Stockholm #2: Où le charme fait effet

Attablée devant un copieux petit-déjeuner je m’interroge: comment une ville peut-elle me laisser indifférente? Je suis peut-être résolument une fille du Sud?…

Je reprends le pavé en me dirigeant vers Djurgården, l’île aux loisirs. Je croise en chemin un marché aux puces. Même les puces sont propres et bien organisées ici, aïe j’ai peur d’être hermétique aux charmes de l’organisation scandinave.

Mais c’est sans compter sur les effets de l’île Djurgården. Sur les conseils de Matilda, la concierge de mon hôtel, je me dirige vers Rosendals Trädgård. Il s’agit de potager et verger situés tout près du pavillon royal de Rosendals.

Je prends un délicieux bain de soleil. Je sens la température monter, doucement et le soleil caresser mon visage. Je sens que la chaleur de Stockholm est aussi en train de m’atteindre: autour de moi, que des arbres, des champs et des Suédois en mode « bronzette ». Un gai brouhaha se mêle aux chants des oiseaux.

[audio:https://www.curieusevoyageuse.com/wp-content/uploads/2012/04/rosendals-cafe.mp3]

Je me régale de pâtisserie et de verveine du verger. Rosendals est un océan de nature sur une île au coeur de Stockholm. Je me demandais hier où étaient les habitants de la ville, j’ai ici un début de réponse: dans les champs!
Et là, je comprends ce que je n’avais pas saisi jusqu’alors: Stockholm est engourdie et se réveille à peine de son hiver. La nature est entre-deux… Je sens l’inspiration qui monte en moi.

Stockholm, entre vert et bleu. La ville est verte, même si ses parcs sont encore endormis. La nature se réveille à peine, encore parsemée de neige, là où le soleil n’atteint pas le sol. Hier, il est même tombé quelques flocons semblables à de la poussière de neige, entre deux rayons de soleil. Les très nombreux parcs et espaces verts sont encore engourdis; entre la blancheur de la neige et la verdure à venir ils n’ont pas encore revêtu un bel habit. Mais Stockholm reste verte en toute saison par l’attitude de ceux qui la peuplent. Pas un seul papier au sol. Tout se trie ici. Les espaces verts sont parfaitement préservés. L’eau des lacs et des fleuves parait si pure qu’on pourrait la puiser et la boire telle quelle.

Et l’eau, justement, si présente dans la ville. Stockholm, capitale du bleu. Impossible de se rappeler le nom des eaux qui la quadrillent: Riddarfjärden, Arstaviken Saltsjön, je dois recopier ces noms depuis mon guide, je suis loin de les avoir mémorisés. Fleuves, lacs, mer, peut-être même ruisseau… Qu’importe, l’eau est partout, vierge, belle et vive. Elle donne fraîcheur, énergie et majesté à la ville. La profondeur de son bleu s’accorde à ravir avec la clarté des cieux d’avril.

Lire la suite

Stockholm #1 Où le voyageur dompte (très) doucement la ville…

Premier matin dans les rues de Stockholm. Je me balade en allant vers le Sud. Gam Stan d’abord, puis Söderman.

Je suis surprise par la luminosité. Nous sommes début avril et la nature n’a pas encore entamé sa renaissance, mais la lumière est là: forte, puissante, et d’autant plus forte car elle se reflète dans les eaux de la ville.

Les rues sont propres. Les gens ont l’air aimables, calmes, paisibles. L’ambiance est très agréable. Mais… tout me semble un peu trop lisse.

Tout est bien organisé, fonctionnel, facile à l’emploi. Calme, volupté et bien-vivre. Je lis dans mon guide que, concernant le design, la devise des Suédois pourrait être « la beauté utile ». Ca définit bien ce que je ressens. Une beauté utile, simple et pour tous. Je me sens ici au royaume du beau, du propre et du fonctionnel. Et c’est calme, trop peut-être, la ville manque d’aspérités, de caractère peut-être. Si elle vit, je n’entends rien. Je tends l’oreille et ouvre l’oeil pourtant, je suis aux aguets. Stockholm semble à peine murmurer. Parfois des mouettes ou le cliquetis des bateaux rompent ce murmure, heureusement.

Les rues que je traverse sont pour beaucoup silencieuses et… vides. Nous sommes pourtant samedi après-midi!

