Terrasse napoléonienne

Aujourd’hui, je vous propose le récit un brin décousu d’un dimanche parisien, mais qui confirme que le voyage commence une fois le seuil de notre porte passé…

Nous sommes dimanche il fait gris pluvieux et heureusement pas trop glacial encore. Mon cours de danse à venir me sort de chez moi. Le souvenir d’une terrasse sympa située à deux pas de la salle où je pratique me pousse à partir un poil plus tôt pour alterner plongée dans un bouquin et plongée dans la vie du quartier. Je me souviens que la semaine passée un loquace Macédonien avait légèrement engagé la conversation (et stoppé par la même occasion celle que je menais avec mon amie), et il en était venu à me montrer des photos de lui où il tenait des ours dans ses bras. Je ne sais pas si je le reverrai, mieux disposée à discuter avec lui, mais cela me motive assez pour revenir à la même table.

Il s’agit de la terrasse du Napoléon, bistrot situé au croisement de la rue du Faubourg Saint-Denis et de la rue des Petites Ecuries.

Pas de discussion à la sauce macédoine ce dimanche-ci, mais le plaisir n’en sera pas moindre.

A ce croisement-là on peut voir des grappes d’hommes d’ailleurs. Un vrai théâtre de rue: si je regarde un peu plus loin à droite en bas de la rue du Faubourg Saint-Denis, une belle arcade, sorte d’arc de triomphe classique fait office de décor. Si mon regard s’arrête à un mètre, ces hommes en grappes discutent dans d’étranges langues à même le trottoir. Tout en larges sourires et regards vifs, ils restent plantés à discuter en d’étranges sonorités. Longuement.
Magouilles? Petits arrangements entres amis? ou peut-être simple vie sociale débordant d’énergie? je n’aurai pas les sous-titres du scénario, mais je sens tout autour de moi la Vie avec un grand v… J’ai du mal à décrocher le regard de ce qui m’entoure.

Et puis si ce n’est pas le montreur d’ours qui me fait l’honneur de sa présence, c’est Emmanuel Carrère que je croise sur mon chemin. Je flotte encore dans l’ambiance de son livre refermé la veille: l’excellentissime D’autres vies que la mienne. Il y fait référence à la rue Hauteville que je traverse pour venir ici. Sur le chemin qui vient de me mener à Napoléon mes pensées rôdaient encore en ce livre et je priais de le croiser pour le remercier des belles émotions ressenties. Lorsque cet auteur bien-aimé apparaît à moins d’un mètre de moi, je crois halluciner. A deux doigts de l’interpeller pour lui dire un simple merci, la lignée de tables de cafés qui m’entourent et la personne avec qui il discute me dissuadent. Reste à le rencontrer une prochaine fois. Peut-être me suffira-t-il de penser à nouveau très fort à lui…

Cliquez par ici pour les infos sur ce bar où une belle tranche de vie se dessine… et par là pour vous procurer D’autres vies que la mienne

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Joyeuses fêtes! (avec un direct sur France Inter dedans)

Bonjour à tous,

j’avais envie de reprendre la plume ces jours-ci pour, bien sûr, pour vous souhaiter à tous de superbes fêtes de fin d’année, qu’elles vous apportent joie et bonheur avec vos proches…

… et puis aussi pour vous signaler un nouveau passage radiophonique: cette fois-ci j’ai l’immense plaisir de passer quelques minutes en direct sur France Inter !

France Inter a longtemps été, et est à nouveau aujourd’hui, mon meilleur compagnon de vie. Cette radio a accompagné mes années étudiantes (pas de télé sous mon toit) et mes premières années de jeune active. Elle est mon principal lien avec l’actualité aujourd’hui encore, et maintenant que je vis à nouveau seule, elle m’accompagne à nouveau très régulièrement!
Alors quand j’ai reçu une réponse positive à mon email-bouteille à la mer pour faire connaître mon livre, de la part de Léa d’Un jour tout neuf, vous pouvez imaginer ma joie…
Pour les matinaux, ça se passe:  lundi 26 à 05h10, dans la rubrique Emmenez-moi.

Un superbe cadeau de Noël en somme, je vous en souhaite d’aussi réjouissants à tous et vous renouvelle tous mes voeux de bonheur !

