2010 en Chine * les 10 choses que j’ai le moins aimées
Déc 20, 2010 La Chine au quotidien 6

Je continue le bilan de cette année en Chine, aujourd’hui, une liste bien moins sympathique que mon top 10 de l’année, car je vous parle des dix choses qui m’ont le moins plu dans mon quotidien chinois:

Vis à vis des Chinois

1. Être trop souvent choquée par des défauts très répandus ici (l’impolitesse, la valeur suprême de l’argent, le non-souci de l’environnement et la non-valeur de la vie humaine)

2. Réaliser que de tant de Chinois sont maintenus dans l’ignorance face à certains aspects de leur histoire et de l’actualité

3. Voir tant d’inégalités en Chine, inégalités si injustes car liées au lieu de naissance, et si difficiles à surmonter

4. Avoir du mal à imaginer l’alternative à ce gogov., à mes yeux à l’origine de tant de soucis en Chine

Vis à vis de la France et des Français

5. Suivre l’actualité française et ne pas aimer ce qu’il en ressort

6. Se sentir étrangère à de nombreux Français vivant ici, être parfois souvent gênée par l’attitude de mes compatriotes

Vis à vis de moi-même

7. Réaliser que mon ouverture d’esprit n’est pas innée, mais au contraire souvent remise en question; être moins sûre de mes valeurs

8. Me sentir piégée en participant plus que je ne l’aurai souhaité à un monde qui ne me plait pas

9. Être loin des actualités majeures de mes proches (naissance, mariage…)

10. Se sentir seule, parfois; sentir mes proches si loin de moi, physiquement, et moralement aussi.

Demain, dernier volet de cette série de bilans, ne vous inquiétez pas, je terminerai l’année sur une note bien plus positive!

6 comments on “2010 en Chine * les 10 choses que j’ai le moins aimées

  1. Je te suis tout à fait Woods: mes amis (et collègues) chinois m’ont également fait remarquer que les Français sont bien plus désagréables que les autres étrangers ici… Ce serait intéressant de trouver les raisons à cela: complexe de supériorité historique ou bien…?

  2. Je suis malheureusement d’accord sur le point 6. Je sors beaucoup moins qu’avant donc je le ressens moins, mais si ce n’est pas moi c’est un ami. Ce sont toujours les memes histoires, des francais hautains, fiers, peu respectueux, et j’en passe. Et quand c’est un ami chinois qui vous raconte ce genre d’histoires, difficile de savoir quoi répondre.
    — Woods

  3. je ne t’écris pas, mais je rentre toutes les semaines sur ton blog. Tu n’es pas seule. Mais la solitude reste dans le coeur quand on est loin de quelque chose/quelqu’un qui nous manque… A très vite.

  4. 1-la valeur suprême de l’argent ? au moins c’est plus saint qu’en France où parler d’ ‘argent , le montrer voire même en gagner est à même de vous trainer au bûcher.c’est légitime de vouloir à tout prix hausser son niveau de vie.de plus Shanghai, c’est pas vraiment la chine.

    l’impolitesse ? bof , se faire bousculer dans le métro où se faire passer devant n’est pas spécifique à la Chine et on s’y fait vite.on peut pas dire que Paris soit la capitale de la politesse.

    le non-souci de l’environnement ? on est dans une agriculture, une industrie qui doit satisfaire plus d’un milliard de personnes donc par exemple pour la filière bio et ses rendements faméliques, on repassera.De plus,de quel droit interdire aux chinois ou aux indiens de consommer pour notre « confort d’occidental » ? Mais les choses changent : plus le niveau de vie augmente plus la demande d’une certaine qualité de vie est forte….laissons au chinois le temps de parcourir leur chemin au lieu de vouloir imposer nos normes occidentales.

    -la non valeur de la vie humaine ?disons que ce n’est pas parce qu’il y a pas un « welfare state » à la française qu’il n ‘y a pas de(s) solidarité(s).C’est à l’intérieur des familles, du clan au sens large ( le quartier, le district) que cette solidarité se passe.De plus, les chinois participent plus à des opérations de charité qu’on ne le croit.Dans la fac où j’enseigne, il y a sans cesse des opérations de charité ou des opérations de style ONG pour les enfants des campagnes qui sont organisées par les étudiants.

    4- Au contraire, je trouve le pouvoir central très technique et très pragmatique pour gouverner la « chine corporation ». le moindre problème fait l’objet d ‘un attention particulière ( bulle immobilière, inflation etc , le chômage des jeunes diplômés va être combattu grâce à toute première loi concernant l’immigration laowai en 2011 )….chaque fois que j’ai eu l’occasion de discuter avec des caciques du PCC , ils sont très au fait de tout ce qui se passe et des problèmes à résoudre…..Après c’est certain, la corruption et les satrapes des provinces, c’est une autre paire de manche.Mais au moins, en Chine, c’est le pouvoir qui dompte l’économie et pas l’inverse comme en Europe avec le succès que l’on voit .

