Dormir chez l’habitant, ou l’art de faire des rencontres en voyage…
Sep 02, 2014 Voyaaages ! 23

Il n’y a pas une seule manière de voyager, mais pour moi une seule chose prévaut dans tous les voyages : la rencontre.

Que le voyage se passe à 10 kilomètres de chez soi ou à 10.000, les plus beaux souvenirs que j’en garde sont très souvent ceux partagés avec des personnes rencontrées en chemin…

Foule dans la rue by David Marcu

Dormir chez l’habitant

Lors de mon voyage au Canada, j’ai visité des endroits variés – de la dynamique Vancouver à la vallée de l’Okanagan en passant par bien des endroits que je vous présenterai prochainement, et la plupart de mes meilleurs souvenirs sont ceux partagés avec les Canadiens rencontrés sur ma route. Et quand on voyage, il y a une manière très simple de faire des rencontres : dormir chez l’habitant. Avant le web, ce n’était sans doute pas toujours évident, mais aujourd’hui, rien n’est plus simple. Hébergement gratuit ou payant, il existe plusieurs formules pour trouver son logeur à l’autre bout du monde. Le couchsurfing & airbnb étant sans doute les deux sites les plus connus pour cela. Je n’ai pas (encore) eu la chance de tester le premier, mais je suis une grande utilisatrice du second.

… loin de chez soi

A Vancouver, j’ai logé via airbnb chez trois personnes différentes, une ou plusieurs nuits. Monica, chez qui je suis restée le plus longtemps, est tout simplement devenue une copine ! Et ce n’est pas un hasard si j’avais choisi de rester plusieurs nuits chez elle. Son profil, sa photo et les commentaires laissés par ses précédents invités respiraient tous la confiance et la bonne humeur. Je n’ai pas été déçue. J’ai eu de longues discussions avec elle sur la situation des Amérindiens au Canada, sujet qui comme vous le savez me travaille particulièrement, et il se trouve que Monica a été infirmière dans une réserve d’Amérindiens puis dans un des quartiers les plus « durs » de Vancouver, Downtonw Eastside, où les Amérindiens sont surreprésentés. Autant dire que nous avons eu matière à de longues discussions…

… ou bien moins loin !

Mais comme je me plais à le répéter souvent en ces colonnes, le voyage est avant tout un état d’esprit et il peut se dérouler tout près de chez soi, si l’on sait garder son œil voyageur. Ici je n’ai même pas eu à bouger : j’ai ouvert mon canapé pendant quelques temps à des voyageurs airbnb. Les commentaires des premiers voyageurs ont rapidement tourné autour de la sociabilité de mon mari et moi-même, et 90% de nos invités étaient très ouverts à la rencontre. Parmi les plus belles rencontres effectuées sur mon canapé, je me souviens de cette jeune Londonienne qui commençait son tour du monde par deux nuits chez nous, je me souviens aussi de ce Franco-Afghan de 17 ans qui m’appris que la communauté afghane de Rouen était très développée, et je me souviens surtout de cette femme iranienne arrivée en France depuis quelques mois à peine. Pendant deux soirées nous avons beaucoup, beaucoup échangé, et j’ai appris énormément sur la société iranienne, sur l’ouverture d’esprit de ce peuple, sur son niveau culturel. J’ai mieux compris la situation politique et sociale du pays, loin du point de vue uniformisé de nos médias. Bref une vraie rencontre a eu lieu et j’ai vécu un beau (mais trop bref) voyage.

Dormez-vous régulièrement chez l’habitant quand vous voyagez? Ou avez-vous déjà ouvert votre porte à des voyageurs?
Votre avis à ce propos m’intéresse !

23 comments on “Dormir chez l’habitant, ou l’art de faire des rencontres en voyage…

  1. Oui, c’est un des moyens les plus sympa de découvrir un pays et sa culture. Pour le côté organisé, j’ai testé « couch surfing » avec une amie à Londres et l’on est super bien tombées (bon on a bien sélectionné aussi lol) le gars était chez cuisinier indien et nous a laissé les clés de chez lui direct! De bons moments partagés. Sinon de manière moins conventionnelles, selon les rencontres de route, avec mon copain au Sénégal, on a accepté la proposition d’une chambre chez l’habitant proposée par le personnel du village des tortues que l’on visitait, alors que nous étions malades, cherchant un hôtel ds un coin où il n’y a rien. Cela fut un de nos meilleurs moments.

    Sinon y’a le site bedycasa qui propose la location de chambre chez l’habitant, tu connais ? (y’a justement une soirée conf de presse ce jeudi!)

    1. Bonjour Aurélie,

      Merci pour ton commentaire !
      Il y a sans doute 1001 manières de vivre ce type d’expérience, et ce que tu racontes ici illustre bien la beauté de la chose!
      Je connais bedycasa de nom, mais je n’ai jamais testé non plus 🙂

      Aurélie

  2. Bonjour,
    Nous avons eu la chance de passer quelques jours chez l’habitant sur les iles de Zamami (sud du Japon) et il est vrai qu’il n’y à rien de mieux pour découvrir la culture, ou même les petits trucs du coin, et ce (comme tu le dis si bien) que l’on soit à 10000 comme à 10 km de chez soi !
    En bref très bon article je trouve !!!

    Pour ceux que ça intéresse nous étions passé par le site de Japanican pour notre hébergement au Japon, qui est spécialisé (entre autres) dans ce type d’hébergement là-bas.