Et dans les langues de quelques unes des personnes que j’ai eu le plaisir de rencontrer cette année:

圣诞快乐
merry Christmas
fröhliche Weihnachten
feliz Navidad
hyvää joulua (finnois)
boldog karácsonyt (hongrois)
vesele božične praznike (slovène)
souksan van Christmas (lao)
souksaan wan Christmas (thai)…

***

Petite mise à jour:

Pour ceux qui auraient raté le « live » (à 5h du mat’, ça peut se comprendre), vous pouvez écouter le podcast de la chronique Emmenez-moi en cliquant sur ce lien (et pour écouter l’émission Un jour tout neuf en entier, c’est par ici)…

Et pour les nouveaux venus qui découvrent ce blog suite à l’émission:
– pour découvrir mes « Portraits de Chine », ça se passe ici
– pour mon livre, c’est par là ! 

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Danser !

Quand tu danses les anges rient… Ces quelques mots d’une vieille chanson pour essayer de définir l’indéfinissable : le sentiment de plénitude ressenti quand je danse.

La danse est entrée dans ma vie par hasard : ma sœur aînée faisait de la danse classique, j’en ferai aussi. Une danse difficile, surtout pour qui n’a pas le corps taillé pour. Des années à regarder les autres avec envie, à me dire que je ne serai jamais à la hauteur. Des années à chercher la grâce aussi. Et des années de préparation, où j’apprends à connaître mon corps, à le maîtriser, à en coordonner les moindres parties.
Avec une nouvelle enseignante, à l’adolescence, il y a déjà plus de place à la liberté personnelle. Mais on doit encore rester dans les codes, dans le moule. Et j’y rentre avec difficulté.

Et puis vient le lycée, je quitte à regret mes très bonnes amies du collège. On décide de pratiquer une activité toutes ensemble. Ce sera la danse africaine : ma proposition, un peu par hasard, un peu par curiosité.

Révélation.
La danse peut rimer avec bonne humeur, avec partage, avec multitude de corps, de manières d’être, et toujours avec grâce.
J’apprends à désapprendre les poses, les attitudes intégrées de force depuis une décennie. J’apprends de nouveaux pas, de nouvelles tenues, proches de la terre, des racines de l’humanité, des mouvements qui rappellent souvent des gestes simples du quotidien.

Et puis, peu à peu, la danse africaine prend une place majeure dans mon quotidien, les cours et autres préparations de spectacles se multiplient.
C’est un échappatoire, qui me défoule, m’aide à exulter et à expulser les mauvaises ondes.
C’est un espace de liberté sans borne. Une fois la technique et les pas mémorisés, je me lâche, entièrement, de tout mon corps et de toute mon âme. Je me branche littéralement sur la musique et laisse mon corps s’exprimer dans les moindres détails. Comme si chacune des cellules de mon corps participait à un seul et même élan de vie. L’harmonie. Et la grâce et la séduction qui ne sont jamais loin. Un sentiment de vie, plein et entier. L’unicité dans le mouvement.
J’ai continué depuis, avec des pauses de quelques mois parfois, toujours contre mon gré, que ce soit pour raisons physiques ou purement pratiques.
Et la danse brésilienne fait aussi son entrée dans ma vie. Les mêmes bases que la danse africaine, des racines communes. Et plus de féminité, de grâce et de séduction encore. Avec une dose de partage et de convivialité sans limite.

La danse me fait vibrer, m’énergise.
Danser me rend heureuse, généreuse, confiante, consciente, présente, humaine, puissante, fluide, vivante.
Danser me donne des ailes…

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En direct sur le Mouv’ pour Allô la planète !

Juste un petit mot pour vous dire: je passe ce soir en direct dans la (très chouette) émission Allô la Planète, présentée par Eric Lange… Si vous voulez entendre ma voix (et écouter mes bêtises ce que j’ai à dire sur la Chine), ça se passe… à 21h, ce soir, sur Le Mouv’ !

Et pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Allô la planète, c’est l’émission radio de référence des voyageurs, basé sur les témoignages en direct d’auditeurs appelant de tous les continents.

Mise à jour du jeudi 22:

Un grand Merci à Eric Lange et sa sympathique équipe!

