Un autre tourisme est-il possible ?
Juin 03, 2013 Voyaaages ! 16

Mener une réflexion de fond sur le tourisme (et les voyages) altertnatif. Voilà la belle invitation lancée par un site collaboratif sur la blogosphère il y a quelques mois, mais que je découvre tardivement, 2 jours avant la fin de l’opération…

autre_tourisme

(première photo pour la recherche tourisme © C. Bellevegue)

Pour le contexte, et car c’est demandé, trois lignes d’introduction:

Cet article est publié dans le cadre de l’opération “Unis pour un tourisme alternatif”. Orchestrée par Voyageurs du Net et parrainée par Voyageons-Autrement, ABM, Babel Voyages, EchoWay et Viatao, cette opération vise à promouvoir dans la blogosphère le tourisme responsable et alternatif.

Un autre tourisme? une réflexion pas évidente à mener !

Une réflexion vraiment pas simple et qui réveille en moi des envies d’optimisme forcené alliées à une volonté de coup de gueule anti-hypocrisie… Concentrons nous sur les mots: le thème est Unis pour un tourisme alternatif et le sujet précis Mener une réflexion de fond sur le tourisme alternatif.
Et les mots comptent:
Tourisme: Fait de voyager pour son agrément.
Alternatif: Qui offre un choix entre deux choses possibles. Se dit de modes de pensées, de pratiques sociales, etc., qui proposent d’autres possibilités que celles de la société de consommation.

Mon côté optimiste me dit: oui oui oui, il faut évidemment faire la promotion d’un tourisme aux antipodes du tourisme de masse. Un tourisme  respectueux, des hommes, de leur culture (au sens large du terme) et de leur environnement. Un tourisme qui aide l’ouverture d’esprit. Un tourisme qui permet la rencontre de l’autre, de l’altérité, et finalement de soi-même. Un tourisme créateur de richesses avant tout morales et humaines.

Oui mais voilà, comment penser le tourisme quand on sait que les trois quarts de l’humanité en sont privés? – je n’ai pas cherché de stats à ce propos, mais on partira sur cette fourchette. Voyager pour son agrément, voilà qui est bien sympathique, et même pratique, sur notre terre réduite à un village. En tant que Française pas trop mal lotie, après quelques mois d’économie, je peux décider de voyager pour mon agrément au Maroc, en Thaïlande, en Inde ou même au Zimbabwe sans trop de difficultés. Je choisirai souvent (peut-être un voyage sur deux, peut-être plus), un voyage vers un pays des Suds, plus abordable et plus dépaysant que la vieille Europe ou l’Amérique du Nord…

Mais qu’en est-il pour mes homologues humains dans les pays précités? Pour eux point de voyage pour leur agrément possible. Pas même de voyage pour leur survie (économique ou autre) parfois. Réécoutez donc les paroles de l’African Tour de Francis Cabrel si ce genre de réalités vous est étrangère…

Alors du coup je me dis, n’est-ce pas simplement de la bonne conscientisation ces réflexions sur le tourisme responsable, équitable ou alternatif? Tant que nous ne sommes pas dans des relations d’égal à égal avec la personne visitée, ne sommes nous pas dans une relation de léger voyeurisme, dans les meilleurs des cas, d’irrespect ou de réel affront, dans les pires? Des relations sincères au-delà de toute question économique ou administrative peuvent-elles vraiment se nouer, sans l’ombre d’un doute sur leur bien-fondé des deux côtés?

