Voyage au cœur de la méditation Vipassana #2
Fév 22, 2012 Voyaaages ! 32

Mes impressions de ce stage de méditation Vipassana furent les suivantes :
(NB: voir ici pour savoir comment je m’y suis retrouvée et quel fut l’emploi du temps)

Le jour d’avant – matin :
je prends le métro à l’envers et m’en rends compte seulement 30 minutes après, signe certain d’un trouble, acte manqué sans doute pour essayer de rater mon départ en train.

Le jour d’avant – soir :
quoi on ne mange que deux fruits pour tout dîner ? et le réveil est à 4h du mat’ ?… j’aurai mieux fait de me renseigner un peu mieux. Bon, mon amie de Shanghai l’a fait et a survécu, je devrai pouvoir y arriver aussi.

Le premier jour :
le long de la journée : ok, méditer sur le souffle je peux faire – et ah, coucher à 21h ça fait du bien – réveil à 4h du mat, dur mais pas infaisable – rester deux heures assise, dur mais nouveau donc intéressant. Finalement ça devrait aller.
17h05 : C’est bizarre ces gens sans expression, qui ne se parlent pas ne se regardent pas. On dirait des zombies. Je ne vais jamais tenir dix jours sans parler et sans interagir avec les gens autour de moi.

Le second jour :
4h45 : c’est quoi cette torture, deux heures assises, impossible, j’ai mal, j’ai mal j’ai mal.
6h10 : Et ces chants, on dirait qu’il éructe le monsieur, que ça cesse !
13h et quelques: ça commence à être long d’observer sa respiration et ses narines
14h : Demain à 12h j’aurai fait exactement un quart du séjour. Je peux le faire. Et demain soir un tiers de la période de silence. Je peux le faire.

Le troisième jour :
8h et quelques: je n’arriverai jamais à me concentrer si longtemps reviens mon esprit, reviens – ça fait plus de vingt heures que je passe à observer moins de dix centimètres carrés de peau autour de mon nez, c’est pas possible…
12h : On a vraiment l’air de zombies, moi y compris. Tiens ça m’étonne moins ?! Finalement quand on s’agite à cent personnes dans un open space, si on mettait un extra terrestre ici et là-bas, quel endroit trouverait-il le plus bizarre ? pas sûre que ce soit ici…
16h : C’est magnifique le silence à cent personnes.

Le quatrième jour :
ça y est, on est passés à l’observation du corps, youhou de l’animation… Et nouveau challenge : on doit tenir trois fois une heure entière sans changer de position, je ne vais jamais y arriver…

Les jours suivants :
je tiens sans bouger les trois heures demandées et parfois d’autres sessions de presque une heure – mon corps n’est pas la chose la plus dure à dompter, cela reste sans conteste mon esprit.
Et ça vient, et j’y prends goût, le rythme lent, mais bien calé.
Des fois c’est dur, des fois moins, mais je dors bien, je me sens apaisée, calme.

Apaisée comme je ne l’ai pas été depuis des mois.

De retour depuis trois semaines, je continue  à méditer tous les matins et ressens encore les bienfaits de ce stage. Je pense mieux me connaître et être (un peu) moins victime de mes conditionnements intérieurs. J’ai aussi l’impression d’être moins impatiente. Ca se mesure à très peu de choses, mais je sens que le changement s’opère en moi, lentement, à son rythme.
Et surtout, pour la première fois, il y a quelques jours, je me suis sentie libre. Libre dans ma tête. Sentiment fugace et extrêmement clair à la fois. Et c’est sans aucun doute le premier pas vers la réelle liberté.

Connaissez-vous le Vipassana? Ou peut-être que vous pratiquez une technique similaire?
Votre avis m’intéresse !

Et pour ceux que ça intéresse:
c’est ici que je suis partie
le récit de Sandro, parti dans un centre de Vipassana en Inde.

32 comments on “Voyage au cœur de la méditation Vipassana #2

  1. j’y vais en mai, en suisse (plus de place en france) à dhamma sumeru. Tes impressions sont les dernières que je lis sur le sujet, après je verrai sur place !

  2. Hmmm… Je ne conaissais pas et je serai incline a être intéressée (j’ai fait du yoga pendant un bon bout de temps) mais je me demande si justement, on ne devient pas TROP détaché des choses…

  3. Je te rassure Mélissa, ce n’est pas de la magie non plus, et les vieux réflexes reviennent: tu ne deviens pas détaché absolument de tout en 10 jours, on dira que ça aide juste à prendre du recul et à faire une introspection, et pour la suite, ça dépend de ce que chacun en fait 🙂

  4. « C’est magnifique le silence à cent personnes »…

    Je me replonge dans les récits de ton expérience Lili: la méditation pour mieux prêter attention à la réalité. Je m’y remets doucement, comme mal échauffée, impatiente, brouillonne, mais t’imaginer, boucles sauvages, matinale, avec tes 13 minutes rituelles, me met face à mon envie évidente de réessayer.

    Pfiou, c’était bien de te voir.

    1. Ma chère Aline, je ne peux que t’encourager à essayer et surtout à persévérer… Pas toujours évident de tenir sur la durée, mais c’est là toute la différence je crois !
      Bon apprentissage 🙂

  5. Merci pour ce récit. Je viens de m’inscrire pour une retraite de 10 jours à Katmandou. Je me rends compte que je n’ai pas d’attente particulière : je ne m’attends pas à devenir plus libre ou moins impatient. Mais si ça m’arrive, je prends ! Je raconterai certainement mon expérience aussi, si j’arrive au bout.

  6. Bonjour Aurélie,

    Félicitations pour ton chouette blog que je découvre !

    Je suis prof de Yoga alors la méditation fait partie de ma vie !
    J’ai lu ton témoignage sur ta retraite Vipassana avec beaucoup d’attention et de plaisir. C’est quelque chose que j’aimerais faire à mon tour dans les années à venir, même si, je l’avoue, c’est assez intimidant. Tu me donnes envie de me lancer, alors MERCI !

