Sans aucune raison, envie de partager une image de Pékin que j’aime beaucoup…

Une nouvelle vie a débuté pour moi avant-hier matin… Ce changement de vie se passe à Changzhou, dans le Jiangsu – arrière pays de Shanghai – et durera une année au moins, mon homme ayant signé un contrat ici avec une entreprise internationale.
Changement de vie, le terme ne m’était pas venu en tête avant le départ, à vrai dire pas grand chose ne m’est venu en tête avant de partir de Paris. Je n’ai réussi ni à être excitée, ni à être stressée. Je savais à quel point cette expérience serait différente de tout ce que j’ai vécu avant, y compris dans mes voyages dans l’Empire du Milieu. Il y tout un monde entre un voyage de 3 semaines, et une installation sans aucune limite de durée. Je n’ai pas pu anticiper ce départ, c’est dans doute du à la peur, mais aussi je ne voulais pas me construire d’images fausses ou préconçues.
Arrivée il y a quelques heures, je ne sais toujours pas ce qui m’attend ici : je ne ressens toujours pas la pression, et finalement, je ne ressens toujours pas de sensations fortes, je sais simplement que tout sera différent et je me laisse simplement porter.
Il faut dire que les conditions sont très bonnes, autant financières que matérielles, nous aurons notamment un appartement de fonction dans quelques jours. Aucun souci logistique à gérer, si ce n’est un travail à trouver : je souhaite partager le plus de temps possible avec les Chinois, pour améliorer mon niveau de langue mais aussi pour comprendre une culture et une mentalité qui me déroutent toujours autant, même après les cinq années que j’ai passées à m’y intéresser depuis la France et dans mes voyages.
Quelques images qui m’ont marquées depuis hier : le tissu urbain ininterrompu entre Shanghai et Changzhou, soit 150 kilomètres parsemés de chantiers ou d’immeubles; Changzhou, la ville-champignon: elle est entièrement construite d’immeubles de dizaines d’étages extrêmement récents – l’ancien bâti ne semble avoir pratiquement existé, alors que la ville n’a pas loin de 2000 ans; l’intérêt que mon homme et moi suscitons à Changzhou, il faut dire que la ville ne compte que quelques dizaines d’expatriés.
Je ne vis qu’une révolution en douceur pour le moment, mais elle nous réserve sans aucun doute bien des surprises.
En attendant plus de détails sur cette nouvelle aventure, je vous réserve la fin de mes récits de voyages pour lundi et mardi.
Lire la suiteVoyage d’avril 2007
Je quitte Shanghai en train de nuit pour gagner le Huang Shan, une des montagnes sacrées en Chine. Je me rends compte sur le quai de la gare que je ne suis pas en couchette mais en assis dur – soit la 4ème et dernière classe des trains chinois – pas classe du tout. En plus jeudi a eu lieu une sorte de Toussaint chinoise, donc tout plein de gens voyagent sans place assise pour aller honorer leurs ancêtres, beaucoup de promiscuité, de bavardages et de rigolades dans les oreilles m’empêchent de dormir jusqu’à 4 heures du mat au moins…
Rendue à Huangshan 1h30 de bus m’attendaient pour arriver à la porte de la montagne. Je m’attendais à trouver du calme et me voici dans un parc touristique géant ! Un téléphérique me mène en haut du pic car je ne veux pas monter les escaliers – je déteste monter des escaliers, je préfère les bons vieux sentiers pyrénéens !

Enfin arrivée au sommet, 4 heures après mon arrivée à la gare, j’ai du m’arrêter dans 3 hôtels pour trouver un lit dans un dortoir à 20 euros la nuit. Je me dis que randonner un peu me changera les idées… Que nenni: 2 heures de randonnées plus tard, je reviens encore plus blasée: des troupeaux de touristes chinois bouchent la vue, leur voix couvrent le calme et le chant des oiseaux.

Je réalise alors qu’aucune douche m’attend dans ce dortoir. Je réussis à négocier un remboursement et redescends la montagne à pied par les escaliers: plus de 3 heures de descente abrupte… Heureusement je rencontre 2 Belges en route avec qui on se soutient pour cette descente pentue. On trouve un hôtel bien moins cher et avec baignoire pour la nuit.
Le lendemain, j’évite de remonter dans le parc touristique: le droit d entrée est en plus de 20 euros et on arrive à trouver un chemin sans touriste qui suit une rivière et nous mène a une cueillette de thé. Première fois que je vois des arbres à thé. D’ailleurs, ce sont plutôt des arbustes!