Aucune volonté de moraliser dans ces lignes, ce sont juste des questions qui me traversent souvent l’esprit et auxquelles je n’ai pas de réponse satisfaisante. D’ailleurs, si vous en avez, n’hésitez pas à prendre part au débat ci-dessous…

Bon, en tant que grande moyenne voyageuse moi-même, et touriste par la force des choses, je nourris tout de même l’espoir qu’un autre tourisme est possible. Un tourisme d’humain à humain, où les personnes favorisées comme moi (et comme la majorité des personnes qui liront ces lignes) gardent en tête les considérations sus-citées et tentent par leur attitude de rendre les échanges, les plus justes possibles. Un tourisme où l’autre, avec ses différences, sa culture, son histoire et son patrimoine, est vu comme quelqu’un qui peut m’apprendre quelque chose, et pas seulement comme un faire-valoir pour de belles photos à montrer à mon retour de congés… Un tourisme où les terres traversées sont vues comme un cadeau à préserver pour les générations futures et non comme un simple du.

Je n’aime pas les étiquettes qui sonnent souvent trop marketing à mes yeux; tourisme équitable, tourisme responsable, tourisme alternatif: pour qui? au bénéfice de qui? Je miserai plutôt sur un tourisme humain, tout simplement.
Et c’est peut-être là ma définition du voyage…

Votre avis m’intéresse: qu’en pensez-vous chers lecteurs, touristes occasionnels ou grands voyageurs?

PS: pour ceux qui veulent prolonger la thématique, deux petites lectures en plus: une affiche sur le tourisme croisée à Nantes il y a quelques temps déjà et qui m’avait déjà fait réfléchir + une réflexion après deux années passées dans un bureau du Chine, où l’échange était plus que jamais présent…

16 comments on “Un autre tourisme est-il possible ?

  1. Quand en voyage dans un pays il y a rien de plus horrible que les hotels clubs ! a bannir ! il faut découvrir le pays et ces coutumes partir à l’aventure pardi

  2. Exactement. Dur de voir ces masses de touristes qui se rendent dans le « sud » comme ils se rendraient dans un zoo – pour observer ces gens un peu curieux enfermés dans leur pays pour des raisons financières (la plus part du temps), un peu comme les barreaux d’un cage pour les animaux – si on pousse l’analogie ! Mais selon moi, le tourisme se doit d’être « alternatif » (ou autre chose, peut importe comment on l’appelle et j’aime bien le « tourisme humain » que tu proposes) justement par respect pour les locaux et parce qu’une vraie relation équitable devrait se mettre en place entre les voyageurs et les locaux. Enfin bref, vaste débat !

  3. L’alternative serait un tourisme objectif. Voyager pour le bien-être de vous et le bien-être de tout. Voyager pour bénéficier d’un droit mais pour respecter un devoir. Bref, voyager pour accomplir une mission tout en profitant des jolis moments.

  4. Bonjour,

    En lançant l’opération, nous n’avons pas pris une position tranchée : nous avons soumis ce terme, qui en effet appelle à s’interroger.
    Alternatif… Mais alternatif A QUOI ? Là était la question première. Alternatif au tourisme de masse : c’est ce qui nous semblait sous-jacent. Ensuite, le terme « tourisme » appelle aussi à en questionner non seulement la définition du dictionnaire, mais son statut : économique, d’abord, car le tourisme est une industrie et le troisième secteur économique au monde (certaines prévisions annoncent qu’il pourrait devenir, à long terme, le 1er : les classes moyennes des BRICS pourrait confirmer cela assez rapidement).

    Nous pouvons estimer que cette opération est une réussite dans la mesure où nous avons pu lire des réflexions diverses rendant compte des questionnements des voyageurs-blogueurs et des lecteurs-commentateurs. Certains ont montré des alternatives déjà vivantes au tourisme de masse, qu’elles soient dans le tourisme (écotourisme, tourisme communautaire…) ou dans le voyage hors des structures mercantiles du tourisme (voyage à pied, à vélo, voyage participatif, immersion…). Des critiques contre le tourisme de masse… tout en reconnaissant y participer…

    Globalement, cela nous a permis de prendre le pouls, parmi les gens qui voyagent bcp, de la perception du fait touristique. Quelques-uns dénoncent le voyage rapide (il me semble en effet que le tourisme inclut la notion d’un passage rapide, centré autour de la transaction financière et ne permettant que rarement la rencontre) et agissent en cohérence, hors des structures touristiques. D’autres critiquent le tourisme, ayant ressenti — comme bcp sans doute — l’effarante vacuité d’un rapport (à la culture, aux individus, à l’espace et au temps mêmes) régis par la transaction financière. C’est, du reste — et je regrette que ce lien n’ait pas été souligné –, le problème plus général de la globalisation libérale et du colonialisme des imaginaires par le libéralisme.