    En attendant, je continue de pratiquer et d’enseigner la méditation assise et en mouvement (pendant les cours de Yoga !)

    Belle continuation dans ton blog,

    Claudia

  7. Bonsoir !
    Je rentre juste d’une retraite de dix jours dans le lot et Garonne.
    Je savais que cela serait dur, et je ne m’étais pas trompé.
    Ce que j’en dirai, c’est que tout est organisé de façon a n’avoir aucunes distractions de l’esprit et de pouvoir être centré sur sois en permanence. Le système est rodé et très bien fait.Rien n’est laissé au hasard. L’organisation m’a impressionnée.
    J’ai trouvé la technique, que je connaissais plus ou moins, simple et très puissante. Pour ma part j’ai eu énormément de rêves, même sur les repos de moins d’une heure. Ça m’a marqué et je n’étais pas le seul. Il s’en passe des choses ds cet esprit.
    Au niveau des sensations chacun a son propre ressenti et nous ne sommes la que pour voir ces sensations subtiles qui changent en permanences. Pour moi pas mal de zones grossières ou des zones sans sensations et des grosses douleurs.
    Il n’est pas facile de toujours être neutres face à cela. Si je devais donner un conseil c’est d’être prêt psychologiquement car c’est vraiment dur. Un peu plus de 10% de départ pour ma cession. Ce n’est pas non plus un remède miracle contre la souffrance, car si on s’arrête à la retraite de dix jours, nos tendances nous rattrapent très vite, donc il est recommandé de pratiquer et pratiquer encore. En tout les cas c’est une sacrée expérience que je conseille vivement.

    1. Bonjour Gilles,
      merci pour ton commentaire et pour le partage d’expérience… Ca éclairera sans doute plus encore les prochains candidats !
      10% de départ, whaouh, c’est beaucoup, dans mon cycle, il n’y a eu que très eu de départs, moins de 5 au total je crois.
      Quant au conseil que tu donnes « être prêt psychologiquement car c’est vraiment dur » c’est vraiment approprié !

      1. Bonjour Lili, ma compagne et moi nous sommes rencontrés il y a deux ans sur Compostelle que nous avons parcourus du Puy en Velay a Santiago; ce fut une merveilleuse expérience qui nous a conduit vers un changement de vie radical,
        A l’instar de Compostelle, la graine de la méditation sommeille en nous depuis de nombreuses années, et au cours d un stage de parapente début octobre, j ai rencontré un gars qui revenait d une cession de 10 jours de vipassana en Angleterre, ce qui devait arriver arriva, la petite graine est en train de germer et nous prévoyons donc de participer a une cession en février prochain, l attente va être longue, mélange d’envie et d’appréhension
        voila voila.. notre petite histoire personnelle qui suit son cours
        Je posterai si vous le souhaitez un petit retour d expérience
        Bonne journee

        1. Bonjour Fabrice,
          merci pour ce témoignage…
          L’attente vaut le coût, vraiment vraiment !
          N’hésitez pas à repasser par ici partager votre expérience, je serai ravie de vous lire !

          Amitiés

  8. Bonjour Lili,
    J’ai trouvé votre retour très amusant sur votre première expérience Vipassana. J’ai rencontré Vipassana en 2002 pour une première session de cours résidentiels en Inde. C’est une approche de la Méditation aseptique et extreme. Vous lire m’a remémoré cette première approche qui a failli me dégouter de la Méditation à tout jamais tellement je partais de loin…
    Je suis aujourd’hui praticien en Méditation et j’anime des ateliers sur Nantes et sa région. La méditation m’a emmené là ou je ne croyais pas que c’était possible d’aller, au-delà de mes espérances… Qu’elle s’appelle Vipassana, de pleine conscience ou je ne sais quoi, la Méditation n’appartient à aucune chapelle, c’est la prière universelle laïque. D’ailleurs de Méditation il n’y en a qu’une et tout le travail consiste à en trouver le chemin. Je vous souhaite d’aller au bout de votre recherche. C’est là ou la vie commence vraiment.
    Bien à vous,
    Gaël

  9. mots clés: Vipassana, endoctrinement, secte, séquestration, dénonciation mensongère, violence physique, narcissisme pervers manipulatoire.

    DHAMMA MAHI, LA BETE AUX DEUX VISAGES
    MEDITATION VIPASSANA A LA SAUCE SECTAIRE (25 mai 2017)

    Laurent, biologiste, écologiste et électrotechnicien de formation, 54 ans (sain de corps et d’esprit… pas encore sénile, avec tout son discernement) et très motivé pour Vipassana, vous témoigne des faits et de son expérience, non pas de la méditation en elle-même, mais du contexte, de la méthode totalement déshumanisée et du comportement sectaire caractérisé et dangereux du centre Dhamma Mahi d’Auxerre.
    En préambule, quelques points à clarifier…
    – je témoigne malgré mon temps précieux en plein changement de vie et déménagement pour informer objectivement tous ceux dans l’avenir, qui comme moi, ferons un très long trajet, super motivé, croiront savoir où ils mettent les pieds après avoir « tout bien lu comme il faut » alors qu’il n’en est rien, alors qu’ils risquent de déchanter grave pour cause d’abus, de « tromperie sur la marchandise », voire de violence physique et de séquestration comme ce fut mon cas. A chaque session, un certain pourcentage s’enfuit en courant. Bien que faible, il existe néanmoins. Il n’est pas anodin et cache un malaise, pas forcément celui que l’on pense à priori …la faiblesse d’esprit ou de volonté des dits fuyards. Qui a déjà fait des retraites ou formations et constaté des départs précoces ? Enfin, après lecture, à vous de voir finalement si vous irez ou non dans ce centre. Ce sera votre choix souverain.
    – j’ai quitté Vipassana en fin de 7ème jour, non pas le 2 ou 3ème. Donc dans mon cas, pas de  » comment tu peux en parler, tu n’en as pas fait l’expérience ?  » etc., comme j’ai pu le voir souvent dans des forums…
    – j’ai déjà fait des retraites silencieuses, jusqu’à 1 semaine, assorties de règles strictes qui ne m’ont jamais heurté ou déstabilisé. J’avais lu, relu et accepté le code de discipline de Vipassana. L’obéissance intelligente et raisonnable, dans la limite du respect le plus fondamental de la personne et du droit commun, ne me pose aucun problème (j’ai vécu par le passé en communauté chrétienne ouverte et charismatique, sans heurt ni vague…)
    – j’aime et ne crains pas les expériences intenses, profondes, voire difficiles (dépassement de soi, de ses limites mentales/émotionnelles, ex. escalade libre, très haute montagne en solo que je pratiquais plus jeune, travail sur soi continu). Par contre, me faire maltraiter ou souffrir, je dis bien souffrir, inutilement, non ! C’est une question de respect de soi.
    – Je pratique la méditation, à certaines périodes, jusqu’à 4 h /jour dans notre yourte. La médit ou l’introspection ne me fait donc pas peur.

