviter les incendies, contigüité, répétition et alignement: la lilong est née…

Le développement industriel, l’accroissement du capital et de la population permettront une très forte croissance de ce modèle urbain jusqu’en 1949. 80% des Shanghaïens y vivaient dans les années 1940. Au fur et à mesure de leur développement les lilong seront influencées par la présence des Anglais, Américains, Français ou Japonais, d’où les différents types d’architectures qui se cachent au cœur de ces ruelles, à la croisée de l’Orient et de l’Occident.

Ces habitations ont mal vieilli pendant les années endormies de Shanghai, entre 1950 et 1990, avant que la ville ne devienne pour la deuxième fois de son histoire la Perle de l’Orient. Ces habitats sont aujourd’hui vétustes; avec un extérieur parfois restauré mais des intérieurs souvent précaires et délabrés.

Dans ma lilong, la plupart des habitants sont des personnes âgées ou des ouvriers modestes, s’entassant à 4 dans chaque pièce, dans des conditions sanitaires très limites. Et Shanghai, ne prenant pas le temps d’apprécier son histoire, préfère détruire plutôt que restaurer ce magnifique patrimoine et l’histoire unique qu’il détient…

La suite demain, en images !

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Résister encore et toujours face à…

Chaque matin, quand je prends la route pour aller au travail, je me demande si elle aura la même apparence que la veille ou si elle sera détruite et reconstruite, à l’image de l’immense chantier qu’est Shanghai.

Je longe Wuding Lu, dans le quartier de Jing’An et un pan de cette rue m’inquiète particulièrement. Vous rappelez-vous des premières lignes des Astérix de notre enfance: quelque chose du genre, toute la Gaule est occupée, mais un petit village résiste encore et toujours face à l’envahisseur? Et bien, ce pâté de maison semble résister encore et toujours face aux bulldozers…

L’ensemble est carrément insalubre avec son toit fait de bric et de broc qui semble s’enfoncer un peu plus chaque jour…

Et les maisons alentour sont déjà condamnées avec le trop célèbre caractère 拆 (chai), qui annonce la destruction imminente de tout endroit sur lequel il est apposé en peinture rouge:

Ce caractère est parfois recouvert de peinture blanche, montrant l’opposition des gens du quartier.

Mais, sur ce pan de rue encore préservé, la vie continue malgré tout, dans une ambiance très conviviale…

Je ne dis pas que ces quartiers devraient être conservés tel quel pour plaire aux Laowai en mal d’authenticité… Mais, vu le poids de l’immobilier à Shanghai, je me demande où vont aller ses habitants, souvent âgés, et quelle sera l’âme de ce quartier quand il ne restera que des hautes tours…

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Jing’An, temple(s)

Temple Jing’An à Shanghai, la semaine dernière. A l’origine, ce temple est un temple bouddhiste vieux de plus de 2000 ans – enfin 800 ans pour ce site, car avant le 13ème siècle, il était situé à un autre endroit à Shanghai. J’avoue que je ne suis jamais entrée à l’intérieur, mais ce temple est très connu car il a donné son nom au quartier et à une station de métro éponymes. Je vis et travaille d’ailleurs à Jing’An, comme pas mal d’expats à Shanghai. Face au temple fraîchement rénové, on trouve aussi un très grand centre commercial, peut-être plus réputé que le temple lui-même aujourd’hui – et dans lequel je suis déjà rentrée, je sais il faudrait que je revois parfois mes priorités, mais pour ma défense, il y a en sous-sol un large rayon de produits importés…

Quelle fut ma surprise de voir cette immense publicité pour une certaine marque: une sorte de grand kiosque tout illuminé avec une paire de chevaux (faux, bien sûr) en son centre. J’avais vraiment l’impression d’être au seuil d’un temple de la consommation beaucoup plus qu’au seuil d’un lieu de culte bouddhiste…

Ici nous tournons le dos au temple. Ces charmants éclairages ne sont pas des lumières de Noël qui auraient été oubliées mais bien une immense publicité sur la façade du centre commercial. Peut-être une des plus grandes que je n’ai jamais croisées… En général, je préfère les villes chinoises de nuit, en partie pour leurs éclairages justement. Cette fois-ci, c’était beaucoup trop pour moi !

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