Le bonheur de danser avec le Ballet National du Mali…
Mar 22, 2017 Mali 10

Vous avez assez attendu amis lecteurs, il est temps que je vous raconte comme j’ai dansé avec le Ballet National du Mali…

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Avec mes chères professeures...

Vous le savez si vous me lisez depuis quelques temps, j’aime la danse. La danse africaine surtout, que je pratique depuis des années, mais aussi toutes les danses qui croisent mon chemin. Comme ce superbe bal à Vienne digne d’une impératrice il y a peu.
Ou encore comme ces nuits de festival de jeunesse dans le Gers… Ah ce que j’en ai usé des semelles sur les pistes endiablées des festivals latinos. Que de souvenirs au Tempo Latino à Vic Fezensac ! Pour les amoureux de danses latines, rendez-vous à cet article.

Avant ce départ pour le Mali, je me suis organisée. J’avais déjà dansé l’an dernier à Bamako, et même si mes professeurs d’alors étaient sympathiques, je savais que je pouvais apprendre plus et mieux encore. Avant mon départ, j’ai donc demandé à mes professeurs maliens vivant à Paris quels étaient leurs professeurs à eux.
Hawa Kouyaté, ancienne danseuse du Ballet National du Mali m’a donné les coordonnées de sa soeur, Bintou Sissoko, danseuse dans ce même Ballet National. Voici pour le contexte.
Place au récit !

J’appelle Bintou le lendemain de mon arrivée:

Passe au Palais de la Culture et on s’organise, tu viens de la part de ma soeur, on va trouver un arrangement !

Je la rencontre au Palais le mardi matin. Prix et horaires convenus, le rendez-vous est pris pour le jour suivant.

Le rendez-vous est fixé à 11h ce matin. J’arrive 30 minutes en avance : j’ai ainsi la chance d’assister à la répétition du Ballet National du Mali, dont la réputation dépasse les frontières.
Six danseuses, cinq danseurs et six musiciens enchaînent une chorégraphie précise sous l’oeil de Mah Kouyaté Numéro 1, star nationale et chef du Ballet. Musiciens et danseurs se répondent, les pas s’enchaînent avec fluidité sous le regard (et les ordres) d’une maîtresse qui semble sévère.
Une dispute éclate, je n’en saisirai pas les détails. Mah Kouyaté semble désemparée. Elle partira après avoir longuement sermonné les artistes.

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La salle de danse, au Palais National

Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangée…

Bintou, ma professeure vient me chercher. J’aurai deux musiciens pour moi, et trois professeures différentes me montrent pas et styles même si Bintou sera ma « prof principale ». Elle m’explique après le cours: ces quatre amies s’entraident à chaque fois que l’une d’entre elles a des élèves.

Nous dansons Madan. Pour ce premier cours, je n’apprendrai que quatre pas, mais je les travaillerai dans les moindres détails. Je danse « en boucle » sous le regard de Bintou.
Sur 90 minutes, je ne m’arrêterai que trois fois deux minutes. Je n’en demande pas moins…

Je suis encouragée par ma prof et par les musiciens, justes, durs et tout sourire à la fois.
Le premier pas me donne tant de fil à retordre, mais je ne lâche pas et finis par y arriver.

Après le cours, je discute avec mes professeures. Bintou est au Ballet National du Mali depuis 1980. Tene Damba, une de ses amies présentes à mes côtés depuis… 1968 ! Du haut de ses près de 65 ans, elle danse telle une jeune fille…
Du thé m’est offert, on papote, l’ambiance est détendue… je suis aux anges !

Energie, grâce et joie…

Pour cette autre répétition, j’arrive à nouveau en avance. J’assiste encore à un bout de répétition du Ballet National du Mali. Un pur spectacle sous mes yeux ébahis. La chorégraphie est minutée et maîtrisée de tous dans les moindres détails. Hommes et femmes ont des tableaux indépendants. Ils dansent parfois ensemble. Les percussionnistes accompagnent et guident aussi.
Energie, grâce, joie de vivre sont quelques uns des mots qui me viennent en tête en assistant à ce spectacle.
L’énergie des hommes me subjugue. Celui que je suppose être le premier danseur est des plus expressifs, c’est un acteur en plus d’être un parfait danseur.
Une danseuse me confie « cette chorégraphie est travaillée depuis trois années »…

En ce troisième cours, je termine le rythme Madan et je débuterai les premiers pas de Salien.
Je reçois ici un enseignement du détail : chaque pas est répété jusqu’à une maîtrise parfaite. Je suis seule face aux musiciens et je ne peux me cacher derrière personne. Madou, un des deux percussionnistes m’explique :

Parfois c’est un seul pas qui est travaillé pendant tout un cours. Ici, tu apprends à bien danser, c’est la réputation du Ballet qui est en jeu…

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Je danse en tout six fois avec le Ballet National du Mali…

Ces six cours de danse ont été des moments forts et resteront à jamais gravés en moi.
Epanouie, recentrée, heureuse… J’ai du mal à trouver les mots justes tant les émotions étaient fortes et tant je me sens privilégiée.
Je suis extrêmement reconnaissante envers Bintou Sissoko de m’avoir ouvert les portes de cette institution. Au-delà de la transmission d’une chorégraphie, c’est avec grande humanité et passion qu’elle a partagé son savoir…

Et comment terminer sans vous montrer le fruit de mon travail ?

En version solo, Madan

Et en version duo, avec ma chère professeure pour Salien :

Alors amis lecteurs, êtes-vous sous le charme du Ballet National du Mali ?
Au plaisir de lire vos commentaires à ce propos !

10 comments on “Le bonheur de danser avec le Ballet National du Mali…

  1. Quelle pêche et quelle chaleur donnent à distance ces deux petites vidéos, merci infiniment d’avoir partagé ça avec nous et de m’avoir filé la pêche en ce jour bien gris à Shanghai.

  2. Merci Aurélie, merci pour la découverte et bravo pour la performance. Avec la chaleur ce ne doit pas être évident. Merci encore pour le partage. Amicalement. Nicole.

  3. Sous le charme ? TOTALEMENT ! pas moyen de te quitter des yeux avant la fin des videos ! Merci pour ce bon moment d’énergie et bravo de te donner les moyens de vivre cette passion à fond !
    Tu es formidable (mais ça, on le savait déjà 😉 )
    Bises,
    LN

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