    Et c’est, je crois, une grosse partie du problème. Car questionner le libéralisme intériorisé, et qui nous paraît naturel comme l’air que nous respirons, c’est déjà se questionner sur le pourquoi du voyage : aspiration véritablement individuelle ou imaginaire construit et valorisé ? Le nomadisme, le rejet des frontières et des limites est relativement central dans l’actuelle anthropologie libérale. Or, alternatif ou pas, le tourisme est un problème avant d’être un possible soutien. Même le cas du tourisme communautaire n’est pas, dans l’absolu, si exemplaire : le rapport de la population locale revient parfois à considérer son environnement comme une chose qu’il faut préserver comme une source de revenus. C’est, au fond, un peu la même chose que ce que les resorts font avec le patrimoine culturel et historique, devenu comme une matière inerte sans incidence sur la population locale, et qui peut dès lors, puisqu’il est en quelque sorte empaillé, être commercialisé. Un exemple : les danses mayas mises en scène sur la Riviera Maya…

    Il me semble difficile de penser le tourisme sans envisager, même à grands traits, la gigantesque mutation anthropologique de laquelle il participe, et qui d’abord a été celle, libérale, de l’Occident ; et qui, maintenant, et c’est plus grave, menace de destruction les cultures du monde.

    Plus le temps passe et plus je mesure l’envergure de calamité du tourisme, même alternatif (alternative qui peut, du reste, avoir de très pitoyables aspects : le tourisme ethnologique ou le tourisme des bidonvilles peuvent avoir des airs de zoos humains du XXIe siècle). Le voyage — quoiqu’il en faille préciser l’épithète, sans doute — est autre chose, avec tout d’abord une temporalité longue.

    Je reste persuadé que le tourisme alternatif n’apportera que des bénéfices pécuniaires à la population d’accueil, sans doute mieux répartis — ce qui est déjà un mieux. Mais s’illusionner sur la « rencontre de l’Autre » ou « une approche plus curieuse de la société » quand on passe 5 jours ici, 2 semaines là… cela me semble au mieux naïf, au pire foncièrement idiot.

    A titre personnel, j’ai choisi mon parti : préférer l’immersion longue. Je suis actuellement au Guatémala depuis septembre (hormis une parenthèse de 2 mois au Mexique). Aucun impératif de filer d’un lieu à l’autre tous les 2 jours ; des relations amicales qui commencent à s’épaissir ; une compréhension de la complexité de l’histoire, la culture et donc de l’anthropologie locales qui me questionne beaucoup ; des projets avec des locaux ; le plaisir de revoir certains copains de temps et temps et aller se faire une belle excursion sans qu’il y ait de transaction financière. On est alors dans une sorte de non-voyage, puisqu’il n’y a pas cette mobilité tant vantée, comme si elle était quelque chose d’intrinsèquement bel et bon… mais bel et bien dans une sédentarité… ailleurs…

    Tout ceci me rappelle la fameuse pensée de Pascal : « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre. »

