« Trip survie » dans le far-west chinois

Un de mes amis français de Shanghai, Jack, est passionné de nature et d’excursions « survie ». Il a récemment proposé à mon conjoint et moi-même de prendre part à un séjour organisé par ses soins pour apprendre les bases de la survie. Je ne savais pas du tout à quoi cela rimait, et je ne m’attendais à rien.
Je suis donc partie quatre jours dans le Gansu, à l’ouest de la Chine, sans trop d’a-priori. Et c’était mieux comme cela. Si j’avais su en détails ce qui m’attendait, j’aurai peut-être réfléchi un peu trop…

Nous sommes donc partie vendredi matin de Shanghai, au programme:

– vendredi: arrivée à Lanzhou (capitale du Gansu), transport jusqu’à Xiahe, départ dans la nuit pour la randonnée et ascension de la première montagne. Nuit à 3.400 mètres d’altitude.
– samedi: randonnée à travers les montagnes de l’Amdo tibétain, de 8h à 17h environ. Rencontre inoubliable avec deux Tibétaines (j’y reviens en détails bientôt). Traversée de la prairie de Sangke (prairie d’eau et de glace). Retour en fin de journée à Xiahe.
– dimanche: matinée visite de Xiahe et son monastère / après-midi: route pour Lanzhou. Soirée détente avec massage à Lanzhou.
– lundi: visite de Lanzhou et départ pour Shanghai.

Comme vous pouvez le voir, ce sont surtout les deux premiers jours qui ont été riches en sensations fortes.
Riches en sensations fortes car nous avons randonné de nuit pendant trois heures, en température négative et en plein vent, sur un itinéraire qu’aucun de nous n’avait emprunté – Jack connaissait seulement la région dans son ensemble, pas dans ses détails. Car nous avons monté notre campement et dormi sous tente en très haute altitude. Car nous avons marché plus de 40 kilomètres et gravi plusieurs montagnes entre 3.000 et 3.500 mètres d’altitude. Car nous avions très peu de provisions avec nous. Car dans cette région rôdent des animaux en liberté, moutons, yacks, et peut-être des loups.

Ce fut une expérience très riche dans le développement personnel. J’ai du accepter de perdre le contrôle, chose qui m’arrive très rarement – si ce n’est jamais.
Entre autres questions dont aucune réponse ne pouvait me rassurer: « comment ça, Jack, tu n’a jamais emprunté ce chemin? » « comment ça on est à plus de 3.000 mètres? » « comment ça on marche en pleine nuit, en pleine montagne, sans savoir ce qui se cache devant, derrière, et à côté de cette montagne? « comment ça, on traverse, un puis deux ruisseaux pieds nus par -2°C? »…

J’ai du accepter de repousser mes limites, de mettre au placard mes instincts en alerte qui me disaient tous « mais que fais-tu ma bonne fille, à te mettre en danger pour RIEN? »
Car je pense que c’était la première fois de ma vie que j’ai accepté de me mettre en danger gratuitement. Certes les risques étaient limités, et surtout sous le contrôle de mon ami – doué d’un très bon sens d’orientation, d’un esprit d’équipe sans faille, et équipé entre autres d’une balise de détresse. Mais que c’est dur de lâcher le contrôle et de se confier totalement à un tiers…
J’ai vécu une expérience unique, qui nous a énormément rapproché tous les trois, et qui m’a aussi aidé dans mon éternelle quête de connaissance de moi-même.

Et en pratique, qu’ai-je retenu de cette expérience survie? De ce que je peux retranscrire ici, principalement, la règle de 3, excellent moyen mnémotechnique enseigné par Jack.
Nous ne pouvons vivre plus de:
– 3 secondes sans prêter attention où on pose son pied (règle qui m’a particulièrement tenue en alerte lors de notre ascension nocturne, je vous laisse imaginer…)
– 3 minutes sans oxygène
– 3 heures sans réguler sa température (au hasard, trop froid…)
– 3 jours sans eau
– 3 semaines sans nourriture

Je n’ai pas testé l’absence d’oxygène ou de nourriture, mais nous avons du gérer en permanence là où nous marchions, bien sûr, mais aussi notre température, et le manque d’eau… Le tout avec le mal de l’altitude et une superbe indisposition digestive (très mauvaise idée de manger pimenté la veille) en option !

