Rencontre avec Myriam Blal, auteure du (très chouette) « Baiser du Ramadan »
Nov 09, 2017 ArtCouple Mixte 2

Amis lecteurs, vous savez à quel point la question de la mixité dans le couple est un sujet qui me tient à coeur. Vous avez sans doute également suivi ma récente série de prise de parole publique à ce propos. Aujourd’hui plus que jamais, il est vraiment primordial à mes yeux d’occuper le terrain médiatique avec des propos plus positifs à l’égard de l’Islam et des musulmans.
Aussi, quand j’ai appris qu’une membre du Groupe des Foyers Islamo-Chrétiens (le fameux GFIC dont je vous parlais ici) a publié un livre sur son mariage mixte, je n’ai pu que le lire !

J’ai beaucoup aimé Le Baiser du Ramadan. Myriam Blal partage son expérience dans un récit à la fois simple, prenant et touchant. J’ai littéralement dévoré le livre, voulant savoir comment la jeune femme allait pouvoir résoudre ce qui paraissait être une insoluble équation : qu’une femme musulmane épouse un homme chrétien. Pour beaucoup de lecteurs, ce sera peut-être une surprise, mais un incroyable tabou pèse sur les mariages islamo-chrétiens quand la femme est musulmane. Myriam illustre cette situation à travers sa propre expérience. Et l’issue heureuse de son mariage est porteuse d’un superbe espoir. Plutôt que se cacher ou se défiler, le couple a préféré faire face, se renseigner et célébrer leur union en toute joie et toute liberté. A l’heure où les discours sur l’Islam et les musulmans sont si souvent tendus, je ne peux que vous recommander la lecture du « Baiser du Ramadan »!

Voici ce que la quatrième de couverture nous apprend sur le livre :

Une musulmane ne peut pas tomber amoureuse d’un non-musulman. C’est comme de dire « ma soeur est tombée amoureuse d’un dauphin » ou « ma soeur est tombée amoureuse d’une chaise ». En famille comme sur les réseaux sociaux, Myriam Blal n’a tout d’abord rencontré qu’incompréhension et refus quand elle a annoncé son intention d’épouser Maxime, un chrétien. Dans ce témoignage sensible et passionnant, elle raconte son combat pour faire accepter leur amour. « Si mon livre peut donner confiance et courage ne serait-ce qu’à un seul couple confronté à l’hostilité de son entourage, alors je me réjouirai. Oui, la « mixité » peut être vécue sereinement. »

Myriam Blal a très gentiment accepté de répondre à mes questions, je vous livre donc aujourd’hui cette rencontre inédite…

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Myriam, j’ai 33 ans, je vis à Nantes depuis quatre ans avec Maxime. Nous sommes les parents d’Abel, qui aura bientôt 2 ans. Je suis née et j’ai grandi à Paris. J’ai vécu trois années de mon enfance à Tunis également. J’ai étudié à Bordeaux, Saint-Etienne, Marseille ; j’ai travaillé à Casablanca à Paris, et maintenant à Nantes. Je suis rédactrice. Quand un sujet me tient à coeur et quand j’ai le temps, je le propose à une revue, en tant que journaliste cette fois-ci. Le journalisme est mon premier métier. Quand je n’écris pas, je couds, ou alors je fais des bijoux (j’ai créé la marque Jasmain en 2014, je me suis bien amusée pendant une année) Mes mains sont mon bien le plus précieux.

Comment t’es venue l’idée d’écrire Le Baiser du Ramadan ?

