Je n’avais jamais mis les pieds au Moyen-Orient. C’est pourtant une des régions du monde dont on parle le plus dans les médias et ma curiosité naturelle est souvent piquée…

Jusqu’à ce que je m’envole pour trois jours à El Gouna, sur la côte de la Mer Rouge d’Egypte.
Trois jours pour me faire une toute petite idée sur cet ailleurs, idée parcellaire mais au moins subjective et sincère.

Mer Rouge, Egypte

Quelle image ai-je de l’Egypte et de cette région avant mon départ? Des guerres, des populations déchirées, fanatisées. De brillantes civilisations aujourd’hui amoindries, pour ne pas dire anéanties par guerres et extrémisme. Là où notre civilisation occidentale a pourtant commencé…

L’Egypte, dont on entend épisodiquement parler dans les médias. Ces jours-ci surtout avec les élections approchantes, le durcissement du gouvernement de transition et les espoirs oubliés des Révolutions Arabes…
L’Egypte aussi des livres d’histoire de mon enfance. Les momies, les pyramides, les pharaons.
Ce n’est pas à cette Egypte que je goûterai, mais bel et bien à un bout d’Egypte d’aujourd’hui.

El Gouna, un monde à part en Egypte

Je le réalise rapidement : je passe trois jours à El Gouna et non pas trois jours en Egypte.
Pourquoi une telle précision ? Car El Gouna est une cité à part dans le pays. Elle appartient à la société Orascom. Une ville privée ! Une expérience inédite, qui a donné du grain à moudre à mon cerveau pour tout mon séjour. Ville privée rime pour moi avec sursécuritaire…
Si la ville d’El Gouna est bien sécurisée, c’est surtout un modèle de développement urbain. C’est la première ville écologique du pays, l’architecture, bien que moderne (la ville fête ses 25 ans), est belle, et la nature parfaitement implantée. Tout le contraire de sa voisine Hurghada à ce que les gens sur place me racontent.

Mais quand même, une ville privée, dont l’accès est restreint, cela m’interpelle. Jusqu’à y réfléchir sous un autre angle : si l’Etat ne parvient pas à bien gérer cette zone et si des personnes ayant les moyens s’organisent pour pallier à cette absence, est-ce un mal ? Je n’ai franchement pas la réponse, mais si je pose la question en ces termes : la région serait mieux avec ou sans El Gouna? la réponse est clairement avec ! Car la ville est écologique (désalinisation de l’eau, filtrage des eaux usées pour arroser les plantes etc.), construite en harmonie avec la nature, et enfin El Gouna est créatrice d’emplois et de richesses pour la région…

En d’autres termes, El Gouna est un paradis pour les vacanciers : en plus d’être pratique & sûre, elle borde la superbe Mer Rouge.
De nombreuses activités y sont proposées, et je retiendrai notamment le golf, la plongée et le Kite Surf (planche de surf reliée à une grande voile), certains passionnés m’ont même dit qu’El Gouna était le « Paradis du Kite Surf », rien de moins!

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

Mer Rouge, Egypte

Les plaisirs matinaux en bord de Mer Rouge

Pendant mon (trop) court séjour, je décide de profiter le plus possible de la Mer Rouge. Me voici levée à 5h30 du matin pour guetter le lever du soleil sur la mer.
Je suis plus que jamais inspirée par la nature.
Je vous livre ici quelques lignes poétiques issues de cette merveilleuse matinée…

Lever de soleil sur la Mer Rouge en Egypte

*Se réjouir de superbes symphonies données par les oiseaux matinaux.

*Ecouter le vent chanter dans les branches des palmiers.

*Assister à une danse élégante de quatre mouettes, dont l’ombre parfaite se découpe dans le rosé d’avant le levant.

*Attendre l’astre suprême devant la Mer Rouge, et admirer l’eau se rider de plaisir dans les lueurs orangées et ventées.

*Regarder le soleil se lever, droit dans les yeux.

*Etre (presque) divertie par une mouette battant des ailes à tout va, mais revenir au lever du soleil occupant toute la beauté du ciel.

*Le soleil levé, voir un arc-en-ciel de couleurs en son dos.

*Baisser les yeux pour griffonner quelques lignes. Relever la tête et s’étonner : la course du soleil est inexorable, droite, décidée.

*Être surprise que la nuit cède si vite face au matin.

*Simplicité, évidence et beauté du moment. Bonheur de la pleine présence face à sa complète beauté. Devant moi, le soleil, derrière, la lune.

Lever de soleil sur la Mer Rouge en Egypte

Lever de soleil sur la Mer Rouge en Egypte

Les trésors de la Mer Rouge

Après une courte sieste pour me remettre de ces beautés, je m’arme de masque, palmes et tuba pour une session snorkelling, qu’on appelle aussi « randonnée subaquatique ».

