Un court reportage de LCI à propos de la récente venue de Barack Obama en Chine: les étudiants autorisés à poser des questions ont été plus que triés sur le volet. Ah, le droit à la parole libre en Chine, quel bonheur…

Vous savez peut-être que de nombreuses bandes dessinées européennes sont traduites en chinois, Tintin notamment est assez réputé. Je suis tombée récemment par hasard sur Tom & Jerry traduit en chinois dans la librairie de Changzhou.
Grande surprise: ce cartoon incarne intégralement pour moi le pays de l’Oncle Tom et je ne m’attendais pas à le voir dans une librairie 100% chinoise… mais aussi et surtout heureuse surprise car, comme vous vous en doutez, les histoires ne sont pas trop dures à comprendre: c’est donc un très bon exercice pour l’étudiante en chinois que je suis. Le nom du célèbre cartoon américain est tout simplement traduit par 猫和老鼠 (Māo hé lǎoshǔ), le chat et la souris.
J’en discutais avec mon masseur, quand il m’a appris que Tom & Jerry était aussi diffusé à la télévision chinoise, et qu’il était n’était pas seulement traduit en mandarin mais aussi en dialecte, à savoir la langue du Sichuan. En même temps, quand on se dit que plusieurs dizaines de millions de personnes parlent cette langue, on comprend mieux pourquoi !
Lire la suiteJe prenais hier soir l’ascenseur pour rentrer chez moi, quand je me suis retrouvée face à une de mes voisines que je vois rarement avec sa petite fille âgée de 5-6 ans.
La petite fille me dévisage avec de grands yeux, et ses yeux s’agrandissent encore quand je réponds en chinois à sa maman, lorsque celle-ci me demande où je m’arrête. Les étrangers ne sont pas très nombreux à Changzhou, et j’ai cru comprendre que ceux qui parlaient chinois l’étaient encore moins, d’où le grand étonnement de la petite fille. Et là, sa maman lui dit:
Dis à tatie qu’elle est très jolie !
(tatie et tonton – 阿姨 āyí, 叔叔 shūshu – sont des appellations communément employées pour les personnes plus âgées)
Sérieusement, si vous croisez une Chinoise inconnue dans un ascenseur français avec votre fille ou avec votre nièce, pensez-vous que c’est ce que vous ferez répéter à l’enfant?
On me demande parfois si les Chinois sont racistes: je ne l’ai pas ressenti pour ma part, mais ressens par contre très souvent ce genre de curiosité. Curiosité, il est vrai, peut-être parfois insistante, mais aussi, souvent flatteuse !
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Lors du superbe été indien que nous avons eu, j’ai beaucoup apprécié les petites ruelles de Taikang Lu. Située au sud de l’Ancienne Concession Française, c’est le quartier des artistes, des boutiques branchées, d’ateliers d’artistes, avec de nombreux bars et de petits restaurants, et… des Chinois autochtones ! Contrairement aux réhabilitations de nombreux quartiers anciens, les habitants n’ont pas été déplacés et on peut les croiser en train de préparer leur repas ou d’aérer leurs oiseaux…


Ce bon coin se situe au sud de Shanghai, pas loin de Chongqing Lu, par là:

Samedi d’octobre, il est 17h, vues entre chien et loup sur la Place du Peuple et le Musée de Shanghai…



… ou du moins, je vous propose aujourd’hui quelques outils pour s’y essayer !
J’apprends le chinois mandarin depuis quelques années. Pour être plus précise, j’ai suivi 4 années de cours du soir en France version light – 1h30 par semaine, et depuis 6 mois que je suis en Chine, mon apprentissage du chinois s’est intensifié. Apprentissage au quotidien au gré de mes rencontres et discussions, apprentissage soutenu l’été dernier avec des cours particuliers en matinée pendant 4 semaines, et apprentissage individuel avec un manuel chinois depuis quelques mois.
Pour l’apprentissage au quotidien et individuel, j’utilise en complément des sites internet particulièrement utiles, notamment lorsqu’on se retrouve face à des caractères chinois inconnus.
Le premier site que j’utilise est un dictionnaire en ligne franco-chinois du site Chine-nouvelle. Il est très pratique, il suffit de taper le mot recherché en français ou en chinois dans la zone attendue. Bon point: si on écrit un caractère en chinois, il propose en dessous tous les mots et expressions composés autour de ce caractère. Ci-dessous un exemple avec 文, la liste des expressions est encore plus longue que sur cette image:

