Le temps file, file, file. Exactement 13 mois après ma découverte de Bamako, l’heure est déjà à boucler nos sacs pour un nouveau départ en famille !

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Retrouvailles de mon cher et tendre et sa grand-mère…

Vous vous souvenez? Je partageais début 2016 ce bonheur : depuis des années que j’en rêvais j’avais enfin posé mes pas à Bamako, je vous le racontais dans cet article. Le temps a filé donc, et je n’ai pas pris le temps de vous raconter autant que je l’aurais aimé ma rencontre avec le Mali. Je vous ai parlé de mes premières impressions sur la capitale malienne, de l’art du thé malien et du bonheur de danser là-bas, enfin.
Je vous avais expliqué, qu’une fois n’est pas coutume, j’avais écrit très peu sur place, pour me concentrer uniquement sur le présent.

Pour ce départ à l’approche je me suis déjà procuré mon carnet de notes (avec l’équipement médical pour Fils, c’est la seule chose que j’ai achetée à vrai dire). Cette fois-ci, j’espère archiver les odeurs, les goûts, les rencontres, chacune de mes impressions. J’espère les récits nombreux à mon retour. Mais seul l’avenir nous dira. Peut-être aurai-je à nouveau envie de présent pur, loin de toute connexion internet, de toute actualité et du nécessaire reflet sur soi qu’impose l’écriture…
Ce que j’espère plus que tout c’est que, comme lors de notre premier séjour au Mali, Fils prenne là-bas ses aises et se familiarise plus encore avec son autre chez-lui, son autre famille, son autre langue, son autre culture

A l’approche de ce départ, je souhaite partager ici, de manière plus condensée qu’à l’habitude quelques bribes de ce qui m’avait marquée lors de ma première découverte de Bamako !

Le dimanche à Bamako

Le dimanche à Bamako, c’est vraiment le jour du mariage. Je ne pensais pas que ces quelques mots d’Amadou et Mariam reflétaient autant la réalité.
Lors de mon séjour bamakois j’ai eu la chance d’assister à deux mariages et d’en croiser de nombreux autres.
Un mariage malien, ça se passe comment ?
Les mariages civils ont lieu à la mairie de la ville, comme en France. La tradition qui accompagne cette cérémonie officielle n’a par contre rien à voir avec nos us et coutumes. En général, on installe un « bâché » dans le quartier où l’on vit, à savoir une grande bâche pour abriter de la pluie du soleil de la poussière. On installe beaucoup de chaises, de la musique, qui peut-être un orchestre ou un DJ et ses baffles. Et l’on danse et l’on mange. Si orchestre il y a, griot il y aura (jetez un oeil à cet article pour savoir ce qu’est un griot). Ce dernier congratulera longuement les nouveaux épousés, mais aussi les membres de leurs familles respectives. Les fêtes de mariage se passent le dimanche donc, l’après-midi. On peut s’y inviter facilement. La nourriture est cuisinée de manière très large et c’est l’occasion pour les enfants pauvres du quartier de se remplir le ventre une bonne fois.

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Tiken Jah Fakoly, un artiste engagé

Changement d’univers, même si l’on reste dans la musique. Je souhaite vous parler de Tiken Jah Fakoly !
Il vaut bien un article à lui tout seul, je vous en reparlerai peut-être un jour. Tiken est un chanteur de reggae de nationalité ivoirienne, exilé aujourd’hui à Bamako. Rendez-vous sur sa page Facebook et sur son profil wikipédia pour faire sa connaissance !
C’est un artiste dont j’écoute et apprécie la musique depuis les années 2000. Il est totalement engagé et milite pour le panafricanisme. Dans son dernier post facebook où il salue le départ d’Obama, il dit par exemple « Personne ne viendra changer l’Afrique à notre place!  »
Lors de mon séjour à Bamako, j’ai eu l’occasion de découvrir son studio et de m’y rendre à plusieurs reprises. Ce lieu est extraordinaire : c’est son studio d’enregistrement, un restaurant et une salle de concerts. Il y produit des groupes qu’il soutient. Lui-même y fait rarement des concerts. Le soir du 1er janvier, nous avons eu la chance de l’y voir en concert, en toute intimité. Une merveilleuse façon de commencer l’année !
Dans chacune des chansons de son concert, dans les groupes qu’il soutient, dans ses albums et dans ses prises de paroles publiques, bref à tous les niveaux, Tiken Jah Fakoly est un modèle d’engagement.
Ins-pi-rant !

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(photo prise de la page Facebook de Tiken Jah Fakoly)

Encore sur Bamako…

Il y a encore tant de choses à vous raconter : les couleurs et les odeurs de Bamako, surtout sa luminosité à part.
Les souffrances de la capitale malienne aussi : la misère des enfants, les embouteillages monstres, l’absence de transport en commun et la pollution qui l’accompagne. Encore une souffrance : la police, très présente et très corrompue.