    6- Concernant les français en Chine, tout dépend je pense le milieu professionnel dans lequel on évolue. Dans mon domaine, je ne rencontre presque que des littéraires parfois vivant en chine depuis des décennies en totale immersion..Après c’est certain, si les expatriés des entreprises vivent comme je l’ai vu lors de mes études au Cambodge ( en gros colon vivant sur le pays et sans respect), je comprend aisément que cela choque mais bon,en retour, les autochtones adorent les plumer.

  5. (je corrige mes coquilles et je rajoute des choses)

    1-la valeur suprême de l’argent ? au moins c’est plus sain qu’en France où parler d’ ‘argent , le montrer voire même en gagner est à même de vous trainer au bûcher.C’est légitime de vouloir à tout prix hausser son niveau de vie.de plus Shanghai, c’est pas vraiment la Chine.

    L’impolitesse ? bof , se faire bousculer dans le métro où se faire passer devant n’est pas spécifique à la Chine et on s’y fait vite ( après c’est subjectif ).On peut pas dire que Paris soit la capitale de la politesse.

    le non-souci de l’environnement ? on est dans une agriculture, une industrie qui doit satisfaire plus d’un milliard de personnes donc par exemple pour la filière bio et ses rendements faméliques, on repassera.De plus,de quel droit interdire aux chinois ou aux indiens de consommer pour notre « confort d’occidental » ? Mais les choses changent : plus le niveau de vie augmente plus la demande d’une certaine qualité de vie est forte….Laissons aux chinois le temps de parcourir leur chemin au lieu de vouloir imposer nos normes occidentales.
    -la non valeur de la vie humaine ?Disons que ce n’est pas parce qu’il y a pas un « welfare state » à la française qu’il n ‘y a pas de(s) solidarité(s).C’est à l’intérieur des familles, du clan au sens large ( le quartier, le district) que cette solidarité se passe.De plus, les chinois participent plus à des opérations de charité qu’on ne le croit.Dans la fac où j’enseigne, il y a sans cesse des opérations de charité ou des opérations de style ONG pour les enfants des campagnes qui sont organisées par les étudiants.
    Enfin certains évènements qui paraissent choquant pour un occidental, le sont beaucoup moins lorsque l’on sait les dessous de l’histoire.Prenons par exemple le cas des expropriations . Dans le journal européen, on dira que la famille a été expulsé avec un pécule ridicule etc etc.Mais dans les faits ? Dans la majorité des faits, le pécule ridicule vient du fait que pour ne pas payer de taxe, la maison a été sous évaluée en complicité avec un fonctionnaire qui a touché un pot de vin.Or l’Etat lorsqu’il exproprie se base sur ses registres et donc ne va prendre en compte que la sous évaluation. Je connais quelques chinois ,en règle, pour qui être exproprié fut la fête à la maison : pouvoir s’installer dans un appart tout neuf à pudong etc

    4- Au contraire, je trouve le pouvoir central très technique et très pragmatique pour gouverner la « chine corporation ». le moindre problème fait l’objet d ‘un attention particulière ( bulle immobilière, inflation etc , le chômage des jeunes diplômés va être combattu grâce à toute première loi concernant l’immigration laowai en 2011 )….chaque fois que j’ai eu l’occasion de discuter avec des caciques du PCC , ils sont très au fait de tout ce qui se passe et des problèmes à résoudre…..Après c’est certain, la corruption et les satrapes des provinces, c’est une autre paire de manche.Mais au moins, en Chine, c’est le pouvoir qui dompte l’économie et pas l’inverse comme en Europe avec le succès que l’on voit .

    6- Concernant les français en Chine, tout dépend je pense le milieu professionnel dans lequel on évolue. Dans mon domaine, je ne rencontre presque que des littéraires parfois vivant en chine depuis des décennies en totale immersion..Après c’est certain, si les expatriés des entreprises vivent comme je l’ai vu lors de mes études au Cambodge ( en gros colon vivant sur le pays et sans respect), je comprend aisément que cela choque mais bon,en retour, les autochtones adorent les plumer.

  6. @ Maître Shifu, merci pour ce long commentaire.

    Je précise certains points:
    – le but de cet article n’était pas de comparer la France à la Chine (loin de moi l’idée de dire que la France est mieux que la Chine), ce sont des constats et ressentis basés sur mon expérience (et qui varient sans aucun doute en fonction de chaque expérience)
    – pour l’environnement, certes il faut du temps à la Chine je suis bien d’accord avec vous, mais je ne me ferai jamais à une attitude insouciante (je pense par exemple à l’habitude de jeter des papiers partout, même dans des sites naturels magnifiques).
    – non-valeur de la vie humaine: je pense par exemple aux gens qui gisent régulièrement sur le bord des routes, ou ceux qui ne pourront jamais se soigner faute de revenu. Et je suis d’accord avec vous sur l’importance des clans et leurs cercles de solidarité en Chine.
    – pour le gogov. je ne dis pas qu’il est mauvais en bloc, justement: contrairement à ce que je croyais naïvement à une époque, je n’arrive pas à imaginer par quelle alternative le remplacer.

    Un dernier point, Shanghai est chinoise, tout simplement car peuplée par 20 millions de Chinois et située en Chine. Après elle est très internationale également, mais l’un n’empêche pas l’autre 🙂

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