Lecture* Manifeste Vagabond, de Blanche de Richemont
Déc 17, 2012 ArtVoyaaages ! 11

J’ai terminé il y a quelques temps déjà la lecture du Manifeste Vagabond de Blanche de Richemont, et je ne savais pas très bien par quel bout vous le présenter.

L’expérience de l’auteure est marquante: suite à un drame personnel, elle part se « trouver » dans le désert – endroit ô combien parlant pour moi, comme vous le savez si vous lisez ce blog.
Son expérience, une véritable initiation, y est très forte.
Mais je n’ai pas été emballée comme j’espérais l’être par la lecture de cet ouvrage…
Il en est pour un livre comme pour un film: on vous dit qu’il est extra, qu’il ne faut absolument pas le manquer, vous le lisez et… la réalité est en-dessous de vos attentes. J’avais lu une très enthousiaste critique de ce livre sur le (chouette) blog d’Adeline, et je m’étais imaginé que ce manifeste correspondrait exactement à mon idée du voyage. Et bien, la réalité n’a pas été à la hauteur de mon attente.

J’ai beaucoup aimé les références de l’auteure. Herman Hesse, que j’apprécie énormément, Sylvain Tesson, que je n’ai pas encore lu (mais dont j’ai récemment acheté un opus), ou Kerouac, que je lirai peut-être un jour.

J’ai aussi souligné dans ce livre de nombreuses phrases qui me parlent. Mais j’ai trouvé que la manière d’écrire est trop « ostentatoire », comme si l’auteure voulait qu’on reprenne des extraits de son livre pour en faire de belles citations. Et il est vrai que cela marche. Les phrases ci-dessous:

« Ces femmes semblent invulnérables. Non parce qu’elles sont infaillibles, mais parce qu’elles n’écoutent pas leurs peurs. Nomades, elles ont appris à épouser le mouvement de la vie. »

« Peut-être faisons-nous le tour du monde pour éprouver le désir de revenir. Et apprendre à aimer nos racines. »

ou encore

« Le voyage véritable brise les digues de nos peurs pour laisser le monde s’engouffrer dans notre âme. (…) La difficulté est de parvenir à garder un regard émerveillé sur toute chose. »

… auraient du mal à ne pas me parler!

Mais ce livre ne m’a pas totalement plu… quelque chose m’a manqué pour que je sois totalement emportée.
Peut-être l’absence de nouveauté… ce que j’y ai lu m’a certes plu, mais sans être neuf ou différent de ce que j’avais lu jusqu’alors, d’autres auteurs ayant déjà mis de beaux mots sur des expériences du même genre.
Ou c’était autre chose qui m’a manqué, même si je ne saurais dire quoi…

Vous l’avez compris: j’ai bien aimé ce Manifeste Vagabond, sans pour autant être totalement ravie par cette lecture.

Et vous, qu’en avez-vous pensé?
En espérant vous lire à ce propos dans les commentaires, je vous laisse avec la quatrième de couverture:

A trente-trois ans, je pose mes valises et je m’interroge : cela fait des années que tu cours sur les routes après un sens; existe t-il ? Parviendras-tu encore à échapper à ton époque ou cèderas-tu au désenchantement ? Partir encore. Mes longues marches dans le désert ont guéri des blessures mais le mot « ailleurs » est devenu une obsession. Comme si je ne pouvais jamais revenir. A chaque retour, il me faut de nouveaux rêves pour tenir. Le voyage est devenu un esclave. Alors j’ai compris qu’il devait servir une autre dimension : intérieure. Le véritable vagabond ne serait pas celui qui prend la route, mais celui qui part chercher son âme. Ces pages sont l’écho de cette quête.

11 comments on “Lecture* Manifeste Vagabond, de Blanche de Richemont

  1. Moi aussi je suis attirée par la quatrième de couverture de ce livre. A en juger ces « phrases qui t’ont marquées », ce livre risque fort bien de me plaire. J’ai l’impression, par la brève description que tu en a faite, que cette histoire est un peu une rétrospection, une recherche de soi-même.