Le second site que j’utilise depuis quelques mois (découvert chez Woods) est le site nciku (qui a changé de nom pour s’appeler Line Dict en 2016). Il est en anglais, et je n’ai pas encore découvert son équivalent en français.
Son énorme avantage est qu’il propose un dictionnaire avec une zone où on peut écrire les caractères « à la main » avec sa souris. Quand vous vous trouvez seul face à un nouveau texte avec des caractères chinois inconnus – grand moment de solitude malheureusement récurrent – cela facilite énormément la recherche. Plutôt que de rechercher ces caractères dans un dictionnaire traditionnel (ce qui me prend encore beaucoup de temps), quelques clics de souris suffisent.
Ci-dessous un exemple avec 文, écrit par mes soins:

Autres avantages de nciku : une fois inscrit – gratuitement et sans spam en retour – des listes de vocabulaires se créent automatiquement avec les caractères recherchés, et on peut alors réaliser des tests de mémorisation, imprimer ces listes… Aussi, beaucoup d’exemples accompagnent les définitions des mots. Tout comme pour les mots, on peut écouter ces phrases écrites en caractères seulement dans un premier temps, en ayant le pin yin dans un second temps, seulement quand on survole le mot avec la souris ou quand on veut écouter la prononciation.
Ci-dessous une capture d’écran pour le même caractère: à gauche toutes les définitions du mot, à droite la même page avec le pin yin qui s’affiche quand je passe ma souris sur l’exemple de la définition n°6.

