Fidèle à mes envies voyageuses, je suis partie fêter le nouvel an en République Tchèque.
A l’origine de ce séjour, une discussion avec Emilie, une très bonne amie vivant à Liberec, une petite ville tchèque, depuis un an.
– Tu fais quoi pour le Nouvel An ?
– Je vais dans une fête organisée dans une salle des fêtes d’un petit village près de Liberec.
L’idée de fêter un nouvel an dans une salle des fêtes au bout de l’Europe dans une langue différente au milieu d’inconnus pique ma curiosité :
– Je peux me joindre à toi ? mes parents cherchent à me faire un cadeau pour Noël, j’avais pas d’idée, mais demander des billets d’avion pour Prague me parait réalisable…
Et hop, le plan était établi…
J’arrive vendredi vers 20h, Roman, mon chauffeur d’un soir, m’attend à l’aéroport – je pars moins de 72 heures et je préfère économiser un peu de temps qu’un peu d’argent pour rejoindre mon amie. Outre ce dernier point, cela s’avère être une bonne idée : Roman est très sympa.
Il dit qu’il parle mal anglais, je ne trouve pas. Il a 42 ans, il a deux enfants, dont un fils de 24 ans qu’il a eu avec sa femme. Il est heureux d’être toujours avec elle. Il est chauffeur de taxi depuis deux ans. Avant, il travaillait pour une société de transport et encore avant il été chauffeur pour l’aéroport. Mais il a eu de mauvais patrons à chaque fois. Qui ne payaient pas ses heures supp’ et il en faisait vraiment beaucoup. Maintenant, il est son propre chef. C’est dur, avec la crise. Il est facile d’avoir une carte de taxi ici, mais il n’y a pas assez de travail pour tous. A moins, il travaille pour lui. C’est dur pour son fils aussi. Il travaille dans l’immobilier. Il y a 4 ou 5 ans, ça allait. Maintenant, il y a des mois où il doit demander à son père de l’aider. Mais Roman préfère la société de maintenant à celle du temps du communisme. Il avait 20 ans à la révolution. Avant, il souffrait surtout de ne pas pouvoir se déplacer comme il le voulait, il n’était pas libre. Aujourd’hui, ses enfants sont grands, il peut partir avec sa femme en week-end pour voir des villes différentes.
On continue la discussion tout le trajet, qui dure pratiquement deux heures. On dirait que je roule aux côtés d’un ami…

Samedi, je passe une bonne partie de la journée à papoter avec mon amie. Tout en découvrant Liberec. C’est une petite ville très « empire austro-hongrois ». De beaux bâtiments type Sudète ponctuent la ville. Ils sont de couleur gâteau à la crème. C’est calme, coloré et vert comme ville. Et un peu ambiance station de ski aussi. On est au pied de massifs montagneux, qui même de basse altitude, sont bien aménagés pour les sports de nature.
Le midi, on se régale de patates et autres féculents sous toutes leurs formes (croquette, boulette, beignet). On se prépare ensuite à célébrer le nouvel an…