    Le libéralisme, c’est le bougisme perpétuel, l’infidélité érigée en éthique (infidélité à une tradition, une patrie, un terroir)… Et le plus fascinant c’est tout de même que, en un sens, bcp de voyageurs ou touristes dans leur délire à chercher de l' »authentique », vont chercher ailleurs ce qu’ils conspuent chez eux : la sédentarité, le terroir, l’attachement à un lieu et une tradition… qui tous ont été dévastés par la poussée des valeurs libérales dans nos sociétés… et qui font cette situation où massivement les individus se cherchent un sens, une structure, que la société et leur civilisation ne peuvent plus leur garantir. D’où le New Age et le « tourisme de la spiritualité », d’où la fascination pour les chamanismes, d’où la sur-valorisation du voyage comme moyen de connaissance de soi, etc. Le voyage est devenu une mythologie à part entière de l’ère libérale…

    Merci encore pour ta réflexion critique. Je mets fin ici à mon très long commentaire, que j’aurais pu étirer encore et encore, sans doute !

    Salutations,

    Mikaël

  5. Article très sympa !
    Pour moi tout est illusion dans ce domaine, l’alternatif comme le tourisme de masse. L’alternatif, parce que c’est un mot qui, comme « écologie », fait vendre… Et du moment qu’on vend (et je rejoins le terme de « transaction » de Mike), tout est faussé… Il y a du bon quand même, mais est-ce vraiment alternatif quand des milliers de voyageurs font la même chose que nous ?
    Le tourisme de masse est parfois presque plus honnête… On sait qu’on y vend des paillettes et du volume, qu’on aura nos croissants dans n’importe quel pays avec le wifi qui va bien… Aucune illusion d’aller vers l’autre ou de participer à quoi que ce soit, on est là pour oublier notre job pourri et consommer… Peut-être un peu moche, mais au moins ce type de « voyageur » ne croit pas changer le monde en allant planter un arbre en Afrique…
    Cynique ? Oui, mais c’est assumé… Parce que, comme dit Mike, de l’authentique et de l’alternatif, j’en ai dans mon pays, que je n’ai même pas totalement visité, pourtant la Suisse est toute petite… Et à partir du moment ou je prends l’avion, je ne suis de toute façon plus « alternatif » pour un sous…

    Salutations !

  6. un « tourisme » ou voyage pour aller à la rencontre de ces personnes, de ces tribus, villages, personnes qui n’ont pas les moyens de voyager .. je pense, quand on est des gens honnêtes, avec une envie profonde de partager, de mieux connaître ces autres civilisations, je pense qu’ils le ressentent, et avec un débat et un moment de partage c’est un moyen pour eux de voyager, s’évader, avoir des mots ou des photos sur ce qu’il y a ailleurs, en dehors de leur frontière! Et le mieux encore (je parle sans en avoir aucune idée, car je n’ai jamais réalisé de tels voyages, mais j’aimerai énormément!), serai que l’argent qui a été versé à l’organisme qui a organisé la rencontre (je pense que certaines tribus, village ne sont pas accessibles de nos propres moyens & à l’aveugle, donc obliger de passer par quelqu’un de la région, qui connaît), il faudrait que cet argent, en grande majorité, je ne dis pas la totalité, car c’est impossible, et nous le savons, mais qu’une grande partie soit reversée à ces personnes, pour les aider, dans la construction de maisons de meilleur état, construction d’école, ou aménagement d’électricité ou eau ..
    Le problème, ce qui me fais le plus peur, c’est que beaucoup de gens maintenant sont intéressés par ce genre de « voyage », certains sont honnêtes, ont une réelle envie de partager quelque chose, et pas seulement une pause sur une photo .. mais d’autres le sont moins, certains y voient oui de la curiosité, ou un moyen de se sentir mieux après .. j’en sais rien .. mais il ne faudrait pas, qu’à cause de ces derniers, leur mode de vie change, que tout devienne orchestré, qu’il n’y ai plus cette authenticité .. Parce que le pire, c’est que ceux qui en souffriront le plus, ce seront toujours les mêmes, les « vacanciers » reviendront contents, avec des anecdotes et des photos.. mais leur vie, aux Africains, Philippins, aux Boliviens, à tout les autres, leur mode de vie sera t-elle meilleure pour autant ?
    Il ne faut pas que tout cela devienne une mode, « je vais dans un bel hôtel , je profite de belles plages privées, et puis bon, trois jours pendant mon séjour je vais au contact d’une tribu, quand même, j’aurai vu l’authentique du pays quoi! ». De toute manière à force d’en parler c’est ce qui arrivera! Cela finit toujours pareil! On en parle, internet, magazines, reportages .. et c’est bien connu, plus on parle de quelqu’un chose, plus les gens veulent le faire! Alors arrêtons d’en parlez, avant que des visites en groupe de 20 personnes s’organise pour aller les faire chier!
    J’ai un discours assez simpliste, et je suis un peu naïve aussi, j’avoue .. mais je sais qu’il y a des gens qui ont une grande envie, un grand coeur, qui partent avec les meilleures attentions .. je le sais, parce que même si je ne l’ai jamais fait, manque de moyens, j’ai des projets pour plus tard, une envie de m’installer en Argentine et monter mon association. Pour soulager ma conscience ? Ou me dire que j’ai changer le monde ? Non, juste une envie! Une vraie envie, pas un caprice, non un projet qui murit depuis des années .. un projet où je n’arrive pas à poser de mots, juste des émotions ..
    Je ne sais pas si cela répond vraiment, enfin, j’ai juste dis ce que je pensais!
    Bonne soirée!

