Voyage de mars 2006

Suite et fin de mon week-end à Chengdu avec ma famille chinoise d’adoption…

Dimanche, nous partons pour visiter une ville historique. C’est en fait une ville reconstituée façon traditionnelle chinoise. C’est plutôt joli au nouveau architecture – surtout si on aime les dragonneries – mais totalement dénué d’habitants et bondé de magasins et de snacks… pas très reposant et encore moins véridique. Nous n’avons vraiment pas la même notion de sauvegarde du patrimoine historique.

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Je vois par contre de très beaux visages de personnes âgées marquées par le temps, sans doute paysans, venus ici vendre quelques objets pour les touristes.

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De retour à Chengdu, je flâne près de mon hôtel en ville, au bord d’un fleuve. On est dimanche, on se croirait presque sur les berges de la Garonne à Toulouse. L’ambiance est détendue, rythmée par les animations des joueurs de cartes, buveurs de thé, mais aussi récureurs d’oreilles (les 2 photos ci-dessous), nettoyeurs de pieds, vendeurs d’ananas et de canne à sucre, cireurs de chaussure…

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Voyage de mars 2006

Au cours de ce deuxième voyage en Chine, j’avais très envie de « vivre à la chinoise » et surtout de partager des moments avec des Chinois. J’ai eu la chance d’être invitée par les parents d’une amie chinoise vivant en France à passer un week-end à Chengdu en leur compagnie.

J’arrive le vendredi soir chez la maman de mon amie chinoise. Je suis accueillie directement pour aller au resto, dès 18h30. Nous avons un peu de mal à se comprendre car je n’apprends le chinois que depuis un an en France et ils ne parlent pas anglais. Pas de mal aise pour autant, on échange quelques phrases timides et la communication se détend au fur et à mesure que le plaisir du ventre augmente…

On sort ensuite se balader dans le quartier, nous sommes ici à quelques kilomètres du centre de Chengdu. J’en prends alors plein les mirettes : danses à tous les carrefours de la rue, mais aussi taï-chi, roller. Mes oreilles sont aussi ravies car tout cela se fait en musique, avec des baffles saturées montées sur des vélos à 3 roues.

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L’appartement situé dans l’école (la maman est professeur) est agréable, et surtout aéré. A Chengdu, il n’y a pas de chauffage, le climat étant assez doux toute l’année, et les fenêtres restent ouvertes (il fait autour de 10°C en ce mois de mars), jour comme nuit. La nuit sera donc fraîche et reposante.
Réveil avec douche et p’tit dej à la chinoise. Comprenez : lait, riz gluant en boulettes salées ou sucrées, oeuf et poireaux, je refuse ces derniers, mon effort d’intégration atteint là ses limites!

Nous partons ensuite pour un massage, dans ce qui se révèle être un cabinet d’acupuncture. 4 ou 5 personnes sont déjà là pour se faire masser, piquer ou soigner. Tout se passe dans une sale commune: je vois donc une mamie avec de l’arthrose, une jeune avec une cheville foulée, la maman se faire piquer pour mieux dormir. La notion d’intimité est encore à inventer…

J’ai ensuite rendez-vous avec une autre personne, un ami d’un autre amis chinois de France. Ce jeune homme est très sympa, on se comprend plutôt bien. Après m’avoir invitée à déjeuner, il me propose d’aller chez lui rencontrer sa femme et sa fille. C’est avec plaisir que j’accepte, et me voilà partie pour une superbe après-midi en terrasse: thé, cartes et mah jong… c’est comme cela que se passent les samedis après-midi ici dans une ambiance très détendue.

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Le soir, je suis à nouveau invitée au restaurant par d’autres amis de cet ami…

Alors que je ne connaissais aucune de ces personnes quelques heures auparavant, ils ont tous été plus que prévenants à mon égard et vraiment très chaleureux.

Arrivée à Chengdu

Voyage de mars 2006

Mon voyage se poursuit à Chengdu, c’est la première fois que je m’enfonce autant dans l’Ouest de la Chine. Je compte y rester plusieurs jours. J’ai parcouru plus de 2000 km de train et il m’a fallu deux belles nuits de transport pour arriver là.