Pour écouter mon passage, cliquez sur ce lien et rendez-vous de la minute 36′ à 46’…

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Saisir ou broyer le monde ?

Aperçu dans les rues de Nantes…

Je trouve la première partie de la phrase très juste « Quand il croit saisir un monde, le touriste le broie ».

Et je me sens particulièrement concernée, car autant « voyageuse » que j’essaie d’être, je suis souvent (malgré moi) surtout et avant tout touriste…
C’est parfois dû à une contrainte liée temps: simplement de passage il est difficile de créer les vrais liens qui sont pour moi synonyme de rencontre et par extension de voyage.
Je me sens d’autres fois touriste, car mise dans cette case par le regard de l’autre, l’étranger dont la terre m’accueille, ou même l’Occidental qui connaît mieux ledit pays que moi.
Une petite précision linguistique s’impose, pour l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme est un déplacement hors de son lieu de résidence habituel pour plus de 24 heures mais moins de 4 mois, dans un but de loisirs, un but professionnel ou un but sanitaire.
La plupart des voyageurs que je rencontre essaient de se distancier des touristes. Alors que, sous d’autres cieux, dans l’oeil de l’autochtone il n’y a pas toujours de différence: nous sommes Occidentaux, de passage et de potentiels consommateurs. Et nous sommes plus ou moins sensibles à la folklorisation des coutumes locales avec toute les adaptations et transformations que cela peut entraîner.

Par notre simple présence, nous transformons donc l’endroit où nous passons. D’après cette affiche, pour le pire. J’ai encore bon espoir que l’échange, l’ouverture d’esprit et la bonne volonté peuvent aussi laisser place au meilleur…

Cela vous inspire-t-il, amis lecteurs (que vous soyez voyageurs, ou sédentaires, ou même simples touristes)?

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Budapest* Pratique

Je me suis donc évadée un week-end à Budapest. Pourquoi Budapest? car quand j’ai pris mes billets en ce 18 août, je cherchais une destination dépaysante, sur laquelle je n’avais pas trop d’idée préconçue (voire aucune) et à bourse accessible. Budapest remplissait donc ces critères: pour seul repère, un ami parti y célébrer un enterrement de vie de jeune homme m’ayant dit: « c’est très beau, ça va te plaire ». Suffisant pour me motiver ! Je prends donc mes billets bien en amont, et une très bonne amie vivant dans un autre pays d’Europe centrale décide de se greffer à ce voyage pendant 48 heures sur les 60 initialement prévues en solo: chouette!

Me voilà donc partie pour 3 jours. J’ai un petite guide en poche, il s’agit du Petit Futé, que je ne connais pas sous ce format. Bonne pioche: bonnes adresses, idées de balades, format ultra compact – il ne manque que les « cases » sur les plans, mais vu la taille de la ville, je me débrouille pas mal sans.

En pratique:

– Y aller: Vol AR avec Air France pour moins de 200€, bons horaires (arrivée tôt le matin, départ en fin de journée)

– Y dormir: chouette Guesthouse Aboriginal Hostel (très bon accueil, bonne situation, bon rapport qualité-prix)

– Qu’y faire: un petit exemple avec ce programme:

Jour 1: grande balade « prendre l’air de la ville » de Pest à Buda (l’ensemble se fait en 3-4 heures, sans entrer dans les monuments), terminer par le mont Gellért et la vue sur le Danube, bluffant

Soir 1: se perdre dans les « Ruins Bars », à découvrir au gré des balades, autour de la rue Kazinczy notamment…

Jour 2: Monuments de Pest (marché central, basilique Saint-Etienne, Parlement, Synagogue) + le Bois-de-la-ville, l’Avenue Andrassy et les bains Széchenyi à la tombée du jour

Soir 2: Opéra ! + second tour dans les Ruins Bars

Jour 3: Monuments de Buda (le château!) + nouvelle montée du mont Gellért + déjeuner dans la citadelle (vue splendide) + bains Rudas

Autant j’ai un peu parlé des bains, autant une explication sur les « Ruins bars » s’impose. Il s’agit de bars qui prennent place au milieu de friches et/ou travaux de grands immeubles. Au départ construits pour être temporaires, certains sont debout depuis plusieurs années. Faits de récup’, de bric et de broc, ils ne sont pas nécessairement recensés dans tous les guides, il faut lever le nez et oser pousser de lourdes bâches pour y accéder. On est loin du classicisme du reste de la ville, et leur ambiance artistico-anarchique m’a beaucoup plu !