  7. Merci Aurélie pour cet article qui ajoute un aspect essentiel à ce que pourrait désigner un voyage « alternatif ». Terme définitivement vaste et sujet à débat…

    @ Mikaël
    Tu estimes qu’il faudrait plusieurs mois pour appréhender une culture, dans ce cas, pourquoi pas 3 ans, 10 ans et même 20 ! Pas forcément besoin de passer plusieurs années, du moins si tu n’es pas engagé dans une recherche anthropologique. Parfois une rencontre spontanée et courte peut apprendre beaucoup. Lorsque je voyage, je suis conscient que je ne pourrais jamais saisir la totalité d’une culture. Pourtant, je saisis beaucoup d’aspects extérieurs, qui eux, vont m’aider à me construire et questionner ma propre culture. C’est comme cela que je considère la « découverte des cultures ».

    « Le nomadisme, le rejet des frontières et des limites est relativement central dans l’actuelle anthropologie libérale. »
    Je suis d’accord avec toi mais n’oublions pas, tout de même, que le libéralisme est arrivé bien après le nomadisme. Le sédentarisme est très récent à l’échelle de l’humanité. Je dirais même qu’il a d’abord été voulu et encouragé par cette même idéologie libérale.
    Déplacement et nomadisme qualifiaient la condition humaine partout dans le monde (Bruce Chatwin a notamment passé toute sa vie à le démontrer). L’anthropologie libérale s’est accaparée le « nomadisme » et l’a travesti. Il faudrait même leur trouver un autre terme…

    Je considère que le déplacement pousse à l’introspection, le recul et laisse de l’espace pour la pensée. C’est en ces termes que je le qualifierais de « mode de vie alternatif » et le différencie du « nomadisme libéral» qui a tout à gagner à ce que les travailleurs et les capitaux se déplacent selon son dogme.

    Enfin, les termes « écologie » et « alternatif » font vendre mais pas seulement. Le « marché » les utilise dans un but promotionnel mais est-ce pour autant une bonne raison pour s’en démunir ?

    On pourrait en débattre plus longuement … Idée d’article à venir ?! 😉
    A bientôt !

  8. Je rejoins parfaitement tes impressions! pour ma part, je me sens un peu gênée de visiter un pays où la survie des habitants est tellement flagrante qu’en tant que touriste on ne peut que se sentir mal à l’aise. L’agence pourra me dire tout ce qu’il veut comme quoi développer le tourisme avantage les locaux mais ce que l’on peut voir sur place est une autre réalité hors le tourisme y est depuis 20 ans!

