Lisez Sylvain Tesson (suite): Dans les forêts de Sibérie
Juin 15, 2016 Art 19


forets-de-siberieA l’occasion d’un actu ciné, nouvelle mise en ligne pour cet article de décembre 2013…

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson est un des meilleurs livres que j’ai lus cette année.
Ce livre m’inspire, me plait tant sur le fond que sur la forme et je vous conseille chaleureusement de le lire.

En très bref: Sylvain Tesson a décidé de partir au bord du lac Baïkal, à cinq jours de marche du premier village. Et d’y vivre seul pendant six mois. Ce livre est son journal de bord.

D’un point de vue personnel, cette expérience me fait penser à l’état que j’ai pu toucher du bout du doigt lors de mon stage de méditation Vipassana. Et si j’étais plus courageuse, je ferai la même chose, je partirai vivre seule plusieurs mois dans une forêt, pour ne faire qu’observer, méditer, lire et vivre le moment présent. Je n’en suis pas encore rendu à cet état de courage, et vivre une telle expérience par procuration me met déjà le coeur en joie.

Dans ce livre, le lecteur accompagne Sylvain Tesson au quotidien et le journal de bord livre les activités et les états d’âme de l’auteur. Ses joies, ses doutes, ses lectures, la routine à laquelle il se plie, les superbes descriptions de la nature environnante, les rencontres qu’il a faites – aussi rares que fortes, la relation qu’il lie avec ses chiens, ses espoirs perdus et sa quiétude finalement retrouvée. Et ce, d’une plume toujours aussi juste et fine (voir mon précédent article sur Sylvain Tesson)…

Voici ce que dit la quatrième de couverture de Dans les forêts de Sibérie:

Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Avez-vous lu Dans les forêts de Sibérie? Ce livre vous a-t-il fait autant d’effet qu’à moi? Partagez donc votre opinion !

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Mise à jour du 13 juin 2016

Safy Nebbou a réalisé une adaptation cinéma de Dans les forêts de Sibérie qui sort cette semaine. Le réalisateur a pris le parti d’adapter librement les écrits de Sylvain Tesson. Et c’est peut-être mieux ainsi. Si le film avait trop collé au livre, je crois que je n’aurais pu être que déçue… Dans le film, Raphaël Personnaz incarne Teddy qui a quitté sa vie civilisée et professionnelle pour vivre son rêve et retrouver sa liberté au bord du lac Baïkal.
Au delà je l’ode à la liberté, j’ai surtout aimé la poésie qui sort de ce film : la musique d’Ibrahim Maalouf et les vues sur les glaces sibériennes sont presque à la hauteur des envolées littéraires de Sylvain Tesson, et pour moi c’est une sublime compliment. Mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que ce dernier en a pensé…

Voici la bande annonce du film Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou :

Et pour finir, comme me l’avait fait remarquer Laurent dans les commentaires il y a quelques temps, Sylvain Tesson lui-même avait réalisé un documentaire sur sa propre expérience « Six mois en cabane au Baïkal »

19 comments on “Lisez Sylvain Tesson (suite): Dans les forêts de Sibérie

  1. J’ai lu aussi ce livre en août, et malgré quelques réticences préalables (je me méfie toujours des succès d’audience) je dois admettre que j’ai vraiment apprécié ce récit sous forme de journal. L’écriture est belle, fluide, riche, et il ne s’agit pas seulement d’un journal de voyage mais surtout d’un journal de bord de ses états d’âme, de l’impact d’un tel isolement sur le psychisme. L’occasion de nous faire réfléchir nous voyageurs au but de nos pérégrinations…

    PS : bravo Aurélie pour cela : http://blogs.lexpress.fr/styles/top-blogs-styles/2013/11/25/curieuse-voyageuse-passeuse-dexperiences/

    1. Merci Marie-Ange pour ton avis sur ce livre! D’accord avec toi sur toute la ligne 🙂 Je pense que c’est le meilleur livre de S. Tesson que je n’ai lu…
      Et merci aussi pour le compliment!

  2. Ce livre était dans ma liste de livre à acheter depuis quelque temps, mais du coup, il vient de passer de la liste à acheter à la case à lire puisqu’il trône maintenant dans ma bibliothèque 🙂
    J’avais vu, il y a de ça quelques mois (voir même plus d’un an), un documentaire sur le séjour de Tesson aux abords du lac Baïkal qui m’avait laissé sans voix, donc grosse pression pour que le bouquin soit à la hauteur de mes espérances !

