Découverte: La Maison de thé Song Fang à Shanghai

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

La Maison de thé Song Fang renoue avec les traditions chinoises du thé, et nous invite à découvrir toute sorte de grands crus: sur place avec une pâtisserie, à l’achat ou lors de dégustations organisée par la directrice, Florence Samson. Cette dernière nous ouvre les portes d’un endroit unique à Shanghai !


Qui êtes-vous ?

Je suis la directrice de la Maison de thé Song Fang, je vis depuis 12 ans en Chine, mon mari est chinois, je l’ai rencontré à Harvard. J’ai vécu pendant 10 ans en Russie en travaillant pour LVMH et j’ai continué à travailler pour ce groupe en Chine.

J’ai créé Song Fang Maison de thé il y a trois ans et demi.

Quelle est la spécificité de ce lieu ?
J’ai voulu une approche ludique avec mes clients : en plus du thé, je veux partager la culture chinoise et l’histoire de Chine. Pendant les dégustations, j’explique par exemple qu’il y a un lien entre le thé et les concessions de Shanghai. C’était d’ailleurs une volonté de s’implanter au cœur de la Concession. C’est un endroit où rien n’a changé depuis 80 ans…

Comment se passe une dégustation ?
La session dure une heure et demie, on déguste trois grands crus, un thé vert, un wulong et un thé noir, accompagnés d’un financier au thé. Les différentes préparations sont expliquées : quelle eau choisir, quelle théière, le temps d’infusion… Puis nous parlons des bienfaits du thé, de son histoire…

Quel type de thés vendez-vous ici, et comment le choisissez-vous ?
Je me forme auprès d’une Maître de thé qui a plus de 50 ans d’expérience. Je vais moi-même choisir les thés dans des petites plantations, où le savoir du thé se transmet depuis cinq générations au moins. Nous avons ici 70 thés : une soixantaine de thés chinois, blancs, verts, wulong, noir ou Pu’er… Nous avons aussi une vingtaine de thés français : il s’agit de thés chinois, mélangés avec des arômes naturels, en France, avec un savoir-faire français. Des arômes de vanille, de banane ou de bergamote sont par exemple ajoutés. Vous pouvez aussi déguster des pâtisseries maison sur place faites avec des produits importés.

Quelle est la clientèle de Song Fang Maison de thé ?
Le salon accueille environ 70% d’Asiatiques, et le reste d’Occidentaux. A l’achat, il y a plutôt 40% d’Occidentaux.

D’où vient le nom Song Fang ?
C’est mon nom chinois. Song est une dynastie liée au thé et à son expansion, Fang a une connotation paysanne. Je voulais rester près des origines de la culture chinoise avec ce nom !

Vous l’aurez compris, amateurs de thés, sinophiles ou curieux, ce lieu gagne à être connu !

En pratique: Song Fang Maison de Thé – 227 Yongjia Lu, Shanghai – 6433 8283

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Meurtres à Pékin (par un auteur écossais féru de Chine vivant dans le Lot)

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Vous souvenez-vous de ma superbe rencontre avec Wang, un de mes fournisseurs? Il m’avait particulièrement recommandé un auteur, Peter May et m’avait prêté un de ses livres, Meurtres à Pékin.
Je viens de l’achever et ne peut qu’aller dans son sens: c’est un superbe bouquin, et Peter May est un auteur qui gagne à être connu!