    Je me suis donc rendu depuis les alpes de haute Provence, ce mercredi 3 mai 2017 avec mon véhicule et 4 covoitureurs dans l’Yonne, près d’Auxerre, au centre de méditation Dhamma Mahi. L’objectif étant parfaitement défini et présenté sur le site: apprendre une technique de méditation durant 10 jours pleins, nommée Vipassana.

    CONTEXTE ET FOND:
    Dans ce centre, comme vous pourrez le constater, tout est à deux visages, tout est double et retors: la parole énoncée, les écrits, les règles, même les fameux préceptes et les arrangements oraux… Contradictions et incohérences permanentes entre théorie et pratique et transgressions omniprésente de leur part, de leurs propres précieux préceptes sans aucune capacité à en prendre conscience, même en leur mettant les faits sous le nez tous les jours comme j’ai pu le faire inlassablement. Le but de Vipassana étant l’Eveil, le résultat est très inquiétant. A vous de voir la suite….
    D’autre part, règle no 1, le Centre a tous les droits, d’édicter, ajouter, retrancher, appliquer, toutes les règles comme bon lui semble. Il s’arroge tous les droits sans obligation, pas même envers le droit commun français. A l’inverse, les « élèves-méditants » n’ont aucun droit ou marge de liberté, que des obligations ou interdictions.
    Ces deux aspects à eux seuls très caractéristiques sont la base même de tout comportement dit « pervers narcissique manipulatoire ». Ce n’est pas moi qui le dit mais les psychiatres.
    Dernier point, pourquoi ‘suis pas parti tel ou tel jour ? Bonne question. J’étais venu pour bosser donc je me suis accroché et aussi avec 4 covoitureurs de ma région de Provence. Pas question de leur faire faux bond, de les larguer en pleine campagne profonde à 600 km de chez eux. J’avais comme un engagement moral même si rien n’avait été défini pour le retour.
    Passons au faits.

    LES FAITS:
    Arrivée le soir
    Il nous est demandé gentiment de nous départir de tout objet personnel « pouvant nous distraire », à savoir téléphone portable, portefeuille, argent, pièces d’identité, lecture. Ainsi, une fois que tu as tout donné, si problème sérieux, pas moyen d’appeler, c’est eux qui gère (qui gère rien en fait) selon leur bon vouloir et c’est le cas (voir ci-après la dénonciation calomnieuse auprès des pompiers)
    Evidemment pas de liste exhaustive des ces objets à donner, et sur leur site, c’est noté de façon intelligente « …x, y, z à proscrire « . Ce qui implique que tu juges par toi-même de l’étendue et la limite de cette liste, en ton âme et conscience… Mais non, dans la pratique, il n’en sera rien !
    Juste un exemple en amuse-gueule: mon flacon d’homéopathie 12 DH en cours d’utilisation (autant dire de l’eau) pour une périarthrite chronique, vais-je m’en séparer et en perdre tous les bénéfices ? Ce n’est même pas un médicament, juste une information subtile pour me faire du bien ! A tes dépends, tu apprends sur place par les bénévoles extrémistes « noyaux dur » que c’est passible d’expulsion et que dans tous les cas, tu ne décides de rien, pas même de posséder le dit flacon. Ils ajoutent évidemment  » c’est pour ton bien  » …
    Quand sera t’il alors pour des « vrais » médicaments allopathiques sous prescription de médecin traitant ? Je n’ose même pas y penser. J’ai quand même posé cette question avant à une ancienne élève:
    – tu fais de l’hypertension depuis 20 ans et prend un médicament à vie, qu’en est-il ? » (je ne ferais jamais un tel choix perso mais peu importe)
    – tu ne le prends pas, zéro médicament, c’est marqué dans les règles sur le site ! (Ce n’est pas stipulé en fait ainsi sinon le Centre aurait de quoi s’inquiéter avec le sacro-saint Corps médical mais sur place, hors règlement écrit, oui)
    Oufan! Si tu fais un arrêt cardiaque à la suite, ce n’est quand même pas drôle cette histoire. Le bon côté, tu atteins la Libération plus vite ? Même pas, ce n’est pas inclut automatiquement dans le contrat qui te fait passer l’Autre côté.
    C’est ainsi double langage perpétuel qui ne gène personne là-bas: pas d’interdiction de suivre ton traitement et d’outrepasser une prescription mais pas le droit d’avoir ton médoc avec toi ! Chers lecteurs, ce n’est que le début de l’énorme mauvaise blague.
    Pourquoi donc ces abus, ce non respect des soins et de la santé ? Parce qu’il ne faut pas se soulager ou se soigner d’éventuels problèmes de santé mais laisser libre cours à toute forme de douleur physique ou psychologique d’ailleurs, pour apprendre le détachement, l’équanimité et la fameuse loi d’impermanence (Anitcha = tout apparaît et disparaît) ! Oh, ça fait parti intégrante de la technique Vipassana, aussi « strange » soit-il. L’art de se faire du bien en se faisant du mal.
    Horaires:
    levée à 4 h du matin, fin à 21 h. Deux repas sont prévus à 6h30 et 11h. Méditation toute la journée hormis le discours lénifiant du soir et les pauses. Rien à dire, tu signes pour en baver un peu, question sommeil, ce n’est pas évident.

