Victoria, entre orques et découvertes amérindiennes…
Oct 21, 2014 AmériqueCanada 4

Je reprends la plume de Victoria
Il me coûte parfois de me planter devant ma page blanche. Fatiguée, distraite par internet ou envie de ne rien faire, les excuses ne manquent pas. Je m’astreins pourtant à ce rituel de manière inexorable. Et si mes impressions « fanaient » pendant la nuit ? ou plus probable, si elles évoluaient d’un jour à l’autre ? « Un écrit » vaut mieux que deux « tu l’écriras »… Le carnet c’est la fiancée du voyageur disait peu ou prou Sylvain Tesson. Mes pages blanches sont mes meilleures amies du soir, elles m’écoutent sans relâche et je peux me confier à elles sans peur de les lasser, alors je m’y replonge.

Je pars ce jour pour une matinée d’observation de baleines.

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On trouve plusieurs agences à Victoria vous embarquant observer les beaux cétacés… Ce sera pour moi SpringTide Watching tour. Nous embarquons sur notre zodiac à 10h.

Bonne nouvelle, nous dit Jeff notre capitaine 5 minutes après notre départ, des orques ont été vus près d’ici. Nous les atteindrons dans 30 minutes…

Chic chic chic…
La route nous mène d’île en côte de grand large en bordure montagneuse… Il fait frais mais on nous a heureusement prêtés d’épais manteaux.
Arrivés sur place, nous faisons face aux majestueux mammifères. Majesté est vraiment la qualité qui leur convient le mieux. Comme les dauphins que j’ai découverts il y a peu, j’admire comment ils glissent sur l’eau. Les orques, je les verrai d’assez loin, plusieurs dizaines de mètres est la distance de sécurité minimale. Heureusement les cétacés mesurent plus de 10 mètres de long – malgré cette distance imposée, la vue sera belle.

Les orques m’inspirent…

Les orques glissent au fil de l’eau. Ainsi vogue notre bateau, se glissant dans leur sillage. Les orques glissent en groupe, ils sont trois, quatre ou peut-être cinq. Ils crachent parfois de puissants jets d’eau. D’autres fois restent très longtemps sous l’eau et réapparaissent là où on ne les attend plus.
Sans prévenir l’un pique une tête, sursauts et cris de surprise à bord du zodiac. L’acrobatie ne dure pas, mais elle se répètera.

Mon index ne peut quitter mon déclencheur, je prendrai 200 clichés, quelques-uns ne seront pas tout à fait ratés.
J’apprends à quel point ces belles bêtes sont encore une énigme aux yeux des humains. D’elles sait-on à peine qu’elles sont très intelligentes, et quelques autres petites choses ?
Déjà 45 minutes que nous les observons, il faut repartir.
L’air, l’eau, tout me parait frais, clair et léger.
Ou peut-être est-ce mon humeur par les orques influencée ?

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Retour à la terre ferme

Je m’attelle à la découverte du Royal BC Museum. Je l’attends depuis quelques jours, on m’a parlé de sa riche collection d’objets amérindiens. Je rencontre deux étudiantes connaissant les lieux qui acceptent de me servir de guides.

Je suis surprise par la muséographie du large rayon dédié aux cultures amérindiennes. Je trouve ici de très belles pièces, certaines de plusieurs centaines d’années, d’autres plus récentes, mais j’ai l’impression d’avoir face à moi une culture éteinte, disparue. Mes guides d’un jour me confient que ce sont les mêmes expositions depuis qu’elles sont enfants, donc depuis plus de 20 ans !

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Mais le niveau général de ce fonds est très très très largement relevé par une exposition qui voit tout juste le jour quand j’y passe Our Living Languages: First Peoples’ Voices in BC (nos langues vivantes : les voix des premiers peuples en Colombie Britannique, plus d’infos ici, l’expo dure jusqu’en juin 2017). C’est exactement l’inverse des collections permanentes, en terme de présentation des œuvres : cette exposition est dynamique, bien pensée et montre à quelle point les cultures amérindiennes sont vivantes.

Ici se confirme ce que j’ai appris il y a quelques jours. La Colombie-Britannique compte l’une des plus grande diversité linguistique du monde. On évoque même un haut lieu linguistique au niveau mondial, en raison de la vitalité des langues des Premières Nations, dont 34 sont présentées ici.
Le propos de l’exposition est vraiment pertinent et a un écho particulier en moi, qui n’ai cessé d’étudier des langues depuis mon enfance :

La langue est un puissant marqueur de l’identité et de la culture. Pensez à la résonance émotionnelle de l’expression « langue maternelle ».

L’exposition est vivante. Dès qu’on passe la porte, on tombe sur une « forêt de la langues » où l’on est accueilli dans l’une des 34 langues des Premières Nations. De nombreux films et bornes audio et/ou interactives expliquent la situation de ces langues aujourd’hui… J’ai un coup de cœur pour un espace d’écoute, dans espèce de cocon, où sont dites des histoires et des berceuses.
Le but de l’exposition est « d’offrir aux visiteurs l’occasion d’en apprendre plus sur l’histoire perturbée des langues en Colombie-Britannique, sur leur complexité, et sur les gens – parfois des communautés entières – qui travaillent sans relâche à documenter et à les revitaliser. » Pari réussi !

Cette exposition est la première chose qu’on voit en entrant dans le secteur du musée dédié au Premières Nations. Je comprends ici une volonté forte du musée de changer le regard porté sur ces cultures. Une vraie réussite au niveau du musée, qui j’espère fera évoluer les mentalités au Canada…

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Retrouvez les articles de mes 4 semaines en Colombie Britannique (le premier est celui tout en bas!)

4 comments on “Victoria, entre orques et découvertes amérindiennes…

  1. Bonjour quel paysage magnifique. Et quelle rencontre extraordinaire vous avez fait là !!! Que ce soit pour les orques ou la culture amérindienne. J’aimerais tellement pouvoir un jour me rendre dans ce type de contrée lointaine. Croisons les doigts !!!

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