Expérience inédite, intéressante et enrichissante pour mes prochains séjours en pleine nature.
Un grand merci à Jack dont je vous invite à visiter le site (http://jack-palawan.com/) !

D’un œil plus voyageur, je vous parle très vite et en détails de ma rencontre avec le Tibet de l’Amdo et la région du Gansu…

Et en attendant, quelques images:

Dernier restau avant le départ

Paysage au saut de la tente

Les bêtes ne rodaient pas toutes…

Une des montagnes que nous avons gravies

Et les prairies de glace, de neige et d’eau…

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Dans un (très chouette) bureau de Chine

Quand je suis venue en Chine, je ne savais pas ce qui m’attendait ici. Je savais que je voulais comprendre mieux ce pays, améliorer mon niveau de mandarin et échanger plus avec les Chinois.

Je venais de travailler quatre ans avec ce pays: deux années dans les échanges culturels et deux années dans le tourisme, j’y avais déjà séjourné plusieurs fois. Je pensais avoir un avis assez précis sur la Chine. J’ai rapidement revu mon jugement: plus ma compréhension de ce pays augmentait, plus je mesurais la complexité de ce qui me restait à comprendre.

Un drôle de hasard a fait que je me suis retrouvée à travailler dans le textile, dans un bureau d’achats à Shanghai.

Je me suis dit qu’au moins, je serai vraiment au cœur des échanges avec l’Empire du Milieu.
J’ai appris un nouveau métier, j’ai découvert un univers, et j’ai compris bien des coulisses du monde dans lequel nous vivons.

Mais ce que je ne savais pas c’est à quel point je vivrai la rencontre franco-chinoise au quotidien.

Dans mon bureau, nous sommes sept, quatre Chinois et trois Français. Ma directrice a l’intelligence de considérer chaque personne pour ce qu’elle est, indépendamment de sa nationalité. Elle a réussi à créer une atmosphère de travail où chacun se sent à sa place, l’égal de l’autre, sans aucune rivalité inutile; et plus si affinités.
Le terrain était propice aux échanges humains, à la rencontre, en profondeur.

Depuis que j’ai commencé à travailler dans ce bureau, j’ai compris mieux que jamais ce que signifie « échanges culturels franco-chinois ».
L’ouverture d’esprit, la découverte réciproque, l’interrogation qui vient parfois là où on ne l’attend pas. L’envie de communiquer avec l’autre, qui donne que six personnes sur sept parlent la langue de l’autre – ou du moins essaient de la parler. Quand vous savez tout ce qu’il en coûte à un Chinois de parler bien anglais et qu’il se met ensuite au français, vous mesurez l’ampleur. Notre équipe passe donc constamment de l’anglais, langue de travail, au mandarin puis à la langue de Molière. Gymnastique de l’esprit garantie !

J’apprécie mes deux collègues français pour leur attitude face à notre pays d’accueil: ouverts, sans jugement, tolérants, patients, et compréhensifs.

J’apprécie mes quatre collègues chinois car ils répondent à mes constantes questions, souvent linguistiques ou culturelles. Ils font l’effort de supposer ce que peut être le choc culturel qu’en tant que Française je vis ici au quotidien.
Nos nombreuses discussions, même si elles sont parfois légères, colorent, humanisent et font progresser ma compréhension de la Chine.
Grâce à eux, je peux mettre des visages, des pensées et des humeurs sur cette foule immense et lointaine qu’on nomme trop souvent dans sa généralité anonyme « les Chinois »… Même si parfois des interrogations ou des incompréhensions demeurent, c’est toujours dans le respect, et ça ne me donne que plus envie d’essayer de déchiffrer ce qui se passe dans cet imaginaire si éloigné des nôtres!

