De l’humilité en voyage…
Mai 12, 2014 Voyaaages ! 37

Je me permets rarement de philosopher autour du voyage en ces colonnes. Loin de moi l’idée de me sentir légitime pour apprendre à qui que ce soit « comment voyager ». Aux grands discours et idées abstraites, je préfère les récits fidèles de mes expériences, et j’essaie de vous proposer à travers cet ailleurs concret un peu d’évasion inspirante

Mais depuis quelques jours des idées voguent en ma caboche et je cède à la tentation : je vous livre aujourd’hui quelques réflexions désordonnées autour du voyage, de l’égo et de l’humilité…
Bon, j’espère juste qu’avec ces lignes je ne tomberai pas dans le travers de l’anti-humilité ou du « gonflage » d’ego !

humilité en voyage

Cette agitation de mon intellect est venue suite à une confrontation avec deux univers radicalement opposés. Comme vous le savez, j’ai été bien inspirée par le week-end passé en compagnie de futurs grands reporters à la Villa Marco Polo du Grand Bivouac. J’y ai notamment beaucoup discuté avec Clément & Julien, dont l’attitude emplie d’humilité m’a profondément marquée. Allez jeter un œil à leurs écrits, ici ou et vous comprendrez je crois !
Trois jours plus tard, me voici dans une petite soirée mondaine parisienne, face à une personne dite « influente » d’une petite communauté voyageuse. En trois minutes de monologue discussion, j’apprends de cette personne, que si elle ne donne pas des nouvelles pendant 4 jours sur le net, « le monde entier la croit morte », et qu’elle préfère quitter une personne que la voir partir quelques mois en Asie (« six mois d’abstinence, je sais pas vous, mais moi je ne peux pas »).

Choc choc choc.

Je ne sais pas si je l’aurai ressenti aussi violemment sans mon séjour, pourtant court, à Albertville. Mais là, ça a du mal à passer.
Le fait de discuter encore et toujours avec mon Malien de mari, et de réaliser les difficultés toujours plus difficiles des voyageurs du Sud en mode « survie » n’est bien sûr pas anodin à ces réflexions.
La récente découverte des écrits de l’anthropologue Franck Michel, dont certains sont accessibles sur son site, me poussent aussi à prendre la plume.

Je pense à ces deux mots humilité & voyage et me reviennent alors en tête de pédants propos que j’entends trop souvent. Bien à regret…

Cette manière de raconter son voyage en disant « j’ai fait tel ou tel pays ». Comme si l’on pouvait parcourir un pays dans ses moindres recoins ou peut-être le fabriquer soi même? Cette expression m’exaspère… Relisez donc L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier et ce passage-ci par exemple:

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.

Au rayon des propos pédants qui me hérissent les poils: cette haïssable différentiation entre le touriste et le voyageur. De la même manière qu’on est tous le « bof » d’un autre, il faut s’y résoudre amis voyageurs, nous sommes tous le touriste d’un autre.

Je ne me sens pourtant toujours pas légitime pour philosopher sur le voyage, puis je tombe alors sur un article du moine-bouddhiste-philosophe Mathieu Ricard à propos des vertus de l’humilité.

Ses quelques propos me décident à me lancer dans ces lignes…

Il cite La Rochefoucauld : « Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas. »

Deux des phrases de l’article me marquent profondément et résument ma pensée mieux que de longs paragraphes.
La première :

L’orgueil, exacerbation narcissique du « moi », ferme la porte à tout progrès personnel, car pour apprendre il faut d’abord penser que l’on ne sait pas. 

Et la seconde surtout…

L’humilité est la vertu de celui qui mesure tout ce qui lui reste à apprendre et le chemin qu’il doit encore parcourir. 

Tout est dit !
Cela s’applique si bien au monde du voyage…

Qu’en pensez-vous chez lecteurs voyageurs ?
Au plaisir de lire vos avis sur cette question dans les commentaires !

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37 comments on “De l’humilité en voyage…

  1. Une colonne bien virulante 🙂 J’avoue ne plus du tout être touché par ce que tu décris… c’est peut être l’âge tu me diras… mais je pense que « les voyageurs » sont faits de toutes sortes, les raisons de voyager multiples et puis il est souvent difficile de rester humble devant le succès… cela ne changera pas donc autant ne pas se laisser affecter par tout ça et continuer ton chemin comme toi tu l’entends.

