Stockholm #1 Où le voyageur dompte (très) doucement la ville…
Avr 16, 2012 EuropeSuède 15

Premier matin dans les rues de Stockholm. Je me balade en allant vers le Sud. Gam Stan d’abord, puis Söderman.

Je suis surprise par la luminosité. Nous sommes début avril et la nature n’a pas encore entamé sa renaissance, mais la lumière est là: forte, puissante, et d’autant plus forte car elle se reflète dans les eaux de la ville.

Les rues sont propres. Les gens ont l’air aimables, calmes, paisibles. L’ambiance est très agréable. Mais… tout me semble un peu trop lisse.

Tout est bien organisé, fonctionnel, facile à l’emploi. Calme, volupté et bien-vivre. Je lis dans mon guide que, concernant le design, la devise des Suédois pourrait être « la beauté utile ». Ca définit bien ce que je ressens. Une beauté utile, simple et pour tous. Je me sens ici au royaume du beau, du propre et du fonctionnel. Et c’est calme, trop peut-être, la ville manque d’aspérités, de caractère peut-être. Si elle vit, je n’entends rien. Je tends l’oreille et ouvre l’oeil pourtant, je suis aux aguets. Stockholm semble à peine murmurer. Parfois des mouettes ou le cliquetis des bateaux rompent ce murmure, heureusement.

Les rues que je traverse sont pour beaucoup silencieuses et… vides. Nous sommes pourtant samedi après-midi!

Après cette balade de découverte, qui me laisse mi-figue mi-raisin, je termine cette journée par la visite du musée Fotografiska. C’est un des meilleurs musées que je n’ai jamais visités. Les quatre expositions proposées, bien que dans des styles très variés, me plaisent toutes. Je découvre deux photographes majeurs, Anton Corbijn et Steve Schapiro. Je suis émue aux larmes par les photos d’enfants soldats en Afrique, et je souris devant les photos d’un Paris vus par un Hongrois dans les années 1930. Je suis surprise d’avoir tant de sentiments différents à quelques pas d’écart.

C’est un sentiment de plénitude qui l’emporte quand j’arrive à l’étage supérieur de Fotografiska: le café du musée est la perfection incarnée (si, si, je n’exagère pas). Immense baie vitrée tournée vers le fleuve, thé et café gratuits à volonté, le tout meublé et cosy et design. Le soleil se couche lentement, j’ai la tête à hauteur de mouettes. Ca papote entre amis, ça photographie. C’est le genre d’endroits qu’on ne veut pas quitter.

Il est près de 21 heures, je prends le chemin de l’hôtel. Je croise beaucoup de mouettes et quelques ponts. L’eau est à nouveau partout sur ma route. Cette fin de journée m’aide à dompter doucement la capitale.

15 comments on “Stockholm #1 Où le voyageur dompte (très) doucement la ville…

  1. Ton ressenti pourrait faire penser, certes dans un autre style, à Singapour par exemple. C’est aseptisé et l’on sait que peu de chose pourrait perturber l’équilibre de la cité…

  2. Superbe description de Stockholm! Le « trop » calme de Stockholm et le sentiment de vide se samedi là étaientt lié au fait que pour le week-end de Pâques, tout le monde déserte la capitale pour aller à la campagne en famille dans les fameuses « stuga » (maisons en bois rouges)…

  3. Tes photos montrent bien le calme que tu décris.
    je vais pouvoir me faire ma propre opinion de la ville. J’y pars demain … qui sait peut etre se croisera-t-on au détour d’une ile …

  4. @ Xtinette: c’était clairement calme, mais c’est lié à la saison et au week-end férié je pense !

    @ Bruno: je ne connais pas (encore) Singapour, mais j’y penserai quand j’y mettrai les pieds, marrant comme comparaison !

    @ catherine: mai sera plus animé je pense, il me tarde de lire tes impressions aussi !

    @ Elisabeth: j’en parle justement dans mon prochain article, j’ai retrouvé une partie des Suédois le second jour de mon week-end…

    @ françoise: je n’y suis plus, mais ça aurait été avec plaisir, bon voyage!

  5. Nous y étions allé en pleine hiver, pour le jour de l’an. En plus de ce calme et cette tranquillité omniprésente, c’est des journées minuscules avec plus de nuit que de jours qui nous avaient marquées.
    Il faisait froid (même très froid) et nous étions bien les seules à être dehors à nous balader, ambiance étrange, mais la ville est telle que tu la décris clean et paisible et les suédois très smart.
    Nous avions adoré cette petite escapade !

  6. Ca doit donner l’impression de se ballader dans un musée en fait. Tout est beau mais sans vie (du moins à cette saison). Je suis d’accord avec Bruno sur Singapour, c’est un peu la même chose. J’y suis passée récemment, c’est beau, impressionnant et tout, mais on se demande où est passée la vie. Quand j’y étais il n’y avait vraiment personne dans les rues, on a croisé des gens seulement dans les souterrains, peut-être à cause de la chaleur…Mais ça a l’air très joli Stockholm 🙂

  7. Même constat pour moi! J(y étais allée une première fois à Pâques et une deuxième fois fin février de cette année (où la température flirtait avec les zéros degrés donc, pas de quoi impressioner un Scandinave) et les rues étaient toujours aussi vides… Par contre si on va dans les bars de Södermalm le vendredi soir §on ne voit toujours personne en rue, mais les bars sont plein), on assiste à la transformation du Dr. Jekyll en Mister Hyde! Les Suédois se lâchent, boivent comme des trous et puis à deux heures, quand les bars ferment… POUF, c’est comme si rien ne s’était passé!

    Par contre, tu me donne envie d’aller au Fotografiska! Ca fait envie!

  8. @ Lucie: et c’est très joli !

    @ Mélissa: je ne suis pas sortie le soir, car j’étais seule et en mode « repos » moi même (peut être inspirée par la ville) – mais j’en ai entendu parler plusieurs fois en effet.
    Et oui Fotografiska vaut vraiment la peine (le musée est tout neuf d’ailleurs).

  9. Ah la luminosité, c’est ce qui marque en Suède… et tout au long de l’année en fait!
    Quand au calme, c’est vrai, mais on s’y habitue et c’est très reposant…

  10. @ Lady Milongua: mon sentiment a bien évolué sur les trois jours, et c’est finalement peut être ça le mieux, s’être fait charmer en douceur…

    @ Lucie: c’est sûr que ça contraste avec d’autres capitales, Paris déjà, sans parler des capitales d’Asie…

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