Plus que jamais, à leur contact, j’ai envie de comprendre avant de juger…

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Un samedi à Shanghai: balado-lilong

Balade au hasard des rues de Shanghai en ce samedi de février.
Je me situe du côté de Nanchang lu. J’attends une amie que je dois rejoindre dans le quartier.
Le ciel est clair, le soleil chauffe légèrement, je suis d’humeur baladeuse.

Quel bonheur de « tomber » sur une poignée de belles Lilongs, très bien entretenues, et habitées par leurs habitants d’origine – ça sonne bizarre, mais j’entends par là, pas transformées en zoo à touristes, bunker pour riches Chinois et/ou forteresse ultra-sécurisée pour Laowai…

Ce sont les détails qui me plaisent. Les détails d’une vie quotidienne, à mi-chemin entre tradition et modernité. Les détails qui laissent parfois supposer une vie difficile, mais riche socialement.
Les détails qui illustrent à mes yeux une Chine à la recherche de son identité…


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5 questions @… Charles

Aujourd’hui, c’est Charles qui tient le très chouette blog sur la Chine simaosavait.com que nous rencontrons:

Qui es-tu ?

Je m’appelle Charles Carrard, 29 ans 😉 et travaille dans des domaines très divers.
Ma principale occupation est pour un importateur / distributeur de vins, French Wine Paradox (site) pour lequel je suis directeur commercial et marketing. C’est une entreprise créée par un français, mais à 99% chinoise (3 Français sur 350 salariés…)
Je fais également des expositions photos à Pékin (au Café de la Poste notamment).
Enfin, j’ai une startup à Pékin avec 3 autres amis français…
La question « qui es tu ? » est très difficile car je ne le sais pas vraiment, Ce que je sais, c’est que je suis un amoureux de la Chine, dans laquelle j’aime voyager, sur laquelle j’aime lire et m’instruire (depuis mon arrivée en 2006, je ne lis beaucoup d’auteurs chinois, d’essais, de romans, de documentaires…) et j’adore le cinéma chinois (voir la rubrique ciné ici )
Je suis un garçon un peu rêveur, un peu fou, très aventurier, et adore sortir hors des sentiers battus.

Pourquoi blogues-tu ?
Au début, un peu comme Woods, lors de mon premier séjour en Chine en 2005, j’avais créé un blog à 8 mains, avec 3 autres de mes compagnons de voyages, pour tenir la famille et les amis informés puis j’ai découvert le plaisir d’écrire (même si je déteste mon style).
Puis au fur et à mesure, j’ai blogué pour plusieurs raisons : Partager mon amour du pays avec les internautes, mais également corriger les idées reçues que l’on peut avoir de France (et que certains blogs aujourd’hui assez populaires continuent de faire circuler en ne connaissant ni la chine ni le marketing……) et enfin parler, échanger et comprendre.

Pour toi, la Chine c’est…?
Immense, un territoire aux mille facettes où plus l’on découvre, moins l’on comprend… c’est une histoire incroyablement complexe, où rien n’est blanc ou noir, où la situation contemporaine ne peut être comprises facilement par nos pays qui ont oublié le processus de création de nation, car datant de plus longtemps.
La Chine, c’est l’agglomération de peuples, de cultures, d’habitudes..
De plus, j’aime à dire que la Chine est comme la France
On aime bien manger, les Chinois aussi, on a le vin, ils ont le thé, on a le fromage, ils ont le tofu.. Le repas est très important dans nos deux pays, les Chinois sont raleurs, dragueurs, rigolards, roublards, un peu comme les Français.