    1. Merci pour ce conseil dicté par l’expérience Amélie 😉
      Ou peut-être est-ce la vie en Asie qui t’a changé à ce niveau…
      En tout cas OUI: continuer mon chemin comme je l’entends, c’est bien prévu !

  2. Bonjour Aurélie,
    ton titre m’a tout de suite accrochée ; comme tu le fais ici, j’aime réfléchir sur le voyage, sans pour autant prétendre détenir une vérité absolue : juste mes pensées plus ou moins ordonnées que j’ai envie de partager.

    J’ai beaucoup aimé ton partage ici. C’est un sujet important et intéressant ; on ressent bien ton ressenti face à ces voyageurs humbles VS voyageur « j’ai fait tel pays » …

    Le vocabulaire joue beaucoup dans la « matérialisation » des conceptions de voyage, que l’on fasse une distinction entre « voyageur VS touriste »ou entre « faire un pays VS le visiter/y voyager ».
    J’apprends de plus en plus à nuancer mes propos et mes mots, chaque mot cachant parfois plus de sens qu’on ne le pensais (consciemment).

    Comme toi, l’expression « j’ai fait » tel pays me hérisse les poils ; selon le cas je souris distraitement et ne relève pas, ou si je sens mon interlocuteur ouvert à la discussion, je lui explique le sens que je porte au mot « faire » et la conception du voyage qu’il comprend. Pas toujours gagné, mais souvent cela touche le voyageur avec qui je discute.

    Je vais aller lire l’article de Mathieu auquel tu fais référence, je trouve les citations que tu as choisies très belles.

    L’image de l’affiche « Quand il croit saisir un monde, le touriste le broie » est très parlante, je rejoins ta réflexion : aux yeux des locaux, nous sommes tous des occidentaux, tous des touristes. Qu’on le veuille ou non, nous participons au tourisme (de masse) du pays et modifions l’environnement que nous venons découvrir. Ici aussi l’humilité me semble de mise …

    L’humilité est une très belle valeur, que l’on soit ou non voyageur ; merci de nous le rappeler ^^

    1. Avec plaisir Amandine!
      Merci à toi pour le commentaire…
      Et oui, une sacrée valeur l’humilité. Comme parfois certaines valeurs positives (telle la gentillesse), on ne la met pas assez en avant, mais c’est si important…
      Quand au poids des mots, oh oui qu’il est important. Sans vouloir trop philosopher ce sont des mots que viennent les idées, et des idées les actions, pour le meilleur… ou pour le pire!

  3. Très jolie et fine mise au point 😉

    Je suis d’accord avec toi sur pas mal de choses. Autant ça ne me dérange pas qu’on dise « j’ai fait tel pays » et qu’on ait telle ou telle image d’un pays en seulement 2 semaines de voyage (on a tous nos approches du voyage et tous nos façons, nos ambitions et nos objectifs en voyage – tant qu’on n’essaye pas d’imposer notre vision aux autres, je n’y vois pas de problème), autant je suis 100% d’accord sur l’opposition absolument stérile entre voyageur et touriste.
    Je dis souvent « je suis en vacances » ou « je fais du tourisme » pour voir si le « voyageur » en face me regarde avec condescendance. C’est assez régulièrement le cas malheureusement 😉
    Ce serait pourtant tellement plus riche et précieux de réfléchir sur soi et sur ce qu’on retire de toutes ces découvertes culturelles plutôt que d’essayer de prouver aux autres qu’on est un nouveau Kessel ou Jack London.
    Des gens peuvent être bouleversés par leur rencontre avec un serveur ou par leur vision d’une plage de club de vacances d’un village balnéaire de l’étranger. Ce n’est certes pas « la réalité » du pays visité mais c’est « une des réalités » puisque le serveur ou la plage ne sont pas des choses inventés par les managers du club. Chaque découverte nous parle de manière personnelle et tant qu’on admet qu’on a toujours à apprendre et découvrir des autres, qu’on reste prêt à questionner ses certitudes, cela n’a rien de méprisable.

