Catégorie : Asie

100 jours sur les routes d’Asie !

Ou le désir de partir sur les routes et se laisser porter par le vent…

Vous avez donc suivi: mon aventure de voyageuse sédentaire en Chine touche à sa fin, je vous en disais plus ici.
Et c’est surtout une nouvelle aventure qui commence: mon premier long voyage !

Le plus long voyage que j’avais fait jusqu’alors était de six semaines, en Chine en 2006 et c’était déjà pas mal…
Et bien ce coup-ci, c’est deux fois plus longtemps que nous partons, et le challenge est de taille, nous passons dans cinq pays: le Laos et le Japon, où nous prendons bien notre temps, la Thaïlande et le Cambodge où nous ferons des sauts de puce, pour finir par une ultime escale de quelques jours à Kuala-Lumpur, une ville dont juste le nom suffit à me faire rêver.

Vous avez dit Asie?

Alors en détails, notre itinéraire de base donne:

Thaïlande du Nord (2 semaines)
– Chiang Mai
– road trip dans le Nord Est
– Chiang Mai à nouveau & son festival de l’eau
– route jusqu’à la frontière (en passant par Chiang Rai)

Laos (3-4 semaines)
– trek dans le nord-ouest du pays à partir de Luang Nam Tha
– Luang Prabang
– Vientiane (la capitale !)
– descente du Mékong et pause sur les 4.000 îles
– passage de la frontière à Voen Kham

Cambodge (3 semaines)
– Kratie et ses dauphins
– Siem Reap, ses environs & Angkor
– Phnom Penh
– Shianoukville & visite de la côte sud & pause sur une île

Re-Thaïlande (2 jours)
– visite de Bangkok

Japon (1 mois)
– traversée du Sud au Nord, de Fukuoka aux Alpes Japonaises
(l’itinéraire détaillé sera décidé plus tard)

Malaisie (4 jours)
– escale / découverte de Kuala-Lumpur


Le Bayon, un des temples d’Angkor, dont la photo à elle seule m’apaise déjà…

Des certitudes?

C’est un itinéraire qui sera bien sûr amené à évoluer au gré de nos rencontres et de nos envies.

Uniques certitudes, guidées par nos billets d’avion non échangeables:
nous quittons Shanghai le 4 avril pour le Nord de la Thaïlande
– nous partons de la péninsule indochinoise pour Fukuoka, au Sud du Japon le 5 juin (enfin ça c’était une certitude avant un certain événement, on réfléchira ultérieurement à un plan B si besoin est…)
– notre ultime escale malaisienne se passera entre les 5 et 10 juillet.

Dire que je suis excitée, enchantée, effrayée, remuée, n’est rien en comparaison de ce que je ressens. C’est la première fois que je pars aussi longtemps, en pays si peu connus. C’est aussi la première fois que je pars en amoureux dans de telles conditions… Ajoutez à cela la tristesse de quitter la Chine, pays d’accueil depuis deux ans déjà, et celle ressentie pour mon bien-aimé Japon…
Je me sens tellement perdue que j’ai l’impression d’avoir mis tous mes sentiments en suspens. Etrange expérience…

Mais je suis aussi heureuse: heureuse d’avoir créé cette chance, à laquelle je pense depuis ma plus tendre enfance. Heureuse d’avoir réussi à dégager le temps et l’argent nécessaires pour mener ce projet à bout.

Quel budget?

L’argent, le nerf de la guerre… Parlons-en: nous avons prévu environ 4.000€ par personne pour l’ensemble du voyage.
Pour deux, le budget de ces 100 jours de voyage donne:
1.800€ de billets d’avion (China Eastern de Shanghai au Japon en passant par l’Asie du Sud-Est, puis Air Asia pour le retour à Paris via K-L)
2.200€ pour les 2 mois en Asie du Sud-Est + K-L (on a compté 15€/j/pers. en budget « routard »)
4.000€ pour le mois au Japon

Ce budget est la fourchette basse, on peut le dépasser de 10 à 20% maximum pour les dépenses sur place…

Qu’en pensez-vous?

Vous avez une expérience dans ces pays? des adresses « incontournables » des bons plans, ou des conseils particuliers ou généraux?
N’hésitez pas à faire avancer le sujet dans les commentaires!

