Road trip en Inde du Sud : de belles heures d’Auroville à Madurai…
Déc 18, 2019 Inde 8

Voici la suite de mon journal de bord indien… 

(c’est par ici, si vous avez raté le début du récit de mon voyage en Inde!)

Mercredi 4 décembre – Auroville & Pondichéry

Il est 23h passées, je suis remplie, épuisée et heureuse, et j’essaie enfin de reprendre le fil du récit avant que les journées ne filent plus encore.
Deux nouvelles journées se sont déjà écoulées.
C’est fou comme ce voyage est inédit pour moi. L’étrange impression de voyager avec des amis, alors que nous venons tout juste de nous rencontrer depuis quelques jours pour la plupart, l’impression aussi de connaître nos agents Charles et Prithvi depuis si longtemps… Cette découverte de l’Inde du Sud se fait tout en douceur. Je ne suis choquée de rien.
Il y a huit ans, j’avais été marquée par l’insistance du regard des Indiens. Cette fois-ci c’est différent. Je sens une curiosité réciproque, mais aucune insistance. Les Indiens sourient toujours en retour de mes sourires. Je ne sens aucune animosité de leur part, bien au contraire, et je ne me sens pourtant pas envahie par des regards trop lourds ou des attitudes de curiosité persistance… De même, pauvreté et saleté sont absentes du décor de ce voyage. Et je suis très loin de m’en plaindre !

Retour sur ces dernières heures indiennes. Depuis hier, notre groupe s’est divisé en deux parties. Nous sommes moins nombreux, ce qui permet une plus grande légèreté en tout – déplacement, rencontre etc.
J’ai découvert hier la cité d’Auroville. Comment parler de ce lieu en quelques mots ? Selon wikipedia, Auroville (« la ville de Sri Aurobindo » mais aussi « la ville de l’Aurore ») est une ville expérimentale située à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry. Elle fut créée en 1968 par Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo. Auroville a pour vocation d’être, selon les termes de sa conceptrice, « le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ».
Utopie ? inspiration ? arnaque ou même secte ? les avis varient. Je n’y ai passé que quelques heures, guidée par un passionnant Aurovillien français, Jacky. Il nous partage son point de vue : un lieu universel et en perpétuelle évolution.
Du peu que j’ai pu en voir, et en apprendre, Auroville est pour moi un lieu inspirant mais dont la réalisation pleine et entière n’a pas réussi… Cette mise en bouche aurovillienne a tout de même piqué ma curiosité et je serai heureuse si je pouvais un jour y revenir…
Nous passons ensuite quelques heures dans le quartier français de Pondichéry. L’occasion d’apprécier plus que jamais les couleurs uniques de l’Inde.

Dans la campagne du Tamil Nadu

Le soir même, nous plongeons dans le Tamil Nadu rural. La campagne indienne est pour moi une première. Les paysages sont d’un vert splendide, où les rizières se prélassent au pied d’immenses palmiers. Nous dormons à Mantra Koodam dans le village de Kumbakonam. Ma nuit et mon réveil sont bercés par les chants mêlés de nombreux oiseaux. Quel luxe de pouvoir réaliser ma méditation matinale sur de si beaux sons naturels.
Nous arpentons ensuite la campagne autour de Kumbhakonam toute en douceur… sur une calèche à bœufs ! Un moyen de transport idéal pour aller à la rencontre des Indiens ruraux qui semblent aussi ravis que nous des petites entrevues improvisées qui rythment la matinée. A Darasuram, nous partons à la rencontre d’artisans tamouls, à nouveau nous en prenons plein les sens !
La dernière étape du jour : Karaikudi et ses incroyables demeures palatiales Chettiars.