Et je ne peux fermer cette page budapestoise sans parler du nom de la ville: elle le tient du nom des deux villes qui étaient à l’origine distinctes, Buda et Pest. Et ce sont aujourd’hui les deux principaux quartiers de la capitale hongroise.

Et avant de la fermer définitivement (cette page), un petit point historique wikipediesque (et le détail est ici), qui donne une bonne idée du prestige qu’eut un jour cette capitale aujourd’hui endormie…
La ville actuelle est créée en 1873 par la fusion de Buda – alors capitale de la Hongrie – de Pest et de Óbuda. Le site de Budapest est similaire à celui d’Aquincum, un point de peuplement celte devenu capitale de la Pannonie inférieure pendant l’époque romaine. Les Magyars arrivent dans la région au ixe siècle. Leur premier point d’implantation est pillé par les Mongols en 1241-12425. La ville est reconstruite et devient l’un des centres de la culture humaniste de la Renaissance au xve siècle. Après près de 150 ans de domination ottomane, elle poursuit son développement et connaît son apogée avec l’épanouissement de l’ère industrielle aux xviiie et xixe siècles. Après la fusion de 1873 et l’accession de la ville au rang de seconde capitale de l’Autriche-Hongrie, Budapest atteint les proportions et les caractéristiques d’une ville mondiale…

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Budapest* Impressions

Extraits du journal de bord de mon dernier voyage: un week-end de novembre à Budapest… (Budapest pratique arrive très vite)

La première impression que me donne la ville: petite et calme!
Pour la suite:  le froid pique, 5 à 8°C, heureusement il fait sec et bleu. Et ce froid me fait sentir vivante. L’automne est beau à Budapest. La ville est remplie de ses couleurs, de nombreuses feuilles colorent les arbres et jonchent le sol. Orangers, rouges, et quelques verts qui persistent…

La langue hongroise est très bizarre. Aucun repère. Moi qui essaie toujours de voyager en langue originale, je suis perdue…

La ville me parait très calme donc. Peut-être trop.

Et puis une première longue balade me mène au Danube. Toute la majesté de la ville se trouve sur ses rives. Comme si ces dernières participaient à un concours de beauté et que le fleuve serait le juge. Les couleurs de l’automne, encore, dont les parcs remplissent les hauteurs intensifient la splendeur des bâtiments.

Beaucoup de touristes aussi. Je ne suis pas la seule à vouloir profiter des charmes hongrois en automne !

***

Budapest est donc une ville calme, très calme pour une capitale. Lors de mes longues promenades, je n’ai parfois croisé que des chiens au bout de leur maître. Vendredi soir et samedi soir, ça fait quand même drôle!

J’aime beaucoup l’architecture classique, très viennoise – rapport à l’Empire Austro-Hongrois pour ceux qui n’auraient pas fait le lien… J’aime aussi la couleur tarte à la crème des églises, la magnificience de bien des façades et bien sûr, surtout, la beauté des rives du Danube, encore et toujours.

Le tout sur un vif fond de ciel bleu, d’un air bien vivifiant.

Les Hongrois ont l’air sympa, le (très) peu d’échanges que j’ai avec me fait regretter les barrières linguistiques.

Et puis, il y a les bains. Excellente atmosphère en leur sein. Jeunes, vieux, petits, gros, beaux et moches. Les gens viennent se détendre, s’amuser, passer ici du bon temps. Gros coup de coeur pour le bain Széchenyi et ses bassins en extérieur. Y vivre la tombée du jour est superbe. Murs jaunes, bassins fumants, ciel rosissant dans une pure bonne humeur…

Et cet autre bain testé, Rudas: au creux de la pierre, avec sa sombre luminosité, toute en détente, en douceur, en calme… Dire que ces pierres ont des centaines d’années: je suis bluffée !

Calme, léger dépaysement, douceur de vivre et majestuosité de la ville: Budapest m’a conquise…

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Retour en France, 6 mois plus tard ça donne quoi?