Pour préparer ce voyage, en plus des inénarrables guides Lonely Planet, je me suis inspirée des (très chouettes) sites suivants: Vie Nomade, Tête de chat, Voyage Forum, Instinct Voyageur.

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Petite balade webistique…

Je vous propose aujourd’hui une petite balade webistique  !

* Deux nouvelles parutions autour de Vues de Chine

– une très élogieuse critique sur le blog Reflets de Chine
une interview sur le blog de liligo.com

Un grand merci à Alain et à Jérémy d’avoir participé à la diffusion de ce blog !

* Par ailleurs, j’ai reçu cette semaine un sympathique message de la rédaction de France 5…

… m’informant que quatre documentaires en rapport avec la Chine étaient en ligne sur leur site, dans le cadre de Portraits d’un nouveau monde, une collection de 24 documentaires multimédia d’auteurs coproduite par France Télévisions & narrative.
– Concubines
– Zhang une jeunesse chinoise
– Le train de la désertification
– Bienvenue en Chinafrique

Je n’ai pu visionner que les deux derniers, sur le thème de l’avancée du désert et des relations sino-africaines, le web étant trop capricieux ces jours-ci pour me permettre de visionner les deux premiers documentaires.
Les sujets sont fouillés, on sent des auteurs passionnés par leur thématique, et même si je ne partage pas toutes les opinions énoncées ici, un regard plein d’humanité s’en dégage.
J’aime beaucoup ce genre de formats, et vous encourage à aller les voir – et en plus c’est en accès libre ! Ça se passe par ici

Bon dimanche !

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Portrait de Chine (10), Rosalyn

Aujourd’hui, c’est Rosalyn que nous rencontrons. Rosalyn n’a jamais mis un pied en France, mais elle parle un très bon français.
Vous pouvez en juger par vous-même en écoutant l’interview originale, réalisée une fois n’est pas coutume dans la langue de Molière, en cliquant ici:
partie 1 et partie 2.

Et pour ceux qui préfèreraient la version écrite, voici l’habituelle retranscription:

Peux-tu te présenter?
Je m’appelle Rosalyn. Je suis merchandiser, je suis une fille très simple, je suis la fille de ma famille. Je suis née et j’ai grandi à Shanghai, je suis Shanghaïenne, j’ai 27 ans.

Tu parles vraiment bien français, peux-tu nous dire comment tu as décidé d’apprendre le français ?

C’est par hasard. Au début j’ai appris le français comme langue secondaire : je faisais un diplôme d’anglais, l’anglais c’est ma première langue étrangère, mais ce n’était pas mon première diplôme, avant j’ai étudié le droit. Pour mon second diplôme d’anglais, j’ai du apprendre une seconde langue, j’ai choisi le français, car c’était assez proche de l’anglais.

Le fait de parler français a changé quelque chose dans ta vie ?
Grâce au français j’ai toujours travaillé pour des sociétés françaises. J’ai travaillé dans leur bureau d’achat d’un grand distributeur français. Je m’y suis retrouvée par hasard.
Après mes études, j’étais un peu perdue, car il y avait beaucoup d’étudiants qui avaient fini leurs études à Shanghai, du coup c’était dur de trouver un boulot. Finalement j’ai trouvé un boulot basique dans une société française, mais je ne parlais qu’anglais. Je faisais de l’administratif. Au bout d’un an, j’ai eu l’opportunité de faire des affaires, et donc je suis devenu merchandiser. A partir de ce moment-là, j’ai bien amélioré mon français grâce à mon manager français.

Je sais que tu n’as pas encore été en France, mais peux-tu me dire quelle image tu as de la France et des Français ?
Au départ, la France pour moi est un pays romantique, comme pense beaucoup de monde ici. Petit à petit j’ai commencé à connaitre mieux les Français et ce pays, et je trouve que c’est intéressant, la France ressemble à la Chine, il y a beaucoup de choses en commun. Les deux pays ont une histoire longue, et une culture propre, avec la littérature et les arts, etc.…. Dans la vie je trouve que les Français sont fiers, mais heureusement, la plupart des Français que je connais sont jeunes, on a de bonnes relations. Beaucoup de Français âgés, ne parlent pas anglais parlent que français, c’est un exemple typique.