Le soir je repars pour une nuit de train. Dans de tels endroits touristiques s’arrête ma capacité d’adaptation et de tolérance face à certains aspects du caractère chinois.
Ce coup-ci, je dors bien en 1ère classe j’arrive à Suzhou, réputée pour ses nombreux canaux, c’est aussi un fleuron du tourisme chinois. Je visite un superbe parc empli de fleurs, pierres et cours d’eau magnifiques, et de touristes, évidemment !
Lire la suiteVoyage d’avril 2007
Avril 2007: un nouveau voyage débute ici, rencontre avec un nouveau visage de la Chine.
« Tu vas voir, Shanghai, c’est spécial » m’a-t-on dit avoir mon départ… j’appréhendais un peu ce qui m’attendait, mais je me suis finalement décidée pour cette ville comme aéroport d’arrivée, voulant me faire ma propre idée. J’ai finalement bien fait : Shanghai est multiple, c’est la meilleure définition que je puisse lui trouver!
C’est avant tout une ville ultra moderne, avec des gratte-ciels qui concurrencent aisément ceux des Etats-Unis. Le quartier de Pudong, à l’ouest de la rivière Huangpu est le quartier des affaires de la ville, autrement dit un des principaux centres économiques de Chine et d’Asie. J’ai ici pris un train pointant a plus de 430km/heure, de quoi faire pâlir notre TGV national… Certains des nombreux expatriés vivant ici l’ont bien compris : on peut totalement vivre à l’occidentale dans cette ville cosmopolite.

Shanghai tient peut-être cet aspect cosmopolite de son passé colonial; sa situation portuaire explique l’installation des Européens dans les années 1840. Ce passé relativement récent, la ville n’était avant qu’un petit village de pécheurs, a laissé de nombreuses traces. Une belle architecture coloniale, souvent massive et parfois décrépite rythme les rues. C’est un des charmes de la ville : de nombreux hauts immeubles majestueux font face à Pudong, sur l’autre rive de Huangpu. Dans les petites ruelles du vieux Shanghai on croise aussi des traces de ce passe : les petites ruelles enchevêtrées donnent parfois sur une maison à porte de pierre.

Ces Shimenkou (littéralement, maison à porte de pierre) sont caractéristiques de la ville. Héritées des colons elles ont un étage et sont construites en brique rouge ou noire. Certaines sont laissées à l’abandon, d’autres sont restaurées, et exploitées pour les touristes.
Je préfère le côté un peu désuet et décalé de ces maisons que j’ai aperçues dans le vieux Shanghai. Je suis sortie du parc aménagé pour les touristes autour de Yuyuan pour pouvoir l’apprécier. Je tombe alors sur des ruelles parfois larges de 2 mètres seulement. J’alterne entre l’animation de certaines rues ou de petits métiers subsistent à même le sol, couturiers, réparateur d’horloge, coiffeur, petits boui-boui, avec le calme d’autres ruelles où de vieux Chinois jouent au carte ou aux échecs. J’apprécie particulièrement le linge étendu d’une rue à l’autre qui donne un aspect très convivial à la promiscuité du quartier.

Pour apprécier Shanghai, j’ai accepté ses cotés parfois fatigants et usé beaucoup de semelle: ses charmes qui n’ont rien avoir avec le reste de la Chine m’ont finalement gagnée !

Voyage de l’été 2006
Un soir, j’assiste au spectacle « San jie liu, Impressions » qui est un son et lumière entre rivière et montagnes. Il est orchestré par Zhang Yimou, sur les minorités ethniques de la région. Grand spectacle. Pêcheurs, ethnie Miao, Zhuang… les tableaux se succèdent et la poésie du spectacle va crescendo.
Le lendemain encore, je navigue à plaisir sur un fleuve. Le Yulong He, voisin du Lijiang. Cette fois ci mon embarcation est de petite taille: radeau en bambou pour 2 personnes seulement. La navigation est plus intime, on passe d’un bord de rive à l’autre. La végétation se laisse admirer plus facilement encore: bananiers, citronniers ou orangers me ravissent les yeux!

Après une ultime balade parmi les karsts, sur terre cette fois-ci, pour admirer le Mont de la Lune, je retourne à ma charmante pension. Elle est a quelques kilomètres du centre ville de Yangshuo. Notre vue est imprenable: dans notre chambre au 1er étage, on dort au milieu des monts karstiques!


