Cet article est dans mes brouillons depuis quelques mois déjà, depuis 6 mois exactement, car à l’heure où je tape ces lignes Fils a déjà 22 mois.

Dans la lignée de mon article voyager enceinte, je m’étais promis de partager mon expérience « comment j’ai voyagé sans bébé » en ces colonnes – avec du retard, donc, nous y voici.

En juillet dernier, je suis partie 2 semaines en Namibie avec mon cher et tendre, laissant mon bébé de 16 mois à mes parents et… tout s’est bien passé.
Les jours approchant le départ, je n’étais pas très sûre de cette décision et j’écris ces lignes pour partager cette expérience avec des parents voyageurs qui se trouveront peut-être dans la même situation que moi.

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Le contexte…

Le contexte est primordial. Dans notre cas, j’étais déjà partie sans Fils (danser à Vienne ou sur l’Île Maurice), mais il était alors dans les très bonnes mains de son père.
Ce voyage en Namibie était prévu de longue date: un voyage gagné grâce à ce blog, qui avait déjà été reporté maintes fois et pour lequel on m’offrait alors la participation de ma moitié. Le voyage était itinérant : plus de 4 heures de voiture par jour, des étapes différentes chaque soir ou presque. Je le savais, Fils ne profiterait pas du voyage et le rythme serait trop intense pour lui.

Autre point important du contexte: l’alternative de garde. Dans notre cas, mes parents, et notamment ma mère, s’étaient portés volontaires pour garder leur petit-fils. Mes parents vivent à Toulouse et nous à Paris, mais ils ont vu régulièrement Fils pendant sa première année. Et surtout : ils se le « sentaient », ils étaient motivés pour le garder.

Nous avons donc décidé de laisser Yann 17 jours chez ses grands-parents (deux semaines de voyage et trois jours de transports en sus).

Juste avant le départ

Je suis partie à Toulouse laisser Fils et j’ai passé deux nuits avec lui sur place. Je lui ai tout expliqué à plusieurs reprises et n’ai menti sur rien. « Papa et Maman partent en voyage et tu vas rester avec Papi et Mamie ». A 16 mois, Fils ne parlait pas, mais comprenait ce que je lui dis, j’en suis sûre.

De son côté, avant le départ, aucune manifestation particulière.
Par contre, du mien, la pression a commencé à monter « Ai-je fait le bon choix? » « Est-ce que ça va bien se passer? » « Ne vais-je pas trop lui manquer? » La culpabilité a fini de me faire douter…

J’ai cherché du réconfort chez mes amies « travel-mums » sur twitter et je n’ai pas trouvé autant d’échos à ma situation que je l’aurais cru : je vous laisse cliquer sur le tweet ci-dessous et lire les réponses.
Que les deux parents voyagent sans leur enfant en bas-âge n’est pas évident !

Et puis je suis tombée sur un texte d’Aldo Naouri, pédiatre qui a une place à part pour nous, car nous l’avions rencontré avant notre mariage, alors que nous nous posions pas mal de questions sur la mixité culturelle. Aldo Naouri disait peu ou prou qu’il avait toute confiance en les grands-mères, qu’elles avaient été mères avant elles-mêmes et qu’elles savaient comment gérer les tout-petits. Cette simple évidence m’a rassurée.

Nous sommes restés fidèles à notre plan et nous sommes partis. J’ai quitté Fils chez mes parents, en lui disant au-revoir sur le pas de la porte, alors que mon père m’emmenait à l’aéroport de Toulouse.

Pendant le voyage

Pendant le voyage, de ce que nous a dit ma mère, Fils n’a pas souffert de notre absence. Tout s’est passé comme à l’accoutumée : il a fait ses nuits, bien mangé, fait ses siestes, câliné ses grands-parents, découvert les joies d’avoir des cousins, s’est beaucoup amusé avec le chien et dans le jardin… Ma mère me partageait le détail de ses journées presque chaque jour par sms ou messagerie. Nous avons rapidement décidé de ne pas lui téléphoner ou le skyper : un équilibre s’était créé, et nous avons préféré le maintenir tant qu’il n’y avait pas de souci.

C’est plutôt à notre niveau, nous les parents, que l’expérience fut difficile. Nous étions rassurés par les nouvelles données par ma mère, mais Fils nous a manqué. Malgré les superbes moments que nous vivions, nous avons beaucoup pensé à lui – surtout moi, je dois l’avouer… A la fin je comptais les jours ! Au moins, l’envie de le revoir donnait une bonne motivation pour rentrer – point de retour morose pour nous…
Versant positif de ce voyage sans bébé : nous nous sommes retrouvés. Les jeunes parents le savent, c’est plus qu’éprouvant pour un couple de devenir parent. Passer ces deux semaines en amoureux fut un superbe cadeau !