Pour goûter la ville, je me balade à pied. Je tombe dans les petites rues de la ville, les « hutong » locales. Je m’arrête dans une rue en reconstruction; contrairement à Pékin, ici ils ne rasent pas tout mais gardent au moins les façades et le tracé des rues. Cette rue est pleine de salons de thé dont l’activité continue à même les travaux.

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Chengdu est en effet réputée pour ses « chaguan », salons de thé. Les gens s’assoient pendant des heures pour y boire leur thé. Je me joins donc à eux, en plus le ciel bleu est de la partie – chose assez rare ici, il fait toujours bon mais avec un voile de brouillard.

Je reste donc attablée pendant des heures moi aussi, à regarder les gens me regarder ou continuer leur vie entre papotage et jeux de cartes et mah jong….

Vues d'un train chinois

Voyage de mars 2006

Arrivée dans le Sichuan par le train de nuit depuis Xi’an, paysages surnaturels aperçus au réveil.

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Voyage de février 2006

Après Pékin, une nuit de train me mène à Xi’an où je reste une journée seulement, avant une nouvelle nuit de train pour Chengdu.

Arrivée à Xi’an, mon programme est simple : retrouver dans cette ville la douceur de vivre qui m’avait tant marquée l’année précédente.

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Arrivée tôt le matin, je trouve la ville couverte de neige, c’est magnifique.

Fidèle à ma passion, je commence ma journée dans un parc.

J’assiste à des démonstrations de qi gong, de danse et de maniement du sabre au milieu des restes de neige, c’est de toute beauté pour les yeux… et aussi pour les oreilles. Je tombe sur une réunion d’amateurs d’oiseaux. Ici, les oiseaux sont des animaux de compagnie promenés en cage.

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Je poursuis ma balade dans le quartier musulman : une toute autre Chine ! La présence des musulmans à Xi’an remonte au temps de la Route de la Soie qui était empruntée par les commerçants perses et arabes.

La plupart des gens portent une toque blanche, homme ou femme ; je vois tout un monde dans la rue : les bouchers avec leurs étalages grand ouvert (il est alors 8h du matin), les boulangers, les vendeurs et réparateurs de tout et de rien…

C’est un joyeux fourmillement, le tout agrémenté de cages à oiseaux.

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Je repars ensuite pour la gare non sans croiser pépés et mémés prenant des bains de soleil (on ne cache pas les personnes âgées ici), d’autres jouant au dames chinoises…

Je sais vraiment pourquoi j’aime cette ville et pourquoi j’ai fait tant de train pour la revoir!

Voyages de février 2006

Suite des entrevues de mon séjour à Pékin…

La cuisine chinoise

Comment parler de la Chine sans évoquer sa cuisine ? C’est une des cuisines les plus réputées au monde. Il faudrait d’ailleurs en parler au pluriel, car la cuisine varie selon les régions : cuisines de Pékin, de Canton, du Sichuan, du Jiangsu…; à base de riz dans le Nord et de blé dans le Sud. Parler de cuisine chinoise au singulier reviendrait à parler de cuisine européenne sans aucune nuance !

A noter qu’au restaurant, les plats sont commandés pour tous les convives et posés sur un plateau au milieu de la table : c’est très convivial…

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Quelques saveurs goûtées à Pékin : poulet au caramel piquant, bœuf au piment sur plaque chauffante, brochettes ouighours, haricots sautés, haricots pimentés, raviolis frits…

Les photos sont parfois plus explicites :

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Sans image…

En me baladant dans de petites ruelles entre deux grands axes, à 2 fois 3 voies pour la plupart, j’ai vu une vieille dame avec de minuscules pieds. Elle a donc eu les pieds bandés ! cela paraît tellement invraisemblable au XXIème siècle…

Cette tradition a pourtant été abolie avec Mao, mais cette dame doit être une des dernières victimes de cette barbarie qui a duré plus de 1000 ans. Les femmes avaient les pieds cassés vers 6 ans afin d’avoir de tout petit pieds, signe de beauté (et de soumission). Toute leur vie, elles étaient condamnées à marcher difficilement et à rester dans leur maison.