    Quant à la sensation que tu as eu à cette soirée mondaine, je la comprends très bien. Un jour, à une grande conférence, je discutais le matin avec des témoins-acteurs clés d’un événement international. Leur discours était ouvert, plein de questionnements et d’humilité, ils proposaient des analyses toutes en nuances de ce qui s’était passé et étaient prêts à les réviser. Le soir, j’assistais à un débat de journalistes de grands quotidiens parisiens et de professeurs de Sciences Po qui venaient nous « expliquer » cet événement. Leur discours sonnait trop plein de certitudes et d’affirmations par rapport aux gens du matin, comme si tout était facile à comprendre pour eux. Je n’ai pas pu écouter le débat jusqu’au bout, j’avais du mal à croire qu’ils savaient mieux de quoi ils parlaient que ceux qui avaient été à l’origine de cet événement…

    1. Merci Morgane pour ton message.
      Comme quoi, le poids des mots, on y revient. Intéressant de voir comme on est sensible à certains et moins à d’autres…

      Je trouve tes propos « Des gens peuvent être bouleversés par leur rencontre avec un serveur ou par leur vision d’une plage de club de vacances d’un village balnéaire de l’étranger. Ce n’est certes pas « la réalité » du pays visité mais c’est « une des réalités » puisque le serveur ou la plage ne sont pas des choses inventés par les managers du club.  » très très justes. Un bon rappel que tu nous fais ici.
      (Et très à propos, car je pars justement sur un site balnéaire demain)

  4. Je hais aussi cette différentiation touriste/voyageur. Figure-toi que j’ai été cataloguée pour avoir une bucket list. C’est clair, moi je suis de celles qui ont une bucket list sur son site, donc j’ai rien compris à la vie et au voyage.
    Juger les gens sur leurs intentions, leurs envies et leurs plaisir c’est de la futile inutilité (je pèse mes mots). Comment juger quelqu’un quand on ne sait pas qui il est, d’où il vient, comment il a grandi, ce qu’il a traversé? (et jamais on ne connaîtra toute l’histoire). Pourquoi toujours penser que son choix est le meilleur? Il y a tellement de directions différentes à prendre dans la vie.
    Je m’en fous des voyageurs, des touristes et de tous les autres, ceux qui comptent pour moi sont ceux qui font tout ce qu’ils peuvent pour se donner les moyens d’exister et de travailler pour obtenir l’équilibre qui leur est nécessaire, que cela passe par le voyage, par le travail, par l’amour, par je ne sais quoi d’autre.
    Et si cela doit passer par la condescendance, je ne vais pas les juger non plus bien que ce soit très tentant… Eux aussi ont leur chemin à faire, dans ce que tu décris très justement comme l’humilité. Ils ont certainement mille raisons d’être condescendants, arrogants, égoïstes, injustes. Peut-être la vie les a blessés de mille manière, peut-être ont-ils dû se battre contre ceux qu’ils aiment, peut-être… Ils feront leur chemin dans leur direction, et notre travail à nous je crois que c’est d’apprendre à tolérer ces comportements qui nous gênent le plus et à les laisser couler sur nous comme l’eau sur les plumes d’un beau canard, sans qu’ils n’affectent plus nos émotions.
    Facile à dire, je sais. En tout cas, j’y travaille très fort.

    1. Corinne, voyons, très chère,

      Tu sais bien que certains t’ont déjà catalogué comme la fille à la bucket list Et qui a acheté des faux fans sur twitter… 🙂

      Sinon entièrement d’accord sur le fait que certains blogueurs voyages et/ou certaines devraient redescendre de leur arbre « influent » et retrouver la terre ferme… même si dans le blog, il y a une certaine mise en scène, dans la réalité, on devrait apprendre à s’en détacher.

        1. Je précise pour ceux, nombreux, qui pourraient mal interprétés mon message… le smiley fait office de hashtag #ironie hein 😉

          Bref, avancer dans ce que nous sommes et voudrions bien être prend déjà assez de temps, s’il faut en plus se préoccuper de ce que pensent les autres et les juger sur ce que nous pensons qu’ils sont… pfiu, on en finit pas.