  9. Le tourisme alternatif est-il possible et si oui, est-il respectueux de l’être humain ? Vaste sujet qui nous est expliqué. Sans y apporter une réponse satisfaisante (peut-être existent-ils plusieurs), il provoque en nous le questionnement. Aller visiter un pays où la plupart de ses habitants ne peuvent pas partir en voyage comme nous est-il un acte purement touristique et culturel ou cache-t-il une curiosité déplacée et un certain esprit de supériorité ? Voyager est toujours enrichissant, mais encore faut-il le faire tout en respectant le pays et la population qui nous accueillent.

  10. Un immense merci à tous pour vos commentaires plus qu’intéressants, qui rendent l’article d’autant plus pertinent je pense…

    N’hésitez pas à continuer à commenter, si besoin est je continuerai le débat dans un prochain article!

  11. Bonjour,
    Je partage ici une expérience personnelle: en créant Au Coeur du Voyage, nous avons beaucoup réfléchi à l’utilisation des labels (tourisme équitable, tourisme responsable, …). Même si nous avons mené un travail de fonds sur la responsabilité sociale de nos fournisseurs (hôteliers et correspondants), nous avons décidé de ne pas les mettre en avant sur notre site, justement pour éviter l’amalgame du marketing. Nos conseillères ne communiquent pas non plus sur ce point. Toutefois, nous mettons l’accent sur la philosophie de voyage (comme nous commercialisons principalement des destinations balnéaires, nous encourageons fortement nos voyageurs à découvrir la population, la ‘vraie’ terre intérieure, la culture et l’échange). Curieusement, la majorité de nos clients rentre de vacances avec des souvenirs et des expériences ‘hors plages’. Maintenant, est-ce par ‘léger voyeurisme’, je n’en suis pas certain. Je pense qu’il y a une réelle volonté des voyageurs de découvrir l’autre, de partager aussi un peu de son expérience, de s’enrichir par l’échange. Mais n’oublions pas, les vacances c’est avant tout le repos et la détente… l’échange étant devenue une composante naturelle sur le terrain.

  12. C’est vrai que la réflexion sur le tourisme alternatif est encore assez peu présente dans nos sociétés. C’est tout le mérite de votre article: attirer notre attention sur ce phénomène. J’espère qu’il ne s’agit pas – et je ne parle pas de votre blog, mais du phénomène en lui-même – seulement d’un phénomène de passage – un peu pour se donner une bonne conscience, comme une sorte de verni, mais vraiment quelque chose de plus profond.

  13. Un article bien construit et une très bonne réflexion qui nous incite à réfléchir sur notre propre condition de « voyageur » ou de « touriste ». Je pense un peu comme toi et les autres lecteurs que les mots : « alternatif », « écologie »,… sont très à la mode depuis quelques années mais personne n’arrive à expliquer le réel bénéfice de ces concepts dans le tourisme ! Dans le meilleur des mondes, le tourisme « alternatif » devrait être un moment de partage avec les populations locales sans se croire dans un zoo ! Je connais bien le Maroc et certaines attitudes des touristes me révoltent comme donner de l’aumône à des enfants ou encore jeter des bonbons par les fenêtres des voitures en passant dans les villages ! Est-ce qu’un tourisme « alternatif » est possible tant que nous ne sommes pas sur le même pied d’égalité et que tout le monde puisse découvrir la planète ? Pas sûr ! A réfléchir.

  14. Aurélie !!!!
    Je vois que nos premières aventures et interrogations sur le monde
    se rejoignent toujours aujourd’hui puisque mes recherches sur la toile me conduisent à toi !!! c’est drôle et rassurant, nous ne nous sommes pas rapproché autour de Se N’deke par hasard 😉
    ça fait plaisir, comment on trouve ton livre ? Rachida m’en a parlé.
    Enorme bise.
    Yo

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