On ne s’est offert que trois toutes petites escapades autour de Bamako : un après-midi entre amis et famille au Campement, une nuit en amoureux dans un hôtel à la campagne de Meketana, et une petite journée sur la décevante « île de Salif Keïta »… Ces trois lieux avaient l’avantage de nous sortir de l’air rouge et pollué de Bamako, mais n’ont pas assouvi mon envie de découvrir le superbe pays que je sais être le Mali. Question de sécurité, ce ne sera pas pour cette fois encore…

Et je ne peux clore ces lignes sans parler du symptôme « miroir aux alouettes ».
Mon cher et tendre a quitté son pays il y a plus de 10 ans et pour ceux qui sont restés à Bamako, il a forcément réussi. Malgré son récit, et le mien désormais, de la difficulté de la vie en France (entre autres : individualisme, racisme et sa corollaire difficulté -voir impossibilité- d’ascension sociale, difficultés financières, notamment), ceux qui ne sont jamais allés à « l’extérieur » imaginent l’Europe comme un eldorado et nous considèrent, nous venant de Paris, comme des nantis. Ce regard plein d’envie, quoi qu’on puisse dire en retour, est lourd à porter, particulièrement quand il s’agit de relations intimes…

Pour finir sur une note plus gaie, voici quelques-uns des bonheurs de Bamako : les fous-rires avec mon beau-frère et ma belle-soeur, les sourires de surprise à chacun de mes mots échangés en bambara avec des inconnus, la gaité et la jovialité générales (ce n’est pas un mythe), les amis et les voisins qui passent chez les uns, chez les autres, chaque jour, la délicieuse nourriture, les nuits endiablées dans les boîtes de Bamako, et l’accueil de roi qui nous a été réservé par toute la famille de mon cher et tendre…

Je suis plus qu’heureuse de revenir dans mon pays, car, vous le savez maintenant, je suis binationale.
Bamako, Mali, mon pays, me voici !

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13 Responses to “Bamako, Bamako, me voilà (à nouveau) !”

  1. Aurélie dit :

    Bon voyage ! Profite bien des odeurs, des saveurs et des lumières de Bamako… et de ta famille et belle-famille, aussi !

  2. Nicole dit :

    Quelle Chance ! J’ai la nostalgie …. Profitez bien de votre séjour, de vos rencontres, de tout. Je partage complétements vos impressions sur Bamako: Les mariages , les bonheurs, les rencontres, la fatalité souriante de ces gens mais aussi comme vous le dîtes les malentendus, les illusions, la pauvreté. Bamako est un pays de contrastes aussi bien dans les paysages que dans l’humain. Mais c’est un pays, quand on l’aime qui vous « colle à la peau » qu’on ne peut oublier. J’ai eu la chance d’y voyager un peu: Ségou, Djenné, Mopti, Bandiagara. Un rêve que hélas, je ne pourrai jamais réaliser remonter sur le Niger jusqu’à Tombouctou.
    Vos messages sur le Mali sont pour moi un plaisir que vous n’imaginez pas.
    Merci pour les partages et bon séjour. Nicole.

    • Ye Lili dit :

      Bonjour Nicole,
      je réponds à votre message à mon retour, avec du retard…
      Un immense merci pour vos mots, qui comme toujours, me font chaud au coeur.
      Vous connaissez mieux ce beau pays que moi. Peut-être la folie humaine se calmera un jour et vous pourrez enfin y revenir et réaliser votre rêve?
      Bon voyage via la lecture d’ici là…
      Amitiés,
      Aurélie

  3. annick oulibqly dit :

    Bonjour,
    Lire depuis qq temps votre blog est un réel plaisir et me donne envie de vous faire part de mon vécu :
    Mon bambara de mari l’ai connu en 1972… qq décennies plus tard toujours heureuse de porter son nom et de partager sa vie. Connaître le Sénégal, pays où il a grandi et le Mali d’où est originaire la famille Coulibaly ont été déterminants et m’ont confortée d’année en année que notre retraite sera tout autant sénégalaise que française.
    Et c’est ainsi que cela se passe depuis qq années. … n fille a connu le pays de son père à 8 ans seulement, enfant unique se retrouver avec tant de cousins, cousines a été un enchantement, ensuite les séjours dans le pays de la teranga ont été très nombreux.
    J’espère que ce petit témoignage vous trouvera en pleine forme au mali et que ce coin d’afrique continuera à vous enchanter encore et encore……
    Très amicalement,
    annick

    • Ye Lili dit :

      Bonjour Annick,
      merci pour ce message et pour le compliment, qui me touche…
      Nos histoires ont des similitudes en effet :)
      Et oui, le Mali a continué à m’enchanter…
      A bientôt ici ou ailleurs,
      Aurélie

  4. Lauriane dit :

    Quel beau récit ! J’ai, depuis octobre, une nouvelle collègue de travail malienne et il y a beaucoup d’échanges entre mon labo et le Mali. J’adore quand elle me raconte des choses sur son pays et quand je rencontre ses connaissances en séjour en France. Ça me fait autant rêver que ton article ! Mais comme tu dis, la situation politique elle ne fait pas rêver…

  5. Alexandra dit :

    Quel beau pays, et aussi ces sourires qui en disent long, surtout celui de ton cher et tendre et sa grand-mère. Merci pour ces moments partagés :)

  6. Lucas dit :

    Merci pour ce bel article qui me donne envie de repartir à Madagascar.

  7. Ye Lili dit :

    Hé hé hé, avec plaisir, mais dans ces lignes-ci c’est du Mali que je cause ;)

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