Il s’agit d’un roman policier, où un médecin américain, Margareth Campbell, fraîchement appelé pour enseigner en Chine, se retrouve mêlée à une sordide histoire de triple meurtre dont l’enquête est menée par Li Yan, tout juste promu commissaire.
L’enquête est très bien ficelée et nous tient en haleine jusqu’à la fin où un terrible secret d’envergure internationale sera finalement découvert.
On ne cesse de se demander: quel est le sens de ces meurtres? que se trame-t-il en toile de fond politique? Car la capitale chinoise, avec ses affaires d’état, est aussi l’un des héros de ce roman. On se délecte à accompagner les deux héros au fil des rues pékinoises, et de nombreux portraits chinois, toujours fins et réalistes ponctuent l’histoire.
La relation entre l’Américaine et le Chinois est aussi un petit bijou littéraire: on suit leur évolution, de l’incompréhension à l’attirance, du choc culturel à la complicité… Les deux héros seront repris par l’auteur pour une série d’enquêtes, c’est donc par cet opus-ci qu’il faut commencer!

Peter May?

Peter May est né en 1951 à Glasgow. Il a commencé sa carrière en tant que journaliste puis s’est fait connaître comme scénariste pour la télévision écossaise.
Il quitte bientôt la télévision et l’Écosse pour s’installer dans notre Lot national et retourner à ses premières amours: l’écriture de romans.
Très vite il part en Chine, un pays qui le fascine depuis longtemps, dans le but de se faire ouvrir les portes de la police chinoise. Il y retourne chaque année, y séjournant chaque fois plusieurs mois.
Grâce à un réseau de contacts qu’on peut bien imaginer extraordinaire, il parvient à se faire introduire dans les services de police chargés des homicides, et ceux des experts légistes, à Shanghai comme à Pékin.
Très méticuleux sur ses recherches, il fait une étude exhaustive des méthodes utilisées par les inspecteurs, la police scientifique, et les médecins légistes chinois.
En reconnaissance de son travail, il a été nommé membre honoraire de l’association des écrivains de romans policiers chinois à la section de Pékin… Et pour ça aussi, ça vaut le coup de le découvrir!

Cliquez ici pour lire un extrait de Meurtres à Pékin (emprunté du site de l’auteur).
C’est par ici pour acheter Meurtres à Pékin

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Parlez-vous shanghaien ?

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Toute personne non shanghaienne vivant à Shanghai, Laowai ou Chinois, réalise rapidement que maîtriser le mandarin ne suffit pas pour comprendre tout ce qui se dit dans les conversations locales, que ce soit dans la rue ou au bureau… une bonne part des échanges entre locaux se passant souvent en shanghaien.

Une langue à part entière…

 

Le dialecte parlé à Shanghai est une forme du Wu septentrionale, et c’est la forme la plus répandue au sein de ce groupe linguistique. Si on considère la langue Wu dans son ensemble, il faut noter qu’il est encore parlé dans une grande partie de la province du Zhejiang, le sud de la province du Jiangsu, ainsi que dans des petites parties des provinces de l’Anhui, du Jiangxi et du Fujian. En 1991, plus de 87 millions de locuteurs étaient recensés, plaçant cette langue comme la dixième langue parlée au monde ! A l’échelle de la Chine, même avec quatorze millions de personnes parlant le Shanghaien et près de cent millions parlant le Wu, on parle encore de dialecte !

Le shanghaien est donc une langue bien identifiée, et a seulement deux tons – haut et bas, à la différence du mandarin – quatre tons, et du cantonais – neuf tons…
A Shanghai peu d’étrangers sont capables de maîtriser le shanghaien, l’apprentissage du mandarin demandant à lui seul assez d’énergie pour occuper quelques années l’étudiant motivé – comme c’est par exemple mon cas… Mais la maitrise de quelques termes basiques de ce « dialecte » peut considérablement simplifier beaucoup de situations quotidiennes et épatera tout ami shanghaien.

Quelques mots de base

bonjour : nón hô
vous allez bien ?: Non-hôva? / ça va bien, merci Ngû mhehô, jâja.
au revoir : tzêwe
s’il te plaît : chîn / merci : jâja
désolé : têveqchi
celui-ci : êtzaq
ici : êtaq / là : êmitaq
quoi : sâ / combien?: Cîdi?
Oui : ê / non : véqzy, mmeq ou vio
Où sont les toilettes? : tsŷsuke leqla ralitaq?
je ne sais pas : tgû veq-xiôteq
anglais : inven / parlez-vous Anglais? : nón Ínven wêteq kân vá?
je t’aime : ngû ê-nón.