Quand j’ai rencontré Maxime et lorsque j’ai compris que c’était sérieux, je n’arrivais pas à être pleinement dans la joie. Je pensais à mes parents, je savais qu’ils n’accepteraient jamais mon choix amoureux. Dans la religion telle qu’elle m’a été transmise par ma famille, l’union d’une femme musulmane avec un non-musulmane est interdite. Alors, pour tenter de convaincre mes parents, et sans doute aussi pour me conforter dans mon choix amoureux, je me mets en tête de chercher des solutions à mon problème. Et là, au travers de rencontres et de lectures, je découvre que cet interdit qui pèse sur les femmes musulmanes, n’a aucun fondement religieux, il est pure tradition culturelle.
L’envie d’écrire sur mon histoire est aussi venue d’un manque : à ce jour, il n’existe aucun livre, aucun récit de vie sur cette réalité méconnue, qui est pourtant vécue chaque année par des milliers de couple français. Même s’ils ne sont pas pratiquants, des hommes et des femmes découvrent tous les jours à quel point leurs différences religieuse et culturelle sont importante aux yeux de leur entourage. Par amour, peur ou ignorance, des parents n’hésitent pas à afficher leur désapprobation à l’égard du choix de leur enfant. De nombreux couples préfèrent alors mettre fin à leur relation. Avec Maxime, nous aurions tant aimé trouver un récit de vie traitant de ce sujet pour nous sentir entourés, pour savoir que nous n’étions pas seuls au monde comme on le pensait à l’époque. Alors, j’ai décidé de l’écrire. Pour montrer tout simplement que c’est possible. Qu’à un moment, il est nécessaire de poser des choix sur sa vie d’adulte, même s’ils sont contraires aux normes imposées et dans lesquelles on a baigné une grande partie de sa vie. Je me dis que si mon livre peut transmettre de la confiance et du courage à ne serait-ce qu’un seul couple confronté à l’hostilité de son entourage, et particulièrement à des femmes de culture musulmane, alors ce serait gagné.

Tu partages beaucoup de ta vie privée dans ces pages, comment ce livre a-t-il été reçu par ton entourage ?

Maxime a été mon premier lecteur, il me soutient depuis le début dans mon projet. J’ai eu ma mère hier au téléphone, elle m’a dit : « je suis arrivée à la page 40. Je suis plongée dans ton livre, ça me renvoie dans le passé, trente ans en arrière. Que de souvenirs ma fille… » La question que tu me poses, tout le monde me l’a posée à un moment, pendant l’écriture, aussi bien mes amis et ma belle-famille : « est-ce que tu appréhendes la réaction de ta famille ? ». À aucun moment je me suis posée cette question ! Mes soeurs ont lu le livre, elles ont adoré et m’ont dit avoir été très émues à la lecture de certains passages.

Plus généralement as-tu eu des retours de lecteurs ? peut-être de personnes se reconnaissant dans ces pages ?
Je reçois de nombreux messages suite à la parution de mon livre. Des femmes m’écrivent à leur tour leur histoire, elles me demandent des conseils. Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse de lire un mot comme « votre livre est une bénédiction. merci », « votre histoire donne à réfléchir ». À ce moment précis, je me dis « c’est exactement pour ça que je l’ai fait, pour aider des couples. » Des femmes me disent aussi s’être reconnues dans mon histoire.
Et pas plus tard que cette nuit, un lecteur m’a écrit ceci : « Bonsoir Myriam, J’ai commencé et fini votre livre ce soir (je ne suis pas un grand lecteur, c’est pour dire à quel point j’y suis resté accroché facilement). En toute honnêteté, je crois que je ne vais pas pouvoir bien dormir cette nuit. Combien de fois j’ai été Maxime dans votre livre… Moi à Nantes, elle à Paris, être juste à coté de ma conjointe quand elle parle à ses parents sur Imo… Le sentiment de ne pas exister… La question que je me pose après lecture est « Dois-je tout arrêter tout de suite? » Bien sûr, je ne permettrai pas d’avancer une réponse catégorique à ce monsieur, c’est à lui seul que revient le choix de la décision.
Dans tous les cas, je prends le temps de répondre à toutes les personnes qui m’écrivent.

Quels sont tes projets pour la suite ?

L’écriture occupe une place importante dans ma vie depuis mon plus jeune âge. La suite, je n’en ai aucune idée. Pour l’instant, je prends le temps « d’atterrir », je réponds aux sollicitations que je reçois pour des interviews, des présentations de mon livre en librairie. Je ne te cache pas que j’ai aussi hâte de pouvoir me poser à nouveau, au calme, pour continuer à écrire.

Un immense merci à Myriam pour avoir pris le temps de me répondre !
Et pour acheter Le Baiser du Ramadan, c’est par ici !

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