    A bientôt

    Cédric @ Pixels du bout du monde

    1. Bonjour Cédric,

      merci pour ton commentaire !
      Vivre chez l’habitant au Japon, ça doit vraiment être une expérience enrichissante ! Merci pour l’info sur Japanican aussi…

      A bientôt,
      Aurélie

  3. Dormir chez l’habitant est l’un des meilleurs moyens pour connaître le pays et découvrir la culture locale. Il m’est arrivé de le faire et ces expériences sont les plus belles que j’ai pu vivre 🙂

  4. Je suis adepte des beds and breakfast, des maisons d’hôtes… et tout logement qui nous fasse rencontrer les gens du coin… on rencontre souvent des gens supers et on profite des recommendations des gens du coin. Par contre en Asie, ce n’est pas vraiment développé dans tous les pays encore….

    1. C’est clair qu’en Asie c’est moins répandu Amélie… Par contre, l’hébergement « spontané » chez l’habitant existe non? j’avais fait ça dans des campagnes du Guizhou, il y a fort fort longtemps…

  5. Je n’imagine même plus que des gens voyagent sans jamais aller chez l’habitant… J’ai calcul que depuis 2005 (me découverte du réseau HospEx CouchSurfing), J’ai été hébergée près de 1000 nuits et ai hébergé près de 600 nuits. La frontière entre tourisme et amitié s’amenuise. J’ai revu plus de la moitié de mes contacts noués sur ce réseau, soit lors de visites réciproques, soit en retournant les voir, soit dans une fête ailleurs que chez l’un et l’autre…

    Mon défi a présent, c’est de faire l’expérience de l’hospitalité spontanée, autant en Europe de l’Ouest que dans des pays ou cette tradition est bien implantée, comme la Russie et le Kazakhstan l’an dernier.

    Ça transforme franchement votre relation au monde….

    1. Merci pour ton partage d’expérience Anick-Marie! 1000 nuits, ça fait beaucoup dis donc…
      « L’hospitalité spontanée » j’ai très peu pratiqué, à part en Chine dans le Guizhou comme je disais ci-dessus ou chez des amis d’amis, mais franchement ça donne envie aussi. Quand je vois les épisodes de Nus & Culottés notamment, ça m’inspire bien en ce sens 🙂

  6. Les rencontres sont les points forts de mes voyages et dormir chez l’habitant facilite le contact. J’ai fait la connaissance de personnes formidables par ce biais. J’utilise principalement le Couchsurfing, et j’ai également testé airbnb en Espagne.
    Je te recommande vivement d’essayer le Couchsurfing. J’ai écris deux billets sur le sujet, dont un vraiment ciblé sur la rencontre CS si ça t’intéresse. Ce que j’aime dans le CS, c’est le côté instantané de la rencontre, en mode « comme chez les copains ». A Brighton par exemple, je suis arrivée dans une coloc’ où je me suis tout de suite sentie à mon aise. J’apprécie beaucoup ce « quotidien éphémère », où après plusieurs jours en auberge de jeunesse, j’étais même contente de faire la vaisselle 😉

  7. Pour ma part, je suis couchsurfer et j’avoue, que ce soit en recevant ou en surfant sur le canapé d’autres couchsurfers, c’est tjrs un plaisir de pouvoir partager de bosn moments.

      1. Généralement et avant les grandes évolutions du site couchsurfing.org, je prenais le temps « d’analyser » le profil des gens me faisant des demandes d’hébergement. J’essayais au maximum de trouver un point commun, une passion ou un hobbie en commun pour pouvoir avoir au moins un sujet de discussion. De ce fait, jamais de déception.
        Après en effet, on peut être déçu mais il faut aussi ce dire que dans la vie on peut l’être aussi avec des personnes de notre entourage.

  8. Bonjour,

    Pour connaitre une culture, il n’y a rien de mieux que de se trouver au milieu et au contact de la population du pays dans lequel on a décidé de voyager.

    Je n’ai jamais compris pourquoi des expatriés ou des touristes se logeaient dans des hôtels ou dans des quartiers pour expatriés alors que dans quasiment tous les pays, il existe des quartiers sécurisés avec une population locale.

    Il suffit juste de prendre quelques renseignements auprès des ambassades.

  9. J’ai été secouru par des bergers une nuit de bivouac sour orage en montagne. La cabanne salvatrice était petite, enfumée. J’ai offert de partager mes vivres. 2 heures plus tard nous chantions autour de bouteilles de vins qui se vidaient. La nuit a finie par passer sans que nous n’en ayons eu conscience. Pour tout dire ce sont les chiens des bergers qui ont comencer à réclamer d’aller visiter les brebis !
    Je n’ai jamais eu l’occasion d’acceuillir à mon tour.
    La marche offre en effet de belles rencontres, et qui sait, peut-être un jour ….

  10. Pour ma part j’ai beaucoup utilisé le couchsurfing il y a quelques années (en hébergeant lorsque j’étais en France, puis en étant hébergée notamment en Allemagne au Japon, à Hong Kong…). Je n’ai jamais été déçue de ces expériences, et je crois d’ailleurs que je ne vais pas tarder à m’y remettre, cela me manque !
    J’ai par ailleurs découvert Airbnb il y a un an à peu près. Le fait que ce soit payant rend je trouve les rencontres un peu moins faciles, on est plus facilement dans une relation de locataire à propriétaire, enfin, je trouve… J’ai fait quelques jolies rencontres sur airbnb, mais rien de comparable avec le couchsurfing où le côté désintéressé de la chose rend les rencontres plus intenses.

    1. Ah le couchsurfing… j’en ai tant et tant entendu parler! mais jamais testé encore, donc je n’ai pas de point de comparaison.
      Merci pour ton commentaire, il éclairera certainement des lecteurs de ce blog 🙂

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