Changeons de sujet : comment te vois-tu dans dix ans ?
En fait, comme je te disais, je suis une fille très simple, avec l’âge, je préfère une vie simple. Du coup dans dix ans, je serai avec la famille, avec mon mari, peut-être les enfants, avec ma maman. N’importe où : en Chine ou dans un autre pays, ça je ne sais pas les deux sont possibles, toujours avec la famille !

Et si tu avais un rêve, ce serait quoi ?
Je ne sais pas comment dire, quand j’étais petite j’avais des rêves, comme ça, comme ça… Mais avec l’âge, je trouve que parler de rêves pour moi, c’est un peu trop grand. Plutôt qu’un rêve, j’ai des espoirs. Des espoirs, pour ma maman, la bonne santé, pour les parents de mon futur mari aussi. Et pour nous, le couple, j’espère qu’on aura une vie calme, tranquille, et heureuse. Très simple.

Si tu avais un message pour les lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la Chine ?
Je sais que tu as posé cette question aux autres personnes interviewées. Je voudrai leur dire : la Chine est un pays avec la culture, avec beaucoup de monde différent,  ce pays est très très grand. Du coup si vous ne connaissez pas ce pays, il faut connaitre d’abord, après essayer de comprendre et après juger. Les gens sont différents, comme dans n’importe quel pays. Par exemple à Shanghai on a des gens qui gagnent beaucoup d’argent, d’autres qui ne sont pas gentils, mais les gens sont différents. On ne peut pas dire ce groupe de gens sont blablabla, on ne peut pas généraliser…

En tant que Shanghaienne qui a toujours vécu ici, que penses-tu de Shanghai ?
Shanghai est très différente de celle que j’ai connue quand j’étais petite. Il y avait moins de monde, il n’y avait pratiquement que des Shanghaiens. Maintenant Shanghai est bien, mais c’est une ville internationale.
On ne peut pas juger les Shanghaiens comme ça, comme je disais, chaque personne est différente. On ne peut pas juger avant de connaître. C’est mon point de vue, personnel.
J’espère que plus de monde pourra connaitre la Chine et Shanghai.

Retrouvez les précédents Portraits de Chine JuanjuanAbbyCatherineWoodyWang QingYe Shilan, Tony ,Yani,Tian Jingyang.

 

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Tu sais qu’il est temps de changer de pays d’accueil quand…

– les petits détails que tu excusais avant par la notion de culturel t’insupportent, comme la curiosité sans limite des autochtones

– les bruits de la rue t’hérissent les poils (au hasard: le fameux son des mucosités évacuées par la bouche & les très nombreux klaxons)

– tu ne contredis plus aussi facilement qu’avant ceux qui critiquent les locaux

– tu prêtes beaucoup moins attention aux leçons de tout et de rien du quotidien

– tu préfères (parfois) regarder un DVD plutôt que sortir te balader

– tu as eu moins de plaisir à rentrer « chez toi » après ton dernier voyage que tu en avais eu lors de tes précédents voyages, et tu te demandes: ce pays d’accueil est-ce vraiment chez toi?

– tu penses que, finalement, la vie dans ton propre pays était plutôt chouette, voire très sympa

– tu passes plus de temps dans les guides d’autres pays que celui du pays dans lequel tu vis

– tu ne fais plus attention à la langue parlée autour de toi, tu as l’impression que parler chinois, c’est la norme

– tu as réussi le plus gros challenge que tu imaginais en venant ici: parler chinois, et tu as presque envie d’apprendre une nouvelle langue encore plus compliquée

– tu parles de changer de boulot, changer de ville, changer de copains,… bref tu parles de changement à longueur de temps

– tu réfléchis aux raisons de ton départ initial, et tu te rends compte que c’était très spontané, et tu te dis pourquoi pas un nouveau départ aussi spontané?

– tu te dis que le monde est vaste et que tu n’étais pas partie pour faire toute ta vie ici

– tu meurs d’envie de prendre ton sac à dos et d’aller voir ailleurs si tu y es…

Article-liste inspiré du blog Nowmadnow, petite perle découverte récemment (voir ici).

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6 années de Chine + 2 bougies + 1 voyage = je quitte la Chine…

Deux années dans trois jours que je tiens ce blog… que dire?
Avant tout: chers lecteurs un grand merci d’être fidèles de l’autre côté de l’écran; un blog est un espace d’expression pour son auteur, mais qui d’après moi ne prend son sens que s’il est un lieu d’échanges, et je suis très heureuse de ce que Vues de Chine est aujourd’hui devenu grâce à vous!

