Quelques heures à Tanger… et ailleurs au Maroc !
Mai 24, 2019 Maroc 8

A peine 24 heures à Tanger, dans un contexte plus que particulier, car un séminaire professionnel, et déjà le temps d’une intuition, de créer une envie.

Voyage en terre musulmane pendant le Ramadan

Nous voyageons ici pendant le Ramadan. C’est curieux pour moi de voir toute une ville et ses habitants évoluer sur un seul et même rythme.
8h ce matin – je pars pour une première petite balade solo, en amont de l’inertie du groupe. La ville est entièrement calme. Aucune activité propre à toutes les villes du monde quand elle se réveillent.
Toute la journée la ville est paisible, les rues peu animées, les gens comme au ralenti.
Vers 18h, les rues se rempliront, embouteillages, piétons chargés de courses : la rupture du jeune, le ftour, sera à l’approche.
Ca me fait bizarre d’imaginer que tous ces hommes et femmes ont le ventre vide et qu’ils ont tous en tête la rupture qui approche.

Chacun fait ce qu’il veut à cette heure-là, me dit notre chauffeur. Tout le monde est tendu, alors il vaut mieux ne pas chercher d’histoire.

Visite secrète de Tanger

Le thème de notre journée est « Secret Culture & History », nous sommes 15 collègues, et jusqu’au moment de l’embarquement, nous ne savions rien de notre parcours ou de notre programme. Mes 200 collègues et moi sommes invités à fêter les 10 ans d’Evaneos au Maroc, et plutôt que de partir en voyage de masse, nous empruntons 10 routes différentes pour nous rendre au lieu de notre séminaire, lui-même gardé secret ! J’adore cette idée de destination mystère, qui rajoute tant d’émotions au voyage…
Notre journée se déroule donc à Tanger sur le thème culture & histoire. Je rebaptiserais bien la journée « Les dessous de Tanger ».

Notre guide, Els, est une Tangeroise passionnée. Néerlandaise d’origine, polyglotte, mariée à un Marocain, elle connaît les coins et recoins de Tanger sur le bout des doigts et nous en offre une surprenante découverte.
Els fait parler pierres, murs, ruelles et jardins pendant quatre bonnes heures et sept kilomètres… C’est un visage des plus inattendus de la ville qui se dessine devant moi.
Tanger l’internationale, sa kasbah, sa médina, les moult polissonneries qui s’y déroulèrent jusqu’à il y a peu…

Le reste de la journée est tourné vers l’océan: Détroit de Gibraltar, bien sûr, là où l’Atlantique rencontre la Méditerranée, dégustation de fruits de mer avec vue, petites balades les pieds dans l’eau sur la plage Achakar, et bain de soleil dans la lumière descendante sur le phare du Cap Sparkel…

Souvent pendant la journée, je m’interroge : à quoi pensent les migrants et les Tangerois attirés par l’Europe quand ils regardent le Détroit et ses 14 kilomètres qui le séparent de notre continent ?
C’est certain, Tanger, je n’ai qu’un minuscule avant-goût de toi !

Séminaire au coeur de l’Atlas Marocain

La suite de notre voyage surprise nous mène sur notre lieu de séminaire… les Terres d’Amanar dans l’Atlas Marocain.
Heureux hasard, j’ai déjà été dans cet endroit, en amoureux, juste après notre mariage. L’étrange impression que c’était une autre vie – je n’avais pas encore mis au monde les quatre plus beaux yeux du monde, et mon niveau de fatigue général était bien plus acceptable…
Nous retrouvons donc nos 200 collègues, chacun revenant de leur route respective, et nous avons la chance de vivre notre séminaire dans ce cadre extraordinaire. Cela fait pour ma part 6 ans que j’ai pris part à l’aventure Evaneos , et 72 mois plus tard, je suis toujours aussi fière et heureuse de mon job au quotidien. Une chance dont je suis tout à fait consciente !
Pour revenir à l’aspect voyageur de cette dernière étape : c’est une grande joie de retrouver ces si belles terres, en version printanière – la dernière fois, c’était en décembre. Cette fois-ci je peux profiter de la piscine, apprécier mes petit-déjeuners face à la nature ensoleillée et même esquisser quelques mouvements de qi-gong en tête à tête avec les montagnes.
Je ne reste que 24 heures dans l’Atlas, là aussi, c’est bien évidemment trop court, mais c’est déjà un pur bonheur de profiter cette parenthèse professionnelle enchantée !

Pour continuer le voyage à Tanger

Avant de terminer cet article, trois petites recommandations pour mieux découvrir cette ville qui m’a laissée tout sauf indifférente…

La lecture de Rue des Voleurs de Mathias Enard. C’est drôle : avant mon départ, ne sachant même pas où j’atterrirais, j’avais juste demandé à ma (très chouette) libraire une recommandation de roman contemporain se passant au Maroc. Elle a visé plus que juste en me recommandant Rue des Voleurs. On y suit un jeune Marocain de Tanger dans sa vingtaine, au coeur des printemps arabes. Une superbe épopée personnelle pour comprendre le Maroc d’aujourd’hui et les relations Europe-Afrique. Mathias Enard parle ainsi de son oeuvre :

Aujourd’hui, une guerre terrifiante se poursuit en Syrie ; la campagne présidentielle française a atteint des sommets de xénophobie et de bêtise, la crise économique jette l’Europe du Sud dans la violence et la tentation du fascisme. Tout cela m’est apparu comme différents visages d’un même combat en cours, le combat pour la liberté, pour le droit à une existence digne, qu’il se livre en Tunisie, en Égypte, en Espagne ou en France.
J’ai entrepris de raconter ces luttes, à travers un voyage dans ce champ de bataille qu’est notre univers – Tanger, Tunis, Algésiras et Barcelone en sont les principales étapes. Un roman d’aventures, de l’aventure tragique du monde d’aujourd’hui.
On y croisera des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur, d’autres qui n’en rêvent plus, des islamistes, des musulmans, des mendiants, des putains, des voleurs – et des livres, beaucoup de livres, qui restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres.

Edifiant !

Une autre lecture, issue de la blogosphère : celle du blog d’Hedilya, qui a justement passé son dernier hiver à Tanger !

Un dernier lien, celui de l’agence locale de Yasmine, basée à Tanger, si jamais le coeur vous dit un jour d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté du Détroit ! Yasmine n’est autre que la fille d’Els, dont je vous parlais plus tôt, et est au moins aussi passionnée que sa maman par cette surprenante vielle !

Amis lecteurs, que pensez-vous de Tanger et de cette petite escapade ?
Au plaisir de lire vos commentaires à ce propos !

8 comments on “Quelques heures à Tanger… et ailleurs au Maroc !

  1. Une jolie escapade ! Et même courte, elle a dû être bien dépaysante 🙂
    J’ai découvert Tanger il y a presque 10 ans moi, j’y avais passé un weekend prolongé avec ma cousine. J’en ai gardé un excellent souvenir… T’es photos m’ont replongée dedans !

  2. C’est une belle ville que j’ai eu la chance de découvrir pour des visites professionnelles mais également privées. L’influence espagnole est encore présente davantage l’été que l’hiver.
    Partager un jour le ramadan des marocains surtout le soir après les prières est toujours festif

  3. Merci Ye Lili pour ce petit morceau de magie marocaine… Je t’invite à découvrir l’auteur Tahar Ben Jelloun si tu ne le connais pas encore, justement je lis « Jour de silence à Tanger » en ce moment 🙂 Hâte de me promener dans ton blog, il est magnifique.

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