  2. Tiens je serais curieux de savoir quel livre de Sylvain Tesson tu as choisi! A mon sens, « Dans les forêts de Sibérie » (2011) est le meilleur: introspectif, profond, intemporel…
    Pour moi, ce genre d’essais sur le voyage se lisent justement pendant un voyage pour vraiment les apprécier, et de préférence au cours d’un long trajet.

  3. @ Delphine: nous sommes donc peu ou prou alignées!

    @ Lucie: je serai curieuse de lire ton avis à ce propos…

    @ Laura: c’est exactement cela, une introspection, mais au bout du compte, rien de très neuf je crois…

    @ Fred: il s’agit de Petit traité sur l’immensité du monde. Mais pas encore eu le temps de bien l’ouvrir…
    J’attends que Dans les forêts de Sibérie sorte en poche!

  4. J’avais repéré ce livre il y a quelques temps, je compte bien le lire!

    Tu as lu les autres ouvrages de l’auteur?

    Tu peux trouver une itw d’elle sur Google, très interessant ce qu’elle dit par rapport au voyage! Bon, en plus, je la trouve charmante, mais bon, je m’égard là:-).

  5. Je viens de terminer le livre « manifeste vagabond » : lors d’une première lecture superficielle, il y a un rideau de belles paroles, de citations sublimes qui peuvent faire illusion, mais comme elle le dit elle-même : « je masquais mon errance par de belles paroles qui ne résistaient pas à la nuit ». Ses voyages (avant son voyage en Inde, du moins) , me paraissent des voyages expiatoires, avec une forte dose de masochisme et de culpabilité. Elle porte en elle une souffrance intérieure, une blessure terrible : elle se rend responsable de la mort de son frère, et dit : « et si on voyageait pour trouver de bonnes raisons de ne pas se suicider? » En Inde, elle semble avoir trouvé une certaine sérénité, une unité avec la nature, mais je n’ai pas ressenti de bienveillance pour les hommes. Elle a peur des relations qui l’engagent : « les amours de voyage sont plus exaltants que ceux de la vie quotidienne, car ils n’engagent à rien ». Même si cette peur peut se comprendre, parce que ( je la cite ) : » la douleur radicale nous pousse à devenir des vagabonds car nous savons que toutes les attaches se brisent » , ce qui m’irrite, c’est qu’elle transforme cette incapacité en mépris du quotidien, de la sédentarité et de la société. Peu d’hommes semblent trouver grâce à ses yeux. Elle se réfugie dans le sublime. Mais à vouloir aller trop haut, on devient hautain…

  6. @ fabrice: non je n’ai rien lu d’autre d’elle, mais oui, elle a de beaux yeux…

    @ Marie-Claire: un grand merci pour votre commentaire détaillé, qui apportera sans doute un bon éclairage complémentaire aux personnes n’ayant pas encore lu ce livre !

  7. Merci pour ton blog!!
    Je suis d’accord avec ceux qui trouvent ce livre un peu léger même si l’intention ne manque pas. Je crois que l’auteure aurait pu creuser la question.
    Je suis une grande lectrice de récits de voyage. Et je suis tombée récemment sur une pépite. Un livre d’une implication et d’une qualité rare.
    Le livre en question s’intitule Rivages de l’Est de L.Allaert.
    Je l’ai découvert sur le site de Bibliobs dont voici la critique.

    Allaert a 30 ans à peine, sa plume est superbe, sa culture impressionnante. Il ne cache jamais son admiration pour les princes de la littérature de voyage, ou les penseurs de l’Europe danubienne, les Claudio Magris, les Elias Canetti. Son talent le place déjà dans leur sillage.
    http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20121112.OBS9079/budapest-istanbul-en-kayak.html

    1. Bonjour Clarisse,
      avec une éternité de retard: un grand merci pour ton commentaire et ta recommandation. Je ne l’ai pas encore acheté, mais j’ai lu les critiques sur internet, et j’en ai très très envie maintenant!
      Je te dirai quand je l’aurai lu, merci encore!

Laisser un commentaire