Cela fait donc deux ans que je blogue, et comme vous savez peut-être, je côtoie la Chine depuis six ans.
Ou peut-être vous ne le savez pas, alors, laissez-moi vous raconter…

La Chine est venue à moi au hasard d’une rencontre. Je commençais mon Master en communication et on m’a proposé de travailler pour une association d’échanges culturels avec ce pays (tchin-tchine, à Toulouse).
Je ne connaissais rien à l’Empire du Milieu… j’ai pris le parti de me former au mandarin et à la culture chinoise les mois suivants en vue de la prochaine embauche.
Dans cette association, j’ai organisé des événements pour la promotion de la culture chinoise à Toulouse, mais aussi pour la promotion de la culture française à Pékin. Et je suis partie la première fois en Chine, en avril 2005 (voir par ici)…
Je suis restée plus de deux ans dans cette structure, une expérience qui m’aura définitivement marquée.

Je suis ensuite partie à Paris pour découvrir de nouveaux horizons. J’ai continué à travailler avec la Chine, dans les voyages culturels cette fois-ci avec la Maison de la Chine. Changement d’échelles : j’ai appris énormément au contact de ces passionnés, quelques-uns des pionniers dans la découverte de la Chine.

En 2009, la crise est passée par là, j’ai du quitter mon emploi 18 mois plus tard. Ce fut un mal pour un bien : cette épreuve m’a décidé à tenter ma chance en Chine. Je voulais parfaire mon apprentissage du mandarin et comprendre un peu mieux ce peuple à part.

Je vis à Shanghai (suite à un premier passage par Changzhou) depuis 2009 (voir là), et je travaille dans les achats textile pour un groupe de supermarchés français.
Les achats n’étaient pas ma vocation, mais j’ai découvert un domaine captivant pour qui veut comprendre la Chine d’aujourd’hui. J’ai eu la chance d’avoir des collègues chinois épatants qui m’ont beaucoup appris sur la culture au quotidien…

Si vous êtes un fidèle de ce blog, vous vous en êtes peut-être rendu compte: la Chine ne cesse de me questionner depuis 2005 ; en d’autres termes : comment peut-on comprendre cette culture si éloignée de la notre, avec sa population si importante et son histoire contemporaine si marquante ?
Je ne suis pas une admiratrice sans réserve, mais je suis totalement curieuse vis-à-vis de ce pays : je veux comprendre ; et ici, peut-être plus qu’ailleurs, plus on comprend, plus on mesure l’étendue de ce qu’il reste à comprendre. J’ai envie de mieux déchiffrer ce pays que je côtoie depuis des années.

Début 2009, quelques semaines avant de partir vivre en Chine, j’ai commencé ce blog pour garder une trace de ce que je vivrais au quotidien, pour prendre du recul et mesurer la chance que j’avais de vivre cette expérience. Je voulais aussi partager « ma » vision de la Chine, et donner l’occasion de découvrir ce pays sous un regard neuf.
Peu à peu, l’écriture a pris une place primordiale dans ma vie : j’écris encore pour me souvenir, mais j’écris aujourd’hui avant tout pour m’exprimer, témoigner et partager.

J’ai aujourd’hui le sentiment que je dois tourner une page : il est temps de partir. C’est un choix de couple avant tout, mon conjoint souhaitant quitter la Chine, et c’est un choix totalement assumé: il est bon de rentrer tant que j’apprécie encore ce pays, avant d’arriver à l’écœurement, peut-être pour mieux revenir, sans doute pour continuer à travailler avec la Chine longtemps encore…
Je termine cette aventure-ci par un voyage de trois mois qui, pour mon plus grand plaisir, m’amènera du côté de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge que je ne connais pas encore, et à nouveau du côté de Japon, pour lequel une passion est déjà née et qui, je l’espère de tout mon coeur, se relèvera au plus tôt de la dure épreuve du moment.

Cela ne veut pas dire que l’aventure Vues de Chine s’arrête, bien au contraire… Elle va par contre évoluer, c’est certain.
Dans un premier temps, ce blog devient Vues de Chine… et d’Ailleurs. Et je vais m’appliquer à le tenir à jour, même pendant mes trois mois de voyages, avec au minimum un article pré-rédigé sur la Chine chaque semaine. Si le temps, l’humeur et les connexions le permettent, je posterai aussi sur les routes d’Asie.