Le lieu que tu préfères ?
Tout sauf Shanghai 😉
Non, sérieusement, les provinces peu touristiques, Gansu, Ningxia…
D’une manière générale, j’adore le nord de la Chine, et le Sud Ouest, je suis moins fan des côtes du Sud Est, trop « speed », trop « show off ». Je suis très attiré par les mélanges éthniques du nord (Mongolie, Kazhakstan… Asie centrale…

Si tu devais définir le voyage en quelques mots ?
Le voyage, c’est être seul (ou a un nombre très petit, 2 ou 3 maxi), c’est se perdre. Ne programmer que les grandes lignes, ne pas savoir à l’avance où l’on va dormir. Le voyage, c’est le train, le bus, mais surtout pas l’avion. C’est passer 24h dans un train, sans vraiment savoir où l’on va. C’est rencontrer, observer, se taire, ne pas déranger… et parfois ne pas photographier.
Pourquoi ? car certaines choses sont trop belles pour être rendues correctement par la photo et parfois, par simple égoïsme.. on ne veut pas partager…

Merci Charles d’avoir répondu à mes questions !
Le blog:
http://simaosavait.com/

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Chronique Japonaise, LE livre d’un voyage au Kansai !

Quand je pars en voyage, j’aime bien avoir un livre dans mes valises, pour l’avion, pour une pause à l’hôtel. Le choix de ce livre est toujours crucial car il donnera un accent particulier à mon voyage. Voilà quelques mois j’avais offert Chronique Japonaise de Nicolas Bouvier à mon conjoint, passionné du Japon. Une valeur sûre, Nicolas Bouvier, l’auteur du très fameux Usage du Monde, sur lequel je reviendrai prochainement.

Je l’ai donc embarqué dans mes valises, sans trop savoir à quoi m’attendre: mon conjoint ne m’en avait rien dit!

J’ai commencé la lecture dans l’avion entre Shanghai et Osaka. Et par la suite, même si j’étais extrêmement absorbée par mon voyage, j’ai éprouvé un immense plaisir à revenir le soir à l’hôtel prolonger le voyage au fil des pages. Nicolas Bouvier mêle plusieurs histoires en parallèle: l’histoire du Japon, des origines aux années 1970 (rien que ça!) et ses propres voyages, en 1955-1956, 1964-1966 et 1970.
C’était un réel plaisir de lire ces pages tout en découvrant la région du Kansai, place où se déroule d’une bonne partie de cette histoire!

D’un ton léger et amusant l’auteur nous explique l’origine du Japon, sa rencontre avec la Chine, son évolution de Kyoto à Tokyo, sa période de fermeture au monde et sa réouverture éclair, à partir de 1854.
J’avoue que je m’étais juste penchée sur l’histoire de l’archipel via les guides de voyage: lire ce condensé d’histoire sous la plume de Nicolas Bouvier fut un pur plaisir qui m’a permis de mieux décoder de qui m’entourait. Petit délice culturel:

Depuis quinze siècles qu’ils coexistent, jamais le Bouddha et le Shinto n’ont été en conflit ouvert, et, dans le jardin d’un temple bouddhique, vous trouverez toujours, …, un petit sanctuaire shinto décoré de fleurs encore fraîches, signe que l’Ancien propriétaire n’a jamais véritablement quitté les lieux.

Ou encore:

Je n’ai pas été bien studieux : ce que je sais du Zen aujourd’hui me permet tout juste de mesure à quel point j’en manque, et combien ce manque est douloureux. Je me console en me disant que, dans le vieux Zen chinois, c’était la tradition de préférer, pour succéder au maître, le jardinier qui ne savait rien au prieur qui en savait trop.
J’ai conservé mes chances intactes.

