Lisez Sylvain Tesson !
Fév 21, 2013 Art 36

Connaissez-vous Sylvain Tesson?
Cet écrivain-voyageur était sur ma liste de lectures depuis bien longtemps, une chère amie me l’ayant conseillé, mais je l’ai découvert il y a quelques semaines seulement. Je ne peux que vous encourager, chers lecteurs curieux à vous plonger en son monde.
J’ai lu trois de ses opus, et me réserve son best-seller du moment, Dans les Forêts de Sibérie, pour sa sortie en poche (lire la critique parue depuis ici).
Petit aparté: je ne lis plus qu’en poche, mes livres pesant trop sur mes étagères, choix doublé de l’anticipation de mon prochain départ: les cartons n’en seront que plus légers, les livres étant les seuls biens dont je ne peux m’alléger quand je change de résidence.

Sylvain Tesson

La découverte de Sylvain Tesson par « L’éternel retour »

J’ai découvert Sylvain Tesson avec L’éternel retour, un court recueil de nouvelles. J’apprécie rarement les nouvelles, je trouve ce genre difficile et souvent je reste sur ma faim, ou je trouve le style moyen. Dans ces cinq nouvelles-ci (extraites d’un plus gros recueil, Une vie à coucher dehors), j’ai été éblouie par le style et le rythme de la narration et surtout par l’univers que l’auteur parvient à créer en quelques pages. Un style vif, mordant et poétique à la fois.

Petit traité sur l’immensité du monde

J’ai rapidement continué la rencontre de l’univers Tesson avec Petit traité sur l’immensité du monde. J’y ai découvert ce qui m’a semblé être la philosophie de voyage de l’auteur. Ses nombreuses expériences et aventures sont en filigrane de ce livre, sans pour autant tomber dans un étalage de destinations parcourues.
J’ai trouvé dans chaque page une incitation au voyage. Le tout rythmé par de belles références littéraires, autant d’invitations à découvrir d’autres auteurs.

Différentes thématiques sont abordées dans des chapitres qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Le chapitre « Aux bords de l’humanisme » et son plaidoyer contre les violences faites aux femmes ainsi que « Sur les vaisseaux de pierre » et sa déclaration d’amour aux cathédrales et aux alpinistes urbains m’ont particulièrement marquée. J’ai aussi beaucoup aimé sa façon d’évoquer le temps et l’espace. Enfin, sa manière de raconter l’écriture de voyage m’a touchée…
Je ne vous en dirai pas trop, de peur de déflorer cet ouvrage et vous laisse avec quelques morceaux choisis:

Vivre c’est faire de son rêve un souvenir.

C’eût été accorder trop de confiance à ma mémoire que de se passer de notes.

Le mieux consiste donc à construire un donjon solitaire avec le ciment de son rêve suffisamment solide pour que le ressac du monde extérieur s’y fracasse.

L’éloge de l’énergie vagabonde

J’ai terminé cette phase de découverte par la lecture de L’éloge de l’énergie vagabondeOn accompagne ici l’auteur dans une entreprise très précise: suivre à vélo le chemin d’un oléoduc sur plusieurs milliers de kilomètres, de l’Aral à la Caspienne. Il est littéralement fasciné par le brut et file au fil de chaque page une métaphore entre l’énergie humaine et celle de l’or noir. Là aussi, ses pensées sont ponctuées par de délicieuses références littéraires.

Son regard sur notre monde n’est pas toujours positif, loin de là. Il a la critique parfois cynique ou saillante mais elle est toujours appropriée. Dans ce livre, comme dans les autres, on apprend que, sous quelques cieux que ce soit, être déçu par l’humain est une triste récurrente des voyages de Tesson.

Surtout…

Lire Sylvain Tesson ne démoralise pas pour autant: c’est avant tout un contemplateur. Il partage avec nous son admiration des belles choses qu’il a la chance de voir, les grandioses et les minuscules. Cet aspect m’enthousiasme au plus haut point. Par la description des grâces de notre monde d’une écriture fine et précise, je le sens émerveillé et proche de nous. Sylvain Tesson trouve les mots justes, Sylvain Tesson me touche.

Et vous, aimez-vous cet auteur?

Mise à jour : J’ai depuis cette chronique lu un nouvel opus de Sylvain Tesson: Dans les forêts de Sibérie.
Pour retrouver tous les livres de Sylvain Tesson.

36 comments on “Lisez Sylvain Tesson !

  1. Un article qui fait plaisir ! J’ai découvert Sylvain Tesson assez tardivement, comme toi. Non pas par l’un de ses romans d’aventures mais par les bloc-notes qu’il tient dans la revue Grands Reportages. Une de mes citations favorites est celle où il répond à ceux qui qualifient péjorativement le voyage de « fuite » : « La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’énergie vitale ».

  2. J’adore la citation « La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’énergie vitale », je trouve qu’elle dit tout ! Je suis une adepte du courant de « l’énergie vitale » si on peut l’appeler comme ça. Merci à toi Fred

  3. Elle est justement tirée de « Dans les Forêts de Sibérie ». Il l’utilise pour répondre à ceux qui ne comprennent pas sont départ dans les bois pour six mois. D’ailleurs le terme exact c’est « l’élan vital » au lieu de « énergie »!
    Elle me parle beaucoup aussi!