    Sur les seules règles et préceptes affichés et clarifiés:
    1) Règles communes, genre règlement intérieur, aucun ! C’est rare. Mais c’est plus aisé pour pourvoir tout contrôler et ne pas effrayer les gens.
    2) Shila: les préceptes moraux que tu t’engages sans faille à respecter. Evidemment, puisque c’est l’équivalent en 5 points des 10 commandements: « tu ne tueras pas, voleras pas, blesseras pas autrui… »
    3) Adhittana: « la ferme détermination » de garder la posture, sans bouger… et ils ajoutent, je cite:  » mais il n’est pas question de se faire du mal ou de se torturer  »
    …sauf que dans les faits, l’enseignant responsable du Centre Kim Wu Dinh et son manager Michael (que j’appellerai dorénavant plus justement le surveillant rapporteur ou chien policier) bafoueront, je dis bien chaque jour, leurs préceptes intouchables et sacrés, sans que cela les dérange le moins du monde.

    JOUR 1
    L’enseignant et responsable du Centre, Kim Wu Dinh, est informé de ma pathologie chronique concernant mes 2 nerfs sciatiques, qui peuvent me causer douleurs et « brûlures » dans les jambes si je reste trop longtemps assis, sans bouger (même avec mon coussin médical que j’avais emmené). Pas de problème à l’horizon…

    JOUR 2
    Après environ 1h30 + 1h, assis sur ma chaise, au cours d’une méditation de groupe obligatoire, je me lève discrètement ne supportant plus ma douleur pour me mettre quelques instants debout, 2 m derrière, adossé sur le mur du fond de la salle. Le surveillant Mickael, assis à l’autre bout de la grande salle près de l’enseignant Kim, se lève alors et me demande de me rasseoir.
    – j’ai très mal, lui dis-je. Je repose ma jambe un instant debout.
    – c’est interdit d’être contre le mur…
    J’y consens malgré ma douleur. A la sortie du cours, je le rattrape et lui demande:
    – pourquoi c’est interdit ?
    – je ‘sais pas (?!)

    JOUR 3
    je me retrouve avec un niveau de douleur sciatique accru, ayant forcé la veille, n’ayant pu gérer moi-même la douleur. Je m’en veux un peu d’avoir passer outre ma douleur, de ne pas avoir eu le bon sens de respecter mon corps et sa souffrance… d’autant plus que je m’étais fait une promesse dans ce sens en Inde un mois auparavant, après avoir forcé sur la position lotus auprès d’un maître qui nous recevait personnellement chez lui. Ce qui m’a valu 3 jours de lit.
    Dans la journée, je quitte alors une méditation de groupe cause trop de douleur pour finir dans ma chambre individuelle (sachant que je ne peux me mettre quelques instants sur le mur du fond, même en étant installé au dernier rang, ce qui gène absolument personne). Le surveillant me suit et frappe à ma chambre:
    – tu ne peux pas être ici, la méditation dans la salle est obligatoire.
    – oui, mais j’ai très mal depuis hier que j’ai forcé et il me faut gérer ce handicap au jour le jour, avec intelligence pour durer les10 jours.

    Je me retrouve convoqué… même si c’est exprimé autrement et poliment!
    J’explique à l’enseignant qui me parle de présence obligatoire de telle heure à telle heure que je ne vais pas accumuler des douleurs au delà du supportable, me faire du mal et que je gère pour arriver au bout des 10 jours et enfin que ce n’est pas moi qui décide seul mais aussi ma sciatique. J’ajoute que tout se passe bien dans ma vie quotidienne et qu’ici, il me faut un minimum de marge de manœuvre et de liberté pour gérer au mieux et travailler à la méditation. Rien est ajouté. J’avais cru que la chose était entendu et comprise… puisqu’il m’avait bien dit :  » tu n’est pas là pour te faire souffrir, bien entendu  »

    Chaque jour, malgré leur long trajet et leur motivation, 1 ou 2 élèves suffisamment lucides quittent les lieux et se sauvent !

    Le soir, 3ème discours habituel (en moyenne 1h à 1h 15, c’est long) sur lecteur média (traduction de Goenka). Ces premiers discours m’ont lassé car pour l’instant, ils ressemblent à un exposé doctrinal assorti durant d’autres passages d’une apologie prosélytiste en bonne et due forme de Vipassana, de surcroît très puéril et même abêtissant, à la sauce bollywoodienne, si vous voyez ce que je veux dire…

    JOUR 4
    Je commence à réaliser le flicage en règle, sans jamais d’exception, incessant des deux surveillants femme et homme , ce qui me fait trop délirer. Vous sortez d’une méditation de groupe, immanquablement, le ballet commence! La personne est systématiquement suivie et poursuivie à l’extérieur, puis se voit obligée de se justifier et assénée sans cesse un rappel à la règle de ne pas bouger.
    Dans ce Centre, que vous ayez 20 ou 60 ans, vous ne méritez et n’avez droit à aucune confiance de leur part (quand bien même vous avez renouvelé votre inscription sur plusieurs années et avez parcouru toute la France pour venir dans ce coin perdu).
    Vous êtes aussi bien poursuivi quand vous quittez la salle pour vos besoins naturels impérieux ou pour malaise…! J’avais eu du mal à croire à un témoignage semblable sur le Net que j’avais lu avant de venir… Pas de pitié pour les vessies récalcitrantes ou un peu faiblardes !
    Dans le même style, au réfectoire, 1 ou 2 bénévoles sont debout en permanence pendant que vous mangez et dès les premiers instants… Ils vous diront qu’ils surveillent les éventuels plats vides du buffet sauf que toutes les quantités sont bien ajustées, qu’ ils ont l’habitude, et qu’ils pourraient juste vérifier à certains moments, la porte des cuisines étant adjacente au réfectoire. En réalité, ils surveillent entre autres, et pour votre bien, il va sans dire, la règle du silence, l’interdiction de se regarder et si vous mangez bien votre fruit « sur place » (comme écrit sur le petit papier car la banane ou la pomme, t’as pas le droit de la manger ailleurs, non mais oh)

    C’est alors que je suis encore poursuivi par le surveillant lors d’une sortie du hall de méditation. Bonne mère! Je lui dis:
    – je suis sorti avant la fin et alors ? où est encore le problème ?
    – tu ne dois pas sortir.
    – Je te plains Michael, tu n’as pas un travail facile. Je t’informe car tu ne sembles pas l’être, que l’enseignant m’a autorisé à faire exception si trop de douleurs. Faut arrêter le harcèlement, ça devient pénible. Je voudrais bien être en paix pour méditer.