1 iq / 2 liân / 3 se / 4 sŷ / 5 nĝ / 6 loq / 7 chiq / 8 paq / 9 cioê / 10 zeq / 20 gniê / 30 sezeq / 40 sŷzeq / 100 iqpaq.

Tzêwe !

Vous voulez en savoir plus ? Wikipedia vous apportera des précisions.

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Portrait de Chine (11), Zhou, le cordonnier

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Nous rencontrons aujourd’hui le cordonnier du coin de ma rue : son visage ouvert et souriant m’a donné envie de l’interviewer la dernière fois que je lui ai amené des chaussures à réparer. Je ne m’étais pas trompée : il a des choses à partager…


Qui es-tu ?

Je m’appelle Zhou Xiao Liang, je viens d’un petit village du Zhejiang.

Quand et pourquoi es-tu venu à Shanghai ?
Je suis venu en 1998, pour faire du commerce. Avant j’étais paysan et je ne gagnais pas beaucoup d’argent… je suis venu pour ça. Maintenant je vis seul.

As-tu une femme et des enfants ?
Oui, j’ai deux enfants : une fille de 19 ans et un garçon de 14 ans, ils vont à l’école dans le Zhejiang. Au début, je suis venue avec ma femme et mes enfants à Shanghai, mais c’était trop compliqué pour l’éducation, leur école n’était pas bien. Et finalement, le niveau était meilleur pour eux chez nous, donc ils sont repartis tous les trois.

Tu les vois souvent ?
On se voit tous les deux ou trois mois. Ma femme vient de temps en temps, et là, par exemple, je rentre pour le Nouvel An Chinois.

Tu penses rester longtemps à Shanghai ?
Non, je veux revenir dans le Zhejiang, les conditions de vie sont meilleures là-bas, ici c’est pollué…

Tu gagnes beaucoup d’argent ?
Pas tant que ça : je gagne 4.000 yuans par mois, parfois 5.000. Ma femme gagne 2.500 yuans : la différence n’est pas si grande. Avant c’était vraiment intéressant de travailler à Shanghai, maintenant ça l’est moins.

Aimes-tu ton travail ?
Que je l’aime ou pas, je n’ai pas le choix… en plus c’est pas bon pour la santé de travailler ici avec ces machines toute la journée. J’ai 45 ans, je ne pense pas travailler encore très longtemps, même pas cinq ans…

Quel serait ton rêve ?
Ce qui compte, c’est que j’ai plus de revenus, peu m’importe si je travaille beaucoup…

Que penses-tu de Shanghai ?
Ça va encore. C’est mieux qu’avant. En 1998, les conditions étaient vraiment dures pour les paysans venus en ville, maintenant ça va mieux. Il y a beaucoup de paysans qui vivent et travaillent à Shanghai, des millions…

Et que penses-tu de la société chinoise d’aujourd’hui ?
La société chinoise n’existe pas encore, elle est en train de se créer. La Chine se développe, c’est mieux qu’avant. Mais les gens, le petit peuple comme moi (le fameux Lao Bai Xing 老百姓), ne profitent pas de ce développement, de cette abondance. La richesse n’est pas pour eux… Ce n’est plus le « socialisme » comme au temps de Mao. Malgré ce qu’a dit Deng Xiaoping, la richesse ne s’est pas encore propagée jusqu’au petit peuple

Que dirais-tu aux Français qui ne connaissent pas la Chine ?
Venez voir par vous-même, la Chine, venez voir Shanghai… on est un pays avec de nombreuses nationalités, il faut venir.
Il faut du temps pour que le pays se développe. Ça ira mieux un jour, mais maintenant c’est encore dur pour nous. Il termine sur ces phrases, mais avec un grand sourire…

Et si vous voulez faire marcher son petit commerce, allez lui rendre visite: il est situé sur Wulumuqi Bei lu, entre la Yan’an lu et Nanjing lu !