Après cette balade de découverte, qui me laisse mi-figue mi-raisin, je termine cette journée par la visite du musée Fotografiska. C’est un des meilleurs musées que je n’ai jamais visités. Les quatre expositions proposées, bien que dans des styles très variés, me plaisent toutes. Je découvre deux photographes majeurs, Anton Corbijn et Steve Schapiro. Je suis émue aux larmes par les photos d’enfants soldats en Afrique, et je souris devant les photos d’un Paris vus par un Hongrois dans les années 1930. Je suis surprise d’avoir tant de sentiments différents à quelques pas d’écart.

C’est un sentiment de plénitude qui l’emporte quand j’arrive à l’étage supérieur de Fotografiska: le café du musée est la perfection incarnée (si, si, je n’exagère pas). Immense baie vitrée tournée vers le fleuve, thé et café gratuits à volonté, le tout meublé et cosy et design. Le soleil se couche lentement, j’ai la tête à hauteur de mouettes. Ca papote entre amis, ça photographie. C’est le genre d’endroits qu’on ne veut pas quitter.

Il est près de 21 heures, je prends le chemin de l’hôtel. Je croise beaucoup de mouettes et quelques ponts. L’eau est à nouveau partout sur ma route. Cette fin de journée m’aide à dompter doucement la capitale.

Lire la suite
Si je devais vous faire découvrir mon univers…

Aujourd’hui, alors que je rentre de la fraîche Stockholm, je publie un article sur un autre blog que le mien.

Le cadre était très très large: « Fais découvrir ton univers aux lecteurs », voilà les seules consignes que m’avait données le community manager.

Alors m’y voilà:

Faire découvrir mon univers en quelques lignes ? écrire un article invité sur ce blog-ci, à destination d’un public qui ne connaît pas mon monde… hm ? alléchante proposition mais ou la peur de la page blanche ou celle du trop-plein d’informations me guette.

Je pourrais vous parler de mes sept années d’expérience avec la Chine, années d’échanges, de découvertes et de partages, et notamment des 24 mois où j’ai vécu dans cet étrange ailleurs. Je vous décrirais alors la spontanéité des Chinois, leur grande curiosité à l’égard des Occidentaux, mais aussi nos manières tellement opposées de comprendre ou même voir le monde. Je pourrais aussi vous parler de ma passion pour cette langue hallucinante, qui une fois maîtrisée est un sésame pour la rencontre avec ces innombrables paires d’yeux bridés. Je vous parlerais encore de la richesse des peuples que le pays recèle, avec ses 56 minorités ethniques, minorités qui se comptent parfois en millions de personnes. Et je raconterais sans doute les paysages que j’ai aimés là-bas : les rizières bien sûr, mais aussi les forêts de bambous, les marées urbaines ponctuées de gratte-ciels ou encore les hauts plateaux des confins tibétains… Mais il me faudrait alors l’intégralité de ces colonnes pour les prochains mois, et puis, si ça vous intéresse, …

La suite et l’intégralité de l’article, c’est par ici, sur le blog de Groupon.

Lire la suite
Drôles de sons au pied du Sacré Coeur

Vous avez donc compris, j’aime bien le média radio – ce n’est pas pour rien si c’est sur ce média là que j’ai parlé ces derniers temps, un peu, beaucoup et surtout passionnément (voir derrière ce lien par exemple).

Sébastien de MixCity m’a donc prêté une machine à enregistrer des sons pour me lancer dans une nouvelle petite aventure, où je serai celle qui prendrait le son. Le premier essai d’interview fut pour le moins difficile (et formateur), mais les premières expériences de prises de sons furent elles plutôt sympa – enfin je me suis au moins bien amusée.

Je partage avec vous ici quelques sons bruts, sans aucune retouche ni artifice, qui reflètent bien cette matinée du début du printemps.
Le ciel est bleu, nous nous baladons du côté du Sacré Coeur.
Mon parti pris est bien sûr de garder un oeil voyageur, que dis-je une oreille voyageuse

C’est une première, j’espère pouvoir évoluer et vous apporter des sons plus travaillés – mais ceux-ci me plaisent déjà un peu, et j’espère qu’ils vous toucheront aussi !

Drôle de son #1: Montmartre, arrivée au pied de la butte en version multilingue

[audio:https://www.curieusevoyageuse.com/wp-content/uploads/2012/04/Montmartre-multilingue.mp3]

Drôle de son #2 : Là où une harpe croise de drôles de langues (wolof en tête…), des rires d’enfants et la bonne humeur d’un dimanche ensoleillé

[audio:https://www.curieusevoyageuse.com/wp-content/uploads/2012/04/Montmartre-harpe.mp3]

Drôle de son #3 : En descendant la butte… avec des oiseaux, des Sénégalais, des rires, et même un hakuna matata au milieu !