J’ai aussi apprécié ses récits de Tokyo et Kyoto, parfois surannés et très souvent poétiques, mais aussi la description de ses galères quand il arrive à Tokyo sans un sous en poche et où il cherche éperdument un travail en tant que journaliste, ou de son retour en famille, dix ans plus tard et qui ne se passera pas aussi bien qu’espéré.
Les derniers chapitres racontent ses voyages dans les contrées du nord du Japon, longtemps restées hostiles. J’ai trouvé cette partie un peu longue, et moins passionnante, mais l’auteur accepte lui même que finalement, il n’a plus l’œil assez curieux pour rester en ce pays…
Mais le livre, du début à la fin, est peuplé de petites histoires et de portraits passionnants, parfois drôles et toujours émouvants…

La description de ses difficultés de compréhension avec les Japonais est excellente. Difficultés, si elles sont parfois amoindries, beaucoup restent d’actualité:

Il y a dans ce décor – comme d’ailleurs dans la nourriture – une immatérialité qui répète sans cesse : faites-vous petits, ne blessez pas l’air, ne blessez pas notre oeil avec vos affreux blousons de couleur, ne soyez pas si remuants et n’offensez pas cette perfection un peu exsangue que nous jardinons depuis huit cents ans.

Au lieu d’être une racine, la tradition est un couvercle, qui ferme bien. Je vis dans une grande collection de merveilles qu’un respect empoisonné a tuées.

Son regard sur le monde me plait vraiment, un vrai modèle pour moi…

L’antipathie n’a jamais remplacé l’information, et l’on saisit un peuple que dans ses qualités, même lorsqu’elles sont en éclipse.

Je terminerai cette chronique sur cette description d’une universitaire occidentale dépêchée pour comprendre les Japonais. Plus qu’un modèle inspirant à mes yeux, c’est tout simplement une marche à suivre dans la découverte culturelle !

Elle a cette vertu des bons enquêteurs, la patience, et sait suspendre son jugement jusqu’à ce que les observations réunies s’organisent d’elles-même selon leur logique propre, et que les pièces du puzzle prennent spontanément leur place.

Pour acheter ce livre en ligne, en cliquez ici.

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Mises en bouche japonaises, geisha etc.

Avez-vous entendu parler de Geisha ou Mémoires d’une geisha? je n’ai pas eu le plaisir de lire le livre, mais j’ai vu le film il y a quelques mois, et je vous le conseille, il est de toute beauté et c’est une plaisante mise en bouche avant un voyage au Japon !

A l’origine, il y a Geisha, le roman d’Arthur Golden publié en 1997 et adapté au cinéma en 2005 par Rob Marshall. Les mémoires d’une célèbre geisha japonaise y sont racontées: on suit son histoire à partir de 1929 et pendant une vingtaine d’années, comment elle et sa sœur, petites filles, sont vendues, avant que le destin ne l’aide à devenir geisha et la pousse à poursuivre son unique amour pendant des années…

Cette histoire, racontée à la première personne, est un véritable travail anthropologique. On y apprend ce qu’est une geisha et quel est son parcours héroïque pour arriver à ce degré de perfection… L’auteur dénonce aussi certains préjugés de ce métier: souvent comparé à de la prostitution, être Geisha s’apparente plus à un art. Cette histoire cohérente, plausible et parfaitement documentée reste tout de même une fiction…

La réception du film fut parfois mitigée notamment du fait que les actrices principales, Zhang Ziyi et Gong Li soient chinoises et non japonaises. Qu’importe, leur prestation et de toute beauté… Et même si la majorité du film a été tournée hors du Japon, l’ensemble est très réussi et la scène filmée dans le sanctuaire Fushimi Inari est magnifique…

J’ai par ailleurs lu que Zhang Ziyi, partie faire la promotion du film au Japon, aurait reçu un mystérieux colis et une lettre envoyés par une vieille femme japonaise qui fut geisha pendant sa jeunesse. Cette dernière explique dans cette lettre qu’elle a été très touchée par la bande annonce du film et espérait que le film lui rappellerait sa propre histoire. Elle aurait offert un kimono antique à l’actrice qui l’invita à l’avant-première…

Je me suis totalement laissée prendre par cette belle histoire sur fond d’une histoire japonaise tourmentée, et je ne peux que vous la conseiller !