    Quelques heures après, je suis néanmoins encore convoqué.
    Je demande alors expressément à l’enseignant la présence de son assistant Michael afin qu’il soit informé de tout avec certitude et que cesse le harcèlement.
    L’enseignant n’a toujours pas intégré mon problème de sciatique et me tient toujours le langage double: il n’est pas question de se torturer… ce à quoi. j’ajoute sans ambages que dans les faits, c’est interdiction de se lever ou de quitter les méditations de groupe, quitte à se torturer…ce qui va à l’encontre de leur propre règle, Shila (tu ne te blesseras pas…) et Adhittana ! Ils n’en ont pas conscience bien que je les interpelle avec clarté, sur les faits et les situations incohérentes et récurrentes qu’ils créent sans cesse. Ils paraissent tous anesthésiés, carrément déconnectés de la réalité. Mais le pire reste à venir.
    j’en profite pour lui faire savoir que le discours du soir (un gros morceau de 1h 15 mn tout de même) doctrinal et prosélyte, pour ne pas dire sectaire et abêtissant, ne m’intéresse pas, que je n’ai pas signé pour cela, eux-mêmes garantissant sur leur site Web le côté areligieux et apolitique du cours, ce qui est loin d’être le cas. Exemples de mémoire:
    – Ce serait dangereux de quitter Vipassana car le travail ne serait pas achevé et vous devez respecter votre engagement de10 jours (3 ou 4ème soir)
    – Beaucoup ne sont pas prêts à faire Vipassana avec une ferme détermination et faire l’expérience de la libération parce qu’ils sont des esprits inférieurs. ils ne peuvent alors faire l’expérience de la Vérité grâce à Vipassana.
    – Vipassana seule peut vous permettre d’atteindre la Libération (6ème soir). Auparavant, Goenka vous met bien en garde contre les religions trompeuses et sectes qui vous disent détenir seule la vérité et seule capable de vous faire connaître Dieu ou la Libération ! Là, grave mort de rire…
    – Chaque soir, lors des discours et des instructions, Goenka nous martèle , vous répète sans cesse :  » grâce à Vipassana… you are bound to be succesful, bound to be successful  » (« grâce à V., vous êtes assurés de réussir, assurés de réussir », quoi donc, ben d’atteindre la Libération ultime, la Vérité ultime comme Bouddha). Soi dit en passant, tout le monde n’a pas vocation à devenir Bouddha (= éveillé à la perfection). Pourtant, eux vous assurent et vous garantissent le résultat, de réussir si « vous travaillez durement ».
    – Assurés de réussir comme Bouddha mais encore « comme des millions de personnes », depuis des siècles. Citation d’un certain soir où le discours se résume à 1h15 non stop de grosse pub, sous forme de contes super kitch où Pierre, Paul et Jacques, comprenez des indiens de là-bas, y compris le roi untel et le méchant qui persécutait les adeptes de Vipassana, ont expérimenté Vipassana et ont tous connu finalement et sans exception (il va de soi) la Libération ultime (Nirvana).
    C’est bien la preuve de la méthode miracle, non! Sauf que ça aurait dû faire boule de neige, cette histoire-là. Mais aucune trace d’eux dans les écritures passées. Quant aux éveillés-libérés d’aujourd’hui qui devraient se compter par millions compte tenu de l’enseignement Vipassana dispensé dans tous les pays à un rythme soutenu, je ne sais pas où ils sont. Merci de me tenir au courant le jour où vous en croisez un (mais un vrai, pas un libéré dans le sens décérébré).

    Revenons à la fin de mon entrevue avec Kim Wu Dinh. Concernant ces fameux discours du soirs, aucune obligation de présence ne m’est signifiée. Nous en restons là.
    Avant de partir, j’insiste pour une conclusion détaillée et concrète sur notre arrangement, en présence de Michael, pour être enfin assuré de ne plus être harcelé et aussi que l’enseignant ne se dédise pas à nouveau. En fait rien de particulier, présence obligatoire comme le stipule la règle, aux méditations de groupe de 9 h, 14 h 30 et 18 h. Ce sur quoi je réponds pour montrer une fois de plus ma bonne volonté:  » …et je ferai bien plus encore, sans problème, en fonction de ma sciatique ».

    JOUR 5
    Je n’arrive plus à travailler, méditer, évidemment. Trop de pression. J’ai perdu ma joie, ma sérénité, ma motivation… Alors qu’au fil des heures, je m’attache à respecter nos arrangements et faire beaucoup plus encore, je me surprends à m’interroger intérieurement en cours de méditation:  » tu as bien tout fait comme il faut; tu n’as rien oublié ? « . J’avais le souci en fond qu’ils viennent encore me harceler et me convoquer. Quelle ambiance de merde pour un cours de méditation profonde et intense !
    Vous allez rire mais 30 mn plus tard, Michael, le chien policier vient à ma porte de chambre frapper et me déranger en pleine méditation comme d’habitude. je n’en croyais pas mes oreilles.
    – Tu n’étais pas au discours hier soir. c’est obligatoire…
    Essayant de faire de l’humour, je crois que je lui ai dit à ce moment là:
    – Tu es un vrai pitbull, tu lâches pas le morceau. Et d’ajouter: « non seulement tu continu à me harceler mais tu es grave pervers car ayant parfaitement connaissance cette fois-ci de nos arrangements avec l’enseignant en ta présence, tu viens encore me pourrir la vie sur un point non obligatoire… ». Dépité, il finit par partir.
    Un moment après, il revient à la charge et me dit:
    – j’ai vu que tu avais un crayon de papier… je te demande de bien vouloir me le remettre.
    – Le fixant droit dans les yeux: tu oses remettre une couche ? Mon crayon de papier, je me le garde. Il insiste, je continue mon chemin.