[audio:https://www.curieusevoyageuse.com/wp-content/uploads/2012/04/Montmartre-enmontant.mp3]

***

N’hésitez pas à donner vos avis, impressions et axes d’améliorations: ce n’est qu’un début…

(Je peaufine cet article de Stockholm d’où je vous donne de très bonnes nouvelles très vite!)

Lire la suite
Une première interview ratée, ou comment une Chinoise de Paris devait se raconter…

Je n’étais pas censée retranscrire cet entretien.

Petit retour en arrière : j’ai récemment eu la chance de faire une interview avec Sébastien de MixCity Radio. Le contact passe très bien, dans la discussion je lance l’idée de reprendre mes interviews de Chinois, mais avec les Chinois de Paris et en version sonore, pour les diffuser sur sa web radio. Il trouve l’idée chouette.

Je décide donc de faire le pilote avec Cécile, ma « non-professeur » de mandarin – contactée il y a quelques mois pour qu’elle m’enseigne le chinois, nos emplois du temps n’ont pas concordé, mais nous nous revoyons toujours avec plaisir.
Je m’entraine le matin même à faire plein de petits enregistrements. Je prépare mes questions, je suis au point. Je teste le son, tout fonctionne.
J’enregistre l’émission, tout semble marcher. Je termine l’enregistrement sur un merci Cécile. J’écoute aussitôt pour bien vérifier.

Et pof.

La machine s’éteint et redémarre avec un enregistrement d’une seconde là où on a parlé une dizaine de minutes (j’apprendrais plus tard que le niveau de batterie était plus bas que celui indiqué sur l’écran, ceci expliquant cela).
Je n’avais pas senti Cécile très enthousiaste au départ – je n’avais pas précisé que ce serait enregistré, je lui avais juste parlé d’interview de manière générale. J’y vois un certain signe… Je ne refais donc pas l’enregistrement.
J’y vois aussi un besoin de mieux introduire mon sujet pour la prochaine fois: la prise de son, ça impressionne plus que la prise de notes… et je découvre surtout un nouvel univers et ses contraintes techniques, car comme me dit Sébastien, « c’est ça aussi la radio, ça ne fonctionne pas toujours »…

Mais l’échange était riche, et je voulais en partager ici les grandes lignes.

Quand je lui demande qui elle est, elle me répond « je suis Chinoise, je suis Cécile ».
Cécile est arrivée en France il y a une dizaine d’années et « se permet d’avoir un nom français ». Elle a également un nom chinois, Fen, qui signifie arôme.
Elle est venue en France pour apprendre le français. Elle est originaire du centre de la Chine. Elle est aujourd’hui enseignante de chinois et étudiante en FLE (Français Langue Etrangère) et prépare une thèse.
Quand je l’interroge sur ce qu’elle préfère de sa vie en France, elle me dit qu’ici elle peut faire ce qu’elle veut, qu’elle est libre. Avant en Chine, elle ne sentait pas cette absence de liberté, car elle n’avait pas de point de comparaison. Mais maintenant, elle se sent libre, et la liberté c’est avant tout dans la tête qu’elle la ressent. Elle m’explique qu’on se pose des cadres dans la vie, et que, où qu’on soit, ces cadres on peut les faire disparaître, ça ne tient qu’à nous…
Elle pensait être venue en France pour étudier le français, mais dix ans plus tard, elle sait qu’elle est venue ici pour « continuer son évolution ». Ca, elle ne pouvait pas le savoir en partant.
C’est la culture chinoise qui lui manque le plus de son pays, la littérature par exemple.
Les feuilles des arbres tombent à leur racine lui a récemment dit un ami français qui traduisait un proverbe chinois. Son pays lui manque et c’est là-bas qu’elle ira vieillir, elle est Chinoise quand même !
A la question où elle se voit dans dix ans, elle répond en rigolant: elle ne sait même pas où elle sera dans un an. Elle ne fait pas de plan de la sorte, elle voit plutôt ce que la vie lui réserve. Et je lui demande tout de même si elle a un rêve, elle me parle alors de ce qui est « réalisable » : elle aimerait développer des techniques d’apprentissage du chinois.

Je lui demande quel serait le message qu’elle aurait à faire passer aux personnes qui écouteront cet entretien : « profitez de la vie » étaient ses derniers mots sur cette bande qui ne verra jamais le jour!

Lire la suite
Je pars à Stockholm !

Stockholm, ou la ville dont j’ai aucune image.