Ainsi s’achève ce voyage de 6 semaines en Chine. Semaines marquées par la découverte des merveilles de la nature chinoise et par la rencontre avec quelques unes des nombreuses minorités ethniques de Chine: un voyage tout simplement extraordinaire…
Lire la suiteDeux jours après mon départ de Lijiang, je me retrouve sur le fleuve Li.
Je l’ai descendu en prenant part à la célèbre croisière.
Après quelques parlementations dans mon hôtel à Guilin, on me donne deux tickets pour participer à une croisière pour chinois (il y a ici un tarif pour les touristes et un tarif pour les Chinois). Cette croisière est une des activité touristiques les plus prisées de Chine, elle va de Guilin à Yangshuo, dans le Guanxi.



La croisière est à la hauteur de sa réputation. On embarque parmi un centaines de passagers. Quatre heures de naviagtion au programme. Départ par une matinée légèrement embrumée, les montagnes nous surprennent les unes après les autres. La brume laisse finalement place au soleil.
Monts en karts de plus en plus impressionnants. Je me sens dans un univers à part, quasi surnaturel. Et pourtant, c’est on ne peut plus naturel! Les karsts sont des formations géologiques plurimillénaires, qui sont aujourd’hui de couleur noire, avec ou sans végétation. On dirait une forêt de pierre qui ceinture le fleuve. Au détour des formes variées des montagnes, le paysage laisse deviner la vie des pêcheurs et paysans du coin.

Voyage de l’été 2006
Naxizhu est le terme définissant la minorité majoritaire de la région de Lijiang. Ce n’est pas dans la vieille ville de Lijiang que j’ai pu la rencontrer. Le reste de la ville et ses environs offrent par contre de multiples occasions de découverte.
Le village de Baisha est réputé pour sa fresque bouddhiste datant de plus de 6 siècles. Elle est effectivement impressionnante et a survécu à bien des péripéties (les dernières et non les moindres furent les assauts des gardes rouges). En m’éloignant du centre du village aménagé pour les touristes (série de magasins à l’appui), j’ai eu un aperçu plus réaliste de la « vie villageoise naxie ».
Ici, les personnes âgées, homme et femme sont habillées en bleue marine, couleur de leur pantalon et de leur casquette. Les femmes portent de hauts paniers en osier souvent remplies d’herbes fraîchement ramassées dans les champs. Le mandarin n’est pas toujours parlé, quand c’est le cas c’est avec un fort accent et il laisse généralement place à la langue naxie. Cette ethnie possède en effet une tradition linguistique forte puisqu’il y a une langue écrite pluricentenaire, aujourd’hui encore conservée dans des livres.

J’ai aussi eu l’occasion de discuter longuement avec une femme naxie. Il s’agissait de la conductrice du taxi qui m’a amenée au premier méandre du Yangtse, près du village de Shigu (qui n a aucun intérêt particulier si ce n’est celui d’être un village paisible habité par des Naxi !). Ma conductrice était très bavarde et a donc aussi fait office de guide régionale. Elle m’a renseigné à propos de la langue. Le naxi est parlé dans tous les foyers de cette minorité. Il y a 30 ans, l’enseignement public se faisait dans cette langue. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, les petits villageois apprennent le mandarin à l’école, mais ils parlent encore naxi avec leurs parents et grands-parents.

Ma guide m’a aussi montré les quartiers de Lijiang où habitent ces populations. Même si les Naxi représentent le tiers de la population de la ville, ils habitent en majorité à la périphérie, parfois éloignée, de Lijiang. L’architecture est celle de la
vieille ville touristique, cette dernière est en effet fidèle à l’habitat traditionnel. Mais dans ces quartiers d’habitation, la vie est plus rurale qu’urbaine: les cours sont le lieu d’élevage ou de séchage de culture, parfois de stockage de machines agricoles.


Mes deux balades m’ont donc permis de découvrir la vie rurale, loin du village-musée qu’est Lijiang! J’ai aussi apprécié les paysages de la région. Lijiang est perchée au centre d’un plateau à 2400 mètres d’altitude, entourée de montagnes plus hautes encore. Champs de maïs, de tournesols, vergers ou champs en terrasses m’ont accompagnée pendant tous les kilomètres parcourus!
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