Pour la suite, l’après-voyage, rien n’est écrit. Je ne sais pas dans quel domaine ni où je travaillerai, mais j’ai une seule certitude: je continuerai à voyager, d’une manière ou d’une autre. Il y a peu, on m’a dit « le bonheur est sous tes semelles », j’aime bien cette idée…
Je m’engage publiquement ici: je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin! Et je compte bien continuer à écrire à ce propos…

C’est la fin d’une aventure, mais c’est surtout le début d’une autre. Et j’espère que vous serez encore de la partie !

Au plaisir de vous lire…

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Portrait de Chine (9), « mon » super masseur (avec le son en bonus)

Vous savez à quel point j’affectionne les massages chinois… depuis plusieurs mois, je ne me fais plus masser que par un seul jeune homme, un des meilleurs masseurs qui m’a été donné d’essayer. Du coup, des liens se sont créés : je le vois au moins toutes les deux semaines… C’est donc lui que nous découvrons aujourd’hui. Il n’est pas très bavard, mais j’ai beaucoup apprécié le soin qu’il a pris pour choisir les mots justes.

Et je vous propose pour la première fois d’écouter une interview dans son intégralité!
Je suis équipée depuis peu d’un dictaphone : si vous parlez ou apprenez le chinois, ou juste pour le plaisir des oreilles, vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview originale en deux parties – et soyez indulgents avec mon bel accent français s’il vous plait… cliquez par ici pour écouter
la première partie de l’entretien et par là pour la seconde.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Tian Jingyang, j’ai 22 ans. Je viens du Henan, de Luoyang.

Quand es-tu venu à Shanghai ? et pourquoi ?
Je suis venu en juin 2009, pour voir comment c’était ici. Je suis venu avec quatre ou cinq camarades de classe.

Comment as-tu trouvé ce travail ? savais-tu masser avant de venir ?
Je connaissais le patron, alors il m’a embauché.
Je savais déjà masser: j’ai étudié les massages dans un institut spécialisé, dans ma région. J’ai étudié pendant trois ans.

Pourquoi as-tu choisi d’être masseur ?
Pas facile cette question… Pour gagner de l’argent, pour gagner ma vie. Et aussi pour la technique. J’aime beaucoup ce métier. C’est fatiguant parfois mais c’est aussi enrichissant humainement de faire ce travail…
J’étais déjà masseur avant de partir, j’ai commencé en 2008 (il avait donc 19 ans). Un an plus tard, je suis parti à Shanghai.

Que penses-tu de Shanghai ?
Je trouve que c’est une très grande ville. Et après avoir commencé à travailler, j’ai trouvé que c’était un rythme très soutenu ici, c’est une ville très animée… j’aime beaucoup Shanghai.

Et où habites-tu ?
Je vis dans un dortoir. On est six personnes, les chambres font environ 20m². C’est notre patron qui prend en charge ce logement.

Peux-tu me dire quel est ton salaire ? pour quels horaires ?
Entre 3.000 et 4.000 rmb. Je dois travailler chaque jour, entre onze et douze heures par jour. J’ai environ quatre à six personnes à masser chaque jour. Et plus je masse de personnes, plus je touche d’argent.

Que penses-tu de ta vie ?
Ma vie ?… (il rigole) En fait, je cherche une femme… Est-ce que j’aime bien ma vie ? oui, ça va… Mais vivre seul, ce n’est pas chouette tous les jours. Je cherche une fille, de chez moi pourquoi pas, mais je m’en fiche…

Quel est ton rêve ?
Un rêve, aujourd’hui ? aller à l’étranger, voir comment ça se passe là-bas. Et aller y masser…

De quoi aimerais-tu parler avec les lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la Chine ?
J’aimerais leur parler de médecine chinoise, c’est compliqué la médecine chinoise, c’est très profond… Il y a beaucoup de particularités en Chine, beaucoup, beaucoup. J’aimerai leur parler des Chinois, de la langue chinoise, de notre environnement. Et le plus important pour moi, c’est « l’étiquette » des Chinois…

Si vous parlez mandarin, vous noterez peut-être des différences entre la version originale et la version écrite : je préfère en général abréger mes questions et relances, et je synthétise parfois les réponses…

Retrouvez les précédents Portraits de Chine JuanjuanAbbyCatherineWoodyWang QingYe Shilan, Tony ,Yani.