Je vogue sur les flots de la Mer Rouge, beaucoup. A contre-courant, le bateau n’épargne pas nos estomacs.
Arrivée à bon port, au milieu de la mer, je me retrouve à quelques dizaines de centimètres au-dessus de récifs coralliens.
J’apprends alors que la Mer Rouge est un « spot » de plongée de renommée internationale. Et vu ce que j’en vois pendant ces quelques heures, je ne peux qu’approuver.
Les mots manquent pour décrire ces beautés sous-marines et ici encore je préfère vous livrer une nouvelle liste :

 Mer Rouge, Egypte

*Observer les coraux aux tons rosés et comprendre l’origine du nom « Mer Rouge ».

*Voir poissons perroquets, zèbres ou baudruches et autres zancles.

*Imaginer les arcs-en-ciel pâlir de jalousie face aux poissons perroquets. Turquoise tranché de jaune et de rose. Des odes à la lumière à eux seuls.

*Observer nager un poisson. Recevoir une leçon d’anatomie en direct : un coup de nageoire, puis de l’autre, contrôle des virages.

*Aimer les coquillages fermés aux épaisses lèvres marine ou turquoise.

*Se retrouver au cœur d’un ban de poissons zèbre.

*Observer les poissons bécoter, picorer ou gober les coraux.

*Suivre un poisson perroquet, longtemps. Perdre la notion du temps. Être épuisée et ravie.

Mer Rouge, Egypte

Arrive alors l’inattendu. « On verra peut-être des dauphins sur le chemin du retour » nous dit notre accompagnatrice. Je n’y crois pas vraiment, ce doit être là le couplet servi à tous les touristes.
C’est sans compter sur notre accompagnateur-vidéaste, qui s’avérera être un interprète humain-dauphin hors pair.
Fiuut, fiuut, fiuut. Son sifflement est net et précis.

Fiuut, fiuut, fiuut. Ces coups brefs et saccadés flottent encore en moi quand j’écris ces lignes.
Et ça marche. « Il y en a trois » s’exclame Julie alors que je me remets au fond du bateau. Raté, me dis-je, ce ne sera pas pour moi aujourd’hui.
C’était mal connaître les dauphins de la Mer Rouge. Fiuut, fiuut, fiuut.

Les dauphins de la Mer Rouge sont joueurs.
Ils aiment sauter dans les vagues et n’ont pas peur des hommes.

Frisson au premier trio de dauphins aperçu. Je ne peux contenir des cris de joie.
J’en verrai des dizaines en ce beau jour de mai.

Les dauphins de la Mer Rouge glissent sur l’eau, jouent avec notre bateau, passent à droite, à gauche, piquent du nez dans les vagues pour mieux ressortir quelques brassées plus loin. Leur peau luit au soleil, réfléchit la lumière parfaite.

Fiuut, fiuut, fiuut.
Pas de danse glissant au fil des flots. Majesté et harmonie se dégagent de chacun de leurs mouvements. 
Fiuut, fiuut, fiuut.

Mer Rouge, Egypte

(c) Jade from Paris

Quelques photos d’El Gouna encore

Je ne me résous pas à les effacer…

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

El Gouna en bord de Mer Rouge, Egypte

Lever de soleil sur la Mer Rouge en Egypte

Lever de soleil sur la Mer Rouge en Egypte

El Gouna en pratique

Dormir au Club Paradisio, avec la meilleure plage d’El Gouna !
Y aller avec Egypt Air

Connaissez-vous les bords de la Mer Rouge ou El Gouna?
Au plaisir de lire vos avis & commentaires…

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22 Responses to “3 jours à El Gouna, ou un break en bord de Mer Rouge en Egypte”

  1. Édouard dit :

    Super récit . Sharm El Cheikh. Marsa et Ras Sidr sont aussi belle que El Gouna si pas plus.
    La Cote Nord ouest Alexandrie reste une merveille

  2. Amélie dit :

    Dis donc tu as été inspirée par ce séjour… moi qui n’aime pas trop les resorts tu m’aurais presque convaincue! :)

  3. Alain dit :

    Un paradis pour les touristes, certainement.
    Une ville écologique, peut-être, il faudrait savoir comment elle se procure et consomme son énergie.
    Une ville qui assure un développement durable, c’est encore mieux : Qu’en est-il de l’efficacité économique et surtout de l’équité sociale avec le développement de telles villes ?