Pas simple d’aborder ce sujet… Cela fait donc près de six mois que mon avion s’est posée d’Inde, six mois donc depuis mon retour en France après mon expatriation en Asie.

Et depuis, tout a changé, au-delà de ce que j’avais pu m’imaginer. On parle souvent du choc du départ à l’étranger, mais rarement de celui du retour en France. Et pourtant, le challenge est d’autant plus grand à mon avis: si on se « plante » en partant quelque part, on peut toujours partir ailleurs ou revenir, mais si on se « plante » en rentrant, que reste-t-il pour celui qui avait pris la décision de rentrer?

Retour en France

L’impact d’un retour en France…

Dans mon cas, il n’est pas question de « plantage », mais de choc, entier et profond… Si je vous dis que toute ma vie a changé depuis mon retour, le croirez-vous?
Je fais désormais cavalière seule dans la vie. Je ne m’étalerai pas ici sur les raisons de ce choix, mais le choc du retour n’y est pas étranger…
Et surtout, je remets en cause comme je ne l’ai jamais fait avant le modèle établi, et ce, à plusieurs niveaux. Exemples de quelques-unes des questions qui me travaillent: peut-on être heureux en étant seul et ne pas vivre ce choix par dépit? (réponse: oui). Peut-on refuser d’alimenter un modèle économique auquel on ne croit plus et trouver sa voie au delà du prêt à penser pré-pensé? (réponse: j’y travaille et je l’espère)…

Le regard voyageur est-il toujours là?

Quant à la question que je soulève dans mon à-propos: peut-on garder son oeil voyageur dans son propre pays? J’y réponds par la positive… Attention le développement de cette réponse part un peu dans tous les sens:

La distance sur ce qui m’entoure, distance que j’ai notamment apprise en Chine, ne m’a pas quittée. Mon regard reste le même: surpris, éloigné donc, et curieux surtout, ne se satisfaisant pas de « c’est comme ça » en guise d’explications…

Je me souviens de m’être sentie tant révoltée face aux inégalités de Chine, à l’indifférence générale à l’idée de laisser des gens crever dans la rue: et ici, à Paris, je vois des dizaines d’hommes la tête sur nos trottoirs, et tout ce que sait faire le troupeau sourd et aveugle que nous sommes, c’est détourner le regard.

Je me souviens d’avoir énormément observé les cieux en Asie du Sud-Est: ça ne me quitte pas, je vous un culte pour le bleu du ciel parisien (énorme contraste avec le gris quasi permanent des cieux des villes d’Asie), et pour les couleurs que ce même ciel donne à nos vieilles pierres.

Je me souviens aussi d’avoir pesté contre les grandes voies, les hauts immeubles anonymes shanghaiens: je ne cesse de me pâmer devant nos mêmes vieilles pierres.

Je me souviens d’avoir été fascinée par les visages d’ailleurs… Les visages d’ici m’interpellent autant. Une question occupe bien mes trajets de métro et autres balades urbaines: quelle histoire peut bien se cacher derrière ces yeux?

Et puis il y a les activités que je pratique: la danse africaine, la danse brésilienne, les cours de chinois (et oui, je continue, je ne compte pas laisser s’effacer peu à peu un apprentissage si durement acquis) – mes enseignants viennent de trois continents différents, et chaque heure passée en leur compagnie est un voyage à part entière…
Il y a aussi les étrangers que je croise, à les entendre parler des langues différentes je me sens déjà partie ailleurs!

Et il y a cette impression générale, comme si j’étais entre parenthèse dans ma vie parisienne. Vous connaissez peut-être ce sentiment, au retour de vacances à l’étranger, comme si ce qu’on avait vécu là-bas n’était pas la « vraie vie ». Et bien, c’est peu ou prou ce que je ressens dans ma vie parisienne, une sorte de parenthèse, comme un entre-deux. Entre un voyage et un autre voyage, peut-être, sans doute… Rien n’est décidé pour le moment, et je me laisse du temps. Assez de changements ont eu lieu en 2011, on verra ce que 2012 me réserve !

Et vous, arrivez-vous à garder un peu de recul voyageur quand vous êtes au « bercail »? Et si retour il y a eu, comment le gérez-vous?

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