 

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Une pensée pour le Japon…

Une douce pensée pour le Japon,
Pour ceux qui souffrent et ceux qui ont perdu des proches…

***

Et une possibilité de donner à la Croix Rouge en cliquant ici
ou de joindre l’agréable à l’utile avec ce chouette projet artistico-solidaire

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Gansu, région couleur terre entre Bouddhisme et Islam

Depuis quelques jours, je vous raconte mes péripéties dans le Far-West chinois, à proximité de Lanzhou dans la province du Gansu, et j’aurai peut-être du commencer par vous présenter cette région peu connue…
Avec un peu de retard, nous y voilà: le Gansu (甘肃,) est une province du nord-ouest de la Chine. Longue région étroite, coincée entre le plateau de Mongolie au nord et les contreforts du plateau Tibétain au sud, épousant une partie du tracé de l’ancienne route de la soie, elle est habitée par environ 26 millions d’habitants (en 2004), dont une minorité importante de Hui. La capitale en est Lanzhou, située dans le sud-est de la province. Voilà pour les présentations wikipédiesques!

Cette région est donc un carrefour culturel entre la Mongolie, le Tibet et la route de la Route de la Soie.

Couleur terre? car le climat est tellement rude que rien ne pousse sur toutes les montagnes que j’ai traversées. Couleur terre également car tous les villages en sont faits. Dès qu’on arrive en avion on s’aperçoit de la monotonie des paysages. Les traverser à pied ou en bus pendant des heures ne changent en rien cette impression…

J’ai au moins pu sentir deux des influences culturelles de la région.
Nous avons atterri à Lanzhou et avons du faire trois heures de route pour gagner Xiahe. Pendant plus d’une heure, la route n’était que mosquées, foulards pour les femmes, et toques blanches pour les hommes, signes distinctifs de la minorité musulmane Hui.
Au bout d’un moment, on passe un grand portail d’une dizaine de mètres, et là, changement radical: place au Tibet! Aucune mosquée à l’horizon, les panneaux sont doublés en anglais ET en tibétain, les tenues se font différentes (long manteau à manche de plus d’un mètre), les visages fins avec pommettes hautes et joues roses.

C’est dans cette région montagneuse – qui monte jusqu’à 5.500 mètres – que je vois pour la première fois de mes yeux les pèlerins bouddhistes qui se prosternent tous les deux pas. En avez-vous entendu parler? ils se mettent vraiment à plat ventre, se lèvent, font deux pas, lèvent les bras au ciel, se mettent à plat ventre, etc… C’est la manifestation de foi la plus extraordinaire qui m’a été donnée de voir. Et j’ai vu quelques-uns de ces pèlerins à des dizaines de kilomètres de Xiahe, à même le bitume, et bien sûr beaucoup d’autres aux alentours du Monastère de Labrang…

Après notre fameux « trip survie » et notre visite de Xiahe, nous sommes de retour à Lanzhou. Cette ville est coincée par des montagnes au nord et au sud et est très étendue d’est en ouest. Elle n’offre à mes yeux pas de grand intérêt pour un voyageur, si ce n’est par sa nourriture: c’est d’ici que viennent les fameuses « la mian », ces nouilles Hui faites à la main et qu’on trouve dans toutes les villes de Chine. Elles sont ici délicieuses. Brochettes et pains ronds me régalent également…

Pour ceux qui y passeraient, je recommande le Tuiying Hotel (0931-8631999 – 226 Tianshui Nan Lu) très bon rapport qualité/situation/prix; et je précise que l’aéroport est situé à une heure de route du centre-ville.

Ce qui m’a aussi fasciné sur les routes du Gansu et à Lanzhou sont les Hui (回族), une ethnie de Chine qui en constitue l’une des 56 minorités nationales. Ils ont culturellement similaires aux chinois Han sauf qu’ils pratiquent l’islam. Il y en aurait une dizaine de millions en Chine.
Avant ce voyage au Gansu, j’avais tendance à leur trouver de « bonnes têtes » si je peux dire, et ça c’est confirmé ici…

Voilà qui clôt mon récit de quatre jours de voyage dans le Gansu. Quelques jours, c’est bien trop court pour tout comprendre, mais c’est assez pour une première impression: ce fut une rencontre inoubliable avec un nouvel ailleurs…

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