Vous en saurez plus ici sur la pratique des pieds bandés.

Voyages de février 2006

Entrevues de mon séjour à Pékin…

Les chantiers

Tant de chantiers en Chine, et particulièrement dans le Pékin d’avant les Jeux Olympiques… Du jour au lendemain des bâtiments apparaissent et disparaissent, au point de troubler parfois mes repères dans l’espace.

Pour ne citer qu’un exemple : une grande arche surplombait par exemple l’entrée du quartier où je vis, un matin elle y était, le soir elle n’y était plus !

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Rencontre dans un parc pékinois – suite !

Lors de mon précédent voyage, j’avais rencontré une dame âgée qui m’avait marquée. Elle m’avait dit être tous les jours de l’année au même endroit.

Je suis donc revenue dans ce parc (celui du Temple du Ciel), qui fait plus de 250 hectares et me suis lancée à sa recherche. Autant dire que trouver une aiguille dans une botte de foin n’aurait pas été plus difficile ! J’avais sur moi une photo prise en avril que je comptais lui donner.
J’ai peiné pour retrouver l’endroit de notre première rencontre… mais j’y suis arrivée! elle était là, le même visage beau et ouvert. Nous nous sommes reconnues, avons échangé quelques mots. Elle était très touchée par les photos. Mon chinois s’est amélioré depuis l’an dernier, mais pas assez pour des conversations soutenues. Nous avons alors partagé un moment très sympa : elle m’a appris plus en détail les pas du taï-chi qu’elle pratique. Elle m’a aussi montré un auto-massage de la face, qui doit être très efficace, vu son magnifique visage.

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Voyage de février 2006

Je suis arrivée ce jour sur une autre planète : dans un orphelinat d’état de Pékin. Le monde des orphelinats m’est totalement inconnu, alors celui-ci en Chine… tchin-tchine y organise des spectacles, c’est la raison de ma présence en ce lieu.

Je suis partie ce matin avec deux Américaines, marraines du lieu, appartenant à une association qui le finance et organise des venues de bénévoles. Ces bénévoles n’ont droit aux visites que le jeudi.

Une quarantaine d’enfants vivent dans cet orphelinat, du bébé de quelques mois à des enfants plus âgés, ces derniers souvent handicapés.

Dès mon arrivée, je ne me sens pas à ma place. Gauche, mal à l’aise. Peu de complicité passe, bien au delà du problème de la langue… Les enfants prennent un goûter avant le déjeuner. J’en nourris trois en même temps, des bébés sur des chaises hautes.

Suit une phase de jeux. Phase d’observation de ma part : où suis-je, que fais-je là ? Je vais vers quelques enfants, je trouve en retour peu d’enthousiasme.

A nouveau, l’heure de manger, je les aide à déjeuner. A un seul enfant cette fois. Après, encore une nouvelle phase de jeux avant la sieste.

Certains enfants me sourient, semblent m’accorder leur confiance. Certains me touchent plus que d’autres (au sens propre comme au sens figuré). Comme ce petit bébé trisomique. Il me fend le cœur : alors que je le couche pour la sieste, il verse une seule larme quand je m’éloigne vers un autre enfant, une larme sans faire de bruit. Même le premier geste de la vie, crier, lui semble interdit.

Dire que ces enfants ne connaissent rien d’autre que ce lieu… Et encore, ce centre est un des seuls orphelinats d’état à être ouvert aux étrangers, car partiellement aidé par ces derniers. Je n’ose imaginer les conditions des autres orphelinats, ici, 3 femmes s’occupent de 40 enfants, ça sent mauvais, draps et couches ne sont pas toujours propres…
On repart après la mise à la sieste. Je me sens mal. Etait-ce ma place ? Est-ce que la venue régulière de personnes extérieures leur rend la vie plus facile ?
Ces questions resteront sans réponse.