  3. Dans les forêts de Sibérie, écrit en pointillé et en précisions, est une leçon d’humilité. Qu’est-ce que Sylvain Tesson aura appris durant ses six mois, dans une cabane sibérienne, à cinq heures de marche de la plus proche présence humaine? Le courage des mésanges, la beauté du printemps, le réconfort de la littérature. La paix est incontestablement ce qu’il y a de plus dur à trouver sur terre. Sylvain Tesson avance pour savoir ce qu’il a dans le ventre. Il s’est éreinté puis enraciné. Il a parcouru le monde jusqu’à l’épuisement et a revêtu les habits de l’ermite jusqu’à l’amenuisement. De la conquête à la quête. Dans les forêts de Sibérie reste un acte de foi en la liberté intérieure. Il ne s’agit plus de partir au bout du monde ; il s’agit de partir au bout de soi. Sylvain Tesson aura appris en une poignée de mois, dans une cabane plantée en Sibérie, à vivre non plus contre lui-même mais avec lui-même.

  4. heu, c’est en parcourant ton blog que je trouve à nouveau les forets de sibèries.. que je n’ai pas encore terminé, je fais durer mon sorbet. . J’ en suis encore au mois de mai, .. ».la banquise croustille » .. j’adore! j’aime moi aussi ce regard sur les choses, sur les moments … cela inspire un regard neuf, une attention, des découvertes sans devoir aller si loin en Sibèrie. je regrdais hier derrière une vitre sale, au dos d’un employé de bureau, un plumet d’aiguilles de pin et pensé: se retourne t il parfois pour admirer le cadeau qu’est cette beauté surgie entre deux édifices tristes? le bonheur n’est pas loin…
    Belle évasion que ce blog.. j’y reviendrai..

  5. J’ai détesté finir de lire « Dans les forêts de Sibérie », tellement détesté que je l’ai lu une deuxième fois dans la foulée .. J’avais encore envie d’entendre craquer le Baïkal, entre autres !
    Pour moi, il fait partie de ces livres comme « Le Désert des Tartares » qu’on n’oublie jamais et dans lesquels on aime à se replonger pour aller au fond de soi.
    Je n’ai pas lu de nouvelles récentes sur l’état de santé de Sylvain Tesson. En avez-vous ? J’espère qu’il va bien.

  6. Je l’ai lu et si je l’avais trouvé sympa j’avais été « déçu » du fait qu’il emmène tout le « confort », du moins toute la nouriture, il manquait le côté « roots ». Après j’ai passé quelques jours tout seul dans des conditions à peu près similaires en Laponie et finalement je me dit que 6 mois ne doit pas être si simple que ça, il faudrait que je le relise d’ailleurs…

    1. Comme quoi, tout est (vraiment) relatif… Je ne parlerai pas vraiment de confort quant à ses conditions, mais plutôt des conditions de base 🙂
      Mais oui, relis-le, au-delà des conditions, c’est l’expérience de la solitude face à la nature qui est superbe !

  7. En fait je pense que quand je l’ai lu j’étais dans mon trip récits de trappeurs, les Grey Owl et compagnie, donc des personnes qui vivent seuls, chassent, vont à la ville une fois l’an acheter des produits de base, et sont habitués à vivre seul…après, je n’avais pas déteste ce livre mais ce qu’il avait fait m’étais apparu « simple » (par rapport aux autres)

  8. Bonjour,
    J’ai découvert Sylvain Tesson avec « dans les forêts de Siberie » offert avec malice par ma sœur. En effet je suis moi aussi persuadée que je finirai en cabane.
    Mais grand bémol, ma cabane est une ancienne bergerie dans les Hautes Alpes que je reconstruit toute seule avec mes mains d’ex fonctionnaire! J’y vais pour m’isoler pour réfléchir bref rien d’original seulement moi non plus je n’ai pas le courage de Sylvain Tesson. Ma cabane bien qu’isolée n’est pas loin de mon domicile et je n’ai pas passé de nuits à la belle étoile, je demande pardon!
    Depuis j’ai enchaîné les titres que je réserve justement pour ma cabane, lire Tesson dans la forêt c’est mieux.

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