Le ciel et mon cœur pleurent à Port au Prince
Juil 26, 2017 Haiti 6

Episode 5 de mon journal de bord en Haïti.

Nous quittons la région de Jacmel pour rentrer à la capitale. Je l’avais déjà oublié, la route est mauvaise. Nous traversons les mornes de zigzags en lacets – la route ne cesse de tourner pendant une heure.

J’arrive sur la cote à l’Ouest de Port au Prince le ventre retourné. Il nous faut encore une bonne heure pour arriver au Parc de Martissant. Ce parc est un bol d’air frais au cœur de quartiers aussi populaires que serrés… Notre guide partage sa passion pour les plantes végétales et médicinales, mais la visite est abrégée par une pluie qui ne veut pas cesser…

J’apprends pendant le déjeuner les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises. Stupeur. Heureusement, nous sommes entre personnes ayant le même point de vue et nous pouvons partager nos émotions.
Nous reprenons la route, et arrivons dans le centre-ville de Port au Prince. A nouveau je suis marquée par la saleté de la ville. J’en discute avec Rudy, notre accompagnateur en ce jour :

Si tu ne connais pas l’enfer, Port au Prince t’en donne une idée…

Direction le Musée du Panthéon National Haïtien.

Une visite d’excellente qualité nous attend. Ici l’histoire d’Haïti est divisée en sept salles.
En une heure, j’ai une vue d’ensemble de l’histoire mouvementée de cette première république noire.
Deux chiffres sont incroyables : un million d’Amérindiens ont été tués dans les dix années suivant l’arrivée de Christophe Colomb et onze millions d’Africains (auxquels s’ajoutent les deux millions de personnes mortes pendant la traversée) ont été déportés de l’Afrique vers Haïti entre 1503 et 1793, année de l’abolition de l’esclavage…
Je vous passe les détails sur la cruauté des tortures destinées aux « Marrons », ces esclaves qui fuyaient les plantations des maîtres français…

Toussaint Louverture est aussi présenté dans ce musée, lui qui mena Haïti sur la route de son indépendance, avec le si beau slogan « Vivre libre ou mourir »
La visite se termine sur une note plus gaie avec une salle dédiée aux peintures d’artistes haïtiens contemporains.

Sous le choc de Port au Prince

La dernière étape de notre découverte de Port au Prince est une visite (en voiture) du centre de la ville.
La pluie tombe et je suis sous le choc : les Haïtiens ont de l’eau jusqu’aux chevilles, de l’eau qui charrie détritus crasse et boue. La rue semble être un vaste caniveau à ciel ouvert.
La pluie tombe et j’ai sous les yeux une ville qui ne s’est pas reconstruite depuis le tremblement de terre d’il y a sept années. Les maisons semblent dater du siècle dernier. Certains bâtiments ont des parpaings immenses en branle, prêts à tomber. Devant ce décor de guerre ont poussé des baraques de fortunes de bois qui servent aujourd’hui de boutiques.

C’est l’artère la plus large de Port au Prince me dit Rudy, nous sommes en plein centre-ville, et cette rue avant était colorée et vivante.

La pluie tombe et mon cœur pleure…

Nous arrivons à notre hôtel. L’hôtel Oloffson a eu sa période de gloire quand le tourisme en Haïti était tendance – si si, cette période a bel et bien existé.
Entre les années 1940 & 1970, Haïti était la Perle des Caraïbes et était une destination phare du tourisme international.
L’hôtel semble figé dans le temps, rien ou si peu de choses doivent avoir changé… La décoration de l’Oloffson est de toute beauté. De style victorien, la vaste bâtisse compte trois étages, chacun orné d’une galerie de bois blanc. Le reste de l’hôtel est de bois vert foncé.
Après la rude journée que je viens de passer, voir le temps s’étirer sur la galerie de cet hôtel est un repos plus qu’apprécié.

Je ne le sais pas encore, mais une bien meilleure impression de Port au Prince m’attend le lendemain…

Cliquez par ici pour connaître le contexte de mon voyage en Haïti.
Le site de l’Hotel Oloffson.

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