    2. Ma chère Corinne, que de réflexions justes dans ton commentaire…
      Aaaah, ne pas juger, le travail d’une vie. Que c’est dur quand on nous apprend dès le plus jeune âge à mettre des gens dans des cases…
      Et très vrai aussi, on ne sait pas ce qui se cache derrière une personne condescendante. Mais quelle que soit l’expérience personnelle, le respect d’autrui doit toujours toujours primer… Facile à dire ici aussi!
      Bref, arrêtons là de philosopher et passons à la phase deux: devenir des êtres sages en action 😀
      PS: bucket list ou pas, te méjuger c’est mal te connaître!

  5. J’adore!!!jai rencontre moi aussi une personne qui se dissait « influente » dans le milieu du voyage lors de festival du voyage!!et j’ai ressenti exactement ce que tu viens de décrire…c’était peut être la même personne!!!

  6. Bonjour,
    Comme je comprends vos pensées mais comme je suis d’accord aussi avec les autres commentaires… Finalement, chacun voyage comme il veut et comme il peut aussi. L’essentiel à mon avis est d’avoir toujours du respect pour les pays traversés ainsi que pour les gens rencontrés. dans ma ville, il y a un voyageur qui a fait un voyage au bout de sa rue ! https://www.youtube.com/watch?v=RmaD3SXmcIg
    Bonne route !

    1. Merci Sido pour le commentaire.
      L’essentiel est le respect en effet, d’accord à 100%!
      J’avais entendu parler de ce voyage au bout de la rue, génial comme concept en effet, merci pour le partage!

  7. Moi j’en pense que je m’en fou !
    Touriste, voyageurs, who cares ? J’ai vu des « touristes » s’en ficher royalement du pays ou ils étaient, mais prendre plaisir et ne pas abuser, juste du farniente sur les plages… J’ai vu des « vrais voyageurs » avoir des comportements à la con… et alors ?
    L’important, quand je voyage, c’est que j’essaie d’être en accord avec mes convictions, de me poser les bonnes questions et de réfléchir à mes erreurs pour ne pas les refaire. Si chacun faisait ça, on irait déjà plus loin… non ?
    Ceci dit, je te rejoint sur tes lectures, elles peuvent aider à voir les choses d’une autre manière, à comprendre certaines situations, à évoluer… Je plussoie pour ce qui est de Franck Michel, je suis actuellement en pleine lecture de Tristes Tropiques de Strauss… fou !

    1. Ouf j’ai eu peur, quand j’ai lu « Moi j’en pense que je m’en fou ! », j’ai cru que tu te foutais de l’humilité en voyage!
      Si tu te fous juste des mots employés, ça va alors… le principal restant toujours le fond et moins la forme…
      Et oui, si on essayait chacun de ne pas refaire les erreurs passées, le monde tournerait mieux!

  8. Je suis tout à fait en accord avec ton article. Même si moi-même je ne voyage pas beaucoup je dois dire… Mais j’ai connu une fille qui parlait comme ça « j’ai fait tel pays… » et blablabla… Mais de toutes façons, en règle générale, je déteste les gens condescendants. C’est vrai qu’on est tous le con de quelqu’un. Et je ne jette pas la pierre à quelqu’un qui fait un voyage et se dore la pilule au soleil. On a tous des façons de voyager et elles sont toutes différentes et personnelles. Mais mépriser les autres car ils ne l’ont pas fait « à la roots », sac à dos et juste le billet d’avion…. Je suis allée en Inde il y a quelques années. Et même si je n’avais rien organisé, que j’ai dormi dans les pires guesthouse… Et bien je restais une occidentale comme les autres avec du pognon plein les poches…
    Bonne journée à toi…