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Après le voyage

Lors de nos retrouvailles, Fils ne m’a pas semblé fou de joie. J’ai même cru sentir une petite pointe d’indifférence de sa part. Peut-être était-ce réel, peut-être l’ai-je sur-interprété?
Nous avons passé quelques jours ensemble chez mes parents et nous sommes rentrés à Paris. Les deux semaines suivantes, Fils est resté en vacances à Paris avec son père alors que je travaillais et tout s’est passé comme à l’accoutumée. C’est pendant la première semaine de septembre, après une dernière semaine de vacances passée tous les trois ensemble cette fois-ci, que quelque chose d’inhabituel s’est passé.
Fils avait alors commencé un nouveau mode de garde, une nouvelle nounou. Pendant plus de deux semaines, il s’est réveillé deux à trois fois toutes les nuits, lui qui faisait ses nuits depuis plus d’une année. J’ai cru « aux dents », à une otite, puis une autre maladie, il n’en était rien. Nous avons même rétropédalés au point de le faire dormir avec nous. Au bout de 18 nuits sans sommeil, ma belle-soeur m’a mis la puce à l’oreille : il avait peut-être peur.
J’ai alors parlé à Fils pendant deux heures avant de s’endormir « non, papa et maman ne vont pas te laisser, oui c’est la rentrée et une nouvelle organisation, oui papa et maman t’aiment » etc. etc.
Fils a refait ses nuits comme si ne rien n’était, du jour au lendemain.
Je ne sais pas si c’était le contre-coup du voyage un mois plus tard, l’émotion de la rentrée, ou ça et d’autres choses mélangées, mais le rassurer par la parole a fonctionné !

***

Vous avez ici le récit de ma petite expérience, qui j’espère pourra rassurer certains d’entre vous.

Pour moi, le plus important est de s’écouter : faire les choses comme on les sent, dans son couple, avec la personne qui gardera bébé, le tout sans se laisser envahir par la culpabilité, sentiment si prononcé chez les mamans. Si vous souhaitez voyager avec votre enfant tout le temps, faites donc ! Mais si vous avez envie de vivre autre chose, écoutez vous et faites-vous confiance !

Et vous, amies lectrices, amis lecteurs, vous en pensez quoi?
N’hésitez pas à partager vos avis et expériences en commentaires de cet article !

10 Responses to “Voyager sans bébé (16 mois) : mon retour d’expérience”

  1. Pas encore d’enfant mais j’observe les amies qui en ont et les messages culpabilisateurs de personnes de leur entourage lorsqu’elles s’octroient des plages en amoureux sans leur bébé (voyages, escapades…). Mes parents m’ont toujours dit combien les phases à 2 étaient importantes pour le couple et pour l’autonomie de l’enfant. J’ai bien l’intention de suivre leurs conseils si je deviens mère, en prenant le temps d’expliquer à chaque fois. Merci pour ton témoignage ❤️

    • Ye Lili dit :

      Merci pour ton mot et ton témoignage Joëlle ! C’est vraiment fou la culpabilisation… et pourtant tant tant tant répandue…
      On pourra en reparler avec plaisir quant tu seras maman :)

  2. Tiphanya dit :

    Nous ne sommes jamais parties en amoureux car il faut un mode de garde alternatif de confiance ce que nous n’avions pas.
    Mais je partage totalement ton témoignage sur la parole, qui nous a énormément aidé suite à des hospitalisations de ma fille.
    Et aujourd’hui (enfin depuis 2 ans), c’est ma fille qui part sans nous et on en profite bien, tous de notre côté.

    • Ye Lili dit :

      Merci de ton mot ici Tiphanya !
      Oui, sans alternative de garde en laquelle on a 100% confiance, partir à deux semble improbable, je comprends tout à fait !
      Et oui aussi sur la parole : ça parait bizarre quand l’enfant ne répond pas, mais je suis convaincue qu’ils comprennent très tôt. Pour ma part, j’ai parlé à Fils depuis son premier jour. Au début pour me rassurer moi même (je commentais mes faits et gestes en direct) et puis, assez rapidement, pour nous deux…
      A bientôt :)

  3. Claire M dit :

    (Commentaire laissé sur Facebook initialement)
    Tu as juste tout compris: votre séparation est vécue sans difficulté pour lui parce que tu as expliqué ce qui se passait à ton fils, qui avait la certitude de ton retour. Un lien secure permet donc une séparation sereine (bowlby et winnicott, entre autres, ont beaucoup théorisé là-dessus si jamais tu voulais approfondir) . Et être parent c’est juste ça : appréhender le lien et la séparation en sécurisant (même si pour toi c’est moins facile car il t’as manqué ;-) . Bravo -et c’est la pro petite enfance qui parle

  4. Anne B dit :

    (Commentaire laissé sur Facebook initialement)
    Sans hésiter : oui :)
    Une bouffée d’oxygène et plein de nouveaux progrès à découvrir en rentrant, pour moi que du positif. Il faut juste doser la durée en fonction de chacun (papa, maman, bébé et… papi&mamie !!).
    J’aime beaucoup ta conclusion, c’est vrai qu’il faut beaucoup parler aux enfants ! Bises ;)

  5. coincoin dit :

    la peur le sentiment le plus anodin, ça arrive quand on ne s’y attend pas. Avec le temps, je pense qu’il va avoir l’habitude. :D

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