    Un moment après, re-re-re-re-re-convoquer, cause absence la veille au discours du soir.
    j’interroge l’enseignant:
    – Qu’en est-il de notre arrangement d’hier soir parfaitement établi et de mes problèmes de sciatiques jamais respectés? Qu’en est-il alors de vos fameux préceptes que vous enseignez durant les 3 premiers jour – Shila et Addhitana – que vous bafouez tous les jours ? Ne pas « mentir », respecter sa parole… C’est toujours le double langage. Interdit de « blesser une personne » ou de « se faire du mal ou se torturer », mais dans la pratique, cela devient obligatoire ! Et dans de telles conditions, il est impossible de se positionner tant l’incohérence et le double langage sont omniprésents. »
    Toujours pas de réponse cohérente.
    – oui, je comprends. Mais le discours, c’est obligatoire, ça fait partie de la technique.
    – Donc ça change encore par rapport à hier soir. Bon, ok, c’est réglé, je serai aux discours pour vous faire plaisir…
    je continue:
    – Si je viens à souffrir pendant une méditation de groupe obligatoire, je n’ai pas le droit de me mettre un petit moment sur le mur du fond, ni de quitter la salle, ni de continuer dans ma chambre… Concrètement je fais quoi, Kim, je fais quoi ?
    – Tu peux bouger, il ne faut pas se torturer… ».
    Je pense en moi-même: on va pas s’en sortir, toujours ce discours de sourds et double.
    Je commence à perdre l’appétit, dors très mal et n’arrive plus à méditer.

    JOUR 6
    Je passe sur le harcèlement habituel… pour examiner quelques questions de fond intéressantes.
    Ils veulent tellement tout contrôler, gérer, dominer, appliquer les règles sans défaut selon Goenka, qu’ils perdent pied en continu et se noient dans une tasse.
    En effet, le but c’est quoi ? de méditer ou de se prendre la tête du matin au soir ? On est à l’armée ou en apprentissage de médiation ? On est débutant, élève, comme ils disent ou sanyasin (renonçant) décharné et rompu à la méditation, capable de tenir en lotus des heures sur un caillou ?
    Comme j’ai dit au responsable enseignant,  » vous créez une quantité incroyable de problèmes qui n’existent même pas ! c’est anti-productif au possible, c’est impressionnant et relève du délire.  »

    Dans le même temps, tous les soirs, à chaque instruction sur support média, Goenka nous rabâche le détachement, avec ces mots près:  » Anitcha (l’impermanence), juste observez, observez sans réagir, tout apparait et disparait à chaque instant « . Il est où le détachement, le lâcher-prise, le « non-réagir » alors qu’ils affiche une volonté implacable de « total contrôle » dans un esprit despotique et arbitraire, sans bon sens ? Où le détachement et la sagesse alors qu’ils sont si attachés, accros, à la plus petite règle qu’ils les imposent toutes en vrac de manière aveugle, quand bien mêmes elles entrent en conflit direct avec leur préceptes Shila ou encore Samadhi (la juste compréhension = la compréhension élevée et véritable).
    Pauvres d’eux, ils n’ont pas même la capacité de comprendre une sciatique chronique qui peut faire très très mal comme tout le monde le sait et ce, même si on leur rabâche tous les jours. Ca fait peine, non ?! A ce niveau, il n’y a plus rien à faire.

    Du point de vue psychologique, la technique et la méthode Vipassana toute entière sont appliquées au vu de mon expérience, de manière psycho-rigide et perverse, sans intelligence, sans cœur, sans aucune compassion (précepte pourtant inhérent à Vipassana, enseigné par Gautama lui-même.
    Pire, vous l’aurez compris, dans la pratique, il vous faut souffrir, il faut en chier, pour atteindre la libération même si vous n’adhérez pas à cette croyance. Gautama n’a t’il pas expérimenté lui-même un chemin de souffrance durant de nombreuses années, avant de le proscrire et d’enseigner la voie du Juste milieu, de l’équilibre, de l’harmonie.
    Le plus triste, que chacun peut constater, c’est que vous serez 97 % à dire « oui » sans en être conscient parce que nous avons été formatés génétiquement puis mentalement depuis des millénaires. Et la religion judéo-chrétienne (ne pas confondre svp avec l’enseignement du Christ) – question souffrance, culpabilité et endoctrinement – a bien achevé le serrage des boulons pendant 2000 ans.
    je dis cela car tout le monde souffre le martyr à cause de la position lotus, au fil des heures et des jours et toutes les têtes font pitié à voir. Serait-ce bénéfique et nécessaire à la méditation profonde ? A vous de voir.

    Mais le pire vient ci-dessous: quelle interprétation et quelle vision sous jacente se dégagent de l’expérience Vipassana ?
    Voilà ce que j’ai pu constater. Après trop de maltraitance de votre corps et de votre émotionnel, jour après jour, ajouté à la carence de sommeil qui s’étoffe de plus en plus sournoisement, vous aurez vos petits ou gros craquages émotionnels. Ils vous enseigneront alors – discours du soir Goenka à l’appui – que c’est l’heureux bénéfice attendu, c’est à dire les très fameux samkaras (ou samskaras = empreintes, mémoires qui alimente le Karma ) qui remontent et se libèrent et vous rapproche de la libération finale ! Chouette … (je suis familiarisé depuis longtemps avec cette notion de samkaras).
    Sauf que, excusez-moi du peu et pour mon bon sens, des millions de gens arrivent aux mêmes résultats (craquages émotionnels), sous peu qu’ils se fassent du mal de jour en jour et s’auto-flagellent un certain temps, au travail, en famille ou tout seul dans leur coin. Rien à voir avec les samkaras et pas besoin de Vipassana pour cela. Ah la mauvaise blague…
    Autre aspect, 120 personnes à chaque session avec les dits craquages émotionnels, en nombre et difficiles à gérer (de la bouche même du responsable), sans aucune prise en charge ou soutien. Aucune personne sur place, formée en psychologie, pédagogie, gestion de groupe et/ou communication non violente au regard de 120 personnes présentes. Dangereux, oui, pour certains un peu fragiles, ça peut l’être vraiment. J’ai même entendu à deux reprises et en deux lieux différents, deux personnes hurlées en continu (pas de rire, on s’entend), un temps relativement long, ce qui m’a sérieusement interpellé, il va sans dire…