Rien que le nom de cette ville, il m’a fallu m’y prendre à plusieurs reprises avant de savoir l’écrire sans faire d’erreur.
Que vais-je y faire ? Rien ! ou du moins, je n’ai absolument rien de prévu : je pars seule, je n’ai pas de programme, et je ne me suis pas encore décidée à ouvrir un guide…
Alors pourquoi j’y pars ? Car j’ai vu sur le (très bon) blog Vagabondes, il y a de ça pas mal de temps, qu’un hôtel avait dédié une chambre aux bloggers de passage dans cette ville et que tout un chacun, en tant que blogger, pouvait candidater pour y séjourner gratuitement. Opération de communication, sans aucun doute, mais aussi belle idée neuve, et dans une des capitales les plus chères d’Europe, une raison suffisante pour motiver un voyage à mes yeux!
Ne reculant devant rien pour noircir les colonnes de ce blog, j’ai donc rempli le formulaire facebook du Scandic Grand Central. Et rien n’est venu, jusqu’à trois jours avant la date initiale voulue, celle de mon anniversaire. Que j’ai finalement passé à Lisbonne, car le responsable du programme s’est rendu compte trois jours avant donc que la réponse positive était bloquée dans sa boîte aux mails!
Il m’a donc dit être prioritaire pour le week-end de mon choix, qui sera donc celui de Pâques. Trois jours et quatre nuits pour découvrir une ville dont je n’ai aucune idée!

Et j’en suis là.

Ce matin, en essayant d’animer (un tout petit peu) ma page twitter (j’ai vraiment du mal avec ce média là, dont je trouve mon utilisation tant superficielle, mais ça c’est une autre histoire) j’ai vu que le site visitsweden.com me suivait.
Je n’ai pas pu ne pas y voir un signe et j’ai commencé à surfer doucement sur ces pages et à remplir un tout petit peu mon imaginaire.
Ce que je retiens ? Stockholm, Capitale verte : 40 % de la ville est constituée de parcs et d’espaces verts ! Ca me suffit, j’arrête ici ma lecture.
Je sais au moins que je dois prendre une bonne paire de chaussure de marche.

Et mon programme prend forme : voir le temps s’étirer au bar de l’hôtel (qui a l’air design, rétro et cosy à la fois), et user mes semelles entre parcs, îles et réserves naturelles.
Et sans aucun doute laisser mon inspiration se nourrir par cet ailleurs dont mon imaginaire est totalement vierge pour remplir mes carnets…

Et peut-être m’aiderez-vous à compléter ce début de programme grâce à vos coups de cœur (pas les incontournables, non, ceux-là je les retrouverai s’il le fallait, mais vos petits endroits où vous auriez aimé que le temps s’arrête, vous voyez ce que je veux dire…)?

Il me reste quelques jours pour fantasmer ce voyage, et je sens que l’envie de rêver d’ailleurs commence à pointer son nez. Car, comme le dit si bien Marek Halter, un rêve de voyage c’est déjà un voyage, non?

*visitsweden.com / * Grand Central Stockholm / *pour candidater / *vagabondes parle de l’hôtel des blogueurs

Lire la suite
Interlude parisien #2

En ce second samedi de mars, je traverse le « Beau Paris ». Paris la belle, l’expression ne sied guère à ces quartiers. Ce qui m’entoure est fier, haussmanien, chic, presque viril. Je passe près du Grand Palais. En le contournant par la gauche, je trouve une sorte de parc qui mène à une promenade le long de la Seine. J’ai l’impression d’être à l’étranger: architecture massive, oiseaux qui chantent bruyamment dans les arbres, je ne reconnais en rien les ruelles du 18ème…

La balade est agréable dans ce côté de la ville que je connais si peu. Je suis dans l’Est Parisien, entre les 8ème et 16ème arrondissements. La Dame Eiffel se dresse près de moi en permanence. Un phare. Une inspiration. Une compagne, comme une amie connue dans ces trop chics quartiers.

Sur le parvis du Trocadéro, bonne humeur communicative des touristes qui se font photographier en son pied. Tant d’idiomes étrangers sont ici entendus, au moins une dizaine différents en autant de minutes.

Je me pose ensuite du côté du Palais de Chaillot, avec une vue hors du commun. Splendide demoiselle de fer qui de nuit s’habille de lumière, et même de mille étoiles, lorsque les heures sont pleines. Derrière ma tasse, j’ai l’impression d’être à la hauteur de cette tour. Ces ferreries semblent de dentelles. Uniques fééries de ferrailles toutes illuminées…

Le bon plan*
Etre à 19h pile au bar du théâtre Chaillot / s’installer à une table face à la Tour Eiffel / se régaler d’une petite soupe maison pour 5€ seulement avec une vue inégalable ! (infos ici)

Lire la suite