  4. @ Fred: merci pour la précision, vivement que je la lise 🙂

    @ Tab: avec plaisir!

    @ Xtinette: es-tu sûre d’avoir trouvé ce conseil ici? ça ne me dit rien 🙂
    En tout cas, Tesson, tu peux y aller une valeur sûre…

  5. Je pense que je vais commencer en douceur avec le recueil de nouvelles, moi c’est un genre que j’aime beaucoup, ca va me permettre de rentrer dans l’univers de l’auteur pour pouvoir ensuite enchainer sur ses autres œuvres 😉

  6. Le vrai sage est celui qui fonde sur le sable ,sachant bien que tout est vain dans le temps éternel et que même l’amour est aussi peu durable que le souffle du vent et la couleur du ciel.

  7. ce petit livre offert
    « dans les forets de Sibèrie » est exactement le sorbet ideal à déguster dans la chaleur estivale…à chacun son lieu pour mieux y gouter.
    Chez moi romaine , comme hier allongée sous le toit bleu des cigales dans la pinède du parc Borghese puis sur un frais sarcophage juste derrière la galerie… ou avant hier près du laghetto de villa Torlonia sous un énorme chene, avec comme bruit de fond le chant lancinant des cigales mais tout près des jets d’eau… Dommage que les sorbets fondent trop vite…

  8. Bonjour,
    Oui, lire Sylvain Tesson est indispensable et salutaire pour tout lecteur, voyageur ou non. Son « Petit traité sur l’immensité du monde » a été ma 1ère lecture de ce formidable écrivain-voyageur.
    Mais la pépite reste « Dans les forêts de Sibérie » que je recommande sans réserve. Ce livre est formidable.

    1. Oui, le livre est à lire absolument, le film tiré du livre à voir en urgence!!
      tous avec Sylvain dans le combat qu’il mène en ce moment!
      Lui dire qu’on tient à lui!!

  9. Sans autre conseil que mon désir de lire des récits de voyageurs à pied, je viens de lire « L’Axe du Loup ». Une vraie découverte. Pour un peu j’avais l’impression d’être parmis les chanceux qui pouvaient tracer un peu de chemin aux côtés de Mr Tesson. L’écriture est magnifique, humble et pure. Le personnage me séduit dans ce que son texte transmet de lui.
    C’est avec peine que j’ai entendu ses mésaventures, puis soulagée j’ai su que son état s’améliore. Une autre sorte de voyage, d’exploration ? Je nous souhaite qu’il se rétablisse tout à fait.
    Amitiés,

    1. Merci pour ce commentaire! Je n’ai pas lu « l’Axe du loup », mais le lirai peut-être prochainement. Merci pour la recommandation!
      Et oui, espérions que ce cher Monsieur aille mieux bientôt…

  10. Je viens de découvrir Sylvain Tesson en lisant son avant dernier opus “ S’abandonner a vivre “ Coup de foudre immédiat ! une Incitation au voyage, au travers de dix-neuf nouvelles, dans des endroits lointains et isoles dont très peu d’entre nous aurons occasion de s’y rendre un jour. Ce sont aussi des saisissants portraits de personnages et de paysages. La plume de Sylvain Tesson n’est pas seulement poétique, elle donne au récit un contour, une singulière dimension qui me fait penser à des photographies de Henri Cartier Bresson. J’ai enchaine par la lecture de ‘ Dans les forets de Sibérie ‘ et j’ai hâte de lire son dernier opus ‘ La Berezina’ . Dans ce roman, Sylvain Tesson part sur les traces de Napoléon et de sa grande armée et nous fait revivre, deux siècles après, cette tragique retraite de Russie.

    1. Bonjour Gilles,

      merci pour ce témoignage!
      Je n’ai pas encore lu S’abandonner à vivre, mais cela viendra bientôt 🙂
      La comparaison avec Cartier Bresson est vraiment bien trouvée… Merci de votre passage ici !
      (Et Berezina sera aussi sur ma liste dès qu’il sera en poche…)

  11. Un plume tombe du ciel/un poète la taille/écrit des vers ailés/qui regagnent le ciel. Cités dans géographie de l’instant.le doute est-ce de Sylvain tesson ou bien de Nicolas bouvier dans l’ usage du monde qui peut me donner une réponse. Merci

  12. nous avons de la chance que sylvain Tesson soit notre contemporain !
    on peut , des fois penser que tout a été dit …ben non ,tout est a faire , a lire , a penser , a voir ,a sentir ,et surtout a lire .géographie de l’instant ce sont des livres dans livre , des vies dans une vie

    merci a cet homme exceptionnel

  13. j’ai découvert le premier livre de Sylvain TESSON dans une location de vacances  » l’axe du loup » et depuis je dévore tout ce qu’il écrit seul ou avec N POUSSIN j’ai même eu la chance à d’autres vacances de me trouver à MIMIZAN et de pouvoir assister à une de ses conférences et de me faire dédicacer un livre je suis une fan inconditionelle.

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