Bouleversée par ETTY, la brillante adaptation du Journal d’Etty Hillesum
Mai 15, 2026 Voyaaages ! No responses

Bouleversée par ETTY.
Peut-être car c’est le livre que j’ai le plus lu et relu,
Sans doute car le réalisateur a réussi un exploit : traduire un des livres les plus spirituels à l’écran,
Très certainement car les écrits d’Etty Hillesum semblent plus d’actualité que jamais,
J’ai été bouleversée par ETTY, la série de Hagai Levi en 6 épisodes disponibles sur Arte.

Il s’agit d’une adaptation des journaux de cette jeune néerlandaise.
Si vous ne connaissez pas l’histoire d’Etty Hillesum, voici ce qu’en dit la quatrième de couverture : « De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l’homme alors qu’il accomplit ses plus noirs méfaits. Partie le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d’où elle envoie d’admirables lettres à ses amis, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année. »

L’actrice Julia Windischbauer incarne Etty avec brio. Incarne dans le meilleur sens du mot : elle interprète, donne forme et chair de manière intellectuelle, sensuelle et spirituelle à la fois.
Le parti pris du réalisateur de filmer Etty dans un Amsterdam quasi contemporain fonctionne étonnamment bien. Le paysage urbain, les habits, ce pourrait être notre époque, si ce n’est les bruits de bottes brunes qui deviennent de plus en plus présents et les affiches « interdits aux Juifs » qui se multiplient.
Mais finalement, là aussi, nous sommes si près de notre époque. Parfois, j’imagine le mot Juifs remplacés par Migrants – et je suis plus bouleversée encore…

Si vous ne connaissez ni le livre ni la série, je vous recommanderais de d’abord lire le livre. Je vous parlais déjà d’Etty en 2020, ces écrits m’ont permis de voir et de vivre toute l’année du confinement différemment.
Etty m’a inspirée, m’inspire et m’inspirera encore longtemps…
Mais si vous n’avez pas l’élan d’ouvrir le livre, foncez regarder la série, ce sera l’une des meilleures manières d’occuper une de vos soirées ce printemps.

Lisez Etty Hillesum. Regardez ETTY.
Et résistons avec spiritualité à notre époque.

Voici quelques-uns des phrases qui me nourrissent et m’accompagnent encore aujourd’hui.

« L’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie. A l’inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie, on se prive d’une vie complète, et en l’accueillant on élargit et on enrichit sa vie. »
« On est chez soi. Partout où s’étend le ciel on est chez soi. En tout lieu de cette terre on est chez soi, lorsqu’on porte tout en soi. »
« Penser, c’est (…) retrouver le contact avec un petit morceau d’éternité. »
« Les pires souffrances de l’homme sont celles qu’il redoute. (…) Car le grand obstacle c’est toujours la représentation et non la réalité. La réalité on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s’y attachent – on la prend en charge, on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance. »
« Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-même de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y aura de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. »
« Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. »
« Cet après-midi, regardé des estampes japonaises (…) c’est ainsi que je veux écrire. Avec autant d’espace autour de peu de mots. »
« Pour humilier, il faut être deux. Celui qui humilie et celui qu’on veut humilier, mais surtout : celui qui veut bien se laisser humilier. »
« Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte c’est la façon de porter, de supporter, d’assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un petit morceau de son âme. »
« Utilise à bon escient chaque minute de ce jour, fais-en une journée fructueuse, une forte pierre dans les fondations où s’appuieront les jours de misère et d’angoisse qui nous attendent. »
« Cette vie s’accomplit sur un théâtre intérieur : le décor a de moins en moins d’importance. »
« Ce qui importe ce n’est pas de rester en vie coûte que coûte, mais comment on reste en vie. Toute situation nouvelle comporte en soi la possibilité d’enrichir l’homme de nouvelles intuitions. »

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