Ces mots qui font du bien… ces mots qui donnent espoir…
Nov 22, 2015 Art 4

Je reprends la plume en ce 22 novembre 2015, 9 jours exactement après ce fameux vendredi 13. Il m’a fallu cette distance, ce temps de digestion pour oser me poser devant une page blanche. Longtemps, j’ai été sans voix.

J’ai de la chance: personne dans mon cercle proche n’a été touché, mais la peine et la lourdeur sont partout. « Comment ça va? », « J’espère que tu vas bien » dans une discussion ou dans un courriel n’ont jamais eu autant de sens. Les réponses souvent sont tristes, dans le « second cercle » de connaissance, les victimes sont nombreuses.

Cette période est triste et douloureuse. Une semaine après, ma peine a été ravivée avec l’attentat à Bamako, la ville de ma moitié. Encore, je suis sans voix.

Dans ce sombre océan, j’ai trouvé du réconfort dans des mots, des initiatives artistiques et personnelles. Mis bout à bout, ils redonnent espoir, et même foi en l’humanité…

Espoir: l'amour vaincra

Je partage avec vous ce pêle-mêle de mots qui m’ont fait du bien

*Sortir de la peur

Il m’a fallu quelques jours pour sortir de la peur. Elle est parfois là, mais je ne la laisse pas me dominer…

J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre.
– Nelson Mandela

La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même.
– Franklin Roosevelt

La première citation est en exergue d’un excellent numéro du 1 Hebdo intitulé « Résister à la Terreur », que je ne saurais que trop vous conseiller…

*Deux vidéos qui donnent sourire et espoir

Deux âges aux deux bouts de la vie, pour deux vidéos qui ont soulevé un bel espoir au lendemain de cette terrible journée, deux vidéos aussi très partagées :

– Cet enfant qui répète les mots de son père : « Les fleurs et les bougies, c’est pour nous protéger »

– Cette dame âgée qui affirme : « Nous fraterniserons avec les 5 millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment, et nous nous battrons contre les 10.000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah… »

*Vous n’aurez pas ma haine

Cet incroyable texte d’Antoine Leiris a été beaucoup partagé sur les réseaux sociaux et pourrait l’être encore des milliers de fois:

“Vous n’aurez pas ma haine”

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

*Être parent, le plus bel espoir

Lors des événements de janvier, je suis enceinte de six mois. Je vis ces journées avec tristesse et angoisse du monde qui se prépare pour mon fils.
En ce vendredi 13 novembre 2015, fils a jour pour jour 8 mois. Quand je le vois découvrir le monde, quand j’entends son rire éclater, l’espoir coule en mes veines.
Le samedi 14, je ne parviens qu’à écrire ces lignes, rien d’autre ne sortira de ma plume :

Désemparée, désabusée
Je lutte contre ces tristes sentiments
Et me demande quoi dire à mon fils qui n’a pas un an
Que peuvent les mots face à de tels maux ?
Face à ce drame, soulager nos âmes ?
Fils, tu es l’espoir d’un monde meilleur
Dans ce jour noir, mon unique lueur

Lundi, je tombe sur de superbes bulles de Lapuss‘ qui saisissent ce sentiment:

enfant-lapuss

 

 *Liberté, égalité, fraternité par Jean-Claude Ameisen

Cherchant à me changer les idées, j’ai écouté hier l’excellente émission Sur les épaules de Darwin de Jean-Claude Ameisen, émission dédiée à la vulgarisation scientifique de qualité. Ce samedi, l’émission intitulée Liberté, égalité, fraternité était une série de lectures d’incroyables textes porteurs de paix.

Si vous avez le temps, je vous conseille plus que jamais d’écouter cette sublime heure radiophonique…
En voici trois citations, qui m’ont fait verser des larmes longtemps retenues, entre tristesse, relâchement et espoir:

Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
– Jean Giraudoux

***

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère
[…]
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d’être libre et je te continue.
– Paul Eluard

***

J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie
Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir
J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur.
– Andrée Chédid

Et vous, amis lecteurs, ces mots vous donnent-ils espoir ?
Peut-être en avez-vous d’autres à me conseiller ? Je serais heureuse que vous les partagiez ici…

4 comments on “Ces mots qui font du bien… ces mots qui donnent espoir…

  1. Hier soir, avec ma mère, on a passé en revue les montages rocambolesques de Twitter sur le RAID ou le « logeur naif », les caricatures, les uppercuts des Parisiens inspirés, et pour la première fois on a ri aux éclats.

    J’ai beaucoup pensé à toi et aux tiens cette semaine. Une semaine sans sommeil.

    Je pars dans une heure, l’aéroport Charles De Gaulle est dépeuplé.

    <3

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