La Villa du Grand Bivouac… un lieu extraordinaire
Avr 17, 2014 Voyaaages ! 8

Je regrette rarement de vieillir : je me connais mieux du haut de mes 31 printemps qu’il y a 5 ou 10 années et suis heureuse d’être là où j’en suis.
Mais quand certains projets sont limités aux moins de 30 ans, je râle parfois de ne pouvoir y prendre part. Il en était ainsi pour le concours de l’APAJ, mais aussi et surtout pour la Villa Marco Polo du Grand Bivouac.
Cette Villa est une aventure extraordinaire.
Elle n’offre rien d’autre que la possibilité d’être formée à devenir « reporter voyage » et propose plus précisément « un accompagnement personnalisé sur projet un parrainage, des cours et des rencontres des contacts et des réseaux … pour préparer et soutenir les grands voyageurs de demain. »

La première édition a lieu cette année en 2014. Je vois passer l’info et la relaie sur twitter, dommage, je suis donc trop âgée et ce ne sera pas pour moi.
Mon ami Jonathan de Voyagecast rentre lui dans la bonne case et fait partie des 14 heureux élus. A l’issue de leur premier week-end de formation, je l’assaille de questions, il se prête au jeu et partage sympathiquement les grandes lignes du savoir acquis…
Si seulement j’étais plus jeune, me dis-je…

La Villa Marco Polo du Grand Bivouac par Emily Nudd-Mitchell

C’est sans compter sur une heureuse opportunité !

Quelques jours après ma discussion avec Jonathan, Fabrice, responsable communication du Grand Bivouac, me propose de participer à la deuxième session en tant que… formatrice sur l’Identité 2.0 ! Vous vous doutez bien de ma réponse…

Et me voici donc, en ce week-end d’avril sur les routes d’Albertville. J’arrive en cours de session, le vendredi après-midi, et mon week-end commence fort : techniques du film documentaire expliquées par Véronique Lapied et Marianne Chaud, aussi douées et passionnantes l’une que l’autre. Suivent un repas partagé et une conférence dans le cadre de l’Université Populaire du Grand Bivouac.

Olivier Weber intervient sur le thème suivant :

« Ecrivains voyageurs et grands reporters, une aventure d’aujourd’hui »

Je ne le sais pas encore, mais je m’apprête à rencontrer un « monstre sacré » de mon répertoire personnel d’écrivain voyageur.
Wikipédia nous renseigne « Olivier Weber, né en 1958, est un écrivain, diplomate, grand reporter et correspondant de guerre français. Maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, président du Prix Joseph Kessel, il a été nommé ambassadeur de France itinérant. Ses récits de voyage, essais et romans ont été traduits dans une dizaine de langues. »

Mais Emmanuel Carrère nous donne une meilleure idée encore de cette personne hors norme « une sorte de Tintin qui ressemble à Harrison Ford et qui en plus écrirait »…

En ce vendredi soir, ce Tintin des temps réels nous emmène loin, très loin même mais en restant toujours humble et à notre portée. Voici quelques-unes de mes notes de cette conférence :

« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » : cette citation d’Albert Londres est la seule ligne des reporters…

Il n’y a pas de grand ou de petit reportage, il n’y a que du journalisme.

Il faut résister à la plus dangereuse des censures : l’autocensure…

Il faut rester très candide et en même temps très cynique, autrement on s’effondre… il faut savoir faire la part des choses…

Anecdote en Afghanistan. Un chef de guerre lui demande, la kalachnikov à la main : « Que diriez-vous si vous mourriez maintenant ? » Olivier avale sa bouchée de riz, boit un verre de thé et trouve le bon mot : « J’irai au paradis ?! ». Son interlocuteur rigole, les kalachnikovs s’abaissent…
J’apprends pendant la conférence qu’Olivier Weber a fréquenté le Dalaï Lama, Aung San Suu Kyi ou le commandant Massoud

Privilégiée que je suis en faisant partie de l’équipe de la Villa (résidents et formateurs se mêlant allègrement pendant ce beau week-end), je passe la soirée de samedi pendue aux lèvres d’Olivier Weber. La discussion se prolonge en petit comité. Son regard sur le monde est riche et précis, son attitude humble et sincère. Je suis inspirée au plus haut point.

La Villa Marco Polo du Grand Bivouac par Emily Nudd-Mitchell

Reprise de la formation en ce samedi matin.

Olivier Weber et le premier intervenant.
Le propos est cette fois-ci plus technique, les exemples riches et précis. Je ne vous retranscrirai pas ici l’ensemble de ses paroles, mais j’ai été plus encore inspirée… Les conseils et encouragements sont nombreux : « sur place il faut ouvrir les yeux », « qui ne tente rien n’a rien », il faut « ouvrir son cœur et avancer »…
J’ai devant moi un homme fascinant. Je constate qu’il porte souvent une chemise bleue. Il parle avec simplicité de ses expériences, même si en trois minutes, il cite des expériences aux quatre coins du monde. Il se met à hauteur d’homme et nous élève, inexorablement. A son contact, j’ai envie de dire, de m’exprimer, de dénoncer. Il est aussi cynique dans ses propos, sans doute une nécessaire protection.

Il me faudra être à la hauteur quand mon tour viendra de prendre sa place.

Le week-end se poursuit entre atelier pratique, échanges et session de formation. La soirée est à nouveau riche en rencontres et en partage. Les discussions se suivent et ne se ressemblent pas, toutes sont animées de passion pour le voyage, la rencontre et la découverte. Je devine des personnes lumineuses, entières et sincères. Je sens le terreau de belles amitiés qui se créeront peut-être.
A mes côtés aussi Emily Nudd Mitchell. Comme moi, c’est une intervenante fraîchement débarquée sur le projet et consciente de sa chance d’assister à la villa. Je tombe entièrement sous le charme des dessins de cette brillante artiste

Dimanche matin vient mon heure.

La Villa Marco Polo du Grand Bivouac par Emily Nudd-Mitchell

La Villa Marco Polo du Grand Bivouac par Emily Nudd-Mitchell

Une première pour moi…

que d’assurer une formation sur la question d’internet. J’ai toujours eu l’intuition que la formation occuperait un jour une place dans ma vie, j’en ai désormais la certitude.
Former des futurs grands reporters implique un certain niveau de préparation et de motivation. Ici, pas de place à de tièdes banalités. Je déballe mes 90 minutes avec toute la fougue et la précision dont je dispose. Je suis aidée de Fabrice de l’équipe du Grand Bivouac. Les retours sont positifs, je suis ravie d’avoir pu aider ce talentueux public.

La Villa se termine dans l’après-midi. Pour moi, ce week-end marque le début d’une nouvelle aventure : tant de graines sont semées dans mon esprit, tant d’idées de projets qui verront j’espère le jour, une envie plus forte que jamais de partager ma passion et mes compétences…

Vous avez moins de 30 ans? Vous êtes chanceux, vous pouvez participer à la deuxième session :

(Et cliquez par ici pour les inscriptions!)

 

Merci pour tout à l’équipe du Grand Bivouac, aux résidents et autres intervenants pour cette aventure humaine !

Toutes les illustrations viennent de cet article de blog de la talentueuse Emily suscitée…
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8 comments on “La Villa du Grand Bivouac… un lieu extraordinaire

  1. C’est une occasion en or !
    Je m’estime heureuse d’être encore éligible pour ce programme !
    Merci infiniment pour ce tuyau Aurélie, je vais voir comment m’inscrire de suite !

    1. Heureuse de voir que lexperience ta plus autant quelle a pu me plaire! Tu as bien retranscrit cette belle energie qui anime chaque session de la Villa! Nous sommes tous stimules les uns les autres et le temps d’un week end, grands reporters, realisateurs, bloggeurs dessinateurs, ou encore anthropologues confirmes partagent avec sincerite et sur un pied d’égalité avec des jeunes comme nous en phase de realiser leur reve. Nous apprenons tous les uns des autres, la frontiere qui separe habituellement lenseignant de l’eleve est abolie, laissant la place a des echanges merveilleux. Ravie en tous cas davoir assiste a ton intervention et que tu aies ete la a nos cotes durant ce week end beaucoup trop court! Belle continuation a toi =)

    1. J’avais 29 ans au moment où j’ai postulé et je pensais que je ne serais pas prise pour cause d’âge avancé et finalement c’est passé, et je ne regrette vraiment pas de faire partie de cette belle aventure !

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