    Cet enseignement d’un âge révolu, voire préhistorique me parait bien malsain et même dangereux, au vu de l’état de déconnection, d’anesthésie, de perte de tout bon sens et d’incapacité à entendre, intégrer, discerner et être cohérent en parole et en acte.
    Malsain et dangereux, également au regard des faits et des évènements du 7ème jour mais encore dans l’esprit de l’enseignement, car cela conduit à casser la motivation, l’envie et l’élan et créer de l’aversion, des négativités, de la rancœur ou de la rancune un peu plus chaque jour. Ce qui a pour conséquence directe de générer quantité de samkaras dans les deux camps évidemment alors même qu’ils sont tous omnibulés par leurs samkaras pour la bonne raison que Vipassana a pour but de cesser la production de samkaras pour atteindre la libération ! Quelle ironie du sort, quel enfermement, quelle étrange libération !
    JOUR 7, violences physiques, séquestration et dénonciation calomnieuse auprès des pompiers.
    Le matin, suis encore convoqué. Aie! Sais pas pourquoi évidemment. Toujours est-il que j’avais décidé la veille de ne plus rentrer dans leur jeu, de me  » détacher, juste observer sans réagir, Anitcha… » (c’est le cœur même de l’enseignement). Je ne donne donc pas suite aux « souhait de l’enseignant de me voir ». C’est alors que dans l’après-midi, 3 sbires envoyés par l’enseignant, viennent à ma porte pour me signifier de partir sans délai, sans me donner aucune explication ou raison. Je réponds calmement:
    – On n’expulse pas les gens comme des chiens, un minimum de respect. Donner moi donc une seule raison valable. Je n’ai pas enfreint une seule règle.
    – L’enseignant l’a décidé ainsi, voilà la raison. Elle suffit.
    – Désolé mais moi, ça ne me suffit pas. Donc avant de partir, n’ayant enfreint aucune règle, je veux rencontrer l’enseignant responsable du Centre qu’il ait le courage de s’expliquer en face au lieu de m’envoyer ses sbires !
    De plus j’étais en train de chercher un objet qu’il me faut retrouver, perdu certainement à côté dans le petit bois  » ( petit parcours autorisé dans la seule limite du sentier balisé tout le long avec des cordes de chaque côté ).
    Mais impossible de sortir de ma chambre individuelle, les 3 sbires jouent des gros bras et me font barrage. Je leur demande de me laisser sortir, de m’accompagner s’ils veulent. J’insiste. Impossible. Je tente de me faufiler sans aucune violence de ma part. Ce n’est pas ma façon de faire et mon épaule droite gelée (capsulite) et mes 54 ans, ne me le permettent certainement pas. C’est alors que l’un deux (un dénommé Jacques, ancien, bénévole au gros bras bien gratiné et résidant sur place) se rue sur moi, me moleste, puis me bloque par les deux poignets en me poussant violemment à l’intérieur sur mon lit. Je crie alors de douleur car il vient de me retourner mon bras droit semi-paralysé (depuis 9 mois cause capsulite rétractile). Les deux autres compères voyant qu’il me fait violence, le stoppent comme ils peuvent. Ce raffiné Jacques se moque aussitôt de moi et rigole de ma douleur en m’imitant. Ca devient grave, vous me l’accorderez !
    Cette fois-ci, je suis plus que décidé à rencontrer le responsable avant de partir de cet oasis mais de fous pour lui signifier ces dernières violences physiques à mon égard.

    Ils continueront à me séquestrer dans ma chambre durant 1 h 15 en tout.
    J’attends de pied ferme dans ma chambre avec l’épaule qui me brûle, quand le responsable arrive enfin.
    Au regard des violences physiques survenues dont j’informe le responsable, nulle réaction de sa part, j’hallucine ! Pas même une excuse, ni réprimande des 3 gaillards encore là devant ma porte comme s’ il ne s’était rien passé ! Tous complètement déconnectés de la réalité.

    Et quelques minutes après, en présence de tout ce petit monde, cerise sur le gâteau, 3 pompiers débarquent dans ma chambre, appelés au motif  » d’une personne dérangée et incontrôlable  » !!! Voilà leur propre démonstration de vice et de perversité qui en dit long. J’ai beau dire aux pompiers calmement qu’ils ont été appelé de façon totalement abusive, sur dénonciation calomnieuse, que rien matériellement ni personne n’est dérangé, rien n’est à constater, que c’est moi qui vient de subir séquestration et violence physique, les pompiers m’enjoignent tout de même à subir leur protocole obligatoire d’examens médicaux sommaires sous peine d’appeler un médecin, plus le SAMU ! Quelle humiliation finale (après ces 7 jours de harcèlement et les dernières violences). Je m’y plis pour pouvoir en finir.
    Sauf qu’avec eux, ce n’est jamais fini….