    • Ye Lili dit :

      Merci pour ton commentaire Alain!
      Je n’ai pas les réponses aux questions que tu poses. Cela ne m’a pas laissé indifférente, comme je le mentionne ici, mais franchement, je n’en sais rien. Comme je disais dans l’article, je pense que malgré tout la région est mieux avec El Gouna!

  4. argone dit :

    j’avais eu également la proposition d’y aller … mais je ne savais pas que c’était une ville privée ! Trois petits jours qui ont dû passer bien vite, dans ce Club Paradisio … J’ai eu la chance de faire un tour en bateau, entouré de dauphins, lors de mon séjour à la Dominique, c’était magique … merci pour ton article, ça me fait rêver !

  5. Didier dit :

    Comme je suis de nature curieuse lorsque je lis des récits de voyages presque trop parfaits, je me demandais juste si ce voyage était de votre initiative personnelle et financé vos deniers ou si voua aviez été invitée, totalement ou partiellement, par le ressort cité, l’Office du Tourisme et/ou quelques autres ?
    Suivant la réponse, l’article ne se lit plus de la même manière…

    • Ye Lili dit :

      Didier, la curiosité est un bon défaut, que je partage allègrement !
      Quand vous dites « des récits de voyages presque trop parfaits » je ne sais pas vraiment comment le prendre. A quoi faites-vous allusion?
      Pour votre information, je ne passe sous silence aucun des aspects de mon voyage. Sur cet article, comme sur les centaines d’articles sur ce blog, je mets en avant ce que j’aime, cite ce qui peut me déranger et suis avant tout honnête!
      Et oui, j’ai été invitée (et ne m’en cache pas). On me demandait il y a peu sur facebook comment je faisais pour voyager autant, et je répondais que mes 5 ans de blogging, passés dans l’ombre et pour l’amour de l’art, aboutissent parfois à des invitations dans de belles contrées.
      Et pour vous répondre sur le dernier point « Suivant la réponse, l’article ne se lit plus de la même manière… », lisez l’article comme bon vous semble, mais il est écrit en toute honnêteté comme l’ensemble de mon blog!

  6. letieou dit :

    Une ville privée ! Mince ! Je serais bien curieux de savoir comment cela se concrétise, une ville privée.
    Finalement tu n’étais pas en Egypte alors… Plutôt en mer rouge, non ?

  7. Didier dit :

    Je suis resté 1 semaine à El Gouna, mais en tant que séjour 100 % plongeur scaphandre ! je confirmerai donc simplement l’intérêt des fonds marins, comme l’est toute la Mer rouge d’ailleurs! Mais je ne savais pas que c’était une ville privé !

    • Ye Lili dit :

      Merci pour ce commentaire Didier!
      Avant ce départ, je ne savais pas que la Mer Rouge avait de si beaux fonds… Maintenant tous mes lecteurs le savent aussi :)

  8. chrissand dit :

    Je ne connaissais pas du tout ce coin de l’Égypte avec ces villes privées. Mais n’est ce pas un peu trop touristique justement?
    Est il possible de se rendre une journée visiter les pyramides.

    • Ye Lili dit :

      L’endroit est clairement touristique, mais n’en est pas moins désagréable. On n’a pas du tout la sensation d’être serré ou d’être harcelé comme dans d’autres lieux touristiques…
      Par contre pour les pyramides, je ne pense pas que ce soit tout proche, mais je n’ai pas d’infos détaillées à ce propos, désolée!

  9. Didier dit :

    Bonjour et merci pour votre réponse en toute honnêteté…

  10. Catherine dit :

    Surprenant ce concept de ville privée. Je connaissais déjà le concept de ville auto-gérée comme Auroville en Inde mais je ne crois pas qu’elle soit privée, plutôt administrée comme une commune avec des représentants telles les « gated-community » aux Etats-Unis dont les espaces sont gouvernés par les propriétaires sans intervention du gouvernement. J’ai trouvé ce lien sur internet concernant des villes privées au Honduras : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/09/05/liberal-trois-villes-privees-vont-bientot-sortir-de-terre-au-honduras/
    L’article date de 2012… je ne sais pas si le projet a abouti !

    • Ye Lili dit :

      Hello Catherine!
      merci pour ton comm!
      J’ai entendu parler d’Auroville il y a peu et ça m’intrigue pas mal…
      Merci pour cet article, ça éclairera ceux qui sont interpelés par ce sujet :)

  11. Anne dit :

    Encore une raison de plus d’aller en Egypte!

  12. olaga dit :

    j’aime beaucoup cette article.
    je dois décidée d’aller a Egypte .
    merci pour le partage .

  13. Jack dit :

    Je ne connais pas l’Egypte.
    Merci pour toutes ces informations.
    Les photos sont très jolies.
    Merci pour le partage de cet article.

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