Haïti du bout de la plume
Déc 18, 2016 Haiti 8

Il y a quelques temps de cela, je décrivais ici un rêve de Namibie, qui aboutissait deux années plus tard sur le superbe voyage en Namibie réalisé cet été. C’était alors dans le cadre d’un concours de blogueurs. Mais je me dis : si je mets en mots un nouveau rêve de voyage, peut-être se réalisera-t-il encore ? Alors je m’y emploie : je rêve d’aller en Haïti !

haiti (c) Taxibrousse.ca

Il y a peu de destinations qui me font rêver à proprement parler. En matière de voyage, je me laisse très souvent porter au gré des occasions ou des rencontres : chaque destination réserve son lot de surprises au voyageur curieux et ouvert. N’importe quel voyage qui peut m’être proposé, dans le cadre de mon travail ou de ce blog, m’enthousiasme. Dernier exemple en date : Majorque. Cette île ne m’évoquait strictement rien avant mon départ, et j’ai vécu là-bas de superbes expériences, comme cette journée à bord d’un bateau de pêche. Je n’ai pas de « bucket-list » ou autre liste d’expériences à vivre avant je ne sais quoi. Pour moi, tous les départs sont bons à vivre, sans exception et il y a peu de destinations qui me font vraiment « baver ». Haïti est une exception.

J’ai découvert cette île par la littérature et notamment par la plume de Dany Laferrière. Je vous ai déjà parlé de ce brillantissime auteur ici, ou ou encore . Faute de temps, je ne vous ai pas parlé de mes dernières lectures. Elles m’ont pourtant enchantée. L’été dernier, j’ai dévoré trois livres où Dany Laferrière évoque ses années de jeunesse en Haïti. L’odeur du café et Le charme des après-midi sans fin évoquent son enfance à Petit-Goâve, auprès de sa grand-mère tant aimée. Le cri des oiseaux fous fait le récit de sa dernière nuit à Port-au-Prince, alors que, jeune journaliste engagé, il sait qu’il devra s’exiler le lendemain matin pour fuir la dictature Duvalier. Dans chacun des livres où il parle de son île natale, Dany Laferrière me plonge en Haïti. Il a éveillé en moi une curiosité qui ne se tarira que le jour où je verrai cette terre de mes yeux.

En attendant, j’assouvis ma soif de ce pays par d’autres moyens. Je me suis plongée dans d’autres littératures, tels les écrits de Yanick Lahens, dont je vous parlais par exemple ici. Cet été, j’ai aussi « avalé » Bain de lune, où l’auteure brosse le portrait de trois générations de la paysannerie haïtienne avec justesse et poésie…

J’ai aussi un peu lu sur l’histoire d’Haïti. Savoir que ce pays est la première république noire, le premier pays à se dresser contre l’esclavage, fait écho à ma double nationalité et mes questionnements sur la double culture. J’aimerais connaître mieux encore le destin de Toussaint Louverture, chef de la Révolution Haïtienne.

Je lis donc, je regarde aussi, comme cette exposition au Grand Palais l’année passée, je me renseigne et guette les opportunités. Je furète en ligne, dans cet article de l’Echo Touristique par exemple, et je lis notamment l’excellent blog Taxi-Brousse – Marie-Julie a la chance de connaître Haïti… lisez donc ses articles dédiés ! (NB: la photo vient de son blog).

Et j’espère, que par ces mots, un jour ou l’autre, dans une semaine, un mois, une année ou une décennie, mon envie d’Haïti sera assouvie.
Qui sait… 2017 sera peut-être la bonne année !

8 comments on “Haïti du bout de la plume

  1. Je suis allée à Haïti petite, j’avais 4 ans et j’accompagnais ma mère, qui travaillait pour Action contre la faim. J’ai 3 souvenirs marquant :
    1) des enfants qui m’entourent, très pauvres, fascinés par mon doudou, et moi le serrant fermement car j’ai peur qu’ils me le prennent (ouais, les gamins de 4 ans sont rarement très altruistes), et a posteriori j’ai regretté de ne pas avoir eu des petits jouets, des choses à offrir, de ne pas être une gamine plus ouverte au monde, mais j’avais 4 ans…
    2) une mygale qui passe entre mes jambes dans un magasin, énorme. Depuis ce jour je suis fascinée par les araignées
    3) des fruits de mer mangés sur une plage, sous les palmiers, assaisonnés au citron vert. C’est la première fois que je vois un citron vert, et je veux le manger comme un fruit. Un moment magique qui m’a marquée
    Tout le reste est nébuleux, flou !

    1. Merci pour ton mot !
      C’est déjà pas mal comme souvenirs pour l’âge de 4 ans.
      Tu étais partie combien de temps ? Et ta mère t’a-t-elle reparlé de ce voyage après, et de quelle manière ?

  2. Tiens, je ne le connaissais pas ce Dany Laferrière ! Merci pour la recommandation. Ajoute donc un peu d’Aimé Césaire à ta readlist si tu as le temps. C’est un voisin martiniquais, poète et politique, inventeur du concept de négritude, et grand défenseur de la cause noire. Le cahier d’un retour au pays natal m’avait marqué…

    1. Oh oh oh, Aimé Césaire, je le fréquente depuis pas mal de temps : c’est l’auteur chéri de mon chéri… qui me cite régulièrement des passages entiers de Cahier d’un retour au pays natal 🙂
      Et ça va bien toi, cher Mat?

  3. Pour moi, Haïti, c’est le pays de naissance d’une de mes amies adoptée ici en France. Elle était arrivée avec la galle, on avait du tellement lui mettre de produits chimiques partout qu’on lui avait brulé les cheveux, qui ne poussent quasiment plus depuis… Bref, j’ai du mal à l’associer à une destination touristique…

    1. Oh oui je comprends tout à fait…
      J’y pense effectivement : comment je réagirai face à la pauvreté, à la misère que je ne manquerai pas de croiser… Je ne sais pas ce que cela donnera si je pars effectivement là-bas un jour – je le partagerai ici à mon retour.

  4. Je me souviens très bien de l’histoire que m’a raconté ma cousine il y’a presque 3 ans en arrière. Elle était à Haïti dans le cadre d’une association qui a pour but d’aider les enfants. Elle m’a parlé surtout de la pauvreté de ce pays, mais en parallèle elle était impressionnée de sa beauté, de ses plages, des beaux paysages….
    J’aimerai bien rendre visite à ce pays pour découvrir 😉

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