A mon avis, ces 2 sites sont complémentaires. Et surtout, ils complètent parfaitement – sans pour autant remplacer – un apprentissage avec un manuel classique, particulièrement si on n’a pas d’enseignant.
Le premier dictionnaire, vous le trouverez donc ici; et le second là .
Et vous, connaissez-vous d’autres bons outils pour apprendre le chinois en ligne?
Lire la suiteLa peur est ce que je déteste le plus au monde. Elle nous empêche de vivre pleinement: à cause d’elle, on crée des barrières conscientes ou inconscientes à notre épanouissement.
Je suis plutôt une personne qui réfléchit intuitivement, dans l’instant, et qui prend les décisions de la même manière. Je n’ai absolument pas à me plaindre de ma vie, et généralement, je ne ressens pas la peur. Mais quand je suis à un tournant dans ma vie et que je prends le temps de vraiment me poser, un creux se crée au creux de mes entrailles et toute ma rationalité s’emploie à le faire fuir, mais parfois, il persiste.
Il persiste aujourd’hui. Cela fait six mois (déjà!) que je vis en Chine, à Changzhou, avec mon conjoint. Nous sommes arrivés ici pour le travail de mon homme, avec ma motivation pour mieux connaître la Chine en toile de fond. J’ai trouvé un poste d’enseignant ici, ce qui n’est pas mon domaine professionnel à la base. Et puis, une opportunité s’est présentée. J’ai accepté un nouvel emploi à Shanghai. Apprentissages et challenges. Nouvelle vie. Mon conjoint me soutient, et c’est énorme. Mais maintenant qu’une page est prête à se tourner, je ressens cette peur de quitter ce que je venais de construire ici, qui est aujourd’hui acquis; facile et agréable à vivre à la fois: on sait ce qu’on quitte, on ne sait pas ce qu’on trouve.
La peur de me perdre aussi dans ce nouvel environnement. Je vais être au centre de la machine économique chinoise, loin de la culture intellectuelle, mais proche du quotidien de beaucoup de Chinois. Serai-je fidèle à mes valeurs humaines, ne me laisserai-je pas dévorer par l’hyper capitalisme shanghaïen?
Aussi, la peur de changer et d’avoir du mal à rentrer en France. Ce nouveau travail inaugure une durée non déterminée. Ce n’est plus une parenthèse dans ma vie française que je vis ici mais bel et bien un nouveau chapitre que je m’apprête à écrire. Et mes proches laissés en France ont aussi leur vie qui continue, qui change. Aujourd’hui j’ai déjà parfois du mal à partager avec eux ce que je vis ici. Qu’en sera-t-il les mois et les années passant? De retour, arriverai-je à me ré-acclimater à ma vie d’antan? Il y aura-t-il une place pour ce nouveau moi dans leur vie?
Ces peurs sont, je l’espère, passagères, même si certaines questions fondamentales resteront dans un coin de mon esprit. Mais il est certain que seul l’avenir me permettra de combattre les premières et de répondre aux secondes…
Lire la suiteDepuis que je côtoie la Chine et d’autant plus depuis que j’y vis, j’essaie de comprendre ce pays complexe sans jugement hâtif et en me détachant autant que possible de ma grille de lecture occidentale. Et ce n’est pas tous les jours facile, surtout pour les questions sociales.
La Chine est un pays communiste. Officiellement. Dans les faits, c’est le pays le plus capitaliste que je n’ai jamais vu de mes propres yeux. L’argent est la loi suprême (comme dans beaucoup de pays, c’est certain), mais ici, c’est vécu avec si peu de pudeur, et sans aucun souci des dégâts collatéraux. Quand mon conjoint a demandé à un de ses collègues ce que c’était le communisme à ses yeux, la réponse était « chacun a le droit de s’enrichir »… Cette prépondérance de l’argent roi est si présente qu’il semble que toutes les autres règles sont secondaires, voire inexistantes. Avec de l’argent, tout est possible ici. TOUT. Tous les accidents dus à des mauvaises conditions de travail impensables en témoignent trop régulièrement.
Autre point qui me touche beaucoup ici: les inégalités au quotidien. Il y a deux classes sociales en Chine. Ceux qui sont bien nés et les autres. Parole de masseur, il y a à peine quelques heures: nous parlions alors de salaires et de niveaux de vie, et à ses yeux son salaire (350€ – plutôt dans la fourchette basse pour la région) était bas mais « pas trop mal, puisque je suis paysan ». Comme si le fait d’être paysan, et donc pauvre, était une donnée immuable. Une sorte de caste?
En pleine réflexion sur ces propos, je rentrai chez moi à pied en me disant « quel froid, vivement que je retrouve mon chauffage » (il fait 5°C en ce moment), et là, je croise un campement de Mingong à même la rue – les Mingong sont des ouvriers venus des campagnes, corvéables à merci, mal payés et travaillant dans la majorité des chantiers urbains; c’est grâce à eux que s’est produit le « miracle chinois ». Les nuits flirtent avec 0°C en ce moment, et ces ouvriers dorment dehors, sur le trottoir, sur une planche en bois posée à même le sol, sous une bâche… Beaucoup d’ouvriers (peut être tous?) des chantiers de Chine vivent dans ces conditions… dans l’indifférence générale.
Et oui, car la vie de tous les Chinois n’a pas la même valeur. L’indifférence est générale ici entre les Chinois qui ne se connaissent pas. Soit on fait partie du groupe (d’amis, de la famille, etc…), soit on est un étranger, qui peut mourir de froid dans la rue. Cela arrive chez nous aussi, bien sûr, mais ici c’est tellement plus courant et flagrant… et accepté dans l’indifférence générale, avec le credo sous-entendu ou clairement énoncé « de toute façon, on est trop nombreux ». En cas d’accident de la circulation, les badauds regarderont ce qui se passe ou passeront leur chemin, mais jamais ne porteront d’aide à la personne au sol…
Dernier point, qui ne fait qu’amplifier les précédents. Une autre classe existe en Chine. La classe politique, qui est forcément en position de plein pouvoir car unique, mais aussi en pleine possession des pouvoirs économiques. Une sorte d’oligarchie capitaliste au sein du gouvernement communiste. Car ceux qui détiennent les pleins pouvoirs politiques sont ceux qui détiennent les rennes de l’économie (avec la privatisation des entreprises d’état…). Et cela ne fait qu’amplifier tout ce dont je viens de parler.
Je n’ai qu’un regard subjectif et partiel évidemment. Au bout de 6 mois passés ici, je ne prétends pas tout savoir ni tout comprendre. Mais je ne suis témoin que de plus d’injustices jour après jour…
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Mise à jour du 22 novembre:
En parlant des mauvaises conditions de travail, je ne pensai pas coller de si près à l’actualité: un coup de grisou a fait des dizaines de morts dans la mine de Xinxing, dans le Nord de la Chine en ce samedi 21 novembre… Nous ne sommes pas dans une reprise de Germinal, mais bien au cœur de la seconde puissance mondiale.
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