    Avant de partir, leur obsession de tout contrôler, gérer, dominer, y compris ta vie la plus intime, m’oblige encore à batailler pour avoir le droit – vous allez halluciner – de redescendre au dernier jour « mes » covoitureurs dans ma voiture !!! Oui, l’impossible devient possible avec ces dérangés (comme je leur ai dit). Deux messagers successifs du responsable viennent me voir pendant que je leur rabâche que c’est totalement non négociable et honteux qu’ils se mêlent à un tel point de la vie privée des gens ! Je me lâche alors et les traite de dérangés mentaux et de sectaires. Je leur fais savoir on ne peut plus fermement que je reste 3 jours sur Auxerre pour revenir dimanche fin du cours, dans 3 jours et demi, sur le parking à 8 h du matin pour le retour de mes covoitureurs. Pourquoi batailler ? Parce qu’ils sont tellement pervers et vicieux que je craignais:
    1) qu’ils manipulent mes covoitureurs en leur disant que j’étais reparti en Provence seul
    2) qu’ils les emmènent en catimini dimanche matin et sous mon nez en voiture jusqu’à la gare d’Auxerre
    3) ou encore qu’ils leur trouvent un covoiturage en catimini assorti de mensonge sur mon retour seul en Provence ou de quelques calomnies sur mon compte, comme quoi j’étais dérangé. Je vous rappelle qu’ils venaient de le faire avec les pompiers. Ce qui est grave en soi et d’ailleurs constitue aujourd’hui un délit pénal.

    Mes craintes étaient d’autant plus justifiées que:
    1) ils m’ont jugés tout bonnement pas en état de ramener mes covoitureurs, et ce 3 jours à l’avance (ils sont forts) !
    2) ils ont essayés de m’acheter en me posant 100 € sur la table en bois (pour de vrai, ce n’est pas une image) pour me payer mon retour rapide sans mes covoitureurs. Sauf que mon âme et conscience n’est pas à vendre au diable comme le chante Florent Pagny.
    3) ils ont aussi avancé – ils prophétisent aussi à l’occasion – que mes covoitureurs ne voudraient pas redescendre avec moi dans 3 jours. Sur quoi je leur ai répondu que ça ne les regardait pas et que ces personnes étaient assez grandes pour penser par elles-mêmes et décider de leur choix intimes, selon leur liberté souveraine. Néanmoins rien ne les atteint et ne les surprend : c’est lavage et lessivage de cerveau et ils semblent contents.

    Sur ces faits, je quitte le Centre, me trouve un lieu pour passer 3 nuits à Auxerre et me rend aux Urgences, à défaut de pouvoir avoir un RV médecin ou SOS médecin, aux fins d’examens, de diagnostic et de prescription d’antidouleurs pour mon épaule qui me brûlait suite aux violences. Je rencontre également une juriste dans une permanence associative d’aide aux victimes pour recueillir son opinion même si la mienne est déjà bien établie.
    je ramène mes covoitureurs contents de leur trajet en évitant de trop leur parler de mon expérience désastreuse.
    J’aurai perdu 5 kg durant ces quelques jours… et 3 jours pour retrouver mon équilibre.

    CONCLUSION

    Je terminerai en mettant l’accent sur quelques points qui me paraissent essentiels:
    – environ 120 personnes à chaque session presque mensuelle, totalement démunis en cas de problèmes médicaux ou psychologiques, sans même leur propre téléphone en secours, et qui subissent un lavage de cerveau, aidé des discours abêtissants sur support média de chaque soir, avec comme règle première en filigrane qu’il faut souffrir pour atteindre la libération et que SEULE Vipassana peut les libérer (discours du 6ème soir) !

    – Des personnes en souffrance physiques et psychologiques non prises en charge pour la simple raison que le staff complet se résume à un enseignant et son chien policier (surveillant) endoctrinés, ayant perdu tout bon sens, réalité et cohérence, pour 60 hommes et la même chose pour les 60 femmes.

    – si de nombreuse sectes existent (et font parfois des ravages), c’est aussi qu’il y a un besoin et que l’offre s’ajuste à la demande (même si elle est en partie inconsciente). Ne soyez pas choqués! L’expérience vient le confirmer, hélas. Ne pensez pas toujours « pauvres victimes de secte », ils sont victimes avant tout d’eux-mêmes, et ils rempilent souvent ou refont plusieurs stages. A chacun sa liberté après tout.
    C’est à mon avis une expérience comme une autre, universelle, par laquelle nous passons tous un jour qui découle de la loi naturelle et évolutive selon laquelle nous faisons l’expérience de toutes les dualités pour finalement les unifiées et devenir progressivement Tout en Un. On expérimente l’ombre pour connaître et découvrir la lumière en nous; l’enchainement ou l’endoctrinement pour reconnaître un jour notre liberté souveraine et divine, etc.

    Il n’empêche que j’estime de mon devoir de témoigner et signaler une telle dérive sectaire qui outrepasse le Droit commun, les libertés fondamentales et porte atteinte à l’intégrité psychologique et physique de la personne (délit pénal pour rappel) afin que chacun puisse faire un vrai choix éclairé de « goûter « ou pas Vipassana à Dhamma Mahi.

    Vous savez maintenant que si cela se passe bien pour certains et qu’ils en redemandent (bonjour les anciens, et tant mieux pour vous!), le cours peut aussi virer au cauchemar et qu’ils sont capables du pire. A vous de voir, ladies and gentlemen. Merci de m’avoir lu.

    1. Bonjour,
      merci pour ce commentaire.
      Je pense que vous devriez vous adresser à quelqu’un du centre, via email hidden; JavaScript is required par exemple.

  10. Bonjour Ye Lili,
    Merci beaucoup d’avoir partagé ton expérience.
    Étant donné que je suis inscrite pour une retraite fin novembre, je furète un peu partout pour lire les avis des uns et des autres et j’ai déjà hâte d’y être.
    Une petite question si tu veux bien :
    as-tu fait cette retraite à Dhamma Mahi ?
    Si oui, à quelle époque dans l’année ?

    1. bonjour
      oui, retraite à Dhamma mahi, l’année dernière 2017 aux alentours de mai. J’ai finalement déposé une plainte pour violence.

    2. Bonjour Sylvie, oui c’était bien à Dhamma Mahi, et c’était en hiver !
      Je te souhaite une belle retraite ! N’hésite pas à partager ton expérience à ton retour en ces colonnes…

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