Retrouvez les précédents Portraits de Chine : Juanjuan, Abby, Catherine, Woody, Wang Qing, Ye Shilan, Tony ,Yani, Tian Jingyang et Rosalyn.

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Renouer avec des joies enfantines…

Deux semaines sur les routes asiatiques plus tard, la liste de sujets que je devrais aborder ici ne cesse de grandir. Je vous en reparlerai quand je serai de retour, une fois que le temps aura fait son travail et que je serai dans la douce phase post-voyage, en juillet ou plus tard…
En attendant, je continue mes courts messages ambiance / carte postale / petits plaisirs.

Ces derniers temps, je jouis du plaisir de prendre le temps, et donc de renouer avec des petites joies trop souvent remises au lendemain dans ma vie de jadis:

* regarder le ciel et surtout les nuages, imaginer des mondes nouveaux, scruter encore et encore…

* jouer comme un enfant, y perdre haleine, dans ce cas-ci lors de la spectaculaire bataille aquatique qui a fait vibrer Chiang Mai pendant les trois jours du nouvel an Thai…

* se rappeler de son souhait de petite fille : sauver, nourrir, soigner et/ou observer des animaux sauvages, dans leur habitat originel…

*…

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Adresse gourmande (5): le New Heights

Je suis sur les routes d’Asie d’avril à juillet ; ce billet a été écrit au mois de mars avant mon départ de Shanghai…

Je ne suis pas particulièrement fan des restaurants et bars le long du Bund, l’ambiance y étant vraiment trop « bling-bling » à mon goût. Pourtant avec le retour des beaux jours et lors d’une petite balade dans ce quartier, ce serait dommage de se priver d’un déjeuner en terrasse avec une des plus belles vues de Shanghai…

Mon choix s’est donc porté vers le New Heights et c’est un choix que je ne peux que vous recommandez et ce pour plusieurs raisons:

– la vue est superbe (jugez avec ces photos !)

– l’ambiance est loin d’y être jet-setteuse (même si c’est parfois le cas, on est très loin du Bar Rouge)

– la nouvelle chef, Florence Dalia, a de l’or au bout des doigts. Sans exagérer, j’ai mangé au New Heights le meilleur poisson de Shanghai. Quand on lui demande quel type de cuisine elle prépare et si c’est français, elle éclate de rire et vous répond « non, non, ce n’est pas français, c’est la cuisine de Florence! »… Et je vous invite vraiment à découvrir ce style!

Les prix ne sont pas donnés, sans être tout de même excessif (entrée + plat à 148 rmb les midis du week-end, plat à la carte autour de 200 rmb le soir), on est quand même dans un des quartiers les plus chics de Shanghai.
Un seul bémol: le service n’est pas à la hauteur du lieu. J’espère que ce point sera bientôt amélioré!

Ecoutez mon conseil: courez-y! Et n’hésitez pas à dire que vous venez de la part de Lili de Vues de Chine, Florence vous racontera la suite…

Infos: 3 on the Bund (entrée au 17 Guangdon Lu) – 6321 0909 & sur le site

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Road trip à la sauce thaï

Sur les routes du nord thaïlandais,
Virage après virage
Montagne après montagne
Variés sont les paysages
Pinèdes, jungle, rizières, manguiers ou bananiers.
Qu’il fasse humide, frais, sec ou étouffant
On se laisse porter par le vent
Au gré du bitume ou gré de nos envies.
Sur la route…
Pai, Mae Hong Son ou Mae Chem
Consonnantes bizarres pour régions inédites
Où la beauté des paysages n’a d’égale
Que celle des sourires qu’on y croise.

 

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