*****

Par ailleurs, dans un tout autre registre, j’ai découvert il y a peu carnets-de-traverse.com, un site regroupant de magnifique carnets de voyages numériques.

Julie prend des photos au polaroid et en tire de magnifiques carnets, agrémentés de petits textes poétiques.
Celui sur le Japon, issu d’un mois de voyage, illustre parfaitement l’ambiance unique de ce pays, en s’inspirant du livre Sei Shōnagon, Notes de chevet, écrit vers 1000! C’est un travail majestueux, poétique et inspiré…
L’artiste est aussi partie à Helsinki, Sumatra ou Amsterdam. Allez-y y faire un tour, vous ne le regretterez pas !

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Mises en bouche voyageuses au bout des clics:
le film: Mémoires d’une geisha
le livre: Geisha
Carnets de Traverse

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Des daims de Nara aux « poulettes » d’Osaka…

Deuxième matinée à Nara. Nous profitons du calme du lundi matin pour faire une nouvelle balade dans le parc. Quand je vois ce panneau expliquant que les daims seraient dangereux, je ne peux m’empêcher de sourire, surtout avec ces paisibles bêtes affalées juste devant.

Les cervus nippon ont l’air encore plus calme que la veille: ils ne s’attroupent plus aux petites boutiques vendant des galettes végétales qui leur sont destinées, car ils savent que les passants sont moins nombreux. C’est une des grandes distractions du parc: acheter des galettes et les distribuer en se faisant courser par les daims. Le dimanche, c’était vraiment l’attraction numéro un du parc…

On se décide donc à acheter à notre tour ces fameuses galettes, nous disant que les daims du parc de Nara doivent être tristes le lundi !
J’en oublie leur nature profonde: pendant que je me retourne pour nourrir un daim à l’air chétif, le plus gourmand, qui a déjà évincé ses collègues plusieurs fois, s’en prend à mon postérieur en le mordant à pleines dents !
Plus de surprise que de mal, mais quand même: ça reste des animaux sauvages, et après réflexion, on se dit que les panneaux ne sont pas de trop !

Nous refaisons un tour au Todai Ji, dans le calme du matin…

Ce seront nos dernières vues sur cette charmante ville. Quarante minutes de train plus tard, nous arrivons à Osaka.

En ce début d’après-midi la ville parait extrêmement calme. On s’installe à notre petit hôtel (visiblement un très bon rapport qualité/prix pour la ville) et on part arpenter les rues de la ville.
J’avais eu de mauvais échos sur Osaka, et pourtant j’ai apprécié ces lieux. Certes elle souffre cruellement la comparaison avec Kyoto, mais on ne viendra pas y chercher la même chose: si à Kyoto c’est le Japon immémorial (immobile?) qu’on trouve, ici c’est le Japon d’aujourd’hui et peut-être même de demain qu’on prend en pleine face !

La ville a été entièrement détruite par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale et on n’y croise qu’immeubles modernes et monuments anonymes… Mais les rues sont plutôt agréables, colorées et décorées par les mille et uns enseignes, néons et câbles qui en font d’Osaka une ville électrique.

C’est à la tombée de la nuit qu’Osaka révèle toute sa splendeur… On se croirait alors dans un univers parallèle. Les rues autour du pont Dotombori sont tout simplement hallucinantes !

Les gens sont aussi plus directs et plus ouverts qu’à Kyoto. Là-bas, on a parfois eu l’impression de déranger, de faire tâche au milieu du décor. A Osaka, les habitants sont plus avenants…
Comme dans ce petit restaurant, où le chef cuistot et un habitué nous prennent sous leur aile… malgré notre japonais balbutiant, nous pouvons échanger pendant un petit moment, et je sens vraiment qu’on est aussi réjoui d’un côté que de l’autre de pouvoir se comprendre. Cette impression se confirme quand ils règlent notre note !