  9. Salut Aurélie,
    Bon, je fais mon coming out, j’ai pendant très longtemps utilisé l’expression « faire un pays » je dirais par automatisme, en répétant bêtement ce que j’avais entendu ici ou là. Jusqu’à ce que quelqu’un me reprenne dans un de mes commentaires sur un blog en me disant que, bah non, on ne « fait pas un pays » comme ça. L’expression est idiote, voire prétentieuse, mais j’aurais tendance à penser que beaucoup de monde l’emploi sans vraiment en mesurer le sens et la portée. C’est plus une faute de français qu’autre chose dans la majorité des cas, enfin j’espère !
    Le touriste/voyageur, c’est aussi très très bête, mais de nos jours, le mot touriste est devenu très péjoratif. Du coup, la personne qui voyage de manière plus ou moins indépendante essaye de s’en éloigner. Ça dénote plus un manque d’assurance qu’autre chose. On essaye ainsi de prouver quelque chose au monde, qu’on ne fait pas partie de la masse. Mais un adage connu dit que ce sont souvent ceux qui en disent le moins qui en font le plus, c’est encore plus vrai sur les routes du monde. Les personnes que j’ai pu rencontrer et qui m’ont le plus charmé et épatées avec une connaissance approfondie du monde étaient presque toujours les plus humbles. Si on a besoin de dérouler son CV avec le nombre de pays visités dans les dix premières minutes d’une conversation, c’est que quelque part, on ne voyage peut-être pas vraiment pour soi, mais plus pour crier au monde : « moi je voyage ». Je pense en avoir fait un peu partie à mes débuts, quand j’avais sans doute l’impression de me lancer dans des trucs extraordinaires. Depuis, j’ai appris, et comme on dit, j’ai muri, enfin je l’espère !
    Évidemment, dès qu’on se lance dans un blog, ça devient un peu casse-gueule tout ça, car un blog, il y a tout de même toujours un peu d’égo dedans, qu’on le veuille ou non. Il est facile au détour d’un bon mot d’apparaitre comme un peu prétentieux.
    Bouvier, c’est pas mal comme exemple d’humilité. Arriver à la cheville de ce grand homme serait (sans prétention), une belle prouesse ! Bah tiens, il faut que je relise l’Usage du Monde 🙂

    1. Merci pour ton commentaire Laurent, pertinent comme toujours 🙂
      Bien vu sur l’aspect « faute de français » plus qu’arrogance ou autre chose…
      Mais finalement, ce dont je parlais dans ces lignes c’est plus de l’attitude que du langage utilisé. Et tu illustres bien le propos en parlant de ces personnes qui ont besoin d’étaler leurs « conquêtes voyageuses » (car il s’agit presque de cela!)

      Et alors, oui, tenir un blog et être humble ce n’est pas vraiment très compatible. J’essaie vraiment de garder ce cap là, mais là encore (comme on disait au-dessus avec Corinne), c’est le travail d’une vie!

  10. Un article on ne peut plus vrai…
    Même en tant qu’expatrié, habitant depuis plusieurs mois (années ?) dans un endroit devenu chez soi, je crois qu’on reste toujours un peu un étranger…
    Merci pour ces mots plein de sagesse !

  11. Bonsoir Aurélie,

    Voilà un article qui interpelle et qui aura de quoi nourrir le débat… Ne nous voilons pas la face tout de même, comme le disait Laurent, lorsqu’on est blogueur, c’est quand même que l’on a un petit ego… Pas dans le sens péjoratif du terme, mais je pense que nous avons tous celà de commun : prendre la peine de faire entendre nos voix respective, nos ressentis… Il parait que ça demande même un certain courage (plein de gens m’ont déjà dit qu’ils n’oseraient pas écrire). Maintenant, lorsque l’on commence à être courtisé, et gâté, la tête du blogueur peut enfler et iil arrive que certains pieds quittent la terre ferme.

    J’avoue que quelque fois, je me suis sentie jugée (« T’as pas de voyage au long cours? T’as pas de sac à dos? Tu vas dormir dans un hôtel? ») mais est-ce que c’est l’âge ou une prédisposition au recul, j’ai laissé glisser. Peut importe le mode de voyage, l’important, c’est le respect du pays que l’on visite et de ses habitants, l’ouverture aux autres… et le fait de savoir que nous sommes bien petits dans ce monde;, même s’il nous semble rétréci, et que 1000 vies ne serait même pas assez pour dire « qu’on l’a fait » (punaise, il suffit de rendre une grande ville pour se rendre compte qu’on en aura jamais fait le tour).

