Attablée devant un copieux petit-déjeuner je m’interroge: comment une ville peut-elle me laisser indifférente? Je suis peut-être résolument une fille du Sud?…
Je reprends le pavé en me dirigeant vers Djurgården, l’île aux loisirs. Je croise en chemin un marché aux puces. Même les puces sont propres et bien organisées ici, aïe j’ai peur d’être hermétique aux charmes de l’organisation scandinave.
Mais c’est sans compter sur les effets de l’île Djurgården. Sur les conseils de Matilda, la concierge de mon hôtel, je me dirige vers Rosendals Trädgård. Il s’agit de potager et verger situés tout près du pavillon royal de Rosendals.


Je prends un délicieux bain de soleil. Je sens la température monter, doucement et le soleil caresser mon visage. Je sens que la chaleur de Stockholm est aussi en train de m’atteindre: autour de moi, que des arbres, des champs et des Suédois en mode « bronzette ». Un gai brouhaha se mêle aux chants des oiseaux.
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Je me régale de pâtisserie et de verveine du verger. Rosendals est un océan de nature sur une île au coeur de Stockholm. Je me demandais hier où étaient les habitants de la ville, j’ai ici un début de réponse: dans les champs!
Et là, je comprends ce que je n’avais pas saisi jusqu’alors: Stockholm est engourdie et se réveille à peine de son hiver. La nature est entre-deux… Je sens l’inspiration qui monte en moi.
Stockholm, entre vert et bleu. La ville est verte, même si ses parcs sont encore endormis. La nature se réveille à peine, encore parsemée de neige, là où le soleil n’atteint pas le sol. Hier, il est même tombé quelques flocons semblables à de la poussière de neige, entre deux rayons de soleil. Les très nombreux parcs et espaces verts sont encore engourdis; entre la blancheur de la neige et la verdure à venir ils n’ont pas encore revêtu un bel habit. Mais Stockholm reste verte en toute saison par l’attitude de ceux qui la peuplent. Pas un seul papier au sol. Tout se trie ici. Les espaces verts sont parfaitement préservés. L’eau des lacs et des fleuves parait si pure qu’on pourrait la puiser et la boire telle quelle.
Et l’eau, justement, si présente dans la ville. Stockholm, capitale du bleu. Impossible de se rappeler le nom des eaux qui la quadrillent: Riddarfjärden, Arstaviken Saltsjön, je dois recopier ces noms depuis mon guide, je suis loin de les avoir mémorisés. Fleuves, lacs, mer, peut-être même ruisseau… Qu’importe, l’eau est partout, vierge, belle et vive. Elle donne fraîcheur, énergie et majesté à la ville. La profondeur de son bleu s’accorde à ravir avec la clarté des cieux d’avril.



