Et comment parler d’Osaka sans évoquer sa jeunesse délirante? Les jeunes femmes sont toutes habillées de manière très « osées »: plus on avance dans la nuit, plus les habits se font courts et provocants. Ci-dessous, un petit exemple, mais je n’exagèrerai pas en disant que vers 22h en ce lundi j’avais l’impression d’être au cœur d’une foule de dames de joie…

Nous passerons la matinée suivante à apprécier le Japon pour la dernière fois. Ultime balade dans les rues de la ville, du côté d’un agréable marché et des ruelles autour de Namba.

On quitte le pays le cœur lourd, mais avec une certitude: nous reviendrons, et bientôt !

Côté blog, je prolonge le voyage avec un film et un livre particulièrement appropriés pour un avant-goût (ou un prolongement) du voyage dans le Kansaï, à suivre…

Infos: hôtel Chi Sun Inn 06 6263 09 11 – email hidden; JavaScript is required (4.240yen/ chambre double)

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L’esprit des daims de Nara

Comme pour Kyoto, nous arrivons de nuit à Nara. Nous nous installons dans notre Ryokan, elle est magnifique: pas de bain collectif mais un petit jardin très agréable s’ouvre sur notre chambre. En plus on est à deux pas du parc…

Le lendemain matin, nous découvrons Nara par un temps clair. La ville est surtout connue pour son parc de 660 hectares où vivent 1200 daims ou cerfs sirka, dit encore cervus nippon! Les fameux cervidés vivent en liberté et sont ici respectés: ce sont les symboles de la ville et ils sont considérés comme les messagers des dieux depuis des siècles…

Tout à l’est du parc se trouve le sanctuaire shintoïste Kasuga Taisha. Il est décoré de plus de 3 000 lanternes; son sanctuaire et ses autels sont d’un rouge vif qui tranche en beauté sur le vert de la forêt…

Datant de 768, c’est l’un des plus anciens du Japon, et ce n’est pas un hasard s’il se trouve là: en 710 Nara fut choisie pour être la première capitale de l’histoire du Japon. Avant cela, les Japonais superstitieux préféraient quitter une ville après la mort d’un chef.
Mais au VIe siècle, les Japonais sont en contact avec la civilisation chinoise: des envoyés japonais passent par la Corée et séjournent plus de trente ans en Chine. En naîtront de nombreuses influences: la centralisation du pays, le plan des villes sur le modèle de Xi’an alors capitale des Tang, mais aussi le bouddhisme ou les caractères…
La ville de Nara jouit de cette influence directement: c’est la première ville à plan quadrillé, comme Xi’an. Les artisans et sculpteurs produisent des chefs d’oeuvre, encore visibles aujourd’hui, comme le sanctuaire Kasuga Taisha, ou le temple Todai Ji… Nara ne restera capitale que jusqu’en 794, où Kyoto lui est préférée…

Balade dans le sanctuaire, moment d’harmonie entre nature et spiritualité; et à nouveau, je me dis qu’à tout moment un animal pourrait venir me parler…

Nous continuons ensuite notre balade dans le parc, vers l’ouest du parc, non sans rencontrer à nouveau quelques cervus nippon…

On arrive alors au temple Todai Ji. C’est un des temples bouddhiques les plus importants du Japon. Fondé en 752, c’est encore aujourd’hui la plus grande construction en bois au monde, avec ses 57 mètres de larges et ses 50 mètres de haut! Il abrite une statue de bronze de plus de 15 mètres et fait de 437 tonnes de bronze et de 130 kilos d’or. Epatant !

Nous terminons cette balade par la visite du jardin Isuien. Avec sa vue sur les montagnes environnantes, il est d’un raffinement exquis!

Les daims ne nous auront pratiquement pas quittés de la journée: si ce n’est pas leur esprit qui est en nous, c’est au moins un grisant sentiment d’harmonie entre la nature et la civilisation…

Infos: Ryokan: Nara International Seminar House, (0742) 23 5821 (4.730yen/pers./nuit)

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