(c) Léa Camilleri

Lundi 9 décembre
Je reprends la plume à bord de l’avion qui, déjà, m’éloigne de l’Inde.
Ces dernières journées ont été incroyables. Nos heures ont été si remplies que je n’ai point eu le temps de me repencher sur un clavier.
Le voyage est déjà terminé, et il a été bien au-delà de mes attentes. Je souhaite garder trace de nos aventures indiennes, alors reprenons le récit de chacune de nos journées…

Jeudi 5 décembre – Madurai

Déjà le cinquième jour de notre voyage. Nous sommes séparés en deux groupes pour la deuxième et dernière journée. Voyager en plus petite équipe – nous sommes désormais six en incluant notre guide Prithvi – nous permet une plus grande immersion.
Nous quittons la région Chettiars pour la ville de Madurai. Cette ville est réputée pour le temple Meenakshi Amman. C’est un des trois temples que les Hindous doivent visiter durant leur vie. Je n’ai jamais vu de temple asiatique aussi imposant : c’est un des deux grands temples d’Inde. Notre guide local nous raconte des dizaines de mythes hindous, tellement éloignés de notre culture. Je ne me souviendrai pas de chacune des histoires entendues, mais je suis absorbée par la ferveur qui se dégage du temple : il est extrêmement visité, majoritairement par des Indiens en pèlerinage. Pour éviter de perturber les pèlerins, photos et tout appareil électrique sont strictement interdits dans le temple depuis mars 2019. C’est mieux ainsi : nous pouvons nous offrir quelques instants de pur présent, loin de nos smartphones, un vrai luxe pour un groupe d’influenceurs.
Les alentours du temple sont eux aussi plein de ferveur et de vie. Les pèlerins, habillés de leur « longhi » bruns sont fascinants. Ils sont très enthousiastes face à nos caméras et c’est un plaisir de les prendre en photos.

En fin de journée, nous partons pour un tour de Madurai en auto-rickshaw. Direction un marché local, fréquenté uniquement par des habitants de la ville. Notre équipe est plus réduite encore : nous sommes quatre, Gianluca, Hugo, notre guide Prithvi et moi-même. La traversée de la ville en tuk-tuk est un moment unique. Depuis l’arrière de notre rickshaw je m’entraîne au dodelinement de la tête si particulier des Indiens – qui ne sert pas seulement à acquiescer mais également à saluer, je l’apprendrai ici.
Les regards des Indiens de Madurai croisés depuis notre tuk-tuk me remplissent de joie. La fascination est clairement réciproque, surtout que nous ne passons pas inaperçus avec notre matériel photo. Les regards se prolongent souvent, et les sourires que je leur adresse sont presque toujours systématiquement retournés avec entrain.
« Ces échanges de regards et de sourires redonnent foi en l’humanité » me glisse Hugo, avec qui je partage la banquette arrière. Ce moment est aussi simple que précieux. Nous arpentons ensuite un marché aux légumes et un marché aux bananes. Il est fréquenté « juste comme il faut » pour nous permettre de prendre le temps d’échanger ici encore bien des sourires, sans nous sentir oppressés pour autant. Cerise sur le gâteau, les couleurs sont juste superbes, et disons-le, la photogénie est à son maximum…

Le soir venu, tout notre groupe se retrouve. Nous sommes désormais un groupe de quatorze personnes, en incluant les neuf invités au projet, mes deux collègues d’Evaneos et nos deux agents-guides locaux Charles et Prithvi. Par un hasard de calendrier, notre invitée espagnole Erea célèbre ce soir ses 30 ans, et Prithvi ses 31 ans. La soirée est joyeuse…

A suivre…

Si vous voulez voyager en Inde du Sud, je vous conseille plus que jamais de partir avec Prithvi, l’agent partenaire d’Evaneos sur place ! 

8 comments on “Road trip en Inde du Sud : de belles heures d’Auroville à Madurai…

  1. Magnifique reportage un vrai régal de vs avoir suivie et vs commentaires géniaux d’autant plus que j’ai fait le même parcours il y a juste deux ans…. que de bons souvenirs. Merci beaucoup

  2. Merci pour l’article 🙂

    « Auroville est pour moi un lieu inspirant mais dont la réalisation pleine et entière n’a pas réussi… »
    Peut-être que le plus important, ce n’est pas qu’ils aient réussi (après tout, l’idéal est immense, ça ne se fait pas en quelques années) mais que quelque part sur terre, des gens essaient ?
    À méditer…

    La bisette, un résident du lieu 🙂

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