    1. Hello Mélissa,

      merci pour tes lignes… C’est drôle, tu utilises les mêmes mots que Piotr, « la terre ferme »… Et je partage ton avis, faut surtout se détendre par rapport à l’agitation autour des blogueurs, ce ne sera peut-être (sans doute?) qu’un feu de paille…
      Et oui, à 1000% d’accord avec toi, l’important reste le respect! (et ça aussi, Sido l’a déjà dit au-dessus – et ça fait jamais de mal de le rappeler!)

  12. J’ai juste envie de répondre un truc : de la même manière qu’on est toujours le touriste de quelqu’un, on est aussi toujours le connard snob de quelqu’un d’autre. Ça ne veut pas forcément dire que c’est volontaire mais surtout en tant que blogueur, c’est très facile de vexer un lecteur…

    1. Tout à fait d’accord avec toi Oreille quand tu écris « mais surtout en tant que blogueur, c’est très facile de vexer un lecteur »… En espérant que cela ne nous arrive point trop souvent quand même!

  13. Hello Aurélie,

    ravi de savoir qu’entendre « faire un pays » t’écorche les oreilles! Moi aussi il me brûle la langue qd l’expression m’échappe.

    A mercredi

  14. Bonjour Aurélie,

    Très bel article ! Je le découvre en faisant une recherche google sur Humilité + Voyage car je voulais justement écrire un article sur mon blog à ce sujet 😉 Je te rejoins parfaitement sur ce que tu dis ! Et notamment parce que j’ai moi aussi assister – A GRANDS REGRETS – à ces soirées mondaines de voyageurs, que je surnomme les bobos voyageurs, qui ont tout vu, tout fait, et qui consomme leurs voyages comme de vulgaires cigares. Ils ne sont pas du tout dans le partage, contrairement à ce qu’ils veulent faire croire et encore moins dans la rencontre authentique … Heureusement, ils ne sont qu’une minorité ! Et le web permet aujourd’hui à des gens comme toi de s’exprimer librement, avec beaucoup de naturel et de sincérité, et c’est génial ! Bravo pour ton blog et la façon dont tu transmets ce que tu ressens !

    1. Merci, merci et merci Linda !
      Merci pour ton commentaire, merci pour m’avoir fait réaliser que j’étais bien positionnée sur la requête « humilité + voyage » et merci surtout pour tes si gentils compliments! Pfiou, touchée en plein coeur 🙂
      A bientôt, ici ou là !

  15. Comme toujours très intéressants ces commentaires qui nous permettent de voyager depuis notre fauteuil quand on n’a pas le courage ou les moyens d entreprendre de beaux voyages comme les tiens. Je pense que ton fils sera un super voyageur.

  16. C’est très courageux à toi d’avoir partagé ce point de vue « éthique » du voyageur !

    J’avais envie de réagir car si tous les avis sont respectables, j’ai entendu dans le passé des paroles de voyageurs/touristes (ou pas) qui m’ont fait réfléchir. Et notamment celle d’une dame aborigène, qui après m’avoir vu vagabonder un jour dans sa galerie d’art, me dit :

    – « Vous êtes français, non ? »
    – « Oui, je suis français », dis-je.
    – « Je sais reconnaître la physionomie des gens, j’ai reconnu la vôtre », me dit-elle en souriant.
    Puis nous avons parlé de la France, d’une chanson qu’elle connaissait (d’Edith Piaf) et du film qui a été fait sur cette chanteuse. Au bout d’une heure, je lui dis :
    – « Nous les français, on n’est pas toujours aimés des australiens, on est un peu fier et on ne parle pas très bien anglais. » (j’avais oublié un détail, elle était aborigène ^^)
    Elle me répondit alors en me regardant fixement, presque comme une mère :
    – « Vous êtes français, vous devez en être fier, vous êtes nés là-bas, vous avez votre langue, votre culture, votre terre : tout ça vous appartient et vous devez en être fier. »

    L’humilité du voyageur, c’est peut-être d’abord de savoir d’où il vient plutôt que de faire croire qu’il existe par (le nombre de) ses voyages ? (c’est une question ouverte à tous 🙂 )

    1. Merci Sébastien pour ce joli témoignage…
      Je ne sais pas si c’est la réponse totale à la question « qu’est-ce que l’humilité du voyageur », mais oui, savoir d’où l’on vient ne peut qu’aider dans cette attitude-là